Amadis de Gaule

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Amadis de Gaule
Image illustrative de l'article Amadis de Gaule
édition espagnole de 1533

Auteur Garci Rodríguez de Montalvo
Genre roman de chevalerie
Version originale
Titre original Amadís de Gaula
Langue originale espagnol
Pays d'origine Espagne
Date de parution originale 1508
Version française
Traducteur Nicolas Herberay des Essarts
Lieu de parution Paris
Éditeur Denis Janot, Vincent Sertenas et Jehan Longis
Date de parution 1540

Amadis de Gaule (Amadís de Gaula) est un roman de chevalerie espagnol écrit et publié en 1508 par Garci Rodríguez de Montalvo. Il fut traduit en français par Nicolas Herberay des Essarts, traduction publiée pour la première fois par Denis Janot, Vincent Sertenas et Jehan Longis en 1540 à Paris.

Contenu[modifier | modifier le code]

Le héros en est Amadis, dit le Chevalier du Lion ou le Beau Brun, le Beau ténébreux (espagnol : Beltenebros). Ce héros de chevalerie était fils de Périon, roi fabuleux de France. C'est le type des amants constants et respectueux aussi bien que du chevalier errant. Amadis accompagné de son frère Galaor et protégé par l'enchanteur Alquif et la fée Urgande doit affronter des épreuves innombrables afin de conquérir la belle Oriane[1].

Amadis joue en Espagne un rôle analogue à celui du roi Arthur en Angleterre et de Charlemagne en France. Les aventures de ce prince n'ont rien d'historique, d'ailleurs on ne sait même pas précisément à quelle époque les rapporter.

Le roman d'Amadis fut composé vers le XVe siècle par divers auteurs ; il est en prose et comprend 24 livres, dont les 13 premiers sont en espagnol et les autres en français. Les quatre premiers livres traitent de Amadis de Gaule seul, les suivants racontent les exploits de son fils Florisando et de plusieurs autres Amadis, Amadis de Grèce, Amadis de l'Étoile, Amadis de Trébizonde, etc., tous issus du premier.

Origines[modifier | modifier le code]

Les deux premiers traducteurs français d’Amadis, Nicolas Herberay des Essarts (XVIe siècle) et Louis-Élisabeth de La Vergne de Tressan (XVIIIe siècle), prétendent que les livres espagnols dont ils ont fait la traduction sont en fait inspirés d'une œuvre originale française. Des Essarts prétend même avoir « trouvé encores [sic] quelque reste d'un vieil livre escrit à la main en langage picard, sur lequel j'estime que les Espagnols ont fait leur traduction, non pas du tout suivant le vray original [...] »[2]. Tressan pose l'hypothèse que le manuscrit dont fait mention des Essarts était plutôt probablement un manuscrit en langue romane du XIIe siècle, s'appuyant sur la ressemblance formelle entre cette langue et le picard et sur le fait que les autres grands romans français de chevalerie datent de cette époque. À son avis, en outre, seuls les trois premiers livres seraient français, compte tenu du style et du contenu résolument différents du reste de l'œuvre[3]. Dans la préface de sa version versifiée d’Amadis (1813), Auguste Creuzé de Lesser n'ose trancher la question de savoir si l'œuvre était ou non française à l'origine[4].

D'autres sources attribuent plutôt l'invention du personnage à Vasco de Lobeira (en) ou à João Lobeira, troubadours portugais respectivement du XIVe siècle et du XIIIe siècle.

Influence de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, les romans de chevalerie, qui racontent des histoires appartenant à un Moyen Âge mythique, connaissent une grande vogue. Amadis de Gaule est de loin le plus populaire : « Amadis, déjà si cher à l'Espagne, eut dans toute l'Europe un succès si prodigieux et si soutenu qu'on s'étonne ou qu'il l'ait eu ou qu'il ne l'ait pas conservé[4] ». Selon Cervantes, Amadis « a servi de modèle à tous les autres »[5]. Il fut la lecture favorite de rois et d'empereurs, notamment Charles Quint et François Ier[6], qu'on surnomme d'ailleurs « le roi-chevalier ». On l'appelait même « la Bible du Roy » sous Henri IV[7]. Il nourrissait l'imagination et les ardeurs des conquistadors espagnols. Bernal Díaz del Castillo décrit ainsi, dans son Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne, son arrivée devant Mexico : « Nous restâmes émerveillés et disions que tout cela rappelait les faits enchanteurs qui sont racontés dans le livre d’Amadis[8]. »

L' Amadis est traduit dans de nombreuses langues. Il est aussi adapté: ainsi Bernardo Tasso, en 1560, en publie une adaptation en vers, inspirée de la forme du Roland Furieux de l'Arioste et intitulée l' Amadigi.

C'est en réaction à ce phénomène que Cervantes écrit Don Quichotte, qui a principalement pour objet de ridiculiser les chimères issues de cet engouement. En effet, le héros de Cervantes, étourdi par la perfection d'Amadis qu'il prend pour modèle, ne peut se rendre compte de ses affabulations dans le monde réel et contemporain[9].

Oriane, amante d'Amadis, donnera son nom à Oriane de Guermantes, un des personnages principaux d'À la recherche du temps perdu.

Publications[modifier | modifier le code]

Les quatre premiers livres du roman sont regardés comme un chef-d'œuvre par Cervantes.

Principales publications[modifier | modifier le code]

Les quatre premiers livres ont été :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Opéras[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs versions lyriques d'Amadis :

David Kimbell a comparé en détail les différences de traitement du récit entre les œuvres de Haendel et de Destouches[11].

Discographie[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Amadis de Gaule » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • La Scène, « Haendel, Le concerto italiano » par Edouard Bailly (18/07/2004)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Lever, Romanciers du Grand Siècle, Fayard 1996, p. 42
  2. Cité par Auguste Creuzé de Lesser dans la préface d’Amadis de Gaule, Poëme [sic], faisant suite à la table ronde, publié chez Delaunay libraire, 1813, p. vii (http://books.google.es/books?id=_9A5AAAAcAAJ&dq=auguste%20creuz%C3%A9%20de%20lesser&hl=fr&pg=PR9#v=onepage&q&f=false%7C).
  3. Ibid., p. viii
  4. a et b Auguste Creuzé de Lesser, préface d’Amadis de Gaule, ibid., p. ix.
  5. Cité par Auguste Creuzé de Lesser dans la préface d’Amadis de Gaule, ibid., p. vi. Il est établi entre autres qu'Amadis a servi de modèle à une autre geste chevaleresque du XVIe siècle, le Palmerin d'Angleterre du Portugais Francisco de Moraes (en).
  6. http://www.abebooks.fr/Amadis-Gaule-liv-1-5-Rodriguez/6135349521/bd .
  7. http://sitelully.free.fr/amadis.htm
  8. Cité dans Dulphy, Anne, Histoire de l'Espagne, Hatier, 1992, p. 165 (Bernal Diaz del Castillo, Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne, Tard. José-Maria de Hérédia, Ed. Rencontre, Lausanne, 1962, page 37.)
  9. Dans le cadre d'une analyse girardienne, on se trouve ici face à l'illustration typique d'une médiation externe (imitation d'un modèle inaccessible).
  10. Catalogue complet des œuvres de Lully
  11. (en) David R.B. Kimbell, « The Amadis Operas of Destouches and Handel » dans Music & Letters, vol.49, no 4 (octobre 1968), pp. 329–346.