André Léonard

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André-Joseph Léonard
Image illustrative de l'article André Léonard
André-Joseph Léonard
Biographie
Nom de naissance André Léonard
Naissance 6 mai 1940 (74 ans)
à Jambes (Belgique)
Ordination sacerdotale 19 juillet 1964 à Namur (Cathédrale Saint-Aubain)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 14 avril 1991
par le card. Godfried Danneels
Dernier titre ou fonction Archevêque de Malines-Bruxelles
Rôles Primat de Belgique
Archevêque de Malines-Bruxelles
Depuis le 18 janvier 2010
Précédent Godfried Danneels
Évêque de Namur
7 février 1991 – 18 janvier 2010
Précédent Robert-Joseph Mathen Rémy Vancottem Suivant

Signature

Blason
« Maranatha, Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22,20)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

André Léonard, né à Jambes en Belgique le 6 mai 1940, est un prêtre catholique, théologien et professeur de philosophie à l'université de Louvain. Nommé évêque de Namur en 1991 il adopte le nom d’André-Mutien. Choisi le 27 février 2010 comme archevêque de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles[1] il devient, de par ce titre, primat de Belgique, et se fait appeler André-Joseph, saint Joseph étant le saint protecteur de la Belgique.

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille catholique pratiquante, originaire du Tournaisis. Il est le dernier de quatre fils, tous devenus prêtres. Son père décède au front alors qu'il est dans la prime enfance.

Il entre au séminaire Léon XIII à Louvain, et y obtient une licence en philosophie. Envoyé à Rome, il est licencié en théologie au collège belge. Il est ordonné prêtre pour le diocèse de Namur le 19 juillet 1964[2].

Il retourne à Louvain et y obtient le grade de maître-agrégé en philosophie, pour une thèse intitulée « Commentaire littéral de la Logique de Hegel ».

Carrière universitaire et travaux en philosophie et théologie[modifier | modifier le code]

À l'Université catholique de Louvain, il est d'abord chargé de cours puis, à partir de 1976, professeur ordinaire de philosophie à l'Institut supérieur de philosophie de l'Université de Louvain. En juillet 1978, tout en continuant sa tâche à l'université, il est nommé président du séminaire Saint-Paul.

Il poursuit son œuvre de philosophe et de théologien. En 1987, il est nommé membre de la Commission théologique internationale, organe consultatif de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

André Léonard publie de nombreux ouvrages de théologie ou de philosophie, et poursuit ces publications après son accession au siège épiscopal de Namur. Elles représentent une des facettes de son action pastorale, par laquelle il cherche à exposer la doctrine catholique sur des thèmes réputés difficiles, en en gardant apparent le fondement biblique. Ainsi, dans son ouvrage La mort et l'au-delà, paru en 2005, le prélat évoque les questions eschatologiques. Il rappelle que la mort ne fait pas partie du plan originel de Dieu. Il se montre défavorable à la thèse des limbes et rejette « la doctrine saugrenue de quelques théologiens récents selon lesquels [...] nous ressusciterions au moment même de notre mort »[3].

Évêque de Namur[modifier | modifier le code]

Jean-Paul II le nomme au siège de Namur en succession de Robert-Joseph Mathen en février 1991. Il est sacré évêque et installé en son diocèse le 14 avril par le cardinal Danneels. Il adjoint alors à son prénom celui de Mutien en référence à saint Mutien Marie de Malonne, canonisé en 1989[4]. Du 21 au 27 février 1999, il prêche la retraite de carême pour le pape Jean-Paul II et la Curie romaine[5].

Sur le plan doctrinal, il se veut dans la continuité du concile Vatican II et du pontificat du pape Jean-Paul II dont il estime que l'héritage « n'est pas derrière nous, mais devant nous, comme un programme »[6]. Il est proche de la ligne doctrinale et philosophique de Benoît XVI. Il a par exemple reçu le motu proprio Summorum Pontificum de ce dernier sur l'usage de la messe tridentine avec enthousiasme[7].

L'évêque de Namur a été condamné le 27 avril 2007 par le tribunal civil de Namur à payer au docteur Philippe Caspar la somme de 121 868 euros. Le médecin avait rédigé en 2004 divers rapports sollicités par André Léonard, sans toutefois jamais avoir été rémunéré[8].

Soucieux de la formation des prêtres, André Léonard est professeur de philosophie au séminaire de Namur depuis 1991. Il y enseigne la philosophie morale. Sous son impulsion, ce séminaire devient le plus important de Belgique : au moment de son départ du diocèse, on y trouve 35 des 71 séminaristes belges[7]. Il prend part aux initiatives pour demander la régularisation des sans-papiers ; il en a notamment accueilli dans son palais épiscopal[9].

Le 20 février 2010, André Léonard fait ses adieux au diocèse de Namur par une célébration d'action de grâce célébrée en la cathédrale Saint-Aubain de Namur en présence de monseigneur Berloco, nonce apostolique en Belgique. Le lendemain, il célèbre sa dernière cérémonie à la cathédrale, par l'appel décisif des catéchumènes.

Archevêque de Malines-Bruxelles[modifier | modifier le code]

André Léonard lors du Tour de Saint Barthélemy à Bousval. août 2011.
André-Joseph Léonard rend visite à la paroisse Terbank Heverlee. Février 2012.

Le 18 janvier 2010, il est nommé archevêque de Malines-Bruxelles en remplacement du cardinal Godfried Danneels qui se retire ayant atteint la limite d'âge. Cette nomination fait de lui un candidat probable à la barrette de cardinal notamment depuis 2013 quand son prédécesseur a atteint 80 ans. L'installation sur la cathèdre de la cathédrale Saint-Rombaut de Malines a eu lieu le 27 février suivant.

Il conserve son blason épiscopal sur lequel on retrouve le pont de Jambes et un cor de chasse symbole des forêts des Ardennes luxembourgeoises.

Il abandonne en revanche le prénom de Mutien choisissant comme primat de Belgique le prénom de Joseph, saint patron de la Belgique[4]

Le jour même, le parti socialiste belge lui adresse en guise de bienvenue une rude mise en garde, l'enjoignant de témoigner « tolérance et respect des droits fondamentaux de chacun » et de « respecte[r] les décisions démocratiques prises par les institutions de notre pays » [10]. La vice-Première ministre Laurette Onkelinx ajoute que, pour elle, le nouveau primat « pourrait bien remettre en cause le compromis belge »[11].

Le 27 février 2010, au moment où il prend sa charge d'archevêque, il est également nommé évêque aux armées belges.

Le 29 juin 2010 en la fête des saints apôtres Pierre et Paul, il reçoit des mains de Benoît XVI, le pallium d'archevêque en même temps que 37 nouveaux archevêques du monde entier qui ont été nommés depuis un an.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Sa position quant à la place de la sexualité dans la vie humaine est en conformité avec la doctrine de l'Église catholique, basée à la fois sur la tradition et sur la Bible. Cette dernière condamne en effet explicitement le comportement homosexuel (voir les versets Lévitique 18.22 et 20.13, épître aux Romains 1.27, et première épître à Timothée 1.10). Dans un livre d'entretiens que lui consacre Louis Mathoux publié en août 2006, il déclare: « Je comprends que, dans certains milieux, on se montre prudent quant à l'engagement de personnes homosexuelles pour des missions éducatives concernant des jeunes. » En avril 2007 lors d'un entretien à l'hebdomadaire belge Télémoustique, il évoque l'anormalité de l'homosexualité provenant « d'un blocage rencontré au cours du développement psychologique normal » [12],[13].

Le 4 avril 2007, il précise dans un communiqué qu’il ne pensait pas avoir utilisé le terme « anormal » pour qualifier un homosexuel mais le comportement homosexuel. Le lendemain, dans un nouveau communiqué, il souligne qu'il distinguait le comportement et la personne. Confronté aux dénégations de André Léonard, le journaliste de Télémoustique diffuse la bande-son où l’on entend l’évêque parler d’anormalité. Cet enregistrement « confirme heureusement ma position », indique André Léonard, et « Transcrire cela en disant que j’ai déclaré que les homosexuels étaient anormaux est un grave abus de langage »[14]. Par la suite, Godfried Danneels a estimé qu'en différenciant le comportement homosexuel de la personne, André Léonard ne fait que suivre la doctrine de l'Église[15].

