Eémien

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Eémien

Équivalent alpin Riss-Würm
Équivalent nordique Eémien
Équivalent russe Mikouline (Микулинский горизонт)
Équivalent sibérien Kazantsévo (Казанцевский горизонт)
Étage stratigraphique Pléistocène supérieur
Début Fin
130 000 ans 125 000 ans

L'Éémien, parfois Éemien[1] ou Eémien, est une subdivision de l'époque géologique du Pléistocène utilisée en Europe du Nord et définie aux Pays-Bas. Il correspond à l'avant-dernière période interglaciaire du Quaternaire. L'interglaciaire eémien est postérieur au glaciaire saalien et se termine avec l'entrée dans le glaciaire weichselien (ou Würm dans les Alpes). Il correspond à la première partie du stade 5 (5e) dans la chronologie isotopique marine (environ 131 000 - 114 000 ans). Le cycle glaciaire constitué par l'Eémien et le Weichsélien constitue le Pléistocène supérieur.

L'Eémien est corrélé à l'interglaciaire Riss-Würm dans les Alpes, à l'interglaciaire Sangamon en Amérique du Nord et à l'interglaciaire Ipswichian en Grande-Bretagne.

Définition[modifier | modifier le code]

L'existence de l'Eémien a été découverte dans des mines de la région d'Amersfoort aux Pays-Bas par Harting en 1875. Il nomma les couches sédimentaires « système eémien » d'après la rivière Eem sur laquelle la ville est bâtie. Harting nota que les assemblages de mollusques marins étaient très différents de la faune actuelle de la mer du Nord. Beaucoup d'espèces des couches de l'Eémien ont une distribution beaucoup plus méridionale de nos jours, du Pas-de-Calais au Portugal jusqu'à la mer Méditerranée. De nombreuses informations à propos des assemblages de mollusques sont données par Lorié (1887) et Spaink (1958). Depuis leur découverte, les couches d'Eémien des Pays-Bas ont été étudiées sur le plan de leur contenu en mollusques marins en fonction de leur position stratigraphique et paléontologique.

Climat[modifier | modifier le code]

Des changements dans les paramètres orbitaux (plus grande inclinaison de l'axe et plus grand périgée) par rapport à aujourd'hui, connus sous le nom de cycle de Milankovitch, ont probablement entraîné des plus fortes variations thermiques saisonnières dans l'hémisphère nord, bien que les températures moyennes annuelles globales étaient probablement similaires à celles de l'Holocène. Le climat de l'Eémien était certainement aussi stable, bien que plus chaud, que celui de l'Holocène. Le pic le plus chaud de l'Eémien se situe il y a 125 000 ans environ. Les hivers de l'hémisphère Nord étaient généralement plus chauds et humides qu'aujourd'hui, bien que certaines régions particulières étaient légèrement plus froides. Les forêts remontaient jusqu'au Cap Nord (aujourd'hui couvert par la toundra), au nord de la Norvège, bien au-delà du cercle polaire arctique, mais aussi jusqu'à la terre de Baffin dans l'archipel arctique canadien et à Kuujjuaq dans le Nunavik québécois. Les feuillus comme le noisetier et le chêne poussaient jusqu'à Oulu en Finlande. La limite entre les prairies et les forêts dans les Grandes Plaines s'étire plus loin à l'ouest, près de Lubbock au Texas, au lieu de Dallas actuellement. Le niveau de la mer était de 4 à 6 mètres plus haut qu'il ne l'est actuellement, signe d'une plus importante déglaciation, principalement dans les calottes glaciaires du Groenland et d'Antarctique[2],[3]. Une étude publiée en juillet 2007 prouve que Dye 3 était englacé pendant l'Eémien[4] ce qui implique que le Groenland a pu contribuer à plus de 2 mètres d'élévation du niveau de la mer[5]. La Scandinavie était une île en raison de l'inondation de vastes régions d'Europe du Nord et de la plaine de Sibérie occidentale.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) J.H.A. Bosch, P. Cleveringa, T. Meijer, « The Eemian stage in the Netherlands: history, character and new research. », Geologie & Mijnbouw / Netherlands Journal of Geosciences, 79 (2/3), 2000, pages 135-145
  • P. Cleveringa, T. Meijer, R.J.W. van Leeuwen, H. de Wolf, R. Pouwer, T. Lissenberg, A.W. Burger, « The Eemian stratotype locality at Amersfoort in the central Netherlands: a re-evaluation of old and new data. », Geologie & Mijnbouw / Netherlands Journal of Geosciences, 79 (2/3), 2000, pages 197-216
  • (fr) P. Harting, Le système Éemien, Archives Néerlandaises Sciences Exactes et Naturelles de la Société Hollandaise des Sciences, Harlem, 1875, pages 443-454
  • (nl) P. Harting, Het Eemdal en het Eemstelsel, Album der Natuur, 1886, pages 95–100
  • (en) Jonathan T. Overpeck, Bette L. Otto-Bliesner, Gifford H. Miller, Daniel R. Muhs, Richard B. Alley, Jeffrey T. Kiehl, « Paleoclimatic Evidence for Future Ice-Sheet Instability and Rapid Sea-Level Rise », Science no 311, 24 mars 2006
  • (en) F. Kaspar et al., [PDF]« A model-data comparison of European temperatures in the Eemian interglacial. », Geophysical Research Letters, 2005
  • (fr) J. Lorié, Contributions à la géologie des Pays-Bas III. Le Diluvium plus récent ou sableux et le système Eémien, Archives Teyler, Sér. II, vol. III, 1887, pages 104-160
  • (nl) G. Spaink, De Nederlandse Eemlagen, I: Algemeen overzicht., Wetenschappelijke Mededelingen Koninklijke Nederlandse Natuurhistorische Vereniging 29, 1958
  • (en) R.J. Van Leeuwen, D. Beets, J.H.A. Bosch, A.W. Burger, P. Cleveringa, D. van Harten, G.F.W. Herngreen, C.G. Langereis, T. Meijer, R. Pouwer, H. de Wolf, « Stratigraphy and integrated facies analysis of the Saalian and Eemian sediments in the Amsterdam-Terminal borehole, the Netherlands. », Geologie en Mijnbouw / Netherlands Journal of Geosciences no 79, 2000, pages 161-196
  • (de) J.H. Van Voorthuysen, « Foraminiferen aus dem Eemien (Riss-Würm-Interglazial) in der Bohrung Amersfoort I (Locus Typicus). », Mededelingen Geologische Stichting NS 11, 1957, pages 27–39.
  • (en) W.H. Zagwijn, « Vegetation, climate and radiocarbon datings in the Late Pleistocene of the Netherlands. Part 1: Eemian and Early Weichselian. », Mededelingen Geologische Stichting NS 14, 1961, pages 15–45

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Foucault et Jean-François Raoult, Dictionnaire de géologie, Paris, Dunod,‎ juillet 2010 (réimpr. 1984, 1988, 1995, 2000 & 2005), 6e éd. (1re éd. 1980), 388 p. (ISBN 978-2-10-054778-4), p. 346
  2. (en) « How much future sea level rise? More evidence from models and ice sheet observations. », Real Climate, 26 mars 2006
  3. (en) James S. Aber, Glacial isostasy and eustasy
  4. (en) « Ancient biomolecules from deep ice cores reveal a forested Southern Greenland », Science, vol. 317, n° 5834, 6 juillet 2007, pages 111-114
  5. (en) « Making sense of Greenland’s ice », Real Climate, 9 juillet 2007

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