Partition de Chypre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Partition de l'île de Chypre
La rue Ledra à Nicosie, symbole des prémices d'ouverture entre les deux parties de l'île.Les drapeaux hissés représentent respectivement certaines des parties présentes dans le cadre de l'hypothétique résolution du différend.
La rue Ledra à Nicosie, symbole des prémices d'ouverture entre les deux parties de l'île.
Les drapeaux hissés représentent respectivement certaines des parties présentes dans le cadre de l'hypothétique résolution du différend.
Informations générales
Date 5 novembre 1914 - non résolu
Lieu Île de Chypre
Casus belli Annexion de l'île par les Britanniques en 1914.
Rivalité entre les communautés grecques et turques depuis 1950.
Issue Indépendance totale de l'île le 16 août 1960.
Partition de l'île en 1974.
Changements territoriaux République de Chypre et République turque de Chypre du Nord
Belligérants
Forces en présence
14 000 (en 1974)
(2 000 militaires grecs et 12 000 miliciens de l'EOKA)
60 000 (en 1974)
(40 000 militaires turcs et 20 000 miliciens du TMT)
Pertes
88 militaires grecs et 309 miliciens 498 militaires turcs et 340 miliciens
Batailles
Oktovriana (1931) - Opération Attila I & II (1974)

La partition de Chypre[Note 1] (grec moderne : Κυπριακό πρόβλημα, turc : Kıbrıs Sorunu) correspond à la division de facto de île en deux entités distinctes, géographiquement, culturellement et politiquement – par une ligne de démarcation – avec au sud, la seule République chypriote reconnue quasi-internationalement[1] et membre de l'Union européenne, la République de Chypre, dont la majorité des habitants appartient au groupe ethnolinguistique des Chypriotes grecs et parle le grec chypriote[Note 2] et au nord, la République « turque », appelée République turque de Chypre du Nord, seulement reconnue par la Turquie et composée en majorité de Turcs et de Chypriotes turcs parlant le turc et le turc chypriote. Cet état de fait est la résultante historique conjuguée de l'ingérence étrangère sur l'île au XXe siècle et de facteurs historiques et communautaires plus anciens.

Contexte historique [modifier]

Article détaillé : Histoire de Chypre.

Période coloniale britannique [modifier]

Photo d'une manifestation en faveur de l'Énosis sur l'île au début des années 30.
Manifestation en faveur de l'Énosis au début des années 30.

Durant la période ottomane, les Chypriotes grecs ont pu conserver leur identité, vieille de plusieurs milliers d'années, grâce au système de Millet mis en place par les Ottomans. En 1901, cette communauté représente 77,1 % de la population de l'île, contre 21,6 % pour celle des Chypriotes turcs[2].

Le 5 novembre 1914, à la suite des déclarations de guerres successives entre la Triple-Alliance et la Triple-Entente, le Royaume-Uni annexe totalement l'île de Chypre, qu'elle administrait depuis 1878 avec le consentement des Ottomans et moyennant un tribut annuel[3]. Cette occupation sera reconnue par le Traité de Lausanne, signé en 1923 entre les Alliés et la Turquie.

Chypre devient une colonie britannique au mécontentement des insulaires[Note 3] et le nouveau gouvernement de Ronald Storrs dote l'île d'une Constitution qui vise à apaiser le sentiment nationaliste mais le 21 octobre 1931, une première révolte des Chypriotes grecs contre l'occupation a lieu, elle est aujourd'hui connue sous le nom d'Oktovriana (Οκτωβριανά) et mène à une période sombre où les Britanniques règnent sur l'île avec l'appui de l'armée, profitent de ses richesses et de sa position stratégique en Méditerranée orientale mais ne proposent pas de politique destinée à développer l'île sur les plans économiques et sociaux : la Palmerokratia[4]. L'Oktovriana est utilisée comme prétexte par l'administration britannique pour abolir le Conseil législatif et réduire le pouvoir des Chypriotes dans l'administration coloniale. Cette période autocratique dure presque dix ans[5].

Un premier référendum sur le rattachement de l'île à la Grèce a lieu le 15 janvier 1950, soutenu par l'Église orthodoxe et sous l'égide de l'archevêque Makarios III. 95,7 % des Chypriotes grecs se prononcent alors en faveur du rattachement à la Grèce[Note 4],[6],[7], marquant ainsi leur rejet de l'administration coloniale britannique. Celle-ci considère le plébiscite comme un stratagème dans la rivalité entre le parti AKEL, d'orientation communiste et l'Église orthodoxe, et ne lui accorde aucune considération. Pire, l'anticommunisme occidental de l'après-guerre permet à Sir Andrew Wright, devenu gouverneur de l'île en 1949, de défendre sa politique répressive envers les partisans de l'Énosis (dont l'AKEL est au premier rang) auprès du Colonial office[5].

En parallèle, la rivalité entre la Grèce et le nouvel État turc prend une ampleur internationale en 1954, lorsque la Grèce dépose aux Nations unies une motion sur l'autodétermination de l'île ; c'est le début d'un nouvelle phase de tensions inter-communautaires[8]. L'année suivante, le conflit se radicalise avec la création de l'EOKA, une organisation armée indépendantiste en faveur du rattachement de Chypre à la Grèce. Avec le début de ces actions armées asymétriques, débute une période de violences contre les forces britanniques et les Chypriotes turcs accusés d'être en faveur du rapprochement avec la Turquie. En six mois, les affrontements provoquent 200 et le déplacement d'un millier de Chypriotes grecs du nord vers le sud de Nicosie et de 25 000 réfugiés Chypriotes turcs qui quittent les villages mixtes ou à majorité turque, où ils vivaient, vers les grandes villes les plus proches[9]. De nombreux mukhtars sont chassés, menacés ou assassinés et les rivalités entre les deux communautés s'accentuent sans que le gouvernement britannique de l'époque ne prenne de mesures conséquentes pour apaiser les tensions[10]. En utilisant les Chypriotes turcs pour contrer les nationalistes Chypriotes grecs, les Britanniques transforment un conflit anti-colonial en conflit inter-communautaire[11] En 1956, la situation continue de s'aggraver, Makarios est déporté aux Seychelles et plusieurs membres l'EOKA sont condamnés à mort par pendaison[12].

En février 1959, les dirigeants chypriotes des deux communautés rencontrent les dirigeants Turcs, Grecs et Britanniques lors de deux conférences à Zurich et à Londres[13]. Les Britanniques élaborent une nouvelle Constitution[14] garantissant la souveraineté de l'île par la Turquie, la Grèce et le Royaume-Uni[Note 5]. Les Britanniques renoncent à leur domination sur l'île et ne conservent sur l'île que deux immenses bases militaires permanentes. Le 16 août 1960 Chypre devient une république indépendante au sein du Commonwealth, avec un président chypriote grec (l'archevêque Makarios est élu avec 67 % des voix exprimées[15],[7]) et un vice-président chypriote turc (le docteur Fazıl Küçük (en)). Elle est également admise aux Nations unies, avec une pleine souveraineté. Cependant, il reste toujours 900 soldats Grecs et 650 soldats Turcs venus protéger leurs ressortissants et les deux communautés pendant la période troubles qui a précédé l'indépendance[12].

Indépendance et transition politique [modifier]

L'archevêque Makarios III, premier président de la République et son vice-président, le Dr.Fazıl Küçük (en). L'archevêque Makarios III, premier président de la République et son vice-président, le Dr.Fazıl Küçük (en).
L'archevêque Makarios III, premier président de la République et son vice-président, le Dr.Fazıl Küçük (en).

Après son accession à l'indépendance, la totalité de l'île devient membre du Conseil de l'Europe le 24 mai 1961. Cependant, les troubles politiques internes, les tensions entre communautés et la montée de la violence (notamment entre les membres de l'EOKA, pro-Énosis et du TMT, l'organisation de défense turque pro-Taksim[9]) poussent la Turquie à exprimer à son tour une ancienne revendication : la partition de l'île entre les deux communautés. Celle-ci est renforcée par les mouvements de population : la séparation géographique se renforce en décembre 1963 durant la « semaine noire » qui fait 134 morts dont 108 Chypriotes turcs et 20 000 nouveaux déplacés[12].

Cette situation conduit le Conseil de sécurité à adopter à l'unanimité, le 4 mars 1964, la résolution 186[16], qui recommande la création de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP) ; 2 500 casques bleus de l'ONU sont envoyés pour s'interposer entre les différents groupes paramilitaires[Note 6].

En 1964, Chypre sombre dans une guerre civile[17], des opérations d'épuration ethnique sont commises par la partie grecque, provoquant des représailles du côté turc ; l'armée de l'air turque bombarde plusieurs zones de l'île et l'armée grecque fournit en armes l'EOKA[Note 7],[18],[19]. Makarios, qui mène à cette époque une double politique de rapprochement avec la Grèce et de renforcement de l'État chypriote, reçoit le soutien des non-alignés et des Soviétiques. Le gouvernement turc menace de débarquer sur l'île si les violences ne cessent pas, ce qui conduit Athènes à rappeler le général Grivas, chef de l'EOKA, envoyé dix ans plus tôt afin de former et diriger les miliciens Chypriotes grecs[12]. Entre 1965 et 1970, la situation se normalise progressivement et ce sont les différends aux seins de la communauté grecque qui prennent le pas sur les différences ethniques à partir de 1971[7].

Les Chypriotes grecs profitent de la « politique de la chaise vide », décidée en janvier par les représentants chypriotes turcs, dans toutes les instances représentatives, pour faire passer des lois rééquilibrant les pouvoirs sur la base du prorata démographique[Note 8]. Les Chypriotes turcs s'enfoncent quant à eux dans la logique de la séparation – le Taksim – et fournissent au gouvernement de Nicosie les conditions de leur mise à l'écart. Si, en théorie, Chypre est gouvernée sur la base de la Constitution datant de 1960[Note 5] qui partageait le pouvoir entre les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs, dès 1963, les Chypriotes turcs se retirent du gouvernement[20].

Durant la campagne de l'élection présidentielle de 1968, Makarios ne se positionne plus en faveur de l'Énosis, mais préfère une indépendance de Chypre, à la fois de la Turquie et de la Grèce[7]. Cette position fait suite à la prise de pouvoir des militaires à Athènes et à la montée des dissensions entre les deux capitales ; Makarios sera d'ailleurs victime de plusieurs tentatives d'assassinats fomentées par les colonels[12].

Rivalités de la guerre froide [modifier]

Dans le contexte de guerre froide qui envenime les relations internationales dans les années soixante-dix et pousse les pays à se positionner dans le bloc de l'Ouest – aux côtés des Américains – ou dans celui de l'Est – avec les Soviétiques – Chypre se positionne en pays neutre, entre la Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l'OTAN, et la Syrie et l'Égypte alliés de l'URSS[21]. Dans la continuité de la politique d'Énosis, lancée avant l'indépendance, la Grèce, qui avait elle-même eu à lutter contre les communistes après la Seconde Guerre mondiale lors de la guerre civile grecque de 1946 - 1949, estime que Chypre doit lui revenir, car traditionnellement et culturellement liée ; et donc, qu'elle doit intégrer le camp des occidentaux. De son côté, la Turquie, alliée à la Grande-Bretagne dans le cadre du pacte de Bagdad, et limitée dans ses revendications territoriales par le traité de Lausanne de 1923, ne sort de sa réserve que sous l'impulsion britannique qui cherche à conserver un rôle de médiateur entre Grecs et Turcs, ce qui lui permet de conserver une influence sur la politique chypriote[22].

La montée des tensions entre la Grèce, soutenue par une majorité de la population chypriote grecque, d'une part, et la Turquie, d'autre part, fait craindre au bloc occidental, un affrontement direct entre deux de ses membres. En même temps l'espace politique, libéré progressivement de la domination britannique voit la montée en puissance de groupes pro-Énosis tel que l'EOKA, et celle de Makarios qui n'est pas dupe de la tentative d'impérialisme menée par la Grèce[21].

Son élection en 1960 conduisit cependant à un rapprochement des deux pays, et à diverses attaques contre les Chypriotes turcs et les intérêts turcs sur l'île[23]. En réponse, les responsables politiques turcs chypriotes menés par le Dr Kütchük, vice-président de la République, mettent en place une campagne anticommuniste à l'encontre du parti communiste chypriote qui apportait son soutien à Makarios depuis son élection[21]. Cette prise de position d'une partie de la classe politique chypriote dépasse les frontières européennes et l'envoi d'une force militaire de l'OTAN[Note 9] est proposée mais ce sera finalement l'ONU qui pourra envoyer des casques bleus afin de maintenir la paix dès 1964. La même, année, le 5 juin 1964, le président Johnson, pour prévenir toute invasion turque de l'île qui pourrait compromettre l'unité des pays de l'Alliance atlantique, envoie une lettre à son homologue turc, İsmet İnönü, lui enjoignant de n'effectuer aucune intervention militaire à Chypre[24]. De leur côté, les Soviétiques sont contre le rapprochement de Chypre avec la Grèce, qui conduirait l'île à intégrer l'OTAN, préférant le statu quo et que Chypre demeure un pays non-aligné, plutôt qu'un allié des Américains[25] ; ils sont successivement sollicités pour intervenir en faveur des Chypriotes grecs puis de la Turquie, mais ne prennent pas part directement aux négociations entre les deux pays[25].

Tentative d'Énosis avortée [modifier]

Dans le contexte de montée des tensions entre les deux blocs au Proche-Orient, la ligne politique des dirigeants chypriotes est de rester un pays non-aligné. L'ingérence des nations étrangères reste principalement limitée aux pays prenant part au traité de garantie, les États-Unis et l'URSS se contentent d'agir de manière indirecte[Note 10],[26], notamment via la Grèce et de la Turquie. Le contexte interne de ces deux pays va avoir une incidence sur les évènements de 1974, et vice versa[27],[28].

Situation en Grèce et en Turquie [modifier]

Articles détaillés : Dictature des colonels et Turquie contemporaine.
Localisation des trois États ayant joué un rôle majeur dans la partition de Chypre sur un schéma.

En 1967, la situation économique en Grèce est difficile ; Geórgios Papadópoulos, un militaire de carrière et premier ministre du roi Constantin II en exil à Rome, prend le pouvoir le 21 avril 1967. Il proclame la République et destitue le roi. Le coup d'État aboutit à la mise en place d'un régime autoritaire et favorable à l'Énosis, cependant la situation demeure instable, Papadópoulos est lui-même renversé en 1973 par Ioannídis, les gouvernements qui se succèdent sont incapables de mener à bien les réformes structurelles nécessaires et plusieurs vagues de contestation et de répression secouent le pays.

Côté turc, le début des années 1970 est également marqué par le chaos civil et politique[29], seul l'intervention de l'armée - lors du coup d'état de 1971[30] - permet de rétablir la situation, elle prend le contrôle des institutions du pays et fait voter et reconduire la loi martiale pendant deux ans[28]. Début 1974, Bülent Ecevit est à la tête d'une brève coalition gouvernementale, sous pression des partis d'extrême droite et des Loups gris. Les évènements de juillet vont mettre son gouvernement sur le devant de la scène internationale[31].

Coup d'état à Chypre [modifier]

Durant l'été de 1974, l'archevêque Makarios exige le retrait des officiers grecs présents au sein de la Garde nationale chypriote[32]. Le gouvernement d'Athènes lance alors un coup d'état en utilisant cette faction militaire et annonce à la radio que Makarios est mort, enseveli sous les décombres de son palais[27]. La Turquie, réalisant que le complot vise en fait à unir par la force Chypre à la Grèce, envahit le nord de l'île pour protéger la minorité turque. Les forces grecques prises par surprise ne veulent pas intervenir sachant la défaite assurée[27]. Cet échec retentissant met fin à la période de dictature en Grèce et met en suspend les relations entre les gouvernements grec et chypriote[27].

Le général Georges Grivas[Note 11], envoyé en 1954 par le gouvernement d'Athènes avait pour objectif de neutraliser la volonté d'autonomie politique voulue par Makarios et de maintenir Chypre sous la domination politique de la Grèce[33], fonde en 1972 l'EOKA-B[Note 12] et bien qu'il partage l'idée de l'Énosis, il s'oppose aux ingérences du gouvernement militaire d'Athènes dans les affaires chypriotes. Sa mort, le 27 janvier 1974, laisse le champ libre aux dictateurs d'Athènes qui prennent le contrôle de l'EOKA-B et organisent le coup d'État contre le président Makários III[34],[35].

Le 17 juillet, l'OTAN demande le retrait des officiers grecs et le retour de Makarios au pouvoir. Celui-ci s'envole d'Akrotiri, base anglaise, vers Londres où il essaie en vain d'obtenir l'aide du Royaume-Uni - signataire du traité de garantie. Sa demande est relayée par le premier ministre turc Bülent Ecevit qui demande aux Britanniques de se ranger du côté turc[36]. Le 18, Joseph Sisco, sous-secrétaire d'État américain reçoit Ecevit à l'ambassade américaine de Turquie et apprend qu'il veut renverser Níkos Sampsón, le nouveau président nommé de facto par Athènes, afin de protéger les Chypriotes turcs de l'île[36].

Le coup d'État est un échec et Sampsón ne reste au pouvoir que neuf jours entre les 15 et 23 juillet[37]. Le 19 juillet 1974, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Makários accuse la Grèce de mener une invasion militaire à Chypre[38]. Pour le gouvernement turc, cette position « légitime » une intervention militaire afin de protéger la population chypriote turque et les ressortissants turcs, comme prévu par l'article 2 du traité de garantie signé en 1960[Note 5] ; celle-ci lance alors l'opération Attila. Cette lecture du traité est toutefois remise en cause la même année puisqu'il est précisé dans le traité que « l'action unilatérale n'est ouverte que si l'action conjointe ou commune est impossible ». Le Royaume-Uni avait convoqué les deux autres nations garantes du traité pour le 21 juillet à Londres, cependant la Turquie lança son opération le 20, devançant toute possibilité d'intervention conjointe[39].

Intervention turque [modifier]

Article détaillé : Opération Attila.

Dès le 20 juillet 1974, l'intervention militaire de la Turquie, redoutant l'Énosis, est officiellement menée en réaction au coup d'État du 15 juillet par la garde nationale chypriote sous la direction d'officiers grecs[40]. Le 20 juillet 1974, les troupes turques débarquent 10 000 soldats au nord de l'île et occupent en deux jours 38 % du territoire chypriote[41]. Dans le même temps, 200 000 chypriotes grecs sont contraints de quitter le nord pour le sud de l'île[42]. Pour Bülent Ecevit, premier ministre turc de l'époque, l'opération Attila était une opération de maintien de la paix[43],[44].

Déroulement de l'opération [modifier]

Le 20 juillet 1974, à h 45, l'opération appelée « Attila I » est lancée, le gouvernement turc commence à déployer des troupes terrestres à bord de péniches de débarquement, ainsi que des parachutistes aéroportés à bord d'avions de transport C-130 entre Kyrenia et Nicosie[45].

À h 30, le Premier ministre turc, Bülent Ecevit annonce à la radio la décision de son gouvernement :

« L'intervention turque à Chypre a été faite en réponse au coup d'État qui a avait été commis quatre jours plus tôt contre le président chypriote, l'archevêque Makarios[Note 13] »

— Allocution de M.Bülent Ecevit, premier ministre turc, Radio Ankara, le 20 juillet 1974.

Au total, ce sont 40 000 soldats turcs et 20 000 miliciens chypriotes turques armés de 200 tanks, des avions et des navires qui affrontent 12 000 Chypriotes grecs équipés de 35 tanks[Note 14]. Le 23 juillet 1974, un premier cessez-le-feu est signé et l'armée turque occupe 3 % de l'île[35].

Du 13 au 16 août, une deuxième opération appelée « Attila II » est lancée par l'armée turque sur Lefke et Famagouste, afin d'assurer le contrôle sur la limite de séparation entre les deux communautés, les forces pro-turques contrôlent alors 38 % de l'île[46].

Compte rendu de l'opération Attila [modifier]

Les forces armées turques ne rencontrent qu'une résistance dispersée et désorganisée des forces chypriotes grecques et de l'EOKA-B, elles prennent le contrôle du couloir entre Nicosie et Kyrenia[45].

En réponse à l'offensive de la Turquie, le gouvernement du général Dimítrios Ioannídis annonce que la Grèce prépare la mobilisation générale de ses forces armées en accord avec son statut de garante de l'équilibre constitutionnel prévu par le traité de garantie[Note 5]. L'armée grecque n'est pas déployée à Chypre, mais la crainte d'une confrontation directe entre les armées turque et grecque persiste jusqu'aux élections législatives de novembre 1974 et la période de transition démocratique appelée « Metapolítefsi »[47]. C'est une double victoire pour la Turquie : sur le plan militaire d'abord, puis sur le plan diplomatique, la Grèce, son grand rival en mer Égée, n'intervient pas pour rétablir l'« équilibre des forces » et en réponse au manque de soutien de la Grande-Bretagne et des États-Unis à restreindre l'intervention turque, le nouveau gouvernement de Konstantínos Karamanlís conduit la Grèce à se retirer de la branche militaire de l'OTAN[45].

