Proteus (bactérie)

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Proteus est un genre de bactéries de la famille des enterobacteriaceae, commensal du tube digestif.

Généralités[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs espèces de proteus : Proteus vulgaris, Proteus hauseri, Proteus morganii, Proteus mirabilis, Proteus penneri (en), Proteus rettgeri, Proteus myxofaciens et Providencia.

Ce groupe de germes possède une désaminase vis-à-vis des acides aminés : ainsi la phénylalanine est transformée en acide phényl-pyruvique (APP).

Famille des Enterobacteriaceae, ce sont des germes commensaux (hôtes) du tube digestif en nombre généralement restreint, ONPG-négative, TDA-positive. Ils se multiplient rapidement dans les matières en voie de putréfaction et les aliments. Bacilles très mobiles, aéro-anaérobies, Gram négatifs, oxydase négatifs, nitrate positifs et qui fermentent le glucose.

Les Proteus sont très polymorphes : formes longues et filamenteuses ou petits bacilles droits (Protée est un dieu de la mythologie grecque qui changeait de forme à volonté).

Les Proteus hauseri ont la propriété d'envahir la surface des milieux solides, d'où la difficulté d'isolement d'autres germes ; les milieux sélectifs employés dans la coproculture empêchent cet envahissement.

Pouvoir pathogène[modifier | modifier le code]

Les proteus sont souvent en cause dans des infections urinaires (10 % des infections urinaires en ville), infections de plaie, surinfections diverses : tumeurs, voies respiratoires, etc...

Caractères culturaux[modifier | modifier le code]

Les proteus ne sont pas des bactéries exigeantes. Elles poussent bien sur des milieux ordinaires tels que les géloses BCP, Drigalski, Mac Conkey et autres...

Les colonies diffusent sur les milieux riches et donnent un aspect en nappe. Ces bactéries présentent une odeur désagréable caractéristique

Principaux caractères biochimiques[modifier | modifier le code]

  • fermentation des sucres : glucose+
  • réduction des nitrates en nitrites : NO3+ (NR +)
  • métabolisme du tryptophane en indole : ind-
  • Lactose-
  • ONPG-
  • ornithine décarboxylase : ODC+
  • H2S+
  • uréase+
  • TDA+
  • VP- donc RM +
  • Saccharose -
  • PADA +
  • LDA +
  • LDC -

Antigènes[modifier | modifier le code]

Différents types antigéniques sans intérêt pratique, sauf la parenté qui existe entre proteus OX19, OX2 et OXK et les rickettsia = réaction sérologique de Weil et Felix.

Résistance naturelle[modifier | modifier le code]

P. mirabilis est naturellement résistant à la colistine et aux polymyxines (colimycine). Souches sensibles à toutes les bêta-lactamines (pas de céphalosporinase chromosomique de classe C, exemple : Proteus mirabilis 1761).

Résistance acquise[modifier | modifier le code]

Mécanismes identiques à ceux décrits pour E. coli. 1. beta-lactamase de classe A haut niveau (pénicillinase) : des carbénicillinases (type PSE-4) ont été décrites. 2. résistance aux inhibiteurs des beta-lactamases : un mutant de type TEM, IRT-2 (Arg244Ser), a été décrit en association avec TEM-1 dans une souche insensible aux inhibiteurs des beta-lactamases de classe A. 3. beta-lactamases de classe A à spectre étendu (BLSE) : une souche produisant TEM-10 a été décrite. 4. résistance à l'imipénème : chez P. mirabilis, elle n'est pas d'origine enzymatique. La résistance à l'imipénème semble associée à une altération des PLP1A et 2 (protéines liant la pénicilline).


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