Émetteur d'Allouis

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Émetteur d'Allouis
Sur le bord de la route nationale 76, un des pylônes de 350 m de l'émetteur d'Allouis.
Sur le bord de la route nationale 76, un des pylônes de 350 m de l'émetteur d'Allouis.
Présentation
Type émetteur de radiodiffusion
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localité Allouis, Cher
Localisation
Coordonnées 47° 10′ 10″ N 2° 12′ 16″ E / 47.169444, 2.20444447° 10′ 10″ Nord 2° 12′ 16″ Est / 47.169444, 2.204444  

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Émetteur d'Allouis

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Émetteur d'Allouis

L'émetteur d'Allouis est un émetteur de radiodiffusion situé dans la commune d'Allouis, dans le département du Cher, en France, qui diffuse les programmes de France Inter en grandes ondes (1 852 mètres, 162 kHz). Il est composé de deux pylônes de 350 mètres de haut qui font partie des plus hautes structures existant actuellement dans le pays depuis le démantèlement de l'émetteur Oméga de Chabrier, à La Réunion. L'indication du village d'Allouis pendant plusieurs décennies sur les postes de radio a fait la réputation de cette localité dans l'Europe entière. Le centre émetteur d'Allouis est géré par la société Télédiffusion de France (TDF), première société européenne de télédiffusion. La puissance de l'émetteur d'Allouis lui permet d'assurer une couverture de tout le territoire national et au-delà, même dans des enceintes confinées[1]. Cette capacité lui confère un caractère stratégique. En outre en cas de catastrophe, il est l'émetteur officiel pour obtenir des informations, avec le réseau France Bleu et les stations locales de RFO[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'émetteur d'Allouis est entré en service en septembre 1938 (inauguré en octobre 1939) en tant qu'émetteur central des grandes ondes en France. Il était alors composé d'une antenne de quatre mâts de 250 m et de deux émetteurs de 450 kW. Dès sa mise en service, l'émetteur diffuse le poste national Radio-Paris. L'émetteur de Saint-Rémy-l'Honoré, situé dans la région parisienne et qui diffusait cette radio précédemment restant comme site de secours[3].

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'émetteur, situé en zone Nord, fut utilisé par les Allemands pour diffuser leurs émissions, mais aussi pour brouiller les émissions de Radio-Londres[4]. Deux parachutistes du BCRA détruisirent l'antenne dans la nuit du 9 au 10 mai 1942[5].

Les Allemands le dynamitèrent lors de leur retrait, le 17 août 1944. Le centre émetteur ayant été totalement détruit, sa reconstruction dura huit ans[3],[6].

L'émetteur fut reconstruit, notamment par la société Joseph Paris de Nantes pour le pylône[3], et mis en service par la Société française de radioélectricité, le 19 octobre 1952[3],[7], avec un nouvel émetteur d'une puissance de 250 kW et une antenne d'une hauteur de 308 m[3],[7].

La puissance d'émission fut portée, en 1957, à 500 kW par la mise en service d'un deuxième émetteur de 250 kW, puis à 1 100 kW par celle d'un troisième émetteur de 600 kW (le 1er juillet 1967)[3].

Un deuxième mât de 350 m fut mis en service le 15 novembre 1973. Le premier pylône fut rehaussé à 350 m (chaque pylône pèse 600 tonnes) et la puissance fut portée à 2 000 kW en 1974 (réduite à 1 000 kW la nuit)[3].

Les deux anciens émetteurs de 250 kW furent remplacés par un seul de 1 000 kW, de conception plus moderne, inauguré le 2 avril 1981 ; l'émetteur de 600 kW restant en réserve[3].

Dans les années 1970, il fut un temps envisagé d'installer un centre émetteur secondaire à Lury-sur-Arnon, pour assurer la diffusion nocturne de France Inter, ce qui aurait permis à Allouis d'assurer une maintenance plus tranquille. Ce projet très coûteux a été abandonné.

Entre 1939 et 1997, le centre d'émission d'Allouis était aussi utilisé pour la diffusion radiophonique en ondes courtes. Les antennes ont été démontées après la réalisation du programme ALLISS à Saint-Aoustrille près d'Issoudun. Au plus fort de cette activité, le centre ondes courtes disposait de quatre émetteurs de 100 kW et d'un émetteur de 4 kW. La zone d'émission s'étendait essentiellement sur l'Europe occidentale et orientale, ainsi que l'Afrique du Nord[3].

Technique[modifier | modifier le code]

Vue du centre émetteur de France Inter en grandes ondes et des deux pylônes de 350 mètres

Émetteur de radiodiffusion[modifier | modifier le code]

Allouis émet en permanence en ondes longues (grandes ondes) sur une longueur d'onde de 1 852 mètres (162 kHz) avec une puissance de 2 000 kW (réduite à 1 000 kW la nuit) (de 17 h à h en horaire d'hiver, de 19 h à h en horaire d'été)[3], sauf lors des coupures de maintenance de h 5 à h 58 tous les mardis[8]. La radiodiffusion est transmise en modulation d'amplitude (AM). Le signal provient de Paris par ligne téléphonique spéciale. Une ligne de secours vient également d'Issoudun où le signal de France Inter arrive par le réseau national des faisceaux hertziens de TDF.

L'amplification de puissance était assurée jusqu'au début des années 2000 par des tubes électroniques de puissance refroidis à l'eau selon les procédés supervapotron (refroidissement par vaporisation d'eau) et hypervapotron (refroidissement par un fort débit d'eau restant à l'état liquide)[3].

La maintenance étant assez lourde, nécessitant l'arrêt de l'émetteur pendant quelques heures, généralement la nuit, pour remplacement éventuel de composants, cette partie de l'émetteur a été modernisée en 2002. Les blocs émetteurs à tubes ont été remplacés par de nouveaux équipements de Thales Broadcast Multimédia, utilisant une technologie de radiodiffusion entièrement transistorisée (modules de puissance à semi-conducteurs, étages finaux à MOSFET[9]). Il s'agit des blocs S7HP (« family of high-power, DRM-ready, long and medium-wave solid-state transmitters »)[10] offrant au moins la même puissance de diffusion[11]. La maintenance est réduite, et la puissance de l'émetteur pourrait alors en théorie, avec la même alimentation électrique, dépasser celle de l'émetteur de Taldom de 2 500 kW — le plus puissant émetteur grandes ondes du monde — et atteindre 3 000 kW.

Signaux horaires[modifier | modifier le code]

Allouis a aussi une vocation scientifique et légale. Depuis 1977, l'émetteur d'Allouis est également utilisé pour la transmission de signaux horaires à partir d'une horloge atomique[1],[12] installée dans le bâtiment principal. Elle prend moins d'une seconde d'erreur en un million d'années[1]. Les signaux horaires sont émis en modulation de phase. Leur format de transmission est proche de celui du DCF77[3].

Les signaux horaires permettent d'accéder à l'heure légale française et de synchroniser des horloges[1],[13]. Des modules de réception sont commercialisés dans ce but. Le financement et la maintenance du système sont assurés depuis 2004 par la Chambre française de l’horlogerie et des microtechniques (CFHM)[13]. Ces signaux horaires sont ainsi largement utilisés dans des secteurs clés de l'industrie exigeant une fiabilité de synchronisation : production et distribution d'électricité, transports aériens, ferroviaires, routiers, gestion d'éclairage public, etc.[1]

Le contrat de diffusion entre Radio France et TDF court jusqu'en 2018. Il est périodiquement reconduit comme de nombreux contrats de même nature.

Perturbations[modifier | modifier le code]

Dans la région et notamment dans les communes de Mehun-sur-Yèvre et de Foëcy, il fut pendant très longtemps très difficile d'établir des liaisons téléphoniques fixes : dans quasiment tous les foyers les abonnés entendaient leur(s) correspondant(s) et France Inter simultanément. Pour remédier à ce problème, les ingénieurs TDF ont dû mettre au point et utiliser la numérisation des signaux téléphoniques. Actuellement, plus aucune perturbation des lignes téléphoniques fixes par l'émetteur d'Allouis n'est à déplorer.

Avant la mise en service du deuxième pylône et le rehaussement du premier (en 1973-1974), il était fréquent dans la région proche d'Allouis, de ne pouvoir capter que France Inter sur toute l'étendue des grandes ondes ou ondes longues.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Un réseau de transport d’électricité toujours à l’heure ! », sur audeladeslignes.com,‎ 5 octobre 2011 (consulté le 4 février 2013).
  2. Mireille Espagnol et Hugues de Lussac, En attendant l'aide internationale : guide pratique à l'usage des futurs sinistrés, Angoulins, La Grange de Mercure,‎ 2012 (ISBN 978-1470973759, lire en ligne), p. 60.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Thierry Vignaud, « Allouis », sur Émetteurs de radiodiffusion et télévision.
  4. Jean-Paul et Michèle Cointet, La France à Londres : Renaissance d'un État, 1940-1943, Paris, Éditions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle »,‎ 1990, 271 p. (ISBN 978-2870273296, lire en ligne), p. 112.
  5. Claude Faure, Aux Services de la République : du BCRA à la DGSE, Paris, Fayard,‎ 2004, 786 p. (ISBN 978-2213660394, lire en ligne).
  6. Pierre Dessapt, « La station française d'Allouis », sur Raconte-moi la radio.
  7. a et b « Tours émettrices de France-Inter », sur structurae.de,‎ 27 novembre 2003, modifié le 10 septembre 2012.
  8. World Radio TV Handbook 2009.
  9. (en) « LW/MW (200 kW to 1200 kW) Radio Transmitters », sur triwave-bd.com,‎ 21 février 2012 (consulté le 4 décembre 2012).
  10. (en) « Modular Medium/ Longwave Transmitter S7HP Family », sur thomson-broadcast.com (consulté le 3 décembre 2012).
  11. (en) « Digital Modular S7HP LW/MW Transmitter Family 200 kW to 1200 kW », sur thomson-broadcast.com, Thomson Broadcast & Multimédia,‎ août 2006 (consulté le 4 décembre 2012) [PDF].
  12. « RNT : références nationales de temps », sur syrte.obspm.fr (consulté le 4 février 2013).
  13. a et b « Changement d'heure avec le signal France Inter », sur montres-de-luxe.com,‎ 27 mars 2011 (consulté le 11 février 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]