Pertes liées aux opérations militaires [modifier]

Photo du camp argentin des forces de l'ONU.
Camp argentin des forces de l'ONU.

Lors des deux opérations « Attila », toutes les parties - civils et militaires - ont subis des pertes :

  • Drapeau de Chypre du Nord Chypre du Nord - Chypriotes turcs et mouvements paramilitaires
    • 340 miliciens du TMT tués[48]
    • 270 civils chypriotes turcs tués et 1 000 blessés[49]
  • Drapeau de Chypre Chypre - Chypriotes grecs et mouvements paramilitaires
    • 309 miliciens de l'EOKA-B tués[48]
    • 4 000 civils chypriotes grecs tués et 12 000 blessés[49]

Bilan humanitaire [modifier]

De la prise de pouvoir par les membres de l'EOKA-B à la fin des opérations militaires turques, deux vagues d'épuration ethnique ont lieu, se mêlant aux affrontements armés entre les mouvements de résistances chypriotes grecs et les forces turques[50]. On dénombre plus de 15 000 civils morts ou blessés[49] ; auxquels s'ajoutent 1 493 Chypriotes grecs et 502 Chypriotes turcs disparus[51] et 278 corps enterrés, retrouvés et identifiés plus tard par le Comité sur les personnes disparues à Chypre de l'ONU[52].

Près de 210 000 réfugiés grecs sont déplacés vers le sud, dans des camps construits dans l'urgence, par le Service spécial pour les soins et la réadaptation des personnes déplacées chypriote[53]. Les infrastructures de l'île sont sévèrement touchées, notamment les axes reliant la partie sud à la partie nord et 22 000 hectares de forêts brûlent dans le massif du Troodos[50],[27].

Problème des expropriations [modifier]

Conséquences politiques [modifier]

Le 22 juillet, à la suite de la résolution 353 de l'ONU[54], un cessez-le-feu est signé entre la Turquie et le nouveau régime de Chypre, le 23, la junte militaire qui avait pris le pouvoir en Grèce s'effondre et Níkos Sampsón est contraint de démissionner. Les Chypriotes grecs perdent ainsi le soutien direct de la Grèce à l'Énosis et à la domination chypriote grecque sur la totalité de l'île[21].

Le président de la Chambre des représentants, Gláfkos Klirídis, assure l'intérim de la présidence de la partie sud de l'île, comme prévu dans la Constitution[55]. Pendant ce temps, Makarios III préside les négociations penta-partites aux Nations unies, avec les représentants turcs, grecs, britanniques, américains et des deux communautés chypriotes.

Lors de la deuxième Conférence de Genève, le 9 août, le ministre turc des Affaires étrangères, Turan Güneş, suivant les conseils des américains, appuie une solution fédérale impliquant la séparation des zones chypriotes turques et grecques dans chaque canton de l'île[Note 17]. La précipitation turque, par peur d'un retournement de l'opinion internationale en leur faveur, conduit au rejet du plan par les nations présentes. Les négociations sont rompues le 14 et l'offensive turque reprend jusqu'au 16, date où un nouveau cessez-le-feu intervient et fixe la frontière jusqu'à la mise en place de la ligne verte[56].

Lorsque Makarios revient sur l'île pour accéder au poste de président de la République de Chypre avec l'appui de nombreux Chypriotes grecs, son autorité n'est effective que dans la partie sud de l'île. Un an plus tard, le 13 février 1975, le leader des Chypriotes turcs, Rauf Denktaş proclame unilatéralement la création de l'État fédéré turc de Chypre[42].

Division de l'île [modifier]

Suite aux évènements de 1974, la « ligne verte » est mise en place afin de séparer les deux communautés majoritaires sur l'île ; la société chypriote est alors profondément divisée et les clivages vont s'accentuer sur différents plans.

Partition géographique [modifier]

Carte des deux entités chypriotes et la ligne verte tenue par les forces de l'ONU.
Les deux entités chypriotes et la ligne verte tenue par les forces de l'ONU.
Article détaillé : Île de Chypre.

Depuis 1975, le territoire de la République de Chypre (Kypros, en grec) couvre la partie sud de l'île, c'est-à-dire les deux tiers de sa superficie totale. Cette partie du pays compte 885 600 habitants dont 94,9 % des habitants sont d'origine grecque orthodoxe, 0,3 % d'origine turque et 4,8 % d'origine arabe maronite ou arménienne[57]. Les plus grandes villes sont Nicosie-Sud (166 000 habitants, côté grec), Limassol (143 400), Larnaca (64 000) et Paphos (34 200).

La République turque de Chypre du Nord (Kuzey Kibris Türk Cumhuriyeti en turc) couvre la partie nord de l'île, c'est-à-dire le tiers de sa superficie totale. Cette partie du pays compte 286 000 habitants (census de 2011) dont 97,7 % des habitants sont d'origine turque et musulmane, 2,1 % d'origine grecque et 0,2 % d'origine arabe maronite ou arménienne[58]. Les plus grandes villes sont Nicosie-Nord (côté turc), Famagouste, Lefke et Kyrenia. D'après un rapport du Conseil de l'Europe, le nombre de Chypriotes turcs passe de 118 000 en 1974 à 87 600 en 2001 quand les Turcs anatoliens sont plus de 110 000[5].

La ville de Nicosie, appelée en grec Lefkosia (grec moderne : Λευκωσία / turc : Lefkoşa) d'après le nom de son fondateur Lefkon, est devenue la seule capitale européenne à être de jure capitale de deux États et à être partagée militairement par une force d'interposition, l'UNFICYP placée sur la zone tampon[Note 18].

L'île est séparée d'est en ouest par une zone démilitarisée et contrôlée par l'ONU ; des deux côtés de cette zone, les armées chypriotes et turques ont installé des barrières, des murs, des barbelés et des postes de garde[59]. Seuls quelques rares passages sont ouverts entre les deux entités, deux passages piétonniers à Nicosie, et quatre passages routiers répartis sur la frontière et permettant de communiquer via d'anciens axes routiers[60]. À cette ligne de démarcation s'ajoutent de petites enclaves et la présence des bases britanniques qui ont une pleine souveraineté sur leurs territoires respectifs.

Déplacement des populations [modifier]

Le nombre de déplacés Chypriotes grecs du nord de l'île vers le sud et de déplacés Chypriotes turcs du sud vers le nord varie considérablement selon les sources :

Estimations des déplacés
Chypriotes grecs Chypriotes turcs Source
200 000 34 000 [N 1]
158 000 50 00060 000 [N 2]
170 000 50 000 [N 3]
160 000 45 000 [N 4]
200 000 40 000 [N 5]
  1. Marcela Patrascu, Julie Brusq, Suzy Canivenc et Damien Le Gal, Corpus et méthodes : Épistémologies critiques et appropriations multidisciplinaires, L'Harmattan, 2011, 206 p. (ISBN 978-2296542433) [lire en ligne], p. 67 .
  2. * Emel Akcali, Chypre : un enjeu géopolitique actuel, L'Harmattan, coll. « Histoire et Perspectives Méditerranéennes », novembre 2009, 358 p. (ISBN 978-2296101289), p. 79, 91 .
  3. Forced Migration Review
  4. Union interparlementaire
  5. Radio Canada

 

Forces de maintien de la paix [modifier]

Photo d'un panneau sur lequel il est écrit : zone tampon des Nations unies.
Zone tampon des Nations unies.

Les forces de l'UNFICYP, agissant sous mandat de l'ONU, sont mises en place, dès 1964, pour prévenir toute poussée de violence entre les deux communautés. En 1974, à la suite des opérations militaires turques, une « ligne verte », constituant une zone démilitarisée et une barrière physique entre les deux entités sépare l'île de Chypre, et sa capitale Nicosie[61]. Les lignes de cessez-le-feu s'étendent à travers l'île sur une distance d'environ 180 kilomètres. La zone tampon des Nations Unies a une largeur qui va de 20 mètres à 7 kilomètres. Elle représente à peu près 3 % de la superficie de l'île et est doté d'un réseau de postes d'observation.

En 2010, cette unité d'interposition n'est plus constituée que par un millier d'hommes, cependant celle-ci a eu à déplorer 180 pertes (dont 170 soldats, 3 policiers civils et 7 membres du personnel civil) au cours de son mandat[61].

Diversité culturelle [modifier]

Photo d'une église transformée en mosquée à Nicosie.
Église transformée en mosquée à Nicosie.
Photo d'une église grecque orthodoxe à Nicosie.
Église grecque orthodoxe à Nicosie.

La diversité culturelle, linguistique ou religieuse de Chypre a longtemps été modelée par le brassage ethnique et multiculturel des diverses invasions et occupations de l'île, durant la période ottomane[62], l'ensemble des communautés cohabitaient sans qu'il n'y ait d'identité commune [63], cependant les tensions inter-communautaires, exacerbées par les britanniques afin de maintenir leur souveraineté sur l'île[5] ont été croissantes et de profondes fractures divisent aujourd'hui ces communautés.

La Constitution de 1960 étant toujours appliquée, le turc demeure langue officielle au même titre que le grec et l'anglais au sein de la République de Chypre ; cependant il n'est plus utilisé du fait de l'absence des chypriotes turcs au sein du gouvernement chypriote grec[57]. Il en est de même pour l'enseignement où seules quelques écoles proposent des enseignements dans d'autres langues que le grec, en anglais, en français ou en allemand[64]. Les minorités[Note 19] sont libres d'utiliser leurs langues au sein des cercles privés, mais elles doivent cependant utiliser le grec pour leurs activités publiques. La communauté du sud de l'île est à majorité de confession grecque orthodoxe[65] et possède sa propre juridiction religieuse, l'église orthodoxe de Chypre. La constitution est garante de la liberté de culte, c'est pourquoi des mosquées et des synagogues ont pu être bâties de ce côté de la frontière[66].

De son côté, la République turque de Chypre du Nord n'admet comme seule langue officielle que le turc[58]. De même, l'enseignement, la justice, les médias sont essentiellement en turc. La politique du gouvernement chypriote turc, au cours des trente dernières années, a été de reconvertir ou de détruire les traces de civilisation hellénistique[67] et d'assimiler les minorités, parfois par la force, afin d'avoir un territoire unilingue et uniculturel[58]. La partie nord de l'île est à majorité de confession musulmane sunnite[65] et composée principalement de Chypriotes turcs et de colons turcs venus d'Anatolie après 1974, ainsi que de quelques Chypriotes grecs demeurés dans la partie nord de l'île.

L'anglais constitue la troisième langue utilisée dans l'île, notamment par certains médias locaux et internationaux, les universités ou encore les tribunaux, comme cela est prévu dans la Constitution. Les habitants parlent également certains dialectes tels que le grec chypriote, le turc chypriote ou langues tels que l'arabe et l'arménien[66], mais dans des proportions différentes qu'ils soient d'un côté ou de l'autre de la frontière.

Différences économiques [modifier]

Le développement économique de la RTCN est profondément entravée par l'embargo international dont elle fait l'objet depuis 1974[68]. En 2009, la majorité des biens exportés étaient des agrumes (25 %) et du lait (25 %) destinés principalement au marché turc ou à la réexportation[Note 20],[69]. En réponse, un embargo à l'encontre de la partie sud de l'île a également été mis en place dans les ports turcs[70] et la partie nord, reçoit plusieurs millions d'euros chaque année (635 millions d'euros en 2011) de la part de la Turquie[68] sous la forme d'aides au développement et d'aides pour les dépenses de l'État.

L'isolement géopolitique a conduit à l'apparition de situations très contrastées entre l'économie de la partie sud qui bénéficie du tourisme et de capitaux étrangers[71] et la partie nord dont le produit intérieur brut par habitant est quatre fois moins élevé que celui des Chypriotes grecs[69].

Inversement, la partie sud de l'île a réussi à se développer et à atteindre les standards européens, le PIB par habitant est supérieur à celui de la Grèce et du Portugal, et comparable à celui de l'Espagne, en 1997, 81 % des ménages disposaient d'au moins un véhicule et environ le tiers en possédait au moins deux[69]. Par ailleurs, Chypre est une destination touristique réputée et un pavillon de complaisance important, elle représente ainsi la 10e flotte mondiale de navires marchands en termes de tonnage[72],[73]. De même, la répartition de la population active occupée en 1996 des Chypriotes grecs était sensiblement différente de celle des Chypriotes turcs :

Répartition des actifs occupés[74]
(1996)
République de Chypre RTCN
Secteur primaire 10,5 % 21,2 %
Secteur secondaire 15,3 % 9,3 %
Secteur tertiaire 65 %
Dont 13,1 % fonction publique.
55,9 %
Dont 21,3 % fonction publique[Note 21],[69].

Division politique [modifier]

Double carte des zones de peuplement de Chypre en 1970 et en 1998.
Les zones de peuplement en 1970 et en 1998.

Avec les négociations précédent l'élargissement de l'Union européenne de 2004, les pourparlers entre les autorités du sud et du nord de l'île sur la question d'une république bi-communautaire[75] ; entre le président chypriote grec Gláfkos Klirídis puis Tassos Papadopoulos et le dirigeant chypriote turc Rauf Denktash redémarrent sous l'égide des Nations unies. Les deux représentants n'ayant pu s'entendre et aucun accord n'ayant pu aboutir, Kofi Annan propose que son plan de réconciliation soit directement soumis à référendum dans les deux parties de l'île. Le plan Annan, intervient après trente ans de négociations infructueuses, il est proposé d'instaurer un État confédéral devant permettre l'installation (ou le retour) de 33 % au plus de résidents de l'autre communauté sur son sol[76].

Les dispositions du plan Annan sont, lors du référendum, acceptées à plus de 65 % par les habitants du nord de l'île, mais rejetées à 70 % par ceux du sud et représentant plus des 34 de la population à cette époque. L'échec de cette solution de réconciliation des deux communautés est, selon des observateurs internationaux, en partie imputable au fait que les dirigeants politiques grecs rejettent le plan avant même sa présentation aux populations.

M. Papadopoulos déclare le 7 avril 2004 à la communauté grecque :

« Mon peuple chypriote grec, je te prie de refuser le plan Annan. Je te prie de dire fortement « non » le 24 avril. Je te prie de défendre ton droit, ta dignité et ton histoire[76] »

— Allocution de M.Tassos Papadopoulos, président de Chypre, le 7 avril 2004.

En effet, pour les Grecs chassés de la partie nord, la limitation à 33 % est jugée inacceptable ; ils représentaient environ 79 % de la population au nord de l'île avant 1974 ; pour les Turcs en revanche, cela revient à sauvegarder l'essentiel de leurs acquis tout en revenant dans la légalité internationale et en échappant à l'embargo et à la dépendance vis-à-vis d'Ankara. Durant la période précèdent le référendum, le gouvernement chypriote alla jusqu'à censurer les discours du commissaire européen à l'élargissement Günter Verheugen et du représentant des Nations unies Álvaro de Soto[76].

Par ailleurs, au cours de ce référendum, pour la première fois, des manifestations massives, rassemblant jusqu'à 50 000 personnes, ont lieu dans la partie occupée de Chypre, au cours desquelles la communauté chypriote turque conteste ouvertement la politique sous tutelle d'Ankara du « président » Rauf Denktash, exige sa démission, et exprime son souhait de rattachement à la partie sud[77]. Le 1er mai 2004, la République de Chypre entre dans l'Union européenne alors qu'une partie de son territoire est toujours occupée militairement par la Turquie[78], et que depuis, l'inégalité économique entre les deux parties s'est aggravée. Selon la terminologie officielle du protocole n°10 du traité d'Athènes, « l'acquis communautaire est suspendu dans les zones où le gouvernement de la République de Chypre n'exerce pas de contrôle effectif ».

L'idée d'une confédération territoriale est donc abandonnée principalement à cause de la limitation sur le retour des réfugiés mais également pour d'autres raisons : sécurité et militarisation de la partie nord[Note 22], concurrence économique des Chypriotes turcs dont les salaires sont beaucoup plus bas que ceux des grecs[Note 23] ou encore l'absence d'une « identité chypriote commune » chez les colons venus d'Anatolie. En fin de compte la partie grecque accepterait l'idée d'une réunification et d'une autonomie des turcophones de l'île, mais sur des bases non-territoriales et sans limitation du droit de retour des réfugiés de 1974[76], ce qui en pratique signifierait l'abolition de la partition, la disparition de la République turque de Chypre du Nord et le retour à la situation au statu quo ante l'opération Attila.

Autour du problème [modifier]

Les évènements ayant conduit à l'indépendance de l'île ont pris place dans un contexte géopolitique régional marqué par de fortes interactions entre différents acteurs.

Relations entre les Républiques de Chypre et la Turquie [modifier]

La Turquie ne reconnaît pas l'existence de la République de Chypre mais seulement celle de la République turque de Chypre du Nord. La République de Chypre est reconnue internationalement par tous les membres des Nations unies sauf par la Turquie[Note 24].

Inversement, Chypre et l'ensemble de la communauté internationale ne reconnaissent pas l'existence de la République turque de Chypre du Nord[Note 24], mais les négociations visant au rapprochement des deux communautés de l'île tendent à une reconnaissance d'un gouvernement chypriote commun ou uni, à condition que les deux parties y siègent[79]. La reconnaissance de la République de Chypre (membre de l'Union européenne) est un point essentiel du processus d'adhésion de la Turquie[80]. Celle-ci avait d'ailleurs annoncé son intention de geler ses relations avec l'Union européenne si aucune solution n'avait été trouvée avant la prise de fonction de la présidence chypriote du Conseil de l'UE[81], la Turquie n'a simplement assisté à aucune des réunions données par la présidence chypriote du Conseil[82].

De jure, la République turque de Chypre du Nord est indépendante de la Turquie, cependant des liens étroits existent dans tous les domaines entre les deux États. La Turquie entretient un contingent de 35 000 hommes[83] « sous couvert de protéger la partie nord de l'île ». De nombreux colons turcs sont venus peupler la partie nord de l'île, représentant une part de la population plus importante que les Chypriotes turcs eux-mêmes ; on estimait à 87 600 le nombre de Chypriotes turcs et à 115 000 le nombre de colons[84] en 2001[Note 25].

L'ingérence de la Turquie dans la vie chypriote est déjà critiquée pendant la période de transition politique de 1974 dans la partie nord de l'île. Özker Özgür (en), élu au premier Parlement nord chypriote, s'exprime ainsi :

« Que je le croie ou non, que je le trouve juste ou pas, je fais ce que dit la Turquie[85],[Note 26]. »

— Allocution de M.Özker Özgür, politicien chypriote turc, en 1974.

C'est pourquoi Derviş Eroğlu, le nouveau président chypriote turc élu en 2010, qui est en faveur d'une partition de l'île[86], suit les recommandations d'Ankara et poursuit les efforts de négociation de son prédécesseur, Mehmet Ali Talat[86], afin de faciliter les négociations d'adhésion de la Turquie au sein de l'UE[83]. Cette ingérence politique permet cependant de passer outre les problèmes de non-reconnaissance mutuelle des deux Républiques puisque les deux présidents élus entretiennent des relations, parfois directes, parfois interposées, mais continues, ce qui laisse espérer la poursuite du processus de réconciliation malgré les changements de gouvernement[86].

Relations entre la Grèce et la Turquie [modifier]

Si la Grèce est longtemps intervenue dans la politique chypriote et a envoyé des troupes lors de la prise de contrôle de la partie nord de l'île en 1974[Note 5], des points de tensions dans les relations gréco-turques existaient déjà avant l'indépendance de l'île ; notamment les revendications territoriales dans la mer Égée. En outre, si le gouvernement grec de l'époque de la dictature des colonels tentait d'instaurer l'Énosis avec les Chypriotes grecs, les gouvernements démocratiques se sont concentrés sur les questions internes et ont délaissé le problème chypriote aux soins de l'ONU et des Chypriotes eux-mêmes[87].

Bases britanniques [modifier]

Article détaillé : Akrotiri et Dhekelia.
Carte de la base d'Akrotiri.
La base d'Akrotiri.

Les deux bases militaires britanniques d'Akrotiri et Dhekelia, datent de l'indépendance de l'île demeurent sous contrôle britannique avec l'autorisation du gouvernement chypriote. Cependant un point de discorde persiste sur la volonté du gouvernement chypriote d'obtenir une rétribution pour l'occupation de ses terres. Si ces zones militaires constituent elles-mêmes des enclaves sur l'île, des micro enclaves chypriotes - notamment des villages et des zones agricoles - sont situées au sein de la base de Dhekelia[88]. Les militaires britanniques participent également aux opérations de maintien de la paix au sein de l'UNFICYP[88].

Rôle de la Russie [modifier]

La Fédération de Russie appuie les efforts menés par le Secrétaire général de l'ONU et la délégation chargée d'assister les deux communautés dans le règlement du différend qui les opposent depuis plus de trente ans[89]. Cependant, alliée depuis l'époque soviétique du gouvernement chypriote grec pour des raisons religieuses[Note 27], elle avait opposé son veto lors du vote sur le plan Annan, arguant que c'était aux populations chypriotes de régler le problème d'elles-même. À la suite de l'échec du référendum, sa position a légèrement changé, elle soutient désormais un accord onusien[90], tout en continuant de prôner une résolution du problème par les deux parties de l'île[91].

La Russie a par ailleurs développé ses relations avec les deux communautés, la Turquie et la Grèce, en envoyant un émissaire spécial afin de recueillir les doléances auprès des délégations turques[92] et chypriotes[90]. Or, si elle ne reconnait par l'existence de la RTCN pour des raisons de politique interne[Note 28], elle reconnait à la partie turque de l'île, le droit de commercer en toute liberté[91]. Débutée en 2012, la crise financière chypriote affecte les relations économiques et diplomatiques entre la République chypriote et la Russie, cependant, les autorités russes continuent de prendre part dans le dialogue installé afin de résoudre les « grands » problèmes relatifs aux deux pays[93].

Dualité après l'intégration européenne [modifier]

Le processus de négociation est également soumis aux déséquilibres entre les deux communautés qui n'ont cessé de croître en ce qui concerne leur autonomie par rapport à leurs partenaires respectifs ; le statut d'État membre de l'Union européenne a permis à Chypre de consolider sa situation. Auparavant, la République de Chypre et la Grèce étaient liées par des accords de défense commune et de coopération économique signé en 1994 et 1996. L'idée de l'Énosis a alors été oubliée avec l'entrée de Chypre dans l'UE en 2004 et la sécurité politique, militaire, identitaire et économique offerte par cette dernière[94].

D'un autre côté, la communauté chypriote turque perd progressivement son identité avec l'immigration croissante de Turcs continentaux, et la poursuite du Taksim en l'absence de gestes significatifs de la part de l'UE dans le processus d'adhésion turc[94].

Regain de tensions autour de l'exploitation gazière [modifier]

À la suite de la découverte en 2010 du champ gazier géant au cœur du bassin Levantin, appelé Tamar 2 par Israël, la République chypriote a commencé courant 2011 les premières explorations dans sa ZEE[95]. En collaboration avec Israël avec qui elle a signé un accord de coopération et un traité délimitant leurs zones économiques exclusives respectives, ainsi qu'avec la société américaine Noble Energy qui exploite déjà certaines plates-formes pétrolières offshore plus au sud et qui est chargée des explorations pour le compte du gouvernement chypriote[96], Chypre espère profiter de la manne financière conséquente que les exportations de gaz vers l'Union européenne lui fournira[97]. De l'autre côté de l'île, la Turquie réclame le droit d'opérer ses propres forages et l'arrêt de l'exploitation et de l'exploration de tous les sites chypriotes ; outre le fait qu'elle veuille elle-même opérer des explorations dans la ZEE chypriote, elle souhaite s'affirmer en Méditerranée et s'opposer à l'hégémonie israélienne sur l'exploitation des hydrocarbures[95]. L'Union européenne, qui cherche à se poser en médiateur a besoin de diversifier ses approvisionnements en matières énergétiques[Note 29], c'est pourquoi elle soutient l'initiative chypriote tout en essayant de ménager la Turquie, Israël et le Liban entre lesquels s'entretiennent des relations diplomatiques délicates[98], dans ce contexte, les revendications turques s'opposent à la volonté d'autodétermination de l'île, mais d'avantage pour des raisons économiques que politiques ou idéologiques. Les conséquences n'en demeurent pas moins une nouvelle cristallisation des tensions qui se propage aux pays levantins[99].

Vers une résolution du différend [modifier]

Article détaillé : Réunification de Chypre.

Dès le début des évènements de 1974, certains acteurs internationaux ont pris part aux tentatives de médiation et ont essayé d'apporter une solution concrète.

Onusienne [modifier]

Article détaillé : Plan Annan.
Drapeau proposé de la République-Unie de Chypre.
Drapeau proposé de la République-Unie de Chypre.
Photo de Kofi Annan, instigateur du plan éponyme.
Kofi Annan, instigateur du plan éponyme.

L'ONU, qui par ailleurs entretien une mission d'interposition via l'UNFICYP, a proposé, en 2004, le plan Annan du nom de l'ancien secrétaire des Nations unies, Kofi Annan. Ce plan proposait de réunifier les deux États chypriotes au sein d'une même République chypriote unie fonctionnant sur la base d'un système fédéral où les deux communautés seraient représentées[100]. Cependant, soumis à un référendum des deux communautés, il a été rejeté par la majorité des Chypriotes grecs, principalement en raison de la limitation à un tiers du nombre de réfugiés grecs ayant été déplacés en 1974 et autorisés à se réinstaller dans la partie nord de l'île.

À la suite d'une série de négociations entre mai et septembre 2008, les dirigeants chypriotes grecs et turcs se sont engagés sous l'égide des Nations unies à résoudre point par point les problèmes liés à la spécificité chypriote. Conformément au processus défini par les parties[101], Dimitris Christofias et Mehmet Ali Talat ont mis conjointement en place six groupes de travail et sept comités techniques portant sur des questions spécifiques[Note 30].

Le 24 septembre 2010, le président turc, Abdullah Gül, a confié être optimiste sur la possibilité d'arriver à un accord entre les leaders des deux communautés turque et grecque[102]. Il rejoint les propos du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et poursuit les appels tournés vers la communauté internationale et notamment l'Union européenne à mettre fin à l'isolement dont fait l'objet la communauté turque de Chypre[102]. Après l'ouverture de nouveaux passages en 2010, les forces sous mandat de l'ONU sont portées à 926 personnes[103] et les visites des différents partenaires du processus de réconciliation se multiplient[103],[Note 31].

Les dirigeants chypriotes grec et turc rencontrent le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, le 18 novembre 2010 à New York, afin d'étudier divers point dans une réunion tripartite ; notamment sur la question des propriétés foncières et l'ouverture de nouveaux points de passages dans la ligne verte[104]. Ces négociations visent à terme à la réunification de Chypre, au sein d'un système fédéral bi-communautaire où chypriotes grecs et turcs seraient égaux en droit et en pouvoir[75],[Note 32] ; comme envisagé dans le plan Annan, la résolution des différends aboutirait à une hypothétique République chypriote unie ou une entité supra communautaire, basée sur le modèle de la Suisse. Les deux parties auraient une réelle autonomie et une représentation politique paritaire dans les institutions et dans le gouvernement fédéral[105].

L'Australie, dont les forces armées participent au maintien de la paix sur la ligne de démarcation, a accepté d'envoyer une mission diplomatique menée par Alexander Downer, ancien ministre des affaires étrangères australiennes et médiateur international reconnu, dans le but de faciliter les négociations entre les dirigeants chypriotes turcs et grecs[106]. Cette équipe de médiation reçoit également le concours de l'ONU et de l'Union européenne.

Européenne [modifier]

Lors de l'intégration de la République de Chypre en 2004, il a été établi de jure que c'était toute l'île qui était partie de l'Union européenne ; de facto, seule la partie sud, officiellement reconnue, est intégrée au sein des institutions de l'UE[107].

La Commission européenne a commencé, dès 2004, à développer une politique d'ouverture entre les deux communautés[108] ; elle a œuvré dans le sens de l'ouverture de points de passage dans la ligne verte, de l'échange de marchandises entre Chypriotes turcs et grecs, ainsi que de l'ouverture des ports et aéroports turcs aux passagers et marchandises chypriotes grecs[107].

En 2006, l'UE a adopté le règlement (CE) n° 389/2006[109] pour mettre un terme à l'isolement de la communauté chypriote turque et l'aider à se préparer à la réunification. Une enveloppe de 259 millions d'euros a été affectée au programme pour une durée de cinq ans ; celui-ci s'inscrit dans le cadre plus large du Reconciliation and Peace Economics in Cyprus, un projet d'étude et d'actions en faveur du rapprochement des communautés[110] mis en place par l'agence de coopération EuropeAid[111]. Depuis 2011, l'assistance se poursuit sous la forme de dotations annuelles de 28 millions d'euros, utilisées pour consolider les résultats atteints et soutenir le processus des Nations unies appelé Action for Cooperation & Trust in Cyprus[112] et conjointement financé avec l'USAID.

Turque [modifier]

La nécessité turque de résoudre la question chypriote est principalement liée à sa volonté d'entrer dans l'Union européenne ; la Turquie demande en échange, de la part de la communauté internationale, qu'elle cesse les mesures d'isolement économique et commercial de la partie nord de l'île, mises en place par les pays européens[113]. Le protocole d'Ankara, ratifié en juillet 2005 par la Turquie, prévoit l'ouverture des ports et aéroports turcs aux passagers et marchandises en provenance de la partie grecque de l'île de Chypre. Le président turc en personne, Abdullah Gül, a appelé, en accord avec l'ONU, les dirigeants chypriotes à trouver un accord autour de la division de l'île avant la fin de l'année 2010[103] et hypothétiquement, à organiser un nouveau référendum[114],[Note 33]. Mais le refus du gouvernement turc de reconnaître officiellement la République de Chypre laisse la situation dans l'impasse en bloquant les négociations sur ce sujet et le processus d'adhésion de la Turquie[115]. Les espoirs restent cependant permis car, en 2013, dans une situation quelque peu comparable, la Serbie a accepté de renoncer de facto à sa souveraineté sur le Kosovo (sans toutefois reconnaître formellement l'État sécessionniste) en échange d'une perspective d'adhésion à l'UE[116].

Chypriote [modifier]

Photo d'Alexander Downer, l'émissaire de l'ONU à Chypre.
Alexander Downer, l'émissaire de l'ONU à Chypre.

