Vladimir Ilitch (chanson)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne une chanson. Pour l'homme politique russe nommé Vladimir Ilitch Oulianov, voir Lénine.
Vladimir Ilitch

Single de Michel Sardou
extrait de l'album Vladimir Ilitch
Face A Vladimir Ilitch
Face B À l'italienne
Sortie Octobre 1983
Enregistré 1983
studio C.B.E.
Durée 4:40
Genre Variété française
Auteur Michel Sardou
Pierre Delanoë
Compositeur Jacques Revaux
Jean-Pierre Bourtayre
Producteur Jacques Revaux
Bernard Estardy
Label Tréma

Singles de Michel Sardou

Pistes de Vladimir Ilitch

Vladimir Ilitch est l'une des chansons au contenu politique les plus emblématiques de Michel Sardou, sortie en octobre 1983 sur l'album du même nom. Bien qu'orientée politiquement, cette chanson en apparence engagée ne connut pas de controverse majeure, contrairement aux chansons de même essence que Sardou avait pu sortir dans les années 1970 (Le France, J'accuse, Je suis pour, entre autres). Demeurant un de ses principaux succès des années 1980, le 45 tours s'écoule à plus de 300 000 exemplaires[1].

Genèse[modifier | modifier le code]

Sardou raconte dans sa publication En chantant parue en 2012 l'histoire de la chanson :

« Pour Vladimir Ilitch, tout est parti d'une discussion à table. Bourtayre nous dit : « J'ai vu un documentaire à la télévision sur la répression du printemps de Prague, des mecs avaient écrit sