Interleukine 1

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Représentation de l'Interleukine 1α
Représentation de l'Interleukine 1β

Mécanismes d'action[modifier | modifier le code]

Il existe en réalité non pas une molécule, mais une famille de molécules d'IL-1 comprenant 11 membres[1], les deux formes d'interleukine-1 les plus étudiées étant :

  • l'IL-1α
  • l'IL-1β, sa forme principale, intervenant dans la cascade de réaction comportant différentes molécules décrites sous le nom d'inflammasome[2].

Ces deux formes d'IL-1 se lient en général au même récepteur cellulaire, lequel est composé de deux sous-unités apparentées mais non identiques, qui transmettent des signaux intracellulaires via une voie principalement partagée avec d'autres récepteurs, comme ceux de la famille Toll[1] (récepteurs de l'immunité innée) et le récepteur à l'IL-18. la stimulation du récepteur entraîne la sécrétion ou la synthèse de plusieurs médiateurs inflammatoires.

L'antagoniste au récepteur de l'IL-1, l'IL-1Ra, se lie au même récepteur membranaire que l'IL-1, et empêche celle-ci d'envoyer son signal à la cellule. Il est utilisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, une maladie autoimmune dans laquelle l'IL-1 joue un rôle-clé. On le produit commercialement comme anakinra, qui est une forme recombinante humaine d'IL-1Ra. L'interleukine 1 (IL-1) est une cytokine sécrétée par les macrophages, les monocytes et les cellules dendritiques. Elle joue un rôle prééminent dans la réponse inflammatoire du corps aux infections.

Rôles[modifier | modifier le code]

Elle augmente l'expression de facteurs d'adhésion sur les cellules endothéliales, afin de faciliter la transmigration des leucocytes (globules blancs) sur le ou les sites de l'infection.

Elle "reprogramme" aussi le centre thermorégulateur de l'hypothalamus, conduisant à une augmentation constante de la température corporelle, c'est-à-dire la fièvre. C'est pourquoi on l'appelle un pyrogène endogène (la fièvre aide le système immunitaire à lutter contre l'infection, et retarde la réplication virale. Cependant, elle joue également, à forte concentration, le rôle de "CRH tissulaire", libérant le cortisol, qui atténue la réponse inflammatoire et la fièvre.

Elle favorise la formation de l'athérome[3] et intervient dans la cicatrisation après un infarctus du myocarde en favorisant la fibrose[3].

Cible thérapeutique[modifier | modifier le code]

Le canakinumab est un anticorps monoclonal dirigé contre l'interleukine-1bêta. Le gevokizumab agit de même.

L'anakinra est une molécule recombinante analogue à l'antagoniste des récepteurs à l'interleukine 1.

Le rinolacept est une molécule se fixant (et donc inhibant) sur l'interleukine 1.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • ST2, un membre de la famille des récepteurs de l'interleukine 1

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dinarello CA, Interleukin-1 in the pathogenesis and treatment of inflammatory diseases, Blood, 2011;117:3720–3732
  2. Stutz A, Golenbock DT, Latz E, Inflammasomes: too big to miss, J Clin Invest, 2009;119:3502–3511
  3. a et b Van Tassell BW, Toldo S, Mezzaroma E, Abbate A, Targeting interleukin-1 in heart disease, Circulation, 2013;128:1910-1923