Banine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Banine en 1931.

Umm-El-Banine Assadoulaeff (Umm El-Banu Äsâdullayeva) (en azéri : Əsədullayeva Ümmülbanu Mirzə qızı) (1905-1992) est un écrivain français d'ascendance azérie, petite-fille de deux Azéris millionnaires, Chamsy Assadoulaeff et Musa Nagieff. Elle a écrit sous le pseudonyme de Banine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Banine est née le 18 décembre 1905 à Bakou. Elle était la quatrième fille de Mirza Assadoulaeff et Umm El-Banu Nagieff.

Banine émigre en France à Paris en 1924 pour rejoindre sa famille dont son père a été ancien ministre du gouvernement de la première et éphémère République d'Azerbaïdjan (déc. 1918 - avril 1920). Elle a fui l'Azerbaïdjan soviétique en passant par Istanbul, où elle a quitté son mari avec lequel elle avait été mariée de force à l'âge de quinze ans.

Arrivée à Paris, elle gagne sa vie comme vendeuse dans un magasin, puis devient modèle de haute couture, tout en poursuivant ses études. Elle commence alors à faire des traductions, du journalisme, prépare des programmes de radio en français. Banine se fait ainsi connaitre dans les cercles littéraires de Paris, en particulier parmi les écrivains émigrés russes qui composaient un groupe soudé de l'élite immigrée. Parmi ses amis on peut citer les philosophes Berdiaev, Chestov, Lossky, les poètes et écrivains Vsevolod Ivanov, Marina Tsvetaeva, Constantin Balmont, Ivan Severianine, Ivan Bounine, Teffy, Remizov, Merejkovski et son épouse, Gippius, Kouprine, Zaitsev , Adamovitch. Dans ses mémoires, Banine met en relief particulièrement Teffy et Ivan Bounine, qui faisaient partie de son cercle d'amis proches.

Ses relations avec le milieu littéraire de l'époque lui font connaitre aussi Montherlant, Kazantzákis et Malraux, entre autres, qui l'ont poussée à publier ses écrits.

Banine a été l'amie et l'« ambassadrice de Jünger en France »[1], écrivain rencontré au cours de la Seconde Guerre mondiale à Paris et auquel elle a consacré trois livres.

Banine a consacré la fin de sa vie à faire découvrir la culture et l'histoire de l'Azerbaïdjan en France et en Europe. Ses livres les plus connus sont Jours caucasiens et Jours parisiens.

Elle est décédée le 23 octobre 1992 à Paris à l'age de 87 ans.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Nami, Gallimard, 1942.
  • Jours caucasiens, Julliard, 1946.
  • Jours parisiens, Julliard, 1947, Gris Banal, 2003.
  • Rencontres avec Ernst Jünger, Julliard, 1951.
  • J'ai choisi l'opium, Stock, 1959.
  • Après, Stock, 1962.
  • La France étrangère, S.O.S Desclée de Brouwer, 1968.
  • L'appel de la dernière chance, S.O.S, 1971.
  • Portrait d'Ernst Jünger : lettres, textes, rencontres, La Table Ronde, 1971.
  • Ernst Jünger aux faces multiples, Lausanne, éditions L'Âge d'Homme, 1989.
  • Ce que Marie m’a raconté : le dit de la Servante Marie, Cahier Bleus, 1991.

Nicole Zand, critique littéraire au journal "le Monde" a écrit à propos de "Jours caucasiens": "une belle évocation d'une enfance musulmane dans un Bakou qui sent l'Orient, le naphte".

" A l'encontre de certaines personnes dignes, nées dans les familles pauvres, mais " bien ", je suis née dans une famille pas " bien " du tout, mais très riche ", commence-t-elle crûment. Si riche que ce serait un scandale, n'était le fait déplorable, mais juste, qu'elle a cessé de l'être depuis de longues années déjà.


Nicole Zand ajoute encore que « J'ai choisi l'opium » est "un journal émouvant, empreint de rationalisme et de foi à propos de sa conversion au catholicisme". Cf le numéro du Monde daté du 16.02.1990.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Entrée Banine du « Répertoire de l'entourage intellectuel et personnel de Jünger » in Journaux de guerre II. 1939-1948, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2008, p. 1295-1296.