Astroturfing

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Le terme astroturfing désigne, aux États-Unis, une technique de propagande utilisée à des fins publicitaires, ou politiques, ou encore dans les campagnes de relations publiques, ayant pour but de donner l'impression d'un comportement spontané ou d'une opinion populaire, alors qu'il n'en est rien. Cette tentative de manipulation fait référence à la pelouse artificielle utilisée dans les stades de marque AstroTurf, car elle consiste à simuler un mouvement citoyen, venu de la base (appelé grassroots movement en anglais américain).

L'astroturfing peut prendre de multiples formes, allant de la simple dissimulation de son appartenance à un parti ou de ses liens financiers avec une société (tout en prétendant apporter un témoignage indépendant), à des formes plus complexes utilisant des logiciels multipliant de fausses identités sur Internet.

Le but de ce type de campagne est faire passer un message en le présentant comme spontané, et en masquant son caractère commandité. Les astroturfers tentent d'orchestrer des actions qui semblent provenir d'individus divers et dispersés géographiquement et utilisent des méthodes de désinformation. L'astroturfing peut être pratiqué par une personne seule selon un agenda préétabli ou par des groupes professionnels organisés, ayant des appuis financiers de grosses entreprises ou d'organisations activistes ou non-lucratives. Très souvent, l‘organisation est gérée par des consultants politiques spécialisés dans la recherche en opposition.

Définition[modifier | modifier le code]

L’Astroturfing est une technique consistant en la simulation d'un mouvement spontané ou populaire à des fins d’ordre politique ou économique pour fabriquer l'opinion. Elle consiste à donner l’impression d'un sentiment majoritaire pour justifier une prise de position.[1]

Exemples[modifier | modifier le code]

En Chine[modifier | modifier le code]

Le 50 Cent Party et l'Internet Water Army sont des groupe créés par le gouvernement chinois pour poster en grande quantité des messages favorables au gouvernement. Leur nom viendrait des 50 centimes de Yuan perçus par ses membres pour chaque message posté. Les effectifs de ces agents s’élèveraient à 300 000 personnes dont la plupart le font pour un complément de revenus.

Aux Etats-Unis[modifier | modifier le code]

L'opération d'espionnage et de guerre psychologique Earnest Voice visant les pays sous influence américaine ont alimentés massivement les forums et les blogs locaux d'opinions pro-américaines pour légitimer la présence de l'Etat.[2][3]

En Russie[modifier | modifier le code]

Les Web-brigades, des hackers volontaires ou des militants fonctionnant en petites cellules coordonnés par le Kremlin attaquent le web dans les intérêts nationaux.

Dans l'Union-Européenne[modifier | modifier le code]

Avant les élections législatives du 25 mai 2014, de vastes budgets de plusieurs millions d'euros sont débloqués dans des "campagnes de communication" sur internet visant à augmenter la participation aux élections.

En Libye[modifier | modifier le code]

L'opération Cyber Dawn en 2011 est un exemple incontournable d'Astroturfing.[4]

En Grande Bretagne[modifier | modifier le code]

Le guide Online Covert Action du GCHQ révélé par Edward Snowden détail des techniques utilisées par les services pour générer l'illusion de l'adhésion notamment sur les réseaux sociaux.[5]

En France[modifier | modifier le code]

En France les techniques d'Astroturfing sont enseignées dans les écoles de sciences politiques[6][7][8] et largement utilisées par les partis politiques dominants pour influencer les résultats électoraux[9]. Notamment en 2011 avec le compte "Twitpop" mis en place par les jeunes de l'UMP ou le compte "toushollande.fr" utilisé par le parti socialiste sur Twitter au cours de la campagne.

En Corée du Sud[modifier | modifier le code]

L'astroturfing aurait été utilisé en décembre 2012 dans le cadre d'une campagne de diffamation visant à écarter un candidat. 24 millions de tweets auraient étés recensés.[10]

Voir aussi[modifier | modifier le code]


  1. « Astroturfing Enjeux pratiques et detection »
  2. (en) Nick Fielding, « Revealed: US spy operation that manipulates social media », The Guardian,‎ 2011, http://www.theguardian.com/technology/2011/mar/17/us-spy-operation-social-networks
  3. « Hacker la démocratie sur internet avec l’astroturfing », sur http://tendactu.fr
  4. « CyberDawn : le dessous des cyber-cartes Libyennes »
  5. (en) « GCHQ’s Cyber Offensive: Online Covert Action »
  6. (en) « Sc po some-09-astroturfing »
  7. (en) « Sc po some-10-crowds »
  8. « Sorbonne Astroturfing »
  9. « L’Astroturfing à l’Elysée, c’est maintenant »
  10. « Le phénomène d’astroturfing ! »