Suite à la publication de cet article, l'association de défense des homosexuels "Tels Quels" a déposé plainte pour incitation à la discrimination. La Chambre du Conseil a prononcé un non-lieu dans cette affaire, estimant que, si ces propos peuvent apparaître blessants pour la communauté homosexuelle, ils ne sont pas une incitation à la discrimination au sens de la loi belge[16].

Le 23 avril 2013, alors qu'il donne une conférence à l'Université libre de Bruxelles, Mgr Léonard est agressé par quatre membres des Femen qui l'aspergent d'eau en criant des slogans tels que « Stop Homophobia » et « Léonard y’en a marre ». L'évêque reste impassible durant l'attaque et garde une attitude de prière[17]. Le 11 octobre il s'est de nouveau fait entarter lors d'une rencontre européenne avec Christine Boutin et de jeunes actifs catholiques[18].

Sida[modifier | modifier le code]

Dans un ouvrage d'entretiens avec Louis Mathoux paru en 2006[19], interrogé sur la possibilité de voir dans le sida une forme de punition divine, André Léonard répond :

« Pour ma part, je ne raisonnerais pas du tout en ces termes. Tout au plus je verrais cette épidémie une sorte de justice immanente, pas du tout une punition, un peu comme, sur le plan écologique, quand on malmène l'environnement, il finit par nous malmener à son tour. Et quand on malmène l'amour humain, peut-être finit-il par se venger, sans qu'il faille y faire intervenir une cause transcendante[20]. »

Dans des articles destinés à illustrer le « conservatisme extrême » d'André Léonard, le quotidien belge Le Soir reprendra plusieurs fois l'expression de « justice immanente » employée par le prélat en 2007, puis lors de son accession au siège de Malines-Bruxelles[21],[22]. L'expression fait à nouveau polémique en octobre 2010 à l'occasion de la traduction de ce livre d'entretiens en néerlandais, provoquant de nombreuses réactions en Belgique[23].

Suite aux prises de position heurtant entre autres les victimes des prêtres abuseurs, les malades du sida, les femmes et les homosexuels, plusieurs organisations catholiques belges se sont distanciées de André Léonard et son porte-parole, Jürgen Mettepenningen, a démissionné le 31 octobre de 2010, en raison d'une lettre de mise au point publiée peu avant par le primat de Belgique[24]. Il a comparé André Léonard avec un conducteur fantôme, qui croit que tous les autres ont tort[25].

Université catholique de Louvain[modifier | modifier le code]

En 2010, une pétition demandant à Léonard de quitter son poste de Grand Chancelier de l’Université catholique de Louvain a été signée par 305 académiques et assimilés, membres des personnels scientifiques et administratifs (soit 5,6 % des 1372 académiques, 2044 scientifiques et 2001 administratifs) en vue d’une plus grande autonomie du Conseil rectoral par rapport à la hiérarchie catholique. Ce pourcentage très faible a été considérée comme un « flop » par « les supporters d'André Léonard ». La démarche ne visait par ailleurs « nullement à s’opposer aux visions parfois très personnelles de l’archevêque de Malines-Bruxelles »[26].

Questions économiques et sociales[modifier | modifier le code]

André Léonard s'exprime également régulièrement sur les questions économiques et sociales. Ainsi lors de la fête de Noël 2011, il indique sympathiser « volontiers avec les "Indignés" qui, en plusieurs endroits du monde, protestent contre les méfaits du néolibéralisme qui déferle actuellement sur la planète, engendrant chômage, exclusion, pauvreté matérielle et spirituelle, parce que l'économie de profit est idolâtrée au détriment des plus vulnérables ». Attribuant la responsabilité de la crise financière à « la recherche effrénée du rendement immédiat », il souligne que ce sont les plus faibles qui lui payent le plus lourd tribut. Il plaide pour une « économie de communion » inspirée des modèles occidentaux de protection sociale et l'apparition d'une autorité politique mondiale[27].

Œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • Commentaire littéral de la Logique de Hegel, Louvain, Éditions de l'Institut supérieur de philosophie, 1974
  • Pensées des Hommes et Foi en Jésus-Christ. Pour un discernement intellectuel chrétien, Paris, 1980, prix 1980 des « Scriptores christiani » 1980
  • Les raisons de croire, Éditions Communio Fayard, 1987
  • Foi et philosophies. Guide pour un discernement chrétien, Bruxelles, Ed. Lessius, 1991, 314p.
  • Le fondement de la morale: Essai d'éthique philosophique, Paris, Les Éditions du Cerf, 1991, 383p.
  • L'Église vous aime. Un chemin d'espérance pour les séparés, divorcés, remariés[28], Paris, Éd. de l'Emmanuel, 1996, 152p.
  • Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, Paris, Ed. de l’Emmanuel, 1997
  • Père, que ton règne vienne, Paris, Ed. de l’Emmanuel, 1998
  • Dieu exauce-t-il nos prières?, Paris, Éd. de l'Emmanuel, 2003, 79 p.
  • La mort et son au-delà , Paris, Presses de la Renaissance, 2004, 221 p.
  • Pastorale et catéchèse des sacrements. Impasses et perspectives, Québec, A. Sigier, 2005, 77p.
  • Métaphysique de l’être. Essai de philosophie fondamentale, Paris, Les Éditions du Cerf, 2006, 448 p.
  • Les raisons d'espérer : Court traité théologique, suivi de Voyage d'hiver, Presses de la Renaissance, 2008, 283p.
  • Ton corps pour aimer : La morale sexuelle expliquée aux jeunes, Edifa-Mame, 2009, 121p.
  • Agir en chrétien : Dans sa vie et dans le monde, Namur, Fidélité, 2011, 118p. ISBN 9782873565091.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annonce sur le site de La Croix
  2. Sa fiche sur catholic-hierarchy.org
  3. Analyse de l'ouvrage par Pierre Jay, Esprit et Vie n°148 - avril 2006 - 2e quinzaine, p. 22
  4. a et b Explication du choix de ses prénoms sur son propre site
  5. Voir cette interview d'André Léonard : L'héritage de Jean-Paul II est devant nous, et l'adresse finale du pape (en anglais)
  6. L'héritage de Jean-Paul II est devant nous
  7. a et b (en) Après Danneels, Muscle for Brussels
  8. Monseigneur Léonard condamné à payer 121 868 €
  9. Actions rappelées dans ce communiqué de la communauté Sant'Egidio
  10. Le PS appelle Monseigneur Léonard à la tolérance et au respect des droits
  11. Laurette Onkelinx Bouillante
  12. Article du Soir du 5 avril 2007, « Les homos sont anormaux », dit André Léonard
  13. Julien Bosseler, « Monseigneur Léonard. « Dans quelques années, je risquerai la prison ». »,Télé Moustique, 4 avril 2007, pp. 4-10. Voir l'article en ligne.
  14. Dépêche Belga Mgr Léonard revient sur ses propos
  15. Le cardinal Danneels reste muet
  16. Les propos de Mgr Léonard n’étaient pas homophobes
  17. Didier Zacharie, « André Léonard chahuté par des Femen seins nus à l’ULB », sur http://www.lesoir.be, Le Soir,‎ 23 avril 2013 (consulté le 24 avril 2013).
  18. Marine Soreau, « Belgique : Mgr Léonard « entarté » », sur http://www.aleteia.org, Aleteia,‎ 14 octobre 2013
  19. Le sida n'est pas une punition de Dieu, explique A.J. Léonard, article de ZENIT.
  20. Monseigneur Léonard - Entretiens avec Louis Mathoux, Ed. Mols, Bierges, 2006, p. 243
  21. L'évêque de Namur provoque un tollé, Le Soir, 05/04/07.
  22. Mgr Léonard succède à Godfried Danneels, Le Soir, 18/01/10.
  23. Le sida ? « une sorte de justice immanente », Libération, 15/10/2010.
  24. La lettre qui sème le trouble au sein de l'Église Le Soir en ligne, 3 novembre 2010
  25. « Mgr Léonard s'est parfois comporté comme un chauffeur roulant à contresens » Le Soir en ligne, 2 novembre 2010
  26. Un appel pour l’autonomie de l’UCL, La Libre Belgique en ligne, 13 novembre 2010
  27. Mgr Léonard souligne les méfaits du néolibéralisme dans son homélie, La Libre Belgique, 25 décembre 2011
  28. L'Église vous aime - sur Librairie Catholique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Omer Marchal, Mgr Léonard, un évêque de plein air, Omer Marchal Éditeur, 1994.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]