Autoroutes du Québec

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Carte du réseau autoroutier québécois 2013 Bleu: Autoroutes, Orange: En développement, Gris: Extensions potentielles
Carte des principales voies de communications terrestres.

Le système autoroutier de la province du Québec au Canada est un réseau de routes à accès limité fonctionnant selon le principe nord-américain, tout comme le système des Interstates aux États-Unis et les autoroutes de l'Ontario. Les autoroutes sont la colonne vertébrale du système routier du Québec, qui comporte près de 20 000 kilomètres de routes. La grande partie des autoroutes québécoises est située dans le centre-sud et le sud-ouest du Québec. Actuellement, le Québec compte 31 autoroutes différentes, soit des autoroutes principales (16), des autoroutes collectrices (10) ou des autoroutes de déviation (5). La limite de vitesse sur le réseau québécois est de 100 km/h (62,5 mph) à l'exception des zones urbaines à fort débit de circulation où la limite diminue à des vitesses se situant entre 70 et 90 km/h (45-55 mph).

Signalisation[modifier | modifier le code]

Les autoroutes sont identifiées par des boucliers bleus et rouges. La partie supérieure est un dessin blanc sur fond rouge représentant un viaduc autoroutier. La section inférieure avec écriture blanche et fond bleu comporte le numéro de l'autoroute, ainsi qu'une fleur de lys, symbole du Québec qui relate l'appartenance de la province à la francophonie.

Les panneaux de signalisation affichant les différentes sorties sont de couleur verte, les informations sont écrites en blanc. Le numéro de sortie apparaît dans la partie inférieure à l'intérieur d'un quadrilatère jaune. Celui-ci pointe vers la droite lorsque la sortie se situe à droite, c'est-à-dire la majorité du temps. Il pointe à gauche, lorsque la sortie est à gauche. Anciennement, les autoroutes à péage possédaient des panneaux bleus pour les différencier des autres autoroutes. Certains de ceux-ci sont encore présents à certains endroits, tel que sur l'autoroute 10. Les panneaux de signalisation pour les aires de services sont bruns alors que ceux indiquant les lieux touristiques sont bleus.

Sur la chaussée, comme pour toutes les autres routes québécoises, une ligne blanche continue est située en bordure de la route pour délimiter la chaussée. Une ligne jaune, située sur le côté gauche, délimite le centre de la route (la ligne médiane entre les deux sens). À noter qu'il y a deux lignes jaunes, une pour chaque direction. Sur les sections à deux chaussées, la ligne jaune est continue alors que sur celles à une seule chaussée elle peut être soit continue, soit discontinue pour permettre les dépassements. Les voies d'une même direction sont délimitées par des lignes blanches discontinues.

Numérotation[modifier | modifier le code]

Numéro des autoroutes[modifier | modifier le code]

Les autoroutes du Québec sont numérotées selon le même système que les interstates américaines. Les numéros des autoroutes principales se situent entre 1 et 99. Les autoroutes sont numérotées en ordre croissant de l'ouest vers l'est et du sud au nord. Les chiffres pairs sont attribués à des autoroutes ayant un trajet parallèle au fleuve Saint-Laurent (ouest-est) alors que les chiffres impairs sont utilisés pour des autoroutes perpendiculaires au fleuve (sud-nord). Par exemple, l'autoroute 20 porte ce numéro, car elle est parallèle au fleuve et est située majoritairement au nord de l'autoroute 10 et au sud de l'autoroute 30. Pour sa part, l'autoroute 15 effectue une liaison sud-nord et est située entre l'autoroute 5 et l'autoroute 25. Une autre règle non officielle est visible : les principaux axes routiers comportent des numéros avec des multiples de 5 (5, 10, 15, 20, 25, 30, 35, 40, 50, 55, 70 et 85) tandis que les axes routiers secondaires possèdent des numéros entre ceux-ci selon les positions géographiques (13, 19 et 31). Il existe une exception à cette règle, l'autoroute 73.