Le rejet du plan Annan par la communauté chypriote grecque aboutit à la définition d'une nouvelle approche du différend par des négociations directes approuvée en 2006, cette fois, par M. Tássos Papadópoulos et par le représentant de la communauté chypriote turque élu en 2005, M. Mehmet Ali Talat. Un accord est signé le 8 juillet 2006 comportant des engagements sur les principes de la réunification de l'île, d'un règlement global des problèmes, du refus du statu quo et du lancement de discussions bi-communautaires. Il prévoit, entre autres, la mise en place de comités techniques sur les questions de la vie quotidienne et sous l'égide de l'ONU[94].

Dès 2008, Dimitris Christofias, nouvellement élu premier ministre chypriote grec, démarre les discussions promises lors de sa campagne électorale[117] avec son homologue chypriote turc, Mehmet Ali Talat, les deux hommes sont des interlocuteurs qui se connaissent et partagent la même idéologie en faveur d'une réunification de l'île[75],[117]. Cependant, la situation et les problèmes demeurent les mêmes qu'en 2004, à ceci près que Chypre est rentrée dans l'Union européenne et que la situation internationale est devenue plus complexe[115].

Dans un rapport, daté de mai 2010, de l'envoyé spécial de l'ONU à Chypre, Alexander Downer, il est fait état du changement de position du dirigeant chypriote turc Derviş Eroğlu qui serait passé d'une solution à deux États à la solution d'un seul État fédéral unifié[Note 34], comme le proposent les médiateurs européens et onusiens[118].

Soutenu par le gouvernement d'Ankara et par les « colons turcs », Eroğlu prônait jusqu'alors une solution négociée de « partenariat de deux États souverains »[119], conservant, de fait, la souveraineté chypriote turque sur la partie nord de l'île, mais permettant de réunifier sur de nombreux points les deux entités (liberté de circulation, ouverture des ports et aéroports, fin des restrictions imposées par l'UE, développement économique, etc.)[119].

Reprenant de manière inattendue les efforts de son prédécesseur Mehmet Ali Talat, le revirement d'Eroğlu constitue un espoir pour les deux populations chypriotes favorables au rapprochement. M. Downer, par son action d'intermédiaire, a permis la rencontre de MM. Eroğlu et Christofias lors d'une réunion saluée par Ban Ki-moon, comme « un nouveau pas vers la réunification »[120]. Sa volonté de ne pas imposer le seul point de vue de l'ONU par des contraintes de temps et de résultats, a permis de « conclure la discussion sur une note positive puisque tous les points sur lesquels portaient la négociation sont arrivés à leur terme »[120], mais l'élégance de ce langage diplomatique n'a pas encore changé les réalités sur le terrain.

Avec l'élection de Nicos Anastasiades, en mars 2013, le gouvernement chypriote réaffirme publiquement son ambition de poursuivre les efforts engagés depuis plusieurs années en vue de la réunification de l'île[121].

Notes [modifier]

  1. La partition de l'île de Chypre est également appelée « problème », « dispute », « conflit » ou « différend » chypriote selon les langues et les sources.
  2. De jure, la République de Chypre englobe la totalité de l'île, des sièges du parlement chypriote sont réservés à la communauté turque et le turc est reconnu comme co-langue officielle. De facto, cela n'est pas appliqué et si les Chypriotes grecs représentent la majorité de la population de l'île, on ne peut pas parler d'une communauté homogène, fondée sur des caractères ethniques ou linguistiques communs.
  3. Parmi les obligations des Chypriotes envers le gouvernement britannique, ils doivent notamment assumer la « responsabilité d'un partage de la dette publique turque d'après-guerre et apporter leur contribution au paiement de la dette publique ottomane ».
  4. Le choix présenté aux Chypriotes est le suivant : Nous demandons l'union avec la Grèce ou Nous, nous opposons à l'union de Chypre avec la Grèce. Le résultat du plébiscite est annoncé le 27 janvier par l'Ethnarchie. Les Chypriotes ont massivement voté pour l'Énosis : selon l'Ethnarchie, 215 108 sur 244 747 votants, soit 95,7 %, se sont déclarés en faveur de l'union avec la Grèce.
  5. a, b, c, d et e Par le traité de garantie, le Royaume-Uni, la Turquie et la Grèce deviennent les États garants de l'équilibre constitutionnel. Le traité accorde, en particulier, un droit d'intervention militaire, sous certaines conditions, aux trois puissances garantes, pour rétablir l'ordre constitutionnel si celui-ci venait à être modifié :
    (en)(fr)[PDF] Texte officiel du traité de garantie.
  6. « Dans l'intérêt de la préservation de la paix et de la sécurité internationale, de faire tout ce qui est en son pouvoir pour prévenir toute reprise des combats et, selon qu'il conviendra, de contribuer au maintien et au rétablissement de l'ordre public ainsi qu'au retour à une situation normale. »
  7. En 1964, les États-Unis soucieux de la situation en Méditerranée orientale tentent une médiation secrète entre la Grèce et la Turquie sur la question chypriote afin d'éviter une déstabilisation du flanc sud-est de l'OTAN. Dean Acheson, ancien Secrétaire d'État est chargé de proposer un plan de partage de l'île.
  8. La Constitution garantit à la minorité chypriote turque un poids politique important (30 % des postes dans la fonction publique et 40 % dans la police) et un droit de véto sur les décisions du Parlement, en comparaison avec son poids démographique (18 % de la population à cette époque). Selon la partie grecque, ces quotas se révèlent si disproportionnés que, durant la période 1960-1962, le nouvel État chypriote eut certaines difficultés à les remplir, par manque de candidats Chypriotes turcs.
  9. Depuis l'élection de Makaros à la tête de l'État chypriote, les Américains n'avaient pas apprécié sa tolérance et sa proximité avec les communistes chypriotes, ni sa politique de non-alignement, ni son appel à l'aide soviétique en 1964 ; ils voyaient dans son régime un « futur Cuba de la Méditerranée ».
  10. Les tensions entre les turques et les grecs, deux membres de l'OTAN, mettent les États-Unis dans uns posture diplomatique délicate. Quant à l'URSS, elle est déterminée à défendre l'indépendance de l'île, face aux États-Unis.
  11. Créateur de l'EOKA en 1955 et commandant de la garde nationale chypriote après l'indépendance de l'île ; il lutta en Grèce contre les communistes et à Chypre pour l'indépendance de son île et la souveraineté des Chypriotes grecs.
  12. Organisation généralement classée comme terroriste, visant à l'unité de l'île, et opposée aux négociations inter-communautaires soutenues par l'ONU, la junte militaire d'Athènes et la Turquie. Son nom est une référence à l'EOKA dissoute en 1959.
  13. « Les forces armées turques ont commencé à atterrir à Chypre. Que cette opération soit favorable à notre nation et à tous les Chypriotes. Nous pensons qu'en agissant de cette manière, nous aurons rendu un grand service à l'humanité tout entière et à la paix. J'espère que nos forces ne rencontreront aucune résistance et qu'un affrontement sanglant sera évité. Nous allons en fait apporter la paix et non la guerre sur l'île, et pas seulement pour les Turcs mais aussi pour les Grecs. Nous avons dû prendre cette décision à la suite de l'épuisement de tous les recours diplomatiques et politiques. Je tiens à exprimer ma gratitude à mes amis et alliés, en particulier les États-Unis et la Grande-Bretagne, qui ont affiché leurs intentions et engagé leurs efforts afin que le différend puisse être réglé par des méthodes diplomatiques. »

    — Allocution de M.Bülent Ecevit, premier ministre turc, Radio Ankara, le 20 juillet 1974.

  14. Informations fondées sur les données officielles du haut commandement de la garde nationale chypriote : (he) Site officiel de la garde nationale chypriote.
  15. Chiffres basés sur le rapport officiel du Haut Commandement de la Garde nationale pour le chef des forces armées grecques.
  16. Pertes recensées après la fin des opérations turques.
  17. Selon la proposition turque, la division de chaque canton devait comprendre 34 % du territoire réservé aux Chypriotes turcs.
  18. Les Nations unies contrôlent ainsi de jure, 1 % de l'île de Chypre.
  19. Les minorités ne représentent que 5 % de la population de la partie grecque.
  20. En 2009, près des deux tiers des exportations de la RTCN se font avec la Turquie.
  21. Le déficit public de la RTCN est élevé (environ 20 % du PIB en 1999) et est en partie financé par les aides turques, de l'ordre de 20 % du PIB par an, ce qui permet de couvrir environ 40 % des dépenses publiques.
  22. En 2004, les forces armées turques constituaient encore une force de 35 000 soldats protégeant la République turque de Chypre du nord et le plan Annan ne préconisait pas démilitarisation totale de l'île.
  23. Les Chypriotes turcs accusent un retard de développement, un fort taux de chômage et un niveau de vie moins élevé que leurs voisins grecs.
  24. a et b Voir les parties concernées dans l'article États non reconnus internationalement.
  25. On parle aujourd'hui de chiffres compris entre 30 000 et 115 000 colons selon les sources : presse, agences gouvernementales chypriotes, turques, européennes.
  26. « Le peuple sait parfaitement que les forces de police ne dépendent pas du pouvoir exécutif ; que les forces de sécurité ne dépendent pas du ministère de la Défense ; que les services de la radio et de la télévision ne sont pas autonomes et qu'un conseiller de l'ambassade turque participe aux réunions du Conseil des Ministres. »

    — Allocution de M.Özker Özgür (en), politicien chypriote turc, en 1974.

  27. Chypre est le seul pays du Moyen-Orient dont la population soit à majorité orthodoxe.
  28. La Russie est elle-même sujette à des problèmes dans certains de ses territoires (Sujets fédéraux) aspirant à une indépendance politique vis-à-vis de Moscou.
  29. L'Union européenne cherche à diversifier ses approvisionnements en matières énergétiques comme le montre un rapport de l'IPEMED : Les partenariats énergétiques entre l'UE et ses voisins du sud et de l'est.
  30. Les groupes de travail portent sur les questions de gouvernance, de partage du pouvoir, des propriétés, de l'économie, des affaires liées à l'Union européenne ainsi que la sécurité du territoire.
    Les comités techniques travaillent sur l'environnement, la santé, les questions humanitaires, la gestion de la crise, l'héritage culturel, les questions économiques et commerciales ainsi que les questions relatives à la criminalité.
  31. On peut citer le président russe, Dmitri Medvedev, le ministre slovaque de la Défense, Lubomir Galko ou le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
  32. « Une fédération bi-communale et bi-zonale basée sur l'égalité politique, comme défini dans les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. »

    — Citation de M. Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, 30 octobre 2010.

