Charles Claude Flahaut de La Billarderie

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Le comte d’Angiviller. Portrait par Jean-Baptiste Greuze, vers 1763. New York, Metropolitan Museum of Art.

Charles Claude Flahaut de La Billarderie, comte d’Angiviller, né à Saint-Remy-en-l'Eau en Beauvaisis en 1730 et mort à Altona près de Hambourg en 1810 (ou 1809), est un administrateur des arts, et dernier directeur général des Bâtiments du roi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Charles Gérard Flahaut de la Billarderie, marquis de la Billarderie, frère de Charles-François de Flahaut de la Billarderie (1726-1794), le comte d’Angiviller fit une belle carrière militaire sous Louis XV, qui le mena jusqu’au grade de maréchal de camp.

Ami personnel de Louis XVI, il fut nommé directeur général des Bâtiments, Arts, Jardins et Manufactures de France à l’avènement de celui-ci en 1774. Dans ces fonctions, il montra de l’énergie et du discernement. Il encouragea le néoclassicisme et fut l’un des principaux introducteurs du style à l’antique en France, n’hésitant pas à commander à Jacques-Louis David, en 1784, Le Serment des Horaces.

Passionné d’urbanisme, il appliqua les principes d’alignement des villes antiques à Versailles avec le quartier de Clagny, constitué d’îlots très réguliers autour des boulevards du Roi et de la Reine. Pour le nouveau Théâtre-Français (actuel théâtre de l'Odéon), il soutint le projet de théâtre en forme de temple grec des architectes Marie-Joseph Peyre et Charles De Wailly.

Sur les conseils de Jean-Baptiste Marie Pierre, directeur de l’Académie royale de peinture et de sculpture, il s’efforça de renouveler la peinture d'histoire en commandant à des peintres tels que Nicolas Brenet ou François Vincent des vastes compositions exaltant les gloires nationales comme Henri IV faisant entrer des vivres dans Paris (par Vincent, 1783, Musée du Louvre). De même, entre 1776 et 1787, il commanda une importante série de sculptures de grande taille représentant les grands hommes de la France, qui firent travailler les principaux sculpteurs du temps : Jean-Antoine Houdon, Augustin Pajou, Louis-Simon Boizot, Jean Joseph Foucou, Félix Lecomte, etc.

Proche des milieux philosophiques, il aida Suzanne Necker à constituer son salon en lui dépêchant pour l’assister son amie la comtesse de Marchais, qu’il épousa en 1781.

Après la fermeture de la galerie du Luxembourg en 1779, le comte d’Angiviller décida d’utiliser la Grande galerie du Louvre pour exposer les tableaux de la collection royale ainsi que les œuvres qui seraient acquises spécialement. Il commanda un rapport sur ce sujet à l’architecte Jacques-Germain Soufflot, mais ce projet, qui préfigurait le musée du Louvre, ne put être réalisé avant la Révolution française. On eut juste le temps de détruire la voûte inachevée de Nicolas Poussin, en raison du danger qu’elle représentait en cas d’incendie, et de faire bâtir en 1782 par l’architecte Maximilien Brébion, chargé du palais du Louvre au sein des bâtiments du Roi, un escalier menant au Salon carré, remplacé ensuite par l’escalier de la victoire de Samothrace.

En revanche, d’Angiviller put mener une ambitieuse politique d’acquisitions dans cette perspective, jusqu’à ce que les nécessités de la guerre d’indépendance américaine viennent tarir les fonds : il fit l’acquisition des principaux chefs d’œuvres européens qui apparurent sur le marché, mais aussi des toiles de moindre importance, s’efforçant de combler les lacunes des écoles nationales des collections royales, non sans promouvoir les artistes français. Il entreprit également un vaste programme de restauration des collections.

Amateur d’art et de sciences, il constitua un superbe cabinet de minéralogie, qu’il légua en 1781 au Jardin des Plantes.

Il recommanda mademoiselle Rosalie de Beauchamp, future mère du comte Ange-Achille de Brunet de Neuilly, comme lectrice à la reine Marie-Antoinette, alors Dauphine de France. Il imposa, comme père adoptif, Jean François de Brunet de Neuilly à Ange-Achille de Neuilly, fils naturel du comte d'Artois futur Charles X et de Rosalie de Beauchamp.

Accusé, à tort, de dilapidation des deniers publics, il émigra en 1790 et finit sa vie dans un couvent à Hambourg en 1810.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Silvestre de Sacy, Le Comte d’Angiviller, dernier directeur général des Bâtiments du Roi, Paris, Éditions d’histoire et d’art, Plon, coll. Ars et historia, 1953.
  • Jean de Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des Lumières. 1715-1789, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2003, (ISBN 2221048105).
Précédé par Charles Claude Flahaut de La Billarderie Suivi par
Joseph Marie Terray
directeur général
des bâtiments du roi
1774 – 1791
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