Certaines autoroutes comportent des numéros à trois chiffres situés entre 400 et 999. Le premier chiffre est un préfixe alors que les chiffres suivants font référence à l'autoroute principale à laquelle elle est apparentée. Ces autoroutes se divisent en deux groupes. L'autoroute de déviation a pour fonction de dévier la circulation de celle de l'autoroute principale et devrait être connectée à cette dernière aux deux extrémités. Ce type d'autoroute comporte des préfixes pairs (4, 6 ou 8). Aujourd'hui, aucune autoroute québécoise ne satisfait totalement ces conditions. Par contre, plusieurs autoroutes sont dites de déviation, car les numéros ont été établis selon les prévisions. Par exemple, l'autoroute 640 sur la couronne nord de Montréal est une autoroute de déviation de l'autoroute 40. L'autoroute collectrice est de son côté une autoroute dont une seule partie de l'autoroute touche à son autoroute mère. Ces autoroutes portent des préfixes impairs (5, 7 ou 9). Par exemple, l'autoroute 573 à Québec est une autoroute collectrice de l'autoroute 73. Les autoroutes sont aussi accompagnées sur la majorité de leur longueur par une route, qui est la plupart du temps une route principale, qui est numérotée avec un numéro proche de l'autoroute en question; par exemple la route 112 suit l'autoroute 10 tandis que la route 125 suit l'autoroute 25. Autre fait à observer : la continuité de l'itinéraire de l'autoroute est assuré, à la fin de celle-ci, par sa route alternative; par exemple la route 117 prend le relais de l'autoroute 15 lorsque cette dernière se termine.

De plus, chaque autoroute a un nom unique, lequel est officialisé par la Commission de toponymie du Québec, en plus de sa désignation numérique et il est fréquent que les autoroutes soient identifiées au quotidien en utilisant l'une ou l'autre des méthodes. Par exemple, Henri-IV pour l'axe 73/573, ou encore le Métropolitain pour la 40. Ici, le préfixe « le » est utilisé à la place du préfixe « la » (le nom autoroute est féminin), car c'est l'abréviation du boulevard Métropolitain.

Numéro des sorties[modifier | modifier le code]

Indication du numéro de sortie

La méthode de numérotation des sorties des autoroutes adoptée au Québec est semblable à celle utilisée ailleurs dans le monde. Les numéros des sorties sont établis en fonction de la distance kilométrique entre le début de l'autoroute et la sortie. Cette distance est établie au centre de l'échangeur et une référence de distance entre deux points sur l'autoroute. Le début de l'autoroute est son extrémité ouest ou sud, selon son orientation. Cette extrémité peut être soit l'extrémité actuelle, soit l'extrémité planifiée.

Il y a des exceptions à cette règle. Tout d'abord, lorsqu'il y a des chevauchements, les numéros des sorties affichés sont ceux de l'autoroute principale utilisant le corridor. Par exemple, la portion de l'autoroute 55 (Transquébécoise) comprise entre les sorties 173 et 210 de l'autoroute 20 (Jean-Lesage) est une exception, tout comme l'autoroute 15. Celle-ci possède deux séries de sorties, une pour la partie située au sud de l'autoroute 40 et une pour la partie située au nord. Ces deux parties d'autoroutes ne se touchent pas directement et étaient jadis des routes différentes, d'où l'utilisation de deux points de repère différents.

Naturellement, un prolongement de l'autoroute à l'ouest ou au sud de son début entraînera une modification de l'ensemble des numéros de sorties.