  33. « Les pourparlers ne peuvent durer éternellement et j'espère qu'on ne manquera pas l'opportunité d'un référendum à cause d'un échec des négociations. »

    — Citation de M.Abdullah Gül, président turc, 19 juin 2010.

  34. « Ceci est un accord à la portée des dirigeants, mais la question est de savoir si le peuple, et pas seulement ses dirigeants, veut ou non [d'une réunification]. »

    — Citation de M. Alexander Downer, envoyé spécial de l'ONU, 5 juin 2010.

Sources [modifier]

Références [modifier]

  1. Présentation de Chypre, sur le site Toute l'Europe.
  2. Recensement effectué par le gouvernement colonial britannique, document de séance du Conseil de l'Europe (ISBN 928-7122628).
  3. (en) Le conflit chypriote, vu de Turquie, A. Suat Bilge, p. 329.
  4. (el) Histoire de Chypre : la Palmerocratie, Panagiōtēs Papadēmētrēs.
  5. a, b, c et d [PDF] La Grande Bretagne et l'indépendance de Chypre, transferts et héritages, publication de Christa Antoniou.
  6. Dossier sur l'histoire de Chypre et le rattachement par référendum de Chypre à la Grèce, La Documentation française.
  7. a, b, c et d (en) Biographie de l'archevêque Makarios III, Stanley Mayes.
  8. La déchirure chypriote : géopolitique d'une île divisée, Pierre Blanc, p. 23-25.
  9. a et b Violences entre les factions armées indépendantistes grecques et turques, ressources de l'université de Toulouse.
  10. (en) La révolte chypriote : la lutte pour l'union avec la Grèce, Nancy Crawshaw, p. 255-258, 278-288.
  11. La déchirure chypriote : géopolitique d'une île divisée, Pierre Blanc, p. 104-105.
  12. a, b, c, d et e Les conflits du XXe siècle, Sophie Chautard, p. 36-39.
  13. (en) Reportage lors des évènements de 1964 par un journal occidental, The Times, le 10 janvier 1964.
  14. (en)(es)(el) Texte de la constitution chypriote de 1960.
  15. (en) Élection de l'archevêque Makarios à la tête de l'État chypriote
  16. (en) Résolution 186 des Nations unies instituant la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (1964).
  17. Relations entre Chypre et la Turquie, Charalambos Petinos, p. 184.
  18. (en) Chypre : une zone de confrontation en Méditerranée orientale, Ryan Stephen.
  19. (en) Situation à Chypre lors de la crise de 1967, rapport de l'UNFICYP.
  20. Histoire de Chypre, informations recoupées par l'université Laval.
  21. a, b, c et d [PDF] L'impact de la question chypriote sur les rapports greco-turcs, cahiers d'études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien, mai 1986.
  22. (en) Chypre : une zone de confrontation en Méditerranée orientale, Ryan Stephen, p. 174-246.
  23. (en) Relation de Makarios avec la junte militaire au pouvoir en Grèce dans les années soixante.
  24. Lettre de Lyndon B. Johnson à İsmet İnönü, après les troubles de 1964.
  25. a et b Le problème de Chypre, S. Calogeropoulos-Stratis, p. 344.
  26. (en) Chypre : une zone de confrontation en Méditerranée orientale, Ryan Stephen.
  27. a, b, c, d et e (en) Histoire de la Grèce et implication dans les évènements de 1974.
  28. a et b (en) Histoire de l'Empire ottoman et de la Turquie moderne, Stanford Jay Shaw et Ezel Kural Shaw.
  29. Situation en Turquie au début des années 1970, analyse politique de l'université de Sherbrooke.
  30. (en) Turkish regime is ousted by the military leaders, The New York Times, le 13 mars 1971.
  31. (en) Enquête sur les évènements de 1974, abordés sous un angle politique du côté turc, reportage de Mehmet Ali Birand.
  32. (en) Histoire de la Grèce moderne, Woodhouse, C.M..
  33. (en) La politique américaine et la question chypriote, V. Coufoudakis.
  34. Documents de séance, destinés au Conseil de l'Europe, (ISBN 928-7127263).
  35. a et b (en) Évènements durant l'été 1974, rapport de l'UNFICYP.
  36. a et b L'invasion de Chypre à la suite de la tentative de coup d'État grecque.
  37. (en) Histoire moderne de Chypre, Bill Mallinson.
  38. (en)[PDF] Étude sur la perception du coup d'état de 1974, menée par Emili Jüngling de l'université de Cologne pour la London School of Economics and Political Science, le 10 juin 2005.
  39. La crise chypriote de l'été 1974 et les Nations Unies, Vincent Coussirat-Coustère, p. 441.
  40. Chypre et l'Union européenne, Magali Gruel-Dieudé, p. 22.
  41. Chypre et l'Union européenne, Magali Gruel-Dieudé, p. 21-22.
  42. a et b L'Indispensable des conflits du XXe siècle, Diane Masson.
  43. (tr) “Kıbrıs” sizin için ne ifade ediyor ?
  44. Intervention turque à Chypre, analyse politique de l'université de Sherbrooke.
  45. a, b et c (en)[PDF] Intervention turque de 1974, recherches de l'université de Princeton.
  46. Données sur l'île de Chypre, informations recoupées par l'université Laval.
  47. La Grèce post-dictatoriale, Diamantopoulos Thanassis, p. 31-50.
  48. a, b, c, d et e (tr) L'opération Attila, İbrahim Artuç.
  49. a, b et c L'île de Chypre, Alain Blondy.
  50. a et b Nettoyage ethnique, partition et réunification à Chypre, André-Louis Sanguin, p. 13-21.
  51. [PDF] Données officielles sur le nombre de disparus en 1974, selon un rapport du Comité sur les personnes disparues de l'ONU, daté de juin 2009.
  52. [PDF] Données officielles sur le nombre de corps identifiés, selon un rapport du Comité sur les personnes disparues de l'ONU, daté de juin 2011
  53. (en) Compte-rendu sur les conséquences humanitaires et sociales de l'intervention militaire turque, conservé dans la bibliothèque du Congrès américain.
  54. (en) Résolution 353 des Nations unies sur les évènements opposant les forces Chypriotes grecques, turques et l'armée turque (1974).
  55. Glafkos Kliridis devient président de la République de Chypre le 14 février 1993, 26 ans après la partition de l'île.
  56. La crise chypriote de l'été 1974 et les Nations Unies, Vincent Coussirat-Coustère, p. 437-441.
  57. a et b Données géographique sur Chypre, sur le site du Ministère des Affaires étrangères français.
  58. a, b et c (en) Données géographique sur la partie nord de Chypre.
  59. La Ligne verte, frontière de l'Union européenne ?, Étienne Copeaux et Claire Mauss-Copeaux.
  60. Carte des checkpoints permettant le passage d'un côté à l'autre de l'île en 2008, sur le site Géoconfluences.
  61. a et b Missions des forces des Nations Unies chargées du maintien de la paix à Chypre.
  62. (en) Données statistiques sur l'île de Chypre, source : World Factbook.
  63. La déchirure chypriote : géopolitique d'une île divisée, Pierre Blanc, p. 21
  64. Site de l'Institut français de Chypre, en charge du développement de la langue française dans les institutions chypriotes.
  65. a et b Religion des différentes communautés de l'île.
  66. a et b (en) Guide culturel sur Chypre et ses habitants.
  67. Article sur la visite du pape Benoît XVI et son ressenti sur la situation religieuse à Chypre nord.
  68. a et b L'économie chypriote turque, Le Figaro, le 7 avril 2011.
  69. a, b, c et d La candidature de Chypre à l'Union européenne, rapport du Sénat français.
  70. Adhésion turque à l'UE et embargo sur Chypre.
  71. (en) Économie chypriote grecque, The Economist, le 4 août 2009.
  72. Présentation des principales villes touristiques de Chypre.
  73. Données sur le commerce et l'économie chypriote, mises à jour régulièrement.
  74. Comparatif économique des deux parties Républiques, réalisé par l'université de Toulouse.
  75. a, b et c (en) Réunification de Chypre, Europe Report, p. 4.
  76. a, b, c et d Le « non » de Papadopoulos, Le monde diplomatique, le mai 2004.
  77. Olivier Da Lage, « Chypre - Sommet Denktash-Clerides sous pression », RFI, 2003. Consulté le 15 mai 2013.
  78. (en) Présentation de la communauté chypriote turque, sur le site de la Commission européenne.
  79. La Turquie souhaite la réunion des deux communautés de l'île avant que ne débute la présidence chypriote de l'Union européenne, Le Petit Journal, 11 juillet 2011.
  80. (en)(tr) Suivi de l'évolution des négociations d'adhésion, sur le site officiel du ministère des Affaires européennes turc.
  81. La Turquie veut geler ses relations avec l'Union européenne lors de la prise de la présidence européenne par Chypre, Observatoire de la vie politique turque, le 22 juillet 2011.
  82. État des lieux des négociations d'adhésion de la Turquie, sur le site Toute l'Europe.
  83. a et b La réunification de Chypre, la Turquie et l'Union européenne, Le Petit Journal, 20 avril 2010.
  84. Estimation du nombre de colons turcs dans la partie nord de l'île, selon le Conseil de l'Europe.
  85. Ingérence turque dans les affaires chypriotes turques.
  86. a, b et c Derviş Eroğlu, promet plus de souveraineté aux Chypriotes turcs mais il pourrait devoir modérer ses positions pour ne pas s'aliéner son principal allié la Turquie, L'Express, le 19 avril 2010.
  87. Plein accord politique entre Athènes et Nicosie.
  88. a et b [PDF] Situation des habitants des zones d'Akrotiri et de Dhekelia placées sous souveraineté britannique, rapport de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, 4 avril 2007.
  89. La Russie met son veto à un projet de résolution sur Chypre, actualité des Nations unies
  90. a et b Dimitris Christofias reçoit le soutien de la Russie à Moscou.
  91. a et b Chypre : un enjeu géopolitique actuel, Emel Akcali.
  92. Poutine et Erdogan s'entretiennent sur la question chypriote.
  93. Russie-Chypre : des problèmes temporaires conséquents à la crise financière chypriote de 2012-2013.
  94. a, b et c L'accord du 8 juillet 2006 sur la relance des négociations.
  95. a et b Pétrole : la Turquie et Chypre s'affrontent autour de projets d'exploration, Le Monde, le 19 septembre 2011.
  96. Début de l'exploration du champ gazier au large de Chypre, France 24, le 19 septembre 2011.
  97. (en) Le jeu de la Turquie dans le conflit gazier, P.M. Barnett.
  98. Un gisement de gaz offshore sème la discorde entre Chypre, Israël et la Turquie, Le Figaro, le 12 septembre 2011.
  99. Israël / Chypre : exercices militaires conjoints, le gaz de Léviathan en ligne de mire.
  100. (en)[PDF] Le plan Annan proposant de réunifier l'île sous l'égide des Nations unies.
  101. Négociations à l'ONU sur les problèmes chypriotes en mai 2009.
  102. a et b Informations concernant le processus de résolution du différend chypriote pendant l'automne 2010.
  103. a, b et c Informations concernant le processus de résolution du différend chypriote pendant l'année 2010.
  104. Négociations onusiennes sur le règlement du différend chypriote durant l'automne 2010, sur le site des Nations unies.
  105. Vision de ce qu'aurait pu être le plan Annan en cas d'acceptation par les deux parties.
  106. (en) Nomination d'une mission australienne de médiation entre les deux communautés, sous l'égide de l'ONU.
  107. a et b (en)(tr)(el) Spécificité de l'adhésion de Chypre à l'Union européenne, sur le portail de l'Union européenne.
  108. [PDF] La question de l'adhésion chypriote dans l'UE, dans les Cahiers d'étude sur la méditerranée orientale et le monde turco-iranien.
  109. [PDF] Règlement (CE) n° 389/2006 concernant la création d'un instrument de soutien financier visant à encourager le développement économique de la communauté chypriote turque.
  110. (en)[PDF] Présentation du projet Reconciliation and Peace Economics in Cyprus.
  111. Suivi de l'avancement de l'action de l'Union européenne à Chypre.
  112. (en) Site officiel des Nations unies sur le Action for Cooperation & Trust in Cyprus.
  113. Ces Chypriotes turcs, passagers fantômes de l'Union européenne, Le Figaro, le 11 décembre 2006.
  114. Possibilité et conditions nécessaires pour effectuer un nouveau référendum sur la réunification de Chypre, évoqué par Michel Barnier, Ministres des Affaires étrangères en 2004.
  115. a et b Nouvelle donne européenne sur la question chypriote.
  116. Belgrade sacrifie le Kosovo sur l'autel de l'Europe, le 19 avril 2013, Le Figaro.
  117. a et b Les dirigeants chypriotes se rencontrent en 2008 suite à l'élection de Christofias.
  118. (de) Changement de position quant au statut du futur, hypothétique, État chypriote.
  119. a et b [PDF] Étude sur l'entrée de Chypre au sein de l'UE et des répercussions sur la politiques européennes.
  120. a et b (en) Négociations entre les dirigeants chypriotes turques et grecs, sous tutelle de l'ONU.
  121. (en) Position du gouvernement chypriote sur la partition de l'île, sur le site de la représentation permanente de Chypre auprès de l'Union européenne.

Bibliographie [modifier]

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : ouvrage ou article utilisé comme source pour la rédaction de cet article

Partition de Chypre [modifier]

  • Franck Neisse, « La ligne verte à Chypre, une division en Europe », La Documentation française, 2007, p. 214 
  • Collectif, « Rapport de Chypre sur les pacificateurs d'Attila : 20 juillet - 1 octobre 1974 », Bureau de l'Information Publique, Nicosie, 1974, p. 110 
  • (en) Tarik Oguzlu, « Turkey and the Cyprus dispute : pitfalls and opportunities », Policy Brief, no 36, 1er décembre 2009 
  • (en) Collectif, « Reunifying Cyprus : the best chance yet », Crisis Group Europe Report, 23 juin 2008, p. 30  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Collectif, « Cyprus : reversing the drift to partition », Crisis Group Europe Report, 10 janvier 2008, p. 34 
  • Sanguin A.-L., « Chypre, les dimensions ethniques d'une partition et l'avenir d'un pays », Cahiers de Géographie du Québec, Département de géographie de l'Université Laval, no 104, 1994 (ISSN 0007-9766) 
  • André-Louis Sanguin, « Nettoyage ethnique, partition et réunification à Chypre », Revue Géographique de l'Est, vol. 45, 2005 [texte intégral]  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre Blanc, La déchirure chypriote : géopolitique d'une île divisée, L'Harmattan, coll. « Histoire et Perspectives Méditerranéennes », 2000 (ISBN 978-2738493548) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 
  • Dimitri Analis, Chypre : Opération Attila, Economica, coll. « Histoire et Société », 21 juin 1999, 205 p. (ISBN 978-2715703193) 
  • Menter Şahinler, La Politique de la Turquie dans le conflit de Chypre en 1974, Presses du Palais-Royal, 1976, 86 p. 
  • (en) Hocknell P., Boundaries of Cooperation : Cyprus de facto partition and the delimitation of transboundary ressource management, New York, Aspen Publishers, 2001 (ISBN 978-9041198099) 
  • (en) Necati Munir Ertekun, The Cyprus dispute and the birth of the Turkish Republic of Northern Cyprus, K. Rustem, 1984, 507 p. (ISBN 978-0704324369) 
  • (el) Φανούλα Αργυρού, Διζωνική εκτέλεση της Κυπριακής Δημοκρατίας 1955-2011 : 1955-2011, Αδράστεια, 2011 
  • (en) Ioannis D. Stefanidis, Isle of discord : nationalism, imperialism and the making of the Cyprus problem, New York University Press, coll. « Harvard Historical Studies », 1999, 288 p. (ISBN 978-0814781180) 
  • A. Suat Bilge, Le conflit chypriote, vu de Turquie, Centre d'Études de Politique étrangère, coll. « Politique Étrangère », 1964, 344 p. [lire en ligne] 
  • S. Calogeropoulos-Stratis, Le problème de Chypre, vol. 31, Paris, Politique Étrangère, 1966, 361 p. [lire en ligne] Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 

Chypre et son histoire [modifier]

  • « Classe politique et société chypriote face au conflit », La Documentation française, 2010 
  • « Nicosie, dernière capitale divisée en Europe », La Documentation française, avril 2009 
  • Alain Blondy, « Chypre », Presses Universitaires de France, Paris, janvier 1998 (ISBN 978-2130486053) 
  • (el) Panagiōtēs Papadēmētrēs, « Hē Palmerokratia », Ekd. Epiphaniu, 1979, p. 384 [texte intégral] 
  • Étienne Copeaux et Claire Mauss-Copeaux, « La Ligne verte, frontière de l'Union européenne ? », EchoGéo, 5 décembre 2011 [texte intégral] 
  • Magali Gruel-Dieudé, Chypre et l'Union européenne : mutations diplomatiques et politiques, Paris, L'Harmattan, septembre 2008, 250 p. (ISBN 978-2296034907) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 
  • (en) Stavros Panteli, History of modern Cyprus, Interworld Publications, mai 2005, 352 p. (ISBN 978-0948853326) 
  • (en) William Mallinson, Cyprus : a modern history, I.B.Tauris, 9 décembre 2008, 256 p. (ISBN 978-1845118679) 
  • (en) Robert Holland, Britain and the revolt in Cyprus, 1954-1959, Oxford Scholarship, 1998 (ISBN 978-0198205388) 
  • (en) Dwight E. Lee, Great Britain and the Cyprus convention policy of 1878, Harvard University Press, 1934 (ISBN 978-0674361003) 
  • (en) Ryan Stephen, Cyprus, a place of arms power politics and ethnic conflict in the Eastern Mediterranean, New York, F. A. Praeger, 1966, 138 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 
  • (tr) İbrahim Artuç, Kıbrıs'ta Savaş ve Barış, Istanbul, Kastaş Yayınları, 1989, 318 p. (ISBN 978-9757639169) 
  • Emel Akcali, Chypre : un enjeu géopolitique actuel, L'Harmattan, coll. « Histoire et Perspectives Méditerranéennes », novembre 2009, 358 p. (ISBN 978-2296101289) 
  • Coussirat-Coustère Vincent, La crise chypriote de l'été 1974 et les Nations Unies, vol. 20, Annuaire français de droit international, 1974, 455 p. [lire en ligne] Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 
  • (en) Nancy Crawshaw, The Cyprus revolt : an account of the struggle for Union with Greece, Londres, Unwin Hyman, juin 1978, 447 p. (ISBN 978-0049400535) [lire en ligne] Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 

Autour du problème [modifier]

  • Christophe Chiclet, « Chypre : les enjeux européens d'un conflit gréco-turc », La Documentation française, avril 2005, p. 128 
  • Collectif, « La Méditerranée : un avenir en question », La Documentation française, avril 2009, p. 128 
  • (en) Stanley Mayes, Makarios : a biography, Macmillan Publishers Limited, 1981, 303 p. (ISBN 978-0333281277) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 
  • Gilles Bertrand, Le conflit helléno-turc : la confrontation des deux nationalismes à l'aube du XXIe siècle, Maisonneuve & Larose, 2004 (ISBN 978-2706817274) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 
  • (en) Joseph Maïla, Pierre Beckpivhe et Abdelwahab Meddeb, Europe and the Mediterranean, coll. « Penser l'Europe », 2008, 176 p. (ISBN 978-1741796773) 
  • (en) Schoffield C., Newman D., Drysdale A., Brown J., The Razor's edge : international boundaries and political geography, New York, Aspen Publishers, 2002 (ISBN 978-9041198747) 
  • Diane Masson, L'indispensable des conflits du XXe siècle, L'Harmattan, 2002, 350 p. (ISBN 978-2747531546) 
  • Sophie Chautard, Les conflits du XXe siècle, vol. 622, Studyrama, coll. « Studyrama perspectives », 2005, 228 p. (ISBN 978-2844727251) [lire en ligne] Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 
  • (en) Stanford Jay Shaw et Ezel Kural Shaw, History of the Ottoman Empire and modern Turquey : Reform, revolution and republic. The rise of modern Turquey, 1808-1975, vol. II, Cambridge University Press, 1977 (ISBN 978-9751618825) 
  • (en) V. Coufoudakis, « U.S. foreign policy and the Cyprus question : an interpretation », Millennium, no 3, 1976 (ISBN 978-0313314357) 
  • (en) P.M. Barnett, Turkey's long game in the Cyprus gas dispute, coll. « World Politics Review », 9 octobre 2011 (ISBN 978-8898042869) 
  • Diamantopoulos Thanassis, La Grèce post-dictatoriale : forces politiques et opinion publique, vol. 18, Pôle Sud, 2003, 50 p. [lire en ligne] Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 

Compléments [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :