Christian Bourquin

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Christian Bourquin
Christian Bourquin, lors de l'inauguration d'un panneau de signalisation en occitan, dans les Fenouillèdes
Christian Bourquin, lors de l'inauguration d'un panneau de signalisation en occitan, dans les Fenouillèdes
Fonctions
Président du conseil régional
de Languedoc-Roussillon
10 novembre 201026 août 2014
Prédécesseur Georges Frêche
Josiane Collerais (intérim)
Successeur Robert Navarro (intérim)
Sénateur des Pyrénées-Orientales
25 septembre 201126 août 2014
Successeur Hermeline Malherbe-Laurent
Président du conseil général
des Pyrénées-Orientales
mars 199821 novembre 2010
Prédécesseur René Marques
Successeur Hermeline Malherbe-Laurent
Député de la troisième circonscription des Pyrénées-Orientales
12 juin 199718 juin 2002
Prédécesseur François Calvet
Successeur François Calvet
Biographie
Date de naissance 7 octobre 1954
Lieu de naissance Saint-Féliu-d'Amont (Pyrénées-Orientales)
Date de décès 26 août 2014 (à 59 ans)
Lieu de décès Montpellier
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique PS
Conjoint Damienne Beffara
Ségolène Neuville
Enfant(s) Jordi et Sophie
Profession Ingénieur territorial

Christian Bourquin, né le 7 octobre 1954 à Saint-Féliu-d'Amont (Pyrénées-Orientales) et mort le 26 août 2014 à Montpellier (Hérault)[1], est un homme politique français.

Il a exercé différents mandats parmi lesquels député de la troisième circonscription des Pyrénées-Orientales (1997-2002), président du conseil général des Pyrénées-Orientales (1998-2010), président du conseil régional de Languedoc-Roussillon (2010-2014) et sénateur des Pyrénées-Orientales (2011-2014).

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Quatrième enfant d’une famille d’agriculteurs catalans de Saint-Féliu-d'Amont dans le Ribéral, il entre en 1973 à l'École nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg et obtient un diplôme d'ingénieur en topographie. Il adhère au Parti socialiste en 1975[2].

Il entre en 1977, à vingt-trois ans, à la mairie de Montpellier en tant qu'ingénieur territorial où il est rapidement repéré par Georges Frêche, nouvellement élu maire, et au côté de qui il travaillera durant treize ans[2].

En novembre 1989, Christian Bourquin revient dans les Pyrénées-Orientales pour diriger le bureau local de OPAC, l’Office HLM en lien avec la ville de Perpignan[2],[3].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En juin 1992, il prend la direction de la Fédération départementale du Parti socialiste. Aux élections législatives de mars 1993, il est encore inconnu du grand public, mais parvient au second tour des législatives dans la troisième circonscription des Pyrénées-Orientales[3], et totalise 46 % des suffrages contre François Calvet (UDF).

En juin 1993, lors de l'élection municipale partielle de Perpignan qui fait suite à la démission du maire Paul Alduy, Christian Bourquin mène avec Jacqueline Amiel-Donat en deuxième position, une liste à « ossature politique » du Parti socialiste, ouverte à trois composantes de la cité, les écologistes, les acteurs économiques, les rapatriés pieds-noirs. Avec un résultat de 10%, il siège alors dans l'opposition face à Jean-Paul Alduy[3].

Il se présente aux cantonales à Millas en 1994 et devient conseiller général, puis maire de Millas en 1995, succédant à François Beffara, son beau-père. La dissolution de l'assemblée nationale au printemps 1997 lui permet d'être élu député de la troisième circonscription des Pyrénées-Orientales qui lui avait échappée quatre ans plus tôt.

Aux élections cantonales françaises de 1998, il est le chef de file de la gauche qui gagne 90 % des sièges renouvelables. Ce résultat lui permet d'accéder à la présidence du conseil général qui le réélit en 2001. Il doit alors abandonner sa fonction de maire pour cause de cumul et son épouse Damienne Beffara le remplace comme première élue à la mairie de Millas[3].

Christian Bourquin perd son poste de parlementaire avec la vague bleue des législatives de 2002. Il a été condamné pour minoration des comptes de campagne lors de l'élection cantonale de 2001, le 7 janvier 2009[4].

La victoire de la gauche aux élections locales de 2004 lui permet d'accéder à la 1re vice-présidence du conseil régional de Languedoc-Roussillon en responsabilité de la commission des finances. Il est également réélu pour un troisième mandat, président du conseil général des Pyrénées-Orientales.

Il est à nouveau battu une troisième fois par son éternel rival UMP, François Calvet, lors des élections législatives de juin 2007 dans la troisième circonscription des Pyrénées-Orientales.

La gauche conforte cependant sa majorité, réélisant Christian Bourquin pour un quatrième mandat de président du conseil général en 2008.

Le 23 février 2010, il est exclu du Parti socialiste suite à son ralliement à Georges Frêche, lui-même exclu du PS trois ans plus tôt pour des propos polémiques sur l'équipe de France de football. Le président de la région aura d'ailleurs gardé ses distances jusqu'au bout avec Solférino bien qu'ayant été réintégré en 2011.

Elu au Sénat en 2011, M. Bourquin avait fait le choix de ne pas siéger au groupe socialiste, mais à celui du RDSE, à majorité PRG.

À la suite du décès de Georges Frêche, il est désigné candidat à la présidence de la région Languedoc-Roussillon au quatrième tour de scrutin, par le groupe des socialistes exclus et des apparentés, en devançant Robert Navarro pour l'Hérault, Didier Codorniou pour l'Aude, Alain Bertrand pour la Lozère, et Damien Alary pour le Gard[5]. Il est ainsi élu président du conseil régional de Languedoc-Roussillon le 10 novembre 2010, au premier tour de scrutin, contre trois autres candidats[6]. Pour une raison de non-cumul des mandats, il avait démissionné la veille de son poste de président du conseil général[réf. nécessaire].

Il meurt le 26 août 2014 des suites d'un cancer du rein, à l'hôpital Saint-Eloi de Montpellier. Ses obsèques civiles ont lieu le 29 août à Millas, accompagnées par une foule de plus de 3 000 personnes et par de nombreuses personnalités politiques régionales et nationales, dont Manuel Valls[7].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Le 8 novembre 2010, Christian Bourquin est condamné par la cour d'appel d'Aix-en-Provence à une amende de 5 000 euros pour une affaire de complicité de délit de faux et minoration de comptes de campagne [8].

Le 1er décembre 2010, Christian Bourquin est renvoyé au tribunal correctionnel de Perpignan pour favoritisme dans sa qualité d'ex-président du Conseil Général des Pyrénées-Orientales. La justice lui reproche des faits présumés de favoritisme dans un marché public qui remontent à 1999[réf. nécessaire].

Le 12 janvier 2012, il est condamné à 2 mois de prison avec sursis par le tribunal de Bordeaux pour favoritisme[9]. Le 18 septembre 2012, le parquet requiert deux mois avec sursis et 10 000 € d'amende à l'encontre de Christian Bourquin lors du jugement en appel[10]. Le jugement du 30 octobre 2012 ne confirme que les deux mois avec sursis[11]. Le 22 janvier 2014, la condamnation de Bourquin à 2 mois de prison avec sursis est définitive suite au rejet de son pourvoi en cassation (no 13-80009)[12].

En décembre 2012, une plainte a été déposée à son encontre pour délit de favoritisme[13] et la condamnation définitive a été prononcée par la Cour de cassation, chambre criminelle, le 22 janvier 2014, no 13-80009 (2 mois de prison avec sursis pour lui et son receleur, le dirigeant de la SARL Synthèse).

La Chambre Régionale des Comptes, dans son rapport d’observations définitives no 136/453 du 17 avril 2013, dénonce des « abus »[14] et des « irrégularités »[15] dans l'utilisation des fonds de la région, notamment 130 000 euros d'alcool en 2010, du linge commandé hors marché pour 31 654,28 euros ainsi qu'un voyage en Chine au devis anormalement élevé (103 320,37 euros)[16]. Elle note la multiplication par 10 du chiffre d'affaires de communication réalisé avec la société Sens interdit (plus de 5 millions facturés en dernière année), société détenue à 100 % par la société Synthèse, dont le dirigeant fut condamné en recel de délit de favoritisme avec Christian Bourquin pour les marchés passé par le Conseil général dont Christian Bourquin était le Président, et relève « l'opacité » et de « nombreuses erreurs » dans l'attribution du marché à cette société (p. 58).

Prises de position politiques[modifier | modifier le code]

Georges Frêche[modifier | modifier le code]

Georges Frêche, en 2010.

Au niveau politique, Christian Bourquin est proche de Georges Frêche (1938-2010), au point d'en être souvent présenté comme le fils spirituel. À la mort de Frêche en 2010, Bourquin hérite du poste de président de la région Languedoc-Roussillon et continue la politique de son prédécesseur. Cette fidélité lui vaut d'être exclu en 2010 du parti socialiste, comme Frêche quelques années auparavant.

Régionalisme[modifier | modifier le code]

Christian Bourquin, en 2003, inaugurant un panneau signalétique en occitan indiquant les Fenouillèdes, partie occitane des Pyrénées-Orientales.

Attaché à sa région et à son département, Christian Bourquin promeut la « catalanité » (langue et culture catalanes), qu'il oppose au « catalanisme » (ou indépendantisme catalan). Issu de la partie catalane de la France, il encourage les initiatives visant à promouvoir la langue catalane, aide à la création ou au développement d'entités culturelles catalanes, tout en étant attaché à la région Languedoc-Roussillon (de traditions occitane et catalane) et à la France. Pour son département, il adopte le slogan « l'accent catalan de la république française »[17]. En tant que conseiller régional, il promeut également la culture occitane.

En 2014, une réforme des régions françaises est proposée par le président de la République François Hollande. Une des motivations principales de cette réforme est de réduire le nombre de régions, d'en créer de nouvelles, plus grandes et supposément plus fortes économiquement. Le projet retenu propose de fusionner le Languedoc-Roussillon avec la voisine Midi-Pyrénées. Christian Bourquin, bien que faisant partie de la majorité gouvernementale, s'oppose vigoureusement à cette fusion, parlant d'« annexion » et de « mépris ». Il milite pour la conservation d'une région Languedoc-Roussillon, qui a selon lui une identité propre à préserver.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sophie Babey, « Christian Bourquin est décédé », L'Indépendant,‎ 26 août 2014 (lire en ligne)
  2. a, b et c « Christian Bourquin, la fin du combat », L'Indépendant,‎ 27 août 2014
  3. a, b, c et d Denis Dupont et Patrick Claeys, Alduy, Bourquin et les autres... amour et désamour en politique : Abécédaire de 25 ans de politique dans les Pyrénées-Orientales, Thuir, Critérium éditions,‎ 2008, 263 p. (ISBN 9782953112504, notice BnF no FRBNF41205053)
  4. "Le Roussillon, far west de la politique" article de Jacques Molénat pour l'Express publié le 11 juin 2009
  5. « Languedoc-Roussillon : Christian Bourquin succèdera à Georges Frêche », La Dépêche du Midi, 29 octobre 2010.
  6. http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j_yKzHINr_Np5KFxFUPUHCfKRMyw?docId=CNG.8522a73c85f2f221d0da0908b1a50cfd.781
  7. Sophie Babey, « Obsèques de Ch. Bourquin à Millas : l'"Adeu" en català de Manuel Valls », L'Indépendant,‎ 29 août 2014 (lire en ligne)
  8. Christian Bourquin condamné à 5 000 euros d’amende pour le « chèque du PS »
  9. Intégralité du jugement qui condamne Bourquin à deux mois avec sursis
  10. Article du Midi Libre du 18/09/2012
  11. La Clau du 30/10/2012
  12. Favoritisme : Christian Bourquin définitivement condamné
  13. Plainte pour favoritisme contre Bourquin
  14. Une enquête ouverte sur la gestion bourquin
  15. La Gestion des années Frêche-Bourquin étrillée
  16. Le successeur de Frêche accablé par la CRC
  17. (ca) Mor Bourquin, president del Llenguadoc-Rosselló, par Aleix Renyé, el Punt Avui

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]