Choc septique

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Choc septique
Classification et ressources externes
CIM-10 A41.9
CIM-9 785.52
DiseasesDB 11960
MeSH D012772
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Le choc septique est une défaillance circulatoire aiguë, entraînant des désordres hémodynamiques, métaboliques et viscéraux, déclenchée par un agent infectieux.

C'est une cause de collapsus cardio-vasculaire.

Il est défini par l’apparition ou la persistance d'une hypotension artérielle (PAS < 90 ou PAD < 40 mmHg) ou de signes francs d’hypoperfusion périphérique (Lactatémie ≥ 4 mmol/L, oligurie) malgré un remplissage vasculaire adéquat, au cours d’un sepsis grave, ou d’emblée chez un malade ayant des signes d’infection.

Le choc septique est une urgence médicale qui requiert des soins visant à hausser rapidement la pression artérielle systémique (en augmentant le volume sanguin et en administrant des vasopresseurs tels que les catécholamines) ainsi que des antibiotiques par voie intraveineuse.

Le choc septique reste une maladie grave et reste associé à un fort taux de mortalité.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Le choc septique est l'une des premières causes de mortalité en réanimation (50 % de mortalité)

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

La réponse normale de notre organisme à une infection se fait par le biais d'une cascade de réponses immunologiques et humorales. Toute stimulation excessive, prolongée, ou déséquilibrée du système immunitaire va pouvoir donner lieu à une réponse « anormale » de l'organisme.

L'état de choc septique associe des anomalies cardiaques et vasculaires ayant pour conséquence principale une redistribution anormale du sang dans la microcirculation d'où son nom de choc « distributif ». Ces troubles témoignent d'une réponse inflammatoire systémique résultant de l'action de substances microbiennes.

La présence d'une toxine active de l'agent bactérien en cause va entraîner l'activation de différents processus :

Ces réactions vont avoir pour conséquences une hypoxie tissulaire par :

Tous ces éléments peuvent conduire à une défaillance multi-viscérale et au décès.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Deux types de chocs septiques sont décrits :

  • un choc « froid » où l'on retrouve des marbrures, et les extrémités sont froides.

Une « porte d'entrée » (origine de l'infection) doit être systématiquement recherchée. Elle peut être urinaire (manœuvre endovésicale, pyélonéphrite), digestive (angiocholite, péritonite), respiratoire, génitale, cutanée, veineuse (thrombophlébite suppurée sur cathéter), neuro-méningée, endocardite.

Germes responsables[modifier | modifier le code]

Il s'agit principalement de bactéries, mais ce peut également être une levure (Candida), un virus ou un parasite (Plasmodium falciparum du paludisme).

Bacilles Gram négatif[modifier | modifier le code]

Les bacilles Gram négatif et en particulier les entérobactéries sont les plus fréquemment responsables de chocs septiques. Parmi eux, on retrouve fréquemment les Escherichia coli, Pseudomonas, Proteus, Serratia, Bacteroïdes fragilis, etc.
La toxine est une endotoxine (lipopolysaccharide).

Cocci Gram positif[modifier | modifier le code]

Les cocci Gram positif les plus fréquemment retrouvés sont : le pneumocoque, streptocoque, staphylocoque
La toxine correspond dans ce cas à une exotoxine et un antigène de paroi.

Prise en charge[modifier | modifier le code]

Traitement symptomatique[modifier | modifier le code]

Il faut tout d'abord favoriser le transport en oxygène (ventilation : oxygène au masque, voire intubation trachéale si nécessaire), maintenir un taux d'hémoglobine supérieur à 10 g/dl), corriger les troubles métaboliques (correction d'une acidose (maintenir un pH supérieur à 7,2), correction d'une hyperglycémie).

On aura également recours au remplissage vasculaire, ainsi qu'à l'utilisation de catécholamines (dobutamine, dopamine, noradrénaline, adrénaline, …).

Les corticoïdes sont employés de manière relativement courante, même si leur efficacité reste controversée[1].

Traitement étiologique[modifier | modifier le code]

Il s'agit du traitement de l'infection responsable par :

  • l'utilisation d'antibiotiques probabilistes dans un premier temps, choisis en fonction du foyer infectieux suspecté, du terrain, de facteurs de risque éventuels de résistance aux antibiotiques, de l'écologie du service en cas d'infection nosocomiale, mis en route après les prélèvements bactériologiques[2],
  • puis par une antibiothérapie adaptée aux résultats bactériologiques (antibiogramme) des différents prélèvements réalisés,
  • éventuellement, traitement chirurgical urgent si celui-ci est nécessaire voire indispensable à l'éradication du foyer infectieux.

Éléments pronostiques[modifier | modifier le code]

Les quatre facteurs suivants sont de bons éléments pronostiques :

  • le nombre de défaillances multiviscérales au moment du diagnostic,
  • le délai de mise en route du traitement,
  • la réponse au traitement,
  • l'accessibilité du foyer infectieux initial au traitement.

L'apparition d'une défaillance cardiaque, de troubles de la conscience, de crises convulsives, d'une leucopénie, de troubles métaboliques (hyperlactatémie ou/et hypoglycémie) sont quant à eux très péjoratifs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sprung CL, Annane D, Keh D et als. Hydrocortisone therapy for patients with septic shock, N Engl J Med, 2008;358:111-124
  2. Sauf en cas de purpura fulminans, seul cas où l'antibiothérapie est débutée avant les prélèvements
  • (en) Cet article est partiellement issu d’une traduction de l’article en anglais : Septic shock.
  • Tslotou A.G. Sakorafas G.H. Anagnostopoulos G. Bramis J. Septic shock : current pathogenetic concepts from a clinical perspective. Med Sci Monit 2005 ; 11 (3) : RA76-85. Texte complet (Pdf)

http://www.infirmiers.com/etudiants-en-ifsi/cours/cours-reanimation-le-choc-septique.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]