Guerre russo-persane de 1826-1828

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La guerre russo-persane de 1826-1828 est le dernier conflit militaire majeur entre l'Empire russe et la Perse. Elle se comprend dans le contexte de ce qu'on nommera plus tard le « Grand Jeu », c'est-à-dire l'affrontement, tout au long du XIXe siècle jusqu'en 1907, de l'Angleterre et de la Russie impériale en Asie, par pays interposés.

Après le traité de Golestan concluant la précédente guerre russo-persane en 1813, la paix règne dans le Caucase pendant treize ans. Cependant, Fath'ali Shah, constamment en quête d'une aide étrangère, s'appuie sur les avis d'agents britanniques, qui le pressent de reconquérir les territoires perdus au profit de la Russie et lui promettent leur soutien logistique pour une action militaire. La chose est décidée au printemps 1826, alors que le parti belliqueux d'Abbas Mirza prévaut à Téhéran, lorsque le ministre plénipotentiaire russe, le prince Menchikov, est placé en résidence surveillée.

Campagne de 1826[modifier | modifier le code]

Bien qu'ils ne soient pas formellement en guerre, les 35 000 hommes d'une puissante armée perse, menée par Abbaz Mirza, traversent la frontière le 16 juillet 1826 et envahissent les khanats de Talysh et de Karabagh. Les khans changent rapidement de côté et livrent leurs principales villes, Lankaran, Quba et Bakou, aux Perses. Le gouverneur général russe du Caucase, Alexis Iermolov, pense qu'il n'a pas les ressources nécessaires pour contrer cette invasion et refuse d'engager les troupes russes dans la bataille. Il ordonne donc l'abandon de Ganja, la ville la plus peuplée de la région. À Choucha, une petite garnison russe essaye de tenir bon jusqu'au 5 septembre quand les renforts du général Madatov arrivent à la libérer.

Madatov met en déroute les Perses sur les bords de la rivière Shamkhor et reprend Ganja le 5 septembre. En apprenant la nouvelle, Abbas Mirza lève le siège de Choucha et marche vers Ganja. Un nouveau renfort russe, sous le commandement d'Ivan Paskevitch (remplaçant d'Iermolov, limogé), arrive juste à temps pour joindre ses forces avec Madatov et former un puissant corps de 8 000 hommes sous le commandement suprême de Paskevitch. Près de Ganja, ils se jettent sur les Perses et les forcent à la retraite (ils traversent l'Araxe pour regagner l'Iran). L'agression perse a été repoussée, mais la guerre a continué pendant un an et demi.

Campagne de 1827[modifier | modifier le code]

Le début de l'hiver mène à la suspension des hostilités jusqu'en mai 1827, quand Paskevitch avance en direction d'Erevan, prenant Etchmiadzin, Nakhitchevan et Abbasabad sur son chemin. Le principal théâtre des opérations est maintenant l'est de l'Arménie, dont la capitale, Erevan, est prise d'assaut par Paskevitch et tombe après six jours de siège (1er octobre). Quatorze jours plus tard, le général Eristov entre à Tabriz, forçant le Shah à solliciter la paix.

Le déclenchement de la nouvelle guerre russo-turque de 1828-1829 ravive les espoirs persans et arrête les négociations de paix qui sont conduites par le diplomate écrivain Alexandre Griboïedov entre autres. En janvier 1828, un détachement russe atteint les côtes du lac d'Ourmia et le Shah commence à s'affoler. Dans son empressement, Abbas Mirza signe rapidement le traité de Turkmentchaï (2 février 1828) qui conclut la guerre.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Traité de Turkmanchai.

Selon les termes de ce traité, les khanats d'Erevan et de Nakhichevan passent sous le contrôle de la Russie. Le Shah promet de payer une indemnité de 20 millions de roubles et permet à ses sujets arméniens de migrer vers la Russie sans aucune entrave. Plus important, le Shah garantit aux Russes le droit exclusif de naviguer dans la mer Caspienne et accepte que les marchands russes soient libres de commercer où ils veulent en Iran.

Dans l'immédiat, le traité touche la position dominante de l'Empire britannique en Perse et marque une nouvelle étape dans le Grand Jeu entre ces deux empires. À long terme, le traité garantit une dépendance de la Transcaucasie vis-à-vis de la Russie, rendant possible l'éventuelle émergence des États modernes de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan dans des territoires conquis sur l'Iran durant la guerre.

Références[modifier | modifier le code]

  • (ru) N. Doubrovine, История войны и владычества русских на Кавказе, vol. 4-6, Saint-Pétersbourg, 1886-88.
  • (ru) Gen. V. A. Potto. Кавказская война…, vol. 1-5, Saint-Pétersbourg, 1885-86 (réimpr. 2006) (ISBN 5-9524-2107-5).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]