Michel Destot

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Michel Destot
Michel Destot en juillet 2012.
Michel Destot en juillet 2012.
Fonctions
Député de la 3e circonscription de l'Isère
En fonction depuis le 23 juin 1988
Réélection 28 mars 19931er juin 199716 juin 200217 juin 200717 juin 2012
Prédécesseur aucun (proportionnelle)
Maire de Grenoble
19 juin 19953 avril 2014
Prédécesseur Alain Carignon
Successeur Éric Piolle
Conseiller général du canton de Grenoble-3
17 mars 198519 juin 1995
Prédécesseur Denise Belot
Successeur Denis Pinot
Biographie
Date de naissance 2 septembre 1946 (67 ans)
Lieu de naissance Malo-les-Bains (Nord)
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de ENSAM
Sciences Po Grenoble
Profession Ingénieur du génie atomique
Chef d'entreprise

Michel Destot est un homme politique socialiste français, né le 2 septembre 1946, à Malo-les-Bains (Nord).

Il est actuellement député de l'Isère et président de l'Association des maires de grandes villes de France (AMGVF). Il a également été maire de Grenoble pendant 19 ans.

Au sein du Parti socialiste, il est secrétaire national chargé de l'Industrie et des entreprises, président du Conseil national et membre du Bureau national.

Études et carrière professionnelle comme ingénieur puis chef d'entreprise[modifier | modifier le code]

Michel Destot est diplômé de l’École nationale supérieure d'arts et métiers, puis obtient une licence de sciences et un doctorat en physique nucléaire à l'université Joseph-Fourier - Grenoble 1 (thèse soutenue sous la présidence du prix Nobel Louis Néel), tout en étant en parallèle diplômé de l'Institut d'études politiques de Grenoble.

Ingénieur du génie atomique, il intègre le Commissariat à l'énergie atomique en tant qu'ingénieur de recherche, d'abord au service des piles nucléaires à Saclay en 1973, puis à Grenoble à partir de 1976 et jusqu'en 1988. Il prend alors la direction du Centre de formation et de simulation du CEA et, dans le cadre de la diversification des réacteurs de recherche, il imagine avec une équipe d'ingénieurs et de techniciens les premiers outils de formation des opérateurs de centrales nucléaires.

En 1989, il crée et devient PDG d'une start-up essaimée du CEA : l'entreprise de haute technologie Corys[1], spécialisée dans la réalisation de simulateurs dans le domaine de l'énergie et des transports, où il travaille notamment avec Geneviève Fioraso chargée « des projets européens et de recherche et développement »[2]. Michel Destot a quitté cette société lors des échéances municipales de Grenoble en 1995. Le 8 septembre 1997, le tribunal de commerce de Grenoble a approuvé la vente de Corys à la société belge TRACTEBEL, filiale de la Lyonnaise des Eaux[3]. Corys devient une PME qui existe encore aujourd'hui et compte près de 250 collaborateurs, avec des filiales aux États-Unis, et en Chine.

À la mairie de Grenoble[modifier | modifier le code]

En 1977, il devient pour la première fois conseiller municipal, élu sur la liste d'Hubert Dubedout, alors député, et maire de Grenoble. Il est plus particulièrement chargé de l'information municipale. Il prend la présidence du groupe d'opposition socialiste et devient le principal contradicteur d'Alain Carignon après les municipales de 1989.

Élu maire de Grenoble en 1995 face à Richard Cazenave, il choisit comme directrice de cabinet Geneviève Fioraso[4]. Maire sortant en 2001, tête de la liste « Union pour Grenoble », il est réélu face à Max Micoud.

À l'occasion des élections municipales françaises de 2008, il conduira dès le premier tour une liste d'union entre le PS, le PCF, le PRG, le MRC, le MoDem et des personnalités issues de la société civile : « Grenoble, l'avenir ensemble ». Il est réélu en 2008 avec 48,01 % des voix face à Fabien de Sans Nicolas (UMP - 29,50 %) et Maryvonne Boileau (ADES - 22,49 %).

Il annonce le 20 septembre 2013 ne pas briguer un quatrième mandat et soutenir la candidature de son premier adjoint, Jérôme Safar[5], qui est battu par Éric Piolle (liste Réseau citoyen-EELV-PG-GA-ADES).

Au Conseil général de l’Isère[modifier | modifier le code]

En 1985, il est élu conseiller général de l'Isère, sur le canton de Grenoble-3. Il est réélu en 1992, mais va être remplacé en 1995, après une élection cantonale partielle, par le socialiste Denis Pinot, après avoir été élu maire de Grenoble en raison de la législation sur le non-cumul des mandats.

À l’Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Michel Destot en 2007.

En 1988, il est élu député de la troisième circonscription de l'Isère, qui regroupe les communes de Grenoble, Fontaine, Sassenage, Veurey-Voroize et Noyarey. Il est ensuite réélu en 1993 malgré la vague bleue, en 1997, en 2002, en 2007 et lors des dernières élections législatives de 2012. Il totalise alors 66,13 % des voix au second tour, réalisant ainsi son meilleur score depuis 1988 et le meilleur score régional pour un duel droite/gauche. Il siège au sein du groupe majoritaire socialiste, républicain et citoyen.

De 1997 à 2002, membre de la Commission des finances, de l'économie générale et du plan, il a été rapporteur spécial du budget de l'Industrie. Spécialiste reconnu des questions énergétiques, il a initié les "Rencontres parlementaires de l'énergie". Il est d'ailleurs toujours secrétaire du groupe d'étude sur les énergies.

Depuis 2002, il est membre de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale et en a été le Secrétaire jusqu'en 2007. Au cours de la législature 2007-2012, il a occupé les fonctions de Vice-président de cette commission, dans le cadre d'une vice-présidence tournante au sein du groupe socialiste. Il est par ailleurs actuellement Président du groupe d'amitié France-Lituanie, Vice-président du groupe d'amitié France-Afghanistan et membre du groupe d'étude sur le Tibet.

Il intervient régulièrement au sein du groupe SRC, en commission ou lors des débats publics sur les questions relatives aux relations internationales, aux inégalités nord/sud, au développement durable, aux transports, à la politique de la ville, aux enjeux énergétiques...

Son suppléant est Olivier Noblecourt, adjoint au maire de Grenoble chargé des Affaires sociales et familiales, Vice-président du CCAS de Grenoble et Vice-président de La Métro, communauté d'agglomération de Grenoble.

Responsabilités nationales[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses mandats électifs, Michel Destot a occupé la présidence du Conseil national des missions locales de 1998 à 2002, puis celle du Groupement des autorités responsables de transport (GART) de 2001 à 2008.

Vice-président de l'AMGVF, Association des maires des grandes villes de France, il a assuré la présidence par intérim de cette association avec le sénateur-maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy, à la suite de l'entrée au gouvernement de l'ancien président de l'AMGVF, Jean-Marie Bockel.

Le 13 septembre 2007, il a été élu président de l'AMGVF, à l'unanimité des membres du Bureau de l'association. Il a été réélu à ce poste le 21 mai 2008, lors du renouvellement des instances de l'AMGVF faisant suite aux élections municipales de mars 2008.

Au sein du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Parallèlement à sa carrière de scientifique et de chef d'entreprise, il s’engage très tôt dans le militantisme politique après mai 1968, au sein de la gauche mendésiste, puis auprès de Michel Rocard, et plus tard de Bertrand Delanoë. Dans le cadre des primaires citoyennes organisées en vue de l'élection présidentielle de 2012, Michel Destot soutient tout d'abord Dominique Strauss-Kahn, avant de se tourner vers Martine Aubry après le retrait du premier[6]. Il rejoint finalement l'équipe de campagne de François Hollande quand celui-ci est désigné comme candidat socialiste à l'élection présidentielle.

Michel Destot fut en effet un proche de Michel Rocard, au PSU d'abord, au PS ensuite, et a été au sein du PS l'un des animateurs de la sensibilité rocardienne.

Entre 2000 et 2001, il participe à la création du courant Socialisme et démocratie, dont la figure principale est Dominique Strauss-Kahn. À la suite du départ de Dominique Strauss-Kahn pour Washington, où il a pris la tête du Fonds monétaire international, Michel Destot a été choisi pour animer Socialisme et Démocratie, avec Jean-Christophe Cambadélis et Pierre Moscovici.

Par ailleurs, d'après la liste arrêtée au 11 novembre 2003, Michel Destot est membre du Comité d'orientation scientifique de l'association fondée par Michel Rocard et Dominique Strauss-Kahn, À gauche en Europe et président des groupes de travail "politique industrielle" et "urbanisme" de cette association.

Le 6 mai 2008, Michel Destot fait partie des premiers signataires, avec notamment Bertrand Delanoë, d'un texte intitulé Clarté, courage, créativité : pour un grand congrès socialiste dans la perspective du Congrès de Reims du Parti socialiste, en novembre 2008.

En juin 2008, il prend l'initiative de publier un texte intitulé "Choisir pour la Gauche[7]" en vue d'un rapprochement des militants de Socialisme et Démocratie et de Bertrand Delanoë. Ce texte est signé par : Patricia Adam (députée du Finistère), Alain Bergounioux (secrétaire national du PS), Pierre Bourguignon (député de Seine-Maritime), Daniel Delaveau (maire de Rennes), Marc Deluzet, Claude Évin (ancien ministre), Charles Josselin (ancien ministre), Dominique Lefebvre (maire de Cergy), Dominique de Nayves, Alain Richard (ancien ministre), Bernard Soulage (1er vice-président de la région Rhône-Alpes), Catherine Tasca (sénatrice des Yvelines)[8].

Engagé auprès de Bertrand Delanoë, il devient, à la suite du Congrès de Reims, président du Conseil national du Parti socialiste, et à ce titre membre du Bureau national.

Il préside le cercle Inventer à gauche qui a tenu ses premières rencontres nationales en septembre 2009 autour de François Chérèque, Patrick Peugeot, Pascal Lamy, Élie Cohen... Plusieurs rapports et contributions thématiques, issus des travaux de ce cercle, sont versés aux débats et visent à contribuer au projet politique de la gauche dans la perspective de 2012. Ce cercle initialement constituée de militants politiques proche de Michel Rocard et Dominique Strauss-Khann voit le concours de personnalités comme Jacques Mistral, Philippe Jurgensen, Robert Chapuis...

Proche de Martine Aubry, il intègre son équipe de campagne pour les primaires citoyennes en ayant notamment la charge de l'animation du réseau des élus la soutenant. À la suite de l'investiture de François Hollande comme candidat du PS et du PRG à l'élection présidentielle de 2012, il est chargé par ce dernier de co-présider le Conseil des élus, directement placé auprès de lui dans son organigramme de campagne, en vue de la présidentielle de 2012. Il occupe également le rôle d'intermédiaire entre François Hollande et les dirigeants des grandes entreprises françaises pendant la campagne[9].

Synthèse des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Michel Destot présent à la cérémonie protocolaire du Critérium du Dauphiné 2012.

Principales responsabilités politiques et électives :

Autres responsabilités :

  • membre du Forum européen de l'énergie et des transports ;
  • président du groupe d'amitié parlementaire France-Lituanie ;
  • vice-président du groupe d'amitié parlementaire France-Afghanistan ;
  • membre du groupe d’amitié parlementaire France-Israël ;
  • membre du Conseil national de l'air ;
  • président du Conseil de surveillance du CHU de Grenoble ;

Réalisations et controverses[modifier | modifier le code]

Maire de Grenoble depuis juin 1995, Michel Destot réalise plusieurs projets d'urbanisme, comme le quartier Vigny Musset, achève le quartier Europole débuté par son prédécesseur, lance le quartier de Bonne dont le centre commercial ouvre en septembre 2010. Il réalise également la reconversion des 14 hectares du site Bouchayer-Viallet, et vers la fin de son mandat, engage la transformation des quartiers Beauvert[10] et Flaubert, ainsi que des 250 hectares du polygone scientifique.

Sur le plan des déplacements, il réalise en 2006 la ligne C du tramway de Grenoble, et inaugure en juin 2010 le bâtiment de la Gestion multimodale centralisée des déplacements qui prendra l'année suivante le nom de Stationmobile. Il met en service en janvier 2011 le pont de Chartreuse et lance la même année les travaux de la ligne E du tramway de Grenoble. En 2012, il lance la requalification des quais de l'Isère visant à réduire la circulation automobile.

Sur un plan culturel, il inaugure le musée de l'Ancien Évêché en septembre 1998 (projet initié par son prédécesseur), la MC2 rénovée en septembre 2004, le Centre d'art Bastille en juin 2006, le nouveau musée des troupes de montagne en octobre 2009, le musée Stendhal en septembre 2012 et le premier American Corner de France le mois suivant dans l'Hôtel de Lesdiguières.

Sur le plan des équipements, il ouvre la patinoire Pôle Sud et l'extension du centre commercial Grand'place en 2001, puis réalise en 2005 la mise en accessibilité pour les personnes à mobilité réduite du téléphérique de Grenoble Bastille, ainsi que du fort de la Bastille. Il lance les centres de recherche Minatec (2006), Clinatec (2011), le pôle d'innovation NanoBio (2001), les pôles de compétitivité mondial Minalogic (2005), Axelera (2008) et GreEn-ER (2012).

Michel Destot, a cependant dû faire face durant son mandat de maire à Grenoble à quelques controverses.

Installé en haut d'un arbre, un « Ecocitoyen » s'oppose à la coupe d'un arbre centenaire.

La controverse la plus médiatisée[11] fut la décision de création, par la Metro (communauté d'agglomération Grenoble Alpes Métropole), d'un stade d'agglomération au cœur de la ville, à côté de la mairie, à la place de l'ancien stade Charles-Berty devenu vétuste. La création de ce stade nécessitant, en effet, le réaménagement d'une partie du parc Paul-Mistral.

À cette occasion de nombreux opposants, venus de toute l'Europe, se sont installés pendant plusieurs mois en 2003 à la cime des arbres centenaires[12] qui devaient être coupés. Ravitaillés par les riverains, le face-à-face tendu a duré plusieurs mois, relayé par les journaux télévisés nationaux. Le 12 février 2004, le site du parc concerné par les travaux a été évacué à la suite d'une décision de justice par une compagnie de CRS équipés de filets et de nacelles pour déloger à plusieurs dizaines de mètres les derniers résidents des arbres[13]. Le stade baptisé « stade des Alpes » a été inauguré le 15 février 2008. Mais trois ans plus tard, le club professionnel GF38, dont le stade des Alpes était le siège, a déposé son bilan en juillet 2011. Le stade est utilisé ponctuellement pour divers événements comme des congrès. Son passage en 2012 en délégation de service public devra lui permettre de trouver d'autres affectations (concerts, spectacles…).

Le projet de rocade Nord, relancé en 2007 et porté par le conseil général de l'Isère, a suscité de vives émotions chez les écologistes[14]. Un référendum, dont la forme est très contestée, a été organisé par le conseil général : plus de 83 % des 169 000 personnes ayant répondu ont approuvé ce projet de rocade[15]. Toutefois, ce projet n'a pas abouti, l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique s'étant conclue par un avis défavorable[16] : la Commission d'enquête a estimé à l'unanimité que les inconvénients du projet l'emportaient sur les avantages. Michel Destot liait ce projet au réaménagement des quais de l'Isère. Malgré l'abandon du tunnel, le réaménagement des quais est en cours[17].

Dernières publications[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]