Alice Hoschedé

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Alice Hoschedé

Nom de naissance Angélique Émilie Alice Raingo[1]
Naissance
Paris
Décès (à 67 ans)
Giverny
Activités Modèle
Maîtres Claude Monet
Femme à l'ombrelle, tournée vers la droite : Portrait de Suzanne Hoschedé, fille d'Alice Hoschedé (1886)[2].

Alice Hoschedé Monet (Paris, - Giverny, ), née Alice Raingo, devient le 16 avril 1863 la femme d'Ernest Hoschedé[3], collectionneur et ami de Claude Monet.

Suite à la mort d'Ernest Hoschedé, elle épouse en secondes noces Claude Monet, le 16 juillet 1892, après avoir été sa maîtresse avant même la mort de sa première épouse, Camille Doncieux, qu'elle soigne à la fin de sa vie. On connaît d'elle des portraits par Carolus Duran et Claude Monet. Plusieurs des enfants qu'elle a avec Ernest Hoschedé apparaissent dans des toiles de Monet ou Édouard Manet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Selon Michael Legrand, qui fait appel à des sources généalogiques, elle naît à Paris le 19 février 1844, sous le nom d'Angélique Émilie Alice Raingo, fille de Denis Lucien Alphonse Raingo et de son épouse Jeanne Coralie Boulade[3].

Elle a six enfants d'Ernest Hoschedé, deux fils et quatre filles. La plus notoire est Blanche Hoschedé, peinte par Claude Monet à plusieurs reprises, tout comme sa sœur Suzanne[4], et qui fait montre elle-même d'un certain talent pour la peinture[5].

En 1876, Ernest Hoschedé charge Monet de peindre des panneaux pour son salon au château de Rottembourg[6], à Montgeron[7], près de Paris. Ernest Hoschedé fait faillite en 1877[8]. Au cours de l'été 1878, Alice et ses enfants déménagent pour aller habiter une maison à Vétheuil, avec Claude Monet et la première femme du peintre, Camille Doncieux, et les deux fils qu'ils ont eus, Jean et Michel. Même si on a dit qu'Ernest Hoschedé vient également habiter avec eux, il passe en réalité la plus grande partie de son temps à Paris.

La liaison entre Claude Monet et Alice Hoschedé commence sans doute dès 1875[9], ou selon d'autres sources, lors de l'été 1876[7]. Après la mort de Camille Doncieux en 1879 (qu'Alice soigne pendant sa maladie, après la naissance de son second fils), Monet et Alice (avec l'ensemble de leurs huit enfants), continuent à vivre ensemble à Poissy tout d'abord (où ils vont habiter à partir de 1881[10]), puis à Giverny, à partir de 1883[7].

Ernest Hoschedé meurt en 1891, et Alice épouse Monet le 16 juillet 1892[11].

Elle meurt d'une leucémie à Giverny, dans l'Eure, le 19 mai 1911[12],[3]. Les enfants qu'elle a eus d'Ernest Hoschedé sont : Jacques, Blanche (qui épousera Jean, le fils de Claude Monet), Germaine, Suzanne, Marthe et Jean-Pierre[13]. Il est possible que Jean-Pierre soit en réalité le fils de Monet lui-même[7].

Place auprès de Claude Monet[modifier | modifier le code]

Très tôt, sans souci du scandale, Claude Monet l'installe auprès de lui avec tous ses enfants, alors que sa propre femme, Camille Doncieux, vit toujours, et que le mari d'Alice Hoschedé est lui aussi bien vivant, même si les deux époux sont séparés de facto.

Il reproduit cependant avec elle le comportement qu'il a eu avec Camille Doncieux, en s'éloignant longuement d'elle pour peindre à loisir, en lui laissant la garde de la maisonnée et des huit enfants. Il quitte ainsi Poissy de mi-février à mi-avril 1882, pour aller peindre à Dieppe, puis à Pourville, en Normandie[14].

