Lac de Guiers

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Lac de Guiers
Le lac du Panier Foule sur une ancienne carte (vers 1760), d'après Jean-Baptiste Labat
Le lac du Panier Foule sur une ancienne carte (vers 1760), d'après Jean-Baptiste Labat
Administration
Pays Sénégal Sénégal
Géographie
Coordonnées 16° 15′ 00″ N 15° 50′ 00″ O / 16.25, -15.8333316° 15′ 00″ Nord 15° 50′ 00″ Ouest / 16.25, -15.83333  
Type Naturel
Superficie 200 km2
Altitude 3 m
Profondeur 2,5 m
Hydrographie
Émissaire(s) fleuve Sénégal

Géolocalisation sur la carte : Sénégal (relief)

(Voir situation sur carte : Sénégal (relief))
Lac de Guiers

Le lac de Guiers est un lac d'eau douce situé au nord du Sénégal, dans le haut-delta du fleuve Sénégal.

Moins médiatisé que le lac Rose, c'est pourtant le plus grand lac du pays.

Actophilornis sur le lac

Géographie[modifier | modifier le code]

Non loin de la frontière avec la Mauritanie, à environ 10 km au sud-ouest de Richard-Toll, le plan d'eau s’inscrit dans un quadrilatère compris entre 15° 25' et 16° de longitude ouest et 15° 40' et 16° 25 de latitude nord.

Il occupe le centre d'une vaste dépression naturelle de 50 km de long. La longueur du lac lui-même est de 35 km, sa largeur de 8 km. Plat comme la plupart des lacs sahéliens, sa profondeur ne dépasse pas 2,5 m. La profondeur moyenne est de 1,3 m. À la cote + 1 m, sa surface est de 240 km2 pour un volume moyen de 390 millions de m3. À la cote + 2, sa superficie atteint 300 km2 pour un volume de 600 millions de m3.

Le lac de Guiers est alimenté par le fleuve Sénégal auquel il est relié par la rivière canalisée de la Taouey, mais aussi par les eaux de pluie de la vallée du Ferlo.

Économie[modifier | modifier le code]

Seul réservoir d'eau douce de la région, il approvisionne en particulier la capitale, fournissant 30 % de l'eau consommée dans l'agglomération dakaroise. Pompée et traitée sur place dans les usines de Gnith et Keur Momar Sarr, elle est acheminée par une conduite forcée souterraine de 300 km de long.

Les installations de la Sénégalaise des eaux (SDE) dans les années 1970, puis les aménagements complémentaires de 2004 ont renforcé l'importance stratégique du site, qui voit converger les populations, mais aussi diverses activités parfois concurrentes ou développées de manière anarchique.

La construction du barrage de Diama en 1985, puis de celui de Manantali en 1987 ont amélioré les hauteurs d'eau et facilité l'irrigation, mais des perturbations environnementales sont aussi apparues (proliférations de plantes aquatiques, etc.).

Alors qu'elles sont entourées par une zone semi-désertique qui vit traditionnellement de l'élevage, les rives du lac sont donc assez fertiles, et des champs de canne à sucre, gérés par la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), ont pu s'étendre au nord. L'agriculture paysanne produit aussi du riz et des patates douces.

La pêche constitue également une activité significative, fournissant environ 2 000 tonnes de poisson par an.

Cependant la gestion du lac n'est pas facilitée par le grand nombre d'acteurs impliqués (région de Saint-Louis, région de Louga, communautés rurales...).

Histoire[modifier | modifier le code]

Fort de Merinaghen sur le lac de Guiers

Le lac a connu une histoire mouvementée, il a fait partie des royaumes du Tekrour, du Walo et du Djolof.

Sur la rive occidentale se trouvait la troisième et dernière capitale du royaume du Walo, une localité qui existe toujours sous le nom de Nder.

Comme en témoignent notamment les cartes du Sénégal établies par le père Labat[1], le lac a porté autrefois le nom de Panier Foule (ou Pania Fuli), en référence au peuple peul.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lac De Guiers 2 est également le pseudonyme d'un champion de lutte sénégalaise.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) François-Xavier Cogels, S. Frabouiet-Jussiia et O. Varis, « Multipurpose use and water quality challenges in Lac de Guiers (Senegal) », Water Science Technology, 2001, 44(6), p. 35-46
  • (fr) « Un trésor pour l'économie : le lac de Guiers », Sénégal d'Aujourd'hui, septembre 1967, p. 20-22
  • (fr) François-Xavier Cogels, Abou Thiam et Jean-Yves Cac, « Premiers effets des barrages du fleuve Sénégal sur le lac de Guiers », Revue d'hydrobiologie tropicale, 1993, vol. 26, n° 2, p. 105-117
  • (fr) Gabriel J. Gomis, « Le lac de Guiers. Si Dakar n'avait plus d'eau », Sénégal d'Aujourd'hui, n° 2, novembre 1968, p. 12-14
  • (fr) Alioune Kane et Awa Niang Fall, « Hydrologie » in Atlas du Sénégal, Paris, Éditions du Jaguar, 2007, p. 64 (ISBN 2869504144) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Aly Kheury N'Daw, « Lac de Guiers, un pipe-line pour Dakar », Sénégal d'Aujourd'hui, n° 11, septembre 1969, p. 16-20
  • (fr) Mody Sow, Les problèmes d'aménagement du lac de Guiers, Sénégal, thèse, 1986
  • (fr) Sidy Thiam, Suivi des écosystèmes sahéliens à partir de la télédétection satellitale : application au delta intérieur du Niger (Mali) et à la région du lac de Guiers (Sénégal), thèse, 1997
  • (fr) Ousseynou Touré, L'organisation de la pêche dans le secteur du lac de Guiers, Dakar, École nationale d'Administration du Sénégal, 1973, 64 p. (Mémoire de stage)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
  1. Le missionnaire dominicain a beaucoup voyagé, mais il ne s'est jamais rendu en Afrique lui-même. Ses écrits et ses cartes s'appuient sur des documents établis par des administrateurs locaux.