Chroniques de Gor

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Gor, surnommée l’anti-Terre, est un monde parallèle, décrit dans les Chroniques de Gor par John Norman, tout au long d’une saga qui comprend près de 30 romans où se mêlent des thèmes relevant de la philosophie, l’érotisme et de la science-fiction.

Entamée en 1966 cette saga, dont seuls les 16 premiers tomes ont été traduits en français, décrit les aventures de Tarl Cabot sur la planète Gor, une anti-Terre située en opposition au Soleil sur la même orbite que la Terre.

Les coutumes, la terminologie et l'imaginaire de ces œuvres de fiction ont inspiré une sous-culture machiste d'inspiration BDSM que certains ont voulu transposer dans le monde réel. Depuis la fin des années 1990 un attrait pour la culture de Gor s’est développé au travers de sites et de salons de discussion sur Internet. Les adeptes de ce mode de vie sont appelés goréens.

Livres du cycle de Gor[modifier | modifier le code]

Drapeau personnel du Bosk de Port Kar, ou Tarl Cabot de Bristol, le narrateur principal des livres de Gor

Les aventures de Tarl Cabot, le héros récurrent, sur une planète cachée du système solaire servent de toile de fond à la description d'une société sauvage mélangeant barbarie, machisme et haute science. Chaque livre est prétexte à décrire une population particulière de la planète et à soulever une partie du voile[1],[2] .

La plupart des récits sont racontés par un humain transplanté sur Gor, le professeur britannique Tarl Cabot, maître épéiste, engagé dans des aventures impliquant les prêtres-rois, les Kurii et les humains. Les livres sept, onze, dix-neuf, vingt deux, et vingt-six sont racontés par des femmes enlevées de la Terre qui sont devenues esclaves. Les livres quatorze, quinze et seize sont racontés par un homme qui avait été enlevé (et initialement réduit en esclavage) Jason Marshall.

La série comporte plusieurs races d’aliens. Les plus importants des livres sont les prêtres-rois insectoïdes et les prédateurs Kurii aux énormes pinces, étrangers venus de différents systèmes stellaires. Les prêtres-rois dirigent Gor comme des gardiens quelque peu désintéressés, en laissant les hommes s’occuper de leurs propres affaires, aussi longtemps qu'ils respectent certaines restrictions sur la technologie. Les Kurii est une race agressive, invasive détentrice d’une technologie de pointe (mais inférieure à celle des prêtres-rois) qui veut coloniser la Terre et Gor. La puissance des prêtres-rois a diminué après la "guerre du Nid" décrite dans le troisième livre, et la plupart du temps, les prêtres-rois et les Kurii luttent les uns contre les autres seulement par procuration, par l'intermédiaire de leurs agents et espions humains respectifs[3].

Le symbole "kef" des Kajirae goréennes

Les derniers épisodes de la série sont principalement axés sur des aventures relevant du genre space opera, à côté de péripéties à caractère de plus en plus largement philosophique et sexuel. Il existe de nombreuses sous-intrigues qui se poursuivent sur plusieurs livres et reviennent au scénario principal dans les livres suivants. Certaines de ces intrigues débutent dans le premier livre, mais la plupart sont sous-jacentes dans les dix premiers livres.