Cependant, le 12 février 1883, Claude Monet écrit ainsi à Alice Hoschedé : « Pensez bien que je vous aime et qu'il me serait impossible de vivre sans vous. » Et, lorsque Ernest Hoschedé profite d'une des absences de l'artiste pour venir voir sa femme à Poissy le 19 février 1883, jour de son trente-neuvième anniversaire[15], Claude Monet réagit aussitôt en écrivant à Alice Hoschedé

« Je sens bien que je vous aime plus que vous ne supposez, plus que je ne croyais même. Vous ne pouvez savoir ce que je souffre depuis dimanche matin, dans quelle anxiété j'étais d'avoir de vos nouvelles : vous pouvez juger de mon état quand, ce matin, j'ai reçu vos quatre lignes qui m'en disent plus que quatre pages détaillées[16]. »

Les absences répétées de Monet compromettent cependant leur relation, qui ne sera sauvée que par le retour de l'artiste[16].

Modèle de Claude Monet et de Carolus Duran[modifier | modifier le code]

Édouard Manet, Garçon parmi les fleurs, portrait de Jacques Hoschedé (1876).

Alice Hoschedé pose pour son mari, Claude Monet ; on connait en particulier le tableau d'elle intitulé Alice Hoschedé au jardin[17]. Le peintre Carolus Duran a également fait son portrait[18].

Outre elle-même, ses filles Blanche et Suzanne posent pour Claude Monet à plusieurs reprises, l'une et l'autre. Quant à Jacques, le fils aîné d'Ernest et Alice Hoschedé, il existe de lui un portrait peint par Édouard Manet, alors qu'il était tout enfant, Garçon dans les fleurs, de 1876[19].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris, V3E/N 1895
  2. (fr) Fiche de la toile sur catalogue du Musée d'Orsay
  3. a, b et c (fr) Généalogie de Michael Legrand, sur gw.geneanet.org (consulté le 8 février 2010)
  4. (fr) Portrait de jeunesse de Blanche Hoschedé, sur givernews.com (consulté le 8 février 2010)
  5. (fr) Suzanne et Blanche Hoschedé, sur givernews.com (consulté le 8 février 2010)
  6. Roe, Sue, The private lives of the impressionists, p. 157, Harper Collins Publishers, New York, 2006, (ISBN 0-06-054558-5 et 978-0-06-054558-1)
  7. a, b, c et d Terry W. Strieter 1999, p. 103
  8. (en) Heinrich, Christopher, Monet, Taschen, 2000.
  9. Jill Berk Jiminez, Joanna Banham 2001, p. 165
  10. (fr) Blanche Hoschedé-Monet Biographie, sur artnet.fr (consulté le 8 février 2010)
  11. (en) The Monet You Don't Know New York Sun, 28 avril 2007
  12. (en) « Biographie de Claude Monet, », sur giverny.org
  13. (en) « Caroline Holmes, Monet at Giverny, Sterling Publishing, 2003 », sur books.google.com
  14. Claude Monet 2002, p. 57
  15. Claude Monet 2002, p. 59
  16. a et b Claude Monet 2002, p. 60
  17. (fr) Alice Hoschedé au jardin, sur wahooart.com (consulté le 8 février 2010)
  18. (en) Portrait de Madame Alice Hoschedé, par Carolus Duran, sur jssgallery.org (consulté le 8 février 2010)
  19. (fr) Édouard Manet, Garçon dans les fleurs (Jacques Hoschedé), sur collection.nmwa.go.jp (consulté le 8 février 2010)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jill Berk Jiminez, Joanna Banham, Dictionary of artists' models, Taylor & Francis,‎ 2001 (lire en ligne), « Camille Doncieux »
  • Terry W. Strieter, Nineteenth-century European art: a topical dictionary, Greenwood Publishing Group,‎ 1999 (lire en ligne), « Hoschedé, Mme. Alice », pages 103-104
  • Dominique Lobstein, Défense et illustration de l'Impressionnisme: Ernest Hoschedé (1837-1891) et son "brelan de salons" (1890), Echelle de Jacob Editions,‎ 2008 (ISBN 978-2-913224-76-6, lire en ligne)