Ligne verte (Chypre)

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Ligne verte (Chypre)
Ligne de démarcation entre les deux entités chypriotes
Ligne de démarcation entre les deux entités chypriotes
Caractéristiques
Délimite Drapeau de Chypre Chypre (partie réellement contrôlée)
Drapeau de la République turque de Chypre du Nord Chypre du Nord
Longueur totale 180 km
Particularités Ligne de cessez-le-feu
Historique
Création 1964 (pogroms entre les deux communautés chypriotes)
Tracé actuel 1974 (invasion turque)

La ligne verte est une zone démilitarisée contrôlée par les Casques bleus (UNFICYP) de l'ONU, qui sépare, depuis 1974, l'île de Chypre, et sa capitale Nicosie, entre la République turque de Chypre du nord (souvent appelée « partie turque »), contrôlée de facto par la Turquie, et la République de Chypre[1] (souvent appelée « partie grecque »), dont le gouvernement est le seul qui soit internationalement reconnu.

Historique[modifier | modifier le code]

La Ligne verte dans la rue Asklipiou à Nicosie, avec un drapeau grec peint sur la barrière de séparation.
Observatoire sur la Ligne verte, rue Ledra à Nicosie en 2010.

Après son accession à l'indépendance des troubles politiques internes et des tensions entre communautés apparaissent rapidement menant à des affrontements entre civils et entre groupes paramilitaires (comme l'Ethniki Organosis Kyprion AgonistonEOKA et le TMT, l'organisation de défense turque), la séparation géographique se durcit en décembre 1963 durant la « semaine noire » qui engendre 20 000 déplacés. Le 15 février 1964, après que les efforts menés afin de rétablir la paix dans l'île ont tous échoué, les représentants du Royaume-Uni et de Chypre pressent le Conseil de sécurité de réagir. Le 4 mars 1964, le Conseil de sécurité adopta à l'unanimité la résolution 186, aux termes de laquelle il a recommandé la création de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP). Le 27 mars 1964, un contingent de 2 500 est déployé sur l'île[2].

Le nom de ligne verte vient du tracé au crayon vert qu’un général anglais, responsable de la mission d’interposition en 1964, avait dessiné sur une carte de l’île. Les Turcs l'ont également baptisée « Ligne Attila », du nom du commandant des forces d’occupation turques, Attila Sav[3]. La zone s'étend sur 180 km de la partie occidentale près de Kato Pyrgos, à la partie orientale juste au sud de Famagouste. Elle traverse le centre de la vieille ville de Nicosie, séparant la ville en sections du nord au sud. Il y a aussi une zone tampon autour de l'enclave de Kokkina dans l'ouest de l'île. La largeur de la zone varie de 3,3 mètres dans le centre de Nicosie, à 7,4 km au village de Athienou. La superficie de la zone tampon est de 346 km2.

La force de l'ONU à Chypre effectue des patrouilles dans la zone tampon. Les forces armées turques ont construit un mur du côté nord de la zone ; principalement constitué de fils barbelés, de segments en béton, de tours de guet, de fossés anti-chars, et de champs de mines[4].

La zone tampon est le foyer de plus de 10 000 personnes et certains villages sont situés à l'intérieur de la zone de cessez-le-feu. Cependant, en dehors de cette zone, les communautés peuvent vivre en bonne intelligence. Ainsi, le village de Pyla qui se trouve en « zone grecque », à l'ouest de la base militaire britannique de Dhekelia, est par exemple connu pour être le seul à Chypre où Grecs et Turcs vivent côte à côte.

Références[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]