Limites de vitesse[modifier | modifier le code]

La limite de vitesse sur les autoroutes du Québec est faible en comparaison des limites sur les autoroutes européennes. Actuellement, la limite maximale est de 100 km/h et la minimale est de 60 km/h. Dans certaines sections urbaines où le volume du trafic est important, où il y a plusieurs échangeurs, la limite maximale peut être de 90, 80 ou encore de 70 km/h. Par contre, contrairement à certaines autoroutes européennes, la limite de vitesse est toujours la même, beau temps mauvais temps, été comme hiver. Les conditions climatiques particulièrement difficiles de l'hiver expliquent en partie la différence de limite de vitesse avec l'Europe. 100 km/h (ou 60 mph aux États-Unis) était jusqu'aux années 1990 la norme en Amérique du Nord. Depuis quelques années, la limite de vitesse fut augmentée à certains endroits, par exemple au Nouveau-Brunswick où elle est de 110 km/h. Ce sujet entretient de nombreuses discussions, certains rapports proposent d'augmenter la limite de vitesse sur les autoroutes québécoises à 120 km/h puisque la vitesse moyenne des usagers se situe entre 115 et 120 km/h[réf. souhaitée].

Historique[modifier | modifier le code]

Les premières autoroutes québécoises furent construites à la fin du gouvernement du premier ministre Maurice Duplessis. L'autoroute des Laurentides fut la première autoroute à être mise en service en 1959, celle-ci était à péage. La première autoroute gratuite ouvrit en 1960, c'était le Boulevard Métropolitain, section de l'autoroute 40.

Par contre, la construction massive d'autoroutes a été entreprise quelques années plus tard sous l'égide du premier ministre libéral Jean Lesage. À cette époque, le réseau routier québécois et principalement montréalais était sous-développé. Le gouvernement libéral de l'époque a donc lancé de vastes projets de construction d'autoroutes pour pallier la situation et l'obtention de l'Expo 67 donnait un prétexte pour investir massivement dans ce secteur. Après tout, plusieurs visiteurs allaient emprunter les routes québécoises pour assister à cet événement. Ainsi, la construction de l'autoroute Décarie et du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine a été grandement motivée par cet événement d'envergure internationale. L'autoroute des Cantons-de-l'Est ouvrit en 1964 et son « prolongement », l'autoroute 55 (Joseph-Armand-Bombardier), ouvrit en 1967 entre Magog et Rock Island (aujourd'hui Stanstead), reliant ainsi le réseau québécois à l'interstate 91. L'autoroute 15, reliée à l'interstate 87 et l'autoroute 20, section de la route transcanadienne, originellement construite dans les années 1940, sous le nom de route 9, furent transformées en autoroutes. C'est également le gouvernement Lesage qui mit en place le système de numérotation actuel, inspiré du système américain, et qui implanta les boucliers bleu-blanc-rouge, maintenant connus de tous.

L'expansion du réseau québécois se poursuivit au même rythme au début des années 1970. Le réseau routier de la ville de Québec, jusque là peu touché par les constructions autoroutières, fut grandement modifié, entre autres par la construction du pont Pierre-Laporte. À partir du milieu des années 1970 et jusqu'au début des années 1980, la construction d'autoroutes ralentit considérablement, pour être pratiquement arrêtée entre 1985 et 1995. Depuis quelques années, une nouvelle volonté semble présente chez les décideurs pour agrandir le réseau autoroutier. Plusieurs projets ont été mis en branle, le parachèvement des autoroutes 20, 25, 30, 35, 50, 70, 73 le doublement de l'autoroute 55 entre Sherbrooke et Drummondville, la transformation de la route 175, la construction de l'autoroute 85.

L'autoroute des Laurentides, l'autoroute des Cantons-de-l'Est, l'autoroute Félix-Leclerc (section autoroute de la Rive-Nord) et l'autoroute Chomedey étaient des autoroutes à péage jusqu'en 1985 ou 1990 (selon le cas). Le péage routier a été aboli en 1991 lorsque le pont Champlain, propriété du gouvernement fédéral, est devenu gratuit. Cependant, le péage a refait son apparition le 21 mai 2011 sur le nouveau pont de l'autoroute 25, mais sous forme électronique, qui ne nécessite pas d'arrêt. Une forme de péage dite « hybride », c'est-à-dire à la fois à l'ancienne et électronique est utilisée pour la section ouest de l'autoroute 30 dans la région métropolitaine[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article du journal La Presse concernant le péage de l'autoroute 30.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]