Denis Davydov

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Denis Vassilievitch Davydov
Denis Davidoff
Denis Davydov par George Dawegalerie militaire du palais d'hiver
Denis Davydov par George Dawe
galerie militaire du palais d'hiver

Naissance 27 juillet 1784
Moscou
Décès 22 avril 1839 (à 54 ans)
village du Haut-Maza, comté de Syzran, province de Minsk
Allégeance Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Arme Cavalerie
Grade Général
Années de service 1801 – 1831
Conflits Campagne de Russie contre Napoléon
Commandement Unité de partisans
Faits d'armes Deuxième front de partisans contre la Grande Armée
Distinctions Ordre de St-Georges IVe classe Ordre de Saint-Georges

Ordre de Saint-Vladimir IIe classe Ordre de Saint-Vladimir
Ordre de Sainte-Anne Ie classe Ordre de Sainte-Anne
Épée d'or épée d'or « pour bravoure »
Pour le Mérite Pour le Mérite
Croix de Preussich Eylau Croix de Preussich Eylau

Famille Famille Davydov

Denis Vassilievitch Davydov (Davidoff) (en russe : Денис Васильевич Давыдов ; 27 juillet 178422 avril 1839) est un soldat poète russe des guerres napoléoniennes. Il a inventé un nouveau genre de poésie, la poésie du hussard qui promeut l'hédonisme et la bravoure. Tout comme le poète anglais Lord Byron, il a fait de sa vie un reflet de sa poésie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Denis Davydov est issu d'une grande famille de la noblesse russe. Son père ayant servi sous Alexandre Souvorov, il a passé une grande partie de son enfance en Ukraine où se trouve son régiment Legkoknym. Il fait un complexe sur son physique (nez). La mort de Catherine II a sonné le glas de la grâce de Souvorov et il en alla de même pour la famille Davydov ; accusé d'une perte de 100 000 roubles, son père fut sommé de rembourser la somme, ce qui se fit en vendant sa propriété, la famille racheta une petite propriété près de Borodino. Conformément aux souhaits de Souvorov, la famille oriente Denis vers les Régiment des chevaliers-gardes et son frère vers la politique étrangère.

Sa vie est évoquée (sous le nom de Denis Davydoff) dans le roman d'Henri Troyat Le front dans les nuages où l'héroïne rédige sa biographie.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Denis Davydov entre en 1801 aux Chevaliers Gardes malgré sa petite taille comme élève officier, puis cornet en 1802 et lieutenant en 1803. Denis a déjà commencé à écrire des poèmes et des fables, sa célébrité dans le régiment était déjà grande parmi ses collègues. Son ton sarcastique était souvent tourné vers les personnes en vue, conte la lâcheté au combat mais aussi la tricherie aux cartes, la corruption.

Mais son régiment était tenu loin du front ; son frère Evdokim quitte la diplomatie pour être cavalier et fut remarqué à Austerlitz en recevant 5 coups de sabres, un de baïonnette, une par balle et fait prisonnier; Napoléon le visite sur son lit à l'infirmerie et la rencontre est relatée dans la presse de l'époque.

Denis, dans une volonté de se jeter dans la bataille pénètre de nuit sous la tente du maréchal Mikhaïl Kamenski en novembre 1806. Mais sans résultat, le maréchal commande seulement six jours avant de se retirer ; Pouchkine relate la scène dans «La Dame de Pique » en changeant le vieux Kamensky par une comtesse. Marie Narychkine intercède en sa faveur et l'a fait nommer aide de camp auprès de Bagration. La relation devait être tendue car Denis Davydov s'était moqué du nez de Bagration dans des poèmes :

  • Bagration « Voici celui qui se rit de mon nez »
  • Davydov « je n'ai écrit sur ce nez que parce que je l'envie »

Il fut accepté de par son esprit. Il a donc participé aux batailles de Eylau où il reçut la Croix de Vladimir pour avoir retenu l'ennemi (des lanciers français) pendant l'arrivée des hussards russes, il a par après reçu une épée d'or pour bravoure exceptionnelle et une autre médaille d'or.

En 1808, il se battit en Finlande, Kulneva et Oulu, sautant sur la glace du golfe de Botnie avec l'avant-garde et en 1809, Davydov se trouva en Moldavie contre les Turcs.

Campagne de Russie[modifier | modifier le code]

En 1812, il devint Lieutenant-colonel dans le régiment de hussards Akhtyka dans l'avant-garde du général Ilarion Vassiltchikov. Le 21 août 1812 les combats arrivèrent en vue de Borodino, le village où son père avait une propriété, Davydov proposa une idée de guérilla à Bragration. L'idée était de priver la Grande Armée de ravitaillement. Mais la première nuit le groupe de partisans tomba dans une embuscade de paysans, ils confondirent les uniformes français et russes de cavalerie. Une autre fois ils firent, avec 130 hussards, 370 prisonniers français et délivrèrent 200 russes, capturèrent un chariot de munitions, neuf de fournitures. Ces résultats encouragèrent Bagration à continuer la guérilla durant la campagne de Russie de 1812. Un autre fois la calèche de Napoléon était en vue mais les partisans en trop petit nombre. Napoléon le nomma précisément pour être capturé et fusillé sur place, il désigna 2 000 hommes et huit officiers pour sa recherche. Davydov participa au coup de main de Liakhov contre Augereau, puis à Kopys détruisit un magasin de cavalerie. Il devint l'un des hommes les plus populaires du pays. Les jeunes hommes du cercle de Alexandre Pouchkine le considéraient comme un héros romantique modèle et les décembristes recherchaient aussi sa compagnie.

Il fut versé dans le corps d'armée de Ferdinand von Wintzingerode contre les saxons, à Dresde, et sa renommée était telle que des gens cherchaient à le rencontrer quand il arrivait dans les villes. Devant Paris, il eut cinq chevaux tués sous lui contre la brigade Jacquinot ce qui lui valut le grade de général.

Son transfert aux dragons, puis aux chevau-légers lui déplurent, il voulut démissionner quand son grade de général fut remis en cause et comble de tout, sa moustache de hussards. Sa lettre à l'empereur pour signifier son indignation arrive à un moment de bonne humeur « Eh bien laissez-lui sa hussarde » et il retrouva son régiment et son grade.

De retour de Paris[modifier | modifier le code]

En 1814, Davydov sert avec son régiment dans l'armée de Blucher et s'illustre à La Rothière puis devient chef de cabinet en 1815. En 1827, il combat contre les Perses et, en 1831, contre l'insurrection polonaise. Il reçut la croix de St-Anne.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Sa poésie se lit comme le journal intime du soldat et du bon vivant qu'il était. Ses œuvres étaient admirées par Vissarion Belinski pour leurs qualités intrinsèques et parce qu'elles étaient imprégnées de l’esprit de la Russie. Ses thèmes étaient le courage, les putains, la vodka, et l’amitié véritable. Davydov célèbre l’homme sans peur, sur le champ de bataille et devant la bouteille.

Davydov a également écrit un Essai sur la guerre de partisans (1821), récemment republié, ainsi que des Mémoires. Il est possible que le caractère de Vassili Denissov dans le roman Guerre et Paix de Léon Tolstoï ait été modelé sur celui de Davydov.

Denis Davydov meurt le 22 avril 1839 et est inhumé au cimetière de Novodevitchi.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir notamment : Denis Davidoff, Essai sur la guerre de partisans, Traduction d'Héraclius de Polignac, Avant-propos du général Fortuné de Brack, Editions Astrée [1], 2012, 140 p., (ISBN 979-10-91815-00-0)