  1. Le Tarnier de Gor, OPTA, 1975 ((en) Tarnsman of Gor, 1966) (ISBN 0-345-27583-7) Extrait du premier chapitre Fichier PDF
  2. Le Banni de Gor, OPTA, 1975 ((en) Outlaw of Gor, 1967) (ISBN 0-345-27136-X)
  3. Les Prêtres-Rois de Gor, OPTA, 1979 ((en) Priest-Kings of Gor, 1968) (ISBN 0-7592-0036-X)
  4. Les Nomades de Gor, OPTA, 1979 ((en) Nomads of Gor, 1969) (ISBN 0-75925-445-1)
  5. Les Assassins de Gor, OPTA, 1981 ((en) Assassin of Gor, 1970) (ISBN 0-75920-091-2)
  6. Les Pirates de Gor, OPTA, 1981 ((en) Raiders of Gor, 1971) (ISBN 0-75920-153-6)
  7. Les Esclaves de Gor, OPTA, 1982 ((en) Captive of Gor, 1972) (ISBN 0-75920-105-6)
  8. Les Chasseurs de Gor, OPTA, 1983 ((en) Hunters of Gor, 1974) (ISBN 0-75920-130-7)
  9. Les Maraudeurs de Gor, OPTA, 1983 ((en) Marauders of Gor, 1975) (ISBN 0-75920-141-2)
  10. Les Tribus de Gor, OPTA, 1984 ((en) Tribesmen of Gor, 1976) (ISBN 0-75925-446-X)
  11. La Captive de Gor, OPTA, 1985 ((en) Slave Girl of Gor, 1977) (ISBN 0-75920-454-3)
  12. Les Monstres de Gor, OPTA, 1985 ((en) Beasts of Gor, 1978) (ISBN 0-75921-125-6)
  13. Les Explorateurs de Gor, OPTA, 1985 ((en) Explorers of Gor, 1979) (ISBN 0-75921-167-1)
  14. Le Champion de Gor, OPTA, 1986 ((en) Fighting Slave of Gor, 1980) (ISBN 0-75921-173-6)
  15. Le Forban de Gor, OPTA, 1986 ((en) Rogue of Gor, 1981) (ISBN 0-75921-179-5)
  16. (en) Guardsman of Gor, 1981 (ISBN 0-75921-368-2)
  17. (en) Savages of Gor, 1982 (ISBN 0-75921-374-7)
  18. (en) Bloodbrothers of Gor, 1982 (ISBN 0-75921-380-1)
  19. (en) Kajira of Gor, 1983 (ISBN 0-75921-926-5)
  20. (en) Players of Gor, 1984 (ISBN 0-75921-932-X)
  21. (en) Mercenaries of Gor, 1985 (ISBN 0-75921-944-3)
  22. (en) Dancer of Gor, 1985 (ISBN 0-75921-950-8)
  23. (en) Renegades of Gor, 1986 (ISBN 0-75921-956-7)
  24. (en) Vagabonds of Gor, 1987 (ISBN 0-75921-980-X)
  25. (en) Magicians of Gor, 1987 (ISBN 0-75921-986-9)
  26. (en) Witness of Gor, 2001 (ISBN 0-7592-4235-6)
  27. (en) Prize of Gor, 2008 (ISBN 0-7592-4580-0)
  28. (en) Kur of Gor, 2009 (ISBN 0-7592-9782-7)
  29. (en) Swordsmen of Gor, 2010 (ISBN 1-6175-6040-5)
  30. (en) Mariners of Gor, 2011 (ISBN 0-75929-989-7)
  31. (en) Conspirators of Gor, 2012 (ISBN 1-6175-6731-0)
  32. (en) Smugglers of Gor, 2012 (ISBN 1-6175-6865-1)
  33. (en) Rebels of Gor, 2013 (ISBN 1-6175-6123-1)

Généralités[modifier | modifier le code]

Intrigue[modifier | modifier le code]

La plupart des romans de la série sont des récits d’action et d'aventures amoureuses, avec des affrontements guerriers librement adaptés d’exemples historiques, comme les batailles de trirèmes de la Grèce antique et les sièges des châteaux de l'Europe médiévale. Ar est une cité (la plus grande en Gor) qui ressemble à Rome ancien, et possède un empire de terre opposant l'empire de mer de l'île de Cos.

La série est un planet opera et le premier livre, le "Tarnier de Gor", s'ouvre sur des scènes qui rappellent le premier livre de la série du Cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs, qui a largement créé le genre et dans les deux œuvres c’est le protagoniste qui raconte ses aventures, après avoir été transporté vers un autre monde. Ces parallèles prennent fin, après les premiers livres, lorsque les histoires commencent à se structurer autour de l’axe d’un complot suscitant des luttes entre la ville-État d’Ar et l'île de Cos pour contrôler la région de la rivière Vosk, et autour des luttes à un niveau plus élevé entre les prêtres-rois non-humains et les Kurii (voir ci-dessous) pour le contrôle du système solaire. Généralement, les histoires ont un lien avec le narrateur premier, Tarl Cabot. Relativement absents au départ, les thèmes de l'esclavagisme et de la condition féminine vus par Norman apparaissent progressivement.

Lieux de l'action[modifier | modifier le code]

Carte simplifiée de Gor[4],[5]

Gor est un monde dont la flore, la faune, et les coutumes sont minutieusement décrites avec un grand luxe de détails. John Norman - le nom de plume de John Lange, professeur de philosophie et de lettres classiques – se transforme souvent avec délices en ethnographe, pour peupler sa planète d’ethnies diverses possédant toutes diverses caractéristiques inspirées des Romains, des Grecs de l’antiquité, des Indiens d’Amérique, des Vikings, et d'autres civilisations. Dans ces romans ces différentes peuplades sont en fait des émigrés venus de la Terre, en vaisseaux spatiaux grâce à l'intervention secrète des dirigeants de Gor, les prêtres-rois, une race d'extraterrestres à l’apparence d’insectes. Les humains de Gor possèdent des villes bénéficiant d’une architecture moderne et ont acquis des connaissances médicales avancées (permettant de prolonger leur durée vie), mais ont été contraints de demeurer à un stade primitif pour les techniques de transports et d’armement (correspondant à peu près au niveau de la civilisation méditerranéenne de l’époque classique), en raison de restrictions imposées dans le domaine de la technologie par les prêtres-rois. Cette limitation a été édictée dans le but d'assurer la sécurité des prêtres-rois ainsi que des autres peuples autochtones transplantés sur Gor qui, sans ces mesures, auraient peut-être souffert de la présence de l'homme en raison de ses tendances belliqueuses[6].

La planète de Gor possède une gravité plus faible que celle de la terre (qui a rendu possible l’apparition de grandes créatures volantes, et a permis de construire dans les villes des grandes tours reliées par des ponts aériens). Elle aurait même pu avoir une gravité encore plus faible si cela n’avait pas été un obstacle pour la technologie des prêtres-rois. La géographie connue de Gor se résume principalement de la côte occidentale d'un continent qui s'étend de l'Arctique au nord jusqu’au sud de l'équateur, avec l'océan Thassa à l'ouest, et la chaîne de montagnes Voltai formant une limite est à toutes les latitudes. Il existe aussi des îles dans l'océan, et des plaines relativement mal connues à l'est de la Voltai. Le mot Gor lui-même désigne la pierre du foyer dans la langue Goréenne (la langue maternelle des cités-états situées dans la région tempérée du nord, et la lingua franca parlée dans de nombreuses autres régions)[7].

Philosophie et concepts[modifier | modifier le code]

Emprunts aux civilisations antiques[modifier | modifier le code]

Beaucoup de cultures historiques de la Terre ont influencé les romans du cycle de Gor. Bien que la civilisation gréco-romaine soit la plus souvent citée, elle n'est pas la seule société à être représentée d'une certaine façon sur Gor. Il existe de nombreuses similitudes avec la vie réelle de certaines civilisations historiques dans différentes régions de Gor (expliqué dans les livres par les premiers " voyages d'acquisition" que les prêtres-rois ont entrepris afin de peupler Gor avec des hommes capturés sur différentes parties de la terre et à différentes époques).

La majorité des régions du "Gor connu", comme celle du fleuve Vosk sont situées dans le nord tempéré du continent souvent évoqué, rappelle à bien des égards les cité-états de l’antiquité gréco-romaine, (en dehors du delta de la ville de Port Kar, où règne l’anarchie et qui est une version pirate de Venise). Le système de datation le plus fréquent Contasta Ar, où les années sont comptées depuis la fondation d'Ar (semblable à la méthode romaine ab Urbe condita), et la route Viktel Aria menant à Ar évoque la voie Appienne. Au Torvaldsland de Gor, on se croirait transporté parmi les vikings de la Terre. Les tribus "Red Savage" de la toundra sont des peuplades dont la culture est fondée sur celle des indiens d’Amérique, en particulier des nations sioux. Les "peuples des chariots" sont un mélange de mongols et de gaúchos d’Amérique du Sud. Les Alars sont inspirés des alains, des barbares qui sont ensuite passés sous la domination des huns. Les peuples du désert du Tahari sont à mettre en corrélation avec les nomades d’Arabie, les régions Goréennes de Schendi avec l’ Amazone ou les populations de la vallée du fleuve Congo. Les peuples de l'extrême nord de Gor, ou les "Red Hunters" comme Norman les appelle parfois, sont clairement des inuits - au point que dans ce cas il se réfère à eux en tant que tel.

La Pierre du Foyer[modifier | modifier le code]

La pierre du foyer est extrêmement importante pour les Goréens. Dans toutes les langues de la planète, le mot Gor signifie Pierre du Foyer. Dans les villages des paysans de ce monde, chaque hutte était construite à l’origine autour d’une pierre plate qui était placée au centre de la demeure circulaire. Elle était sculptée du signe de la famille et appelée Pierre du Foyer. C’était, peut-on dire, un symbole de souveraineté ou de territoire, et chaque paysan était souverain de sa propre hutte.

Par la suite, les Pierres du Foyer furent utilisées pour les villages et, plus tard encore, pour les cités. La Pierre de Foyer du village était toujours placée sur la place du marché, celle de la ville au sommet de la tour la plus haute. Avec le temps, la Pierre du Foyer s’entoura d’une signification mystique d’ordre identitaire et patriotique correspondant un peu à ce que les peuples de la terre ressentent à l’égard de leurs drapeaux. Il existe un précepte dont l’origine se perd dans la nuit des temps, selon lequel celui qui parle des Pierres du Foyer doit se tenir debout, car il s’agit d’une question d’honneur et l’honneur a une valeur primordiale dans les codes barbares de Gor.

Ces pierres sont variées, en formes et en dimensions, de couleurs diverses, et beaucoup s’ornent de sculptures compliquées. Certaines des villes les plus importantes ont de petites Pierres du Foyer assez insignifiantes mais d’une ancienneté incroyable, qui datent du temps où la cité n’était qu’un village ou un simple rassemblement de guerriers, sans même un logis.

Lorsqu’un homme installe sa Pierre du Foyer, il revendique un droit personnel sur le terrain. La bonne terre n’est protégée que par l’épée des propriétaires les plus forts du voisinage. Toutefois il existe une hiérarchie dans les Pierres du Foyer, si l’on peut dire, et deux soldats qui se larderaient mutuellement de coups d’épée pour un arpent de sol fertile combattront côte à côte jusqu’à la mort pour la Pierre du Foyer de leur village ou de la ville dans les limites de laquelle se trouve leur village.

C’est parfois le rêve d’un conquérant ou d’un homme d’État de n’avoir qu’une seule Pierre du foyer pour toute la planète. Le bruit court qu’une telle Pierre existe, mais elle repose dans le Lieu Sacré et elle est la source du pouvoir des Prêtres-Rois.

La condition féminine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kajira.

La saga de Gor fait partie d’un genre littéraire qu’on qualifie généralement de Planet opera, un domaine de la Science-fiction dont l'un des pères fondateurs est Edgar Rice Burroughs. La loi du genre consiste à inventer des mondes imaginaires reconstruits à partir d'emprunts faits à diverses civilisations d'où ce mélange anachronique de modernité et d'archaïsmes qui en fait le charme. L'intrigue fait souvent la part belle à des héros doués de capacités hors du commun et ne lésine pas sur les combats épiques à l'épée et les affrontements violents entre guerriers barbares. John Norman décrit une société inspirée de celle de l'antiquité, très inégalitaire, organisée en castes et pratiquant l’esclavage bien qu'elle soit très avancée sur le plan technologique, du moins dans certains domaines, et où la condition des femmes souffre d’un machisme impitoyable. On a prêté à John Norman l’intention d’apporter une justification philosophique de cet état de fait et de décrire avec trop de complaisance la condition des esclaves de Gor, qui sont souvent des femmes, d’où différentes controverses.

Controverses[modifier | modifier le code]

Confusion avec le BDSM classique[modifier | modifier le code]

L'aspect volontairement machiste du cycle de Gor a provoqué la censure du cycle par les féministes, lors des années 1980-90 et qui par opposition a suscité l’intérêt de certaines communautés BDSM. Depuis quelques années, une culture de Gor ou pseudo-goréenne est véhiculée par des sites et des salons de discussion sur Internet à travers des jeux de rôle à caractère BDSM où l'on pratique une soumission virtuelle, sur Second Life par exemple. Les adeptes de cette "philosophie" se désignent eux-mêmes comme goréens.

Certains aspects de l'esclavage Goréen décrits dans les livres de la chronique de Gor - tels que la posture d’attente à genoux dite Nadu[8],[9],[10],[11], ainsi que les autres postures de soumission[12],[13]et la coutume existant dans les régions situées au nord de la zone tempérée où sont situées les cités-états, selon laquelle les vêtements de la kajira doivent laisser à découvert ses parties intimes, afin que l’accès à son sexe et à ses seins soit toujours librement offert à son maître, symbolisant ainsi sa docilité et sa constante disponibilité, sans que rien ne s’oppose aux désirs impromptus et impérieux de son maître, ni une improbable dérobade de la fille, ni l’obstacle du moindre voile si arachnéen fut-il — ont probablement été influencés par le roman érotique histoire d'O, maintenant devenu un classique. Le symbole kef gravé sur la cuisse gauche des kajirae rappele le cruel supplice d’O que son maître, sir Stephen avait fait subir à son esclave de plaisir en la marquant au fer rouge, à ses initiales, imprimant ainsi de manière indélébile son nom dans la chair tendre de ses globes fessiers. Dans les deux œuvres, la prostitution des filles et les châtiments corporels les plus sauvages, tels la flagellation, font partie intégrante du dressage des esclaves femelles. Pour les mâles de Gor il est naturel d’offrir leur favorite à un hôte de passage qu’ils souhaitent honorer, ils n’admettraient pas qu’une kajira refuse de prodiguer ses faveurs et la châtieraient impitoyablement le cas échéant. Mais il est rare qu’ils aient à sévir, tant les kajirae ont admis dès l’enfance leur nature inférieure. Mais contrairement aux esclaves de Gor, l’héroïne d’histoire d’O est née libre et doit sans cesse renouveler à son maître ses vœux de servitude volontaire : Chaque fois qu’elle livre son corps aux grossiers appétits de ses violeurs ou qu’on lacère sa chair à coup de fouet, c’est comme si elle entrait en religion, d’où l’aspect très ritualisé des épreuves initiatiques qui prennent la forme de cérémonies interminables et inutilement cruelles. Pauline Réage ne s’est pas contentée du marquage au fer pour sceller le consentement de son esclave, elle a également imaginé de l’anneler, c'est-à-dire de percer les lèvres de son sexe d’un anneau pour y suspendre un disque (le triskell) proclamant une totale soumission à son tourmenteur adoré. Histoire d’O est pour beaucoup dans la vogue actuelle du piercing intime, dont la pratique jugée barbare à l’époque (et parfois confondue avec l’infibulation) est devenue le passage obligé de l’initiation des adeptes du BDSM avant de se banaliser dans tous les milieux et de devenir un accessoire érotique quasiment dépourvu de toute référence masochiste. Rappelons que les kajirae de John Norman ignorent le piercing des lèvres vaginales aussi bien que celui des tétons quoiqu’en pensent certaines adeptes des jeux Goréens encore imprégnés de culture BDSM classique[14].

Les pratiques Goréennes sont clairement des pratiques de soumission, mais elles ne relèvent pas vraiment du sado-masochisme, dans le sens où la douleur n’est pas recherchée pour le plaisir sexuel, qu’elle pourrait susciter chez le Maître ou l’esclave, au terme d’une douloureuse initiation au rituel compliqué comme dans le roman histoire d’O. Le Maître de Gor professe simplement que la femme est un être inférieur qui ne doit servir qu’à son bon plaisir et si elle désobéit, elle sera châtiée[15]. Ainsi, bien que des Goréens peuvent s'engager dans des activités de type BDSM, celles-ci ne sont pas obligatoires pour les Goréens et leur style de vie professe plutôt que la douleur est à éviter, et est considérée comme un châtiment plus que comme une sensation érotisée.

La soumission Goréenne, est plus cérébrale, parfois virtuelle au cours des jeux en ligne où elle recherche davantage l’humiliation et l’assujettissement psychique de l’esclave que la souffrance physique. Elle n’en est pas moins dangereuse, car elle peut aboutir à des dérives sectaires. Sur Second Life, IMVU ou Active Worlds, ces dérives sont plus présentes, mais des exemples ont été retrouvés dans le monde "réel"[16].

Néanmoins, certains adeptes des pratiques BDSM ont trouvé une source d’inspiration dans le cycle de Gor et certains ont voulu faire de la Kajira une figure emblématique de la soumission féminine, dans des variations externes à la condition de la Kajira proprement dite (sado-masochisme, etc.)

Principes des castes, société[modifier | modifier le code]

La société de Gor est organisée de façon extrêmement rigide par un système de castes déterminées en principe une fois pour toutes à la naissance (mais il existe des exceptions) ou acquise par mariage pour les femmes libres. Il en existe deux principaux groupes, les Hautes Castes et les basses Castes.

Il existe cinq hautes Castes qui concentrent entre leurs mains l’essentiel du pouvoir et de l’influence sur Gor, parce qu’elles élisent leur propres membres au conseil municipal, et donc votent les lois qui régissent la vie de tous dans leur ville. D’autre part elles sont les seules à accéder à la deuxième connaissance alors qu’on n’enseigne aux basses castes que la première connaissance, qui contient souvent une information délibérément fallacieuse. Par ordre d’importance, les cinq hautes Castes de Gor sont les suivantes : La caste des initiés (robes blanches), la caste des scribes (robe bleue), la caste des constructeurs (robe jaune), celle des médecins (robe verte) et des guerriers (robe rouge) .

Les basses castes sont beaucoup plus nombreuses, surtout si on compte les sous castes, caste des marchands, des tarniers, des musiciens et des poètes, celle des paysans, des bateliers, des tisserands etc. Au-dessous des plus basses castes on trouve bien sûr les esclaves qui n’ont aucun droit. Il est à noter que n’importe quelle personne libre, quelle que soit sa caste, peut être réduite en esclavage du jour au lendemain si elle est capturée par un guerrier d’une autre ville que celle où elle réside.

On ne peut faire grief à Norman de faire l’éloge de l’esclavage qu’il décrit dans ses romans mais on peut lui reprocher de présenter comme idéale une société où tout est organisé pour maintenir l’essentiel de la population dans l’obscurantisme, alors que l’élite a accès à des connaissances scientifiques très sophistiquées dont elle interdit la diffusion au prétexte de prévenir les guerres meurtrières provoquées par un armement de haute technologie.

Féminisme[modifier | modifier le code]

L'aspect le plus controversé de cette saga reste la condition des femmes de la société goréenne, asservies ou du moins soumises aux hommes et devant satisfaire tous les désirs de ces derniers. Cet aspect du rôle des femmes se retrouve dans l'œuvre sous forme de nombreux passages décrivant soit les règles qui leur sont imposées soit une justification philosophique de cet état de fait. En effet, selon Norman, les femmes sont naturellement prédisposées à obéir aux hommes, et peuvent trouver le bonheur en acceptant cette situation.

Aux États-Unis, des féministes ont appelé au boycott des œuvres de Norman au cours des années 1980-1990 et obtenu la cessation des achats des livres du cycle de Gor par la plupart des bibliothèques.

Dérives sectaires[modifier | modifier le code]

Le jeudi 18 mai 2006, une maison de Darlington, dans le comté de Durham, au Royaume-Uni, a été perquisitionnée par la police qui avait reçu des plaintes signalant qu’une femme y était détenue contre sa volonté, mais un porte-parole a déclaré que cette femme était entrée dans la maison de son plein gré, et la police n'a trouvé aucune preuve d'activité criminelle[17]. Lee Thompson, l'ex-gourou du groupe esclavagiste "Kaotian", affirme que les Kaotians ne sont pas Goréens, mais qu’ils sont meilleurs que les Goréens.

En décembre 2008 Thompson a plaidé coupable face à l’accusation d’avoir "recruté une femme pour l’obliger à avoir des rapports sexuels sous la menace ou par l'intimidation" et a été condamné à trois ans de prison. Il a plaidé coupable après avoir accepté un accord avec l’accusation et l'expression «sous la menace» n’a pas été retenue au procès[18],[19].

Adaptations au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

  • Deux films ont été réalisés (souvent considérés comme des œuvres de science fiction de série B, sont très vaguement inspirés des livres de Norman), sur Gor[20],[21] et Outlaw of Gor[22](Également connu sous le nom d’ "Outlaw"), ce dernier est apparu sur Mystery Science Theater 3000.

Bien que n'étant pas officiellement relié au récit de John Norman, Fencer of Minerva est une série animée japonaise qui contient de nombreux éléments et idées exposés dans la philosophie Goréenne[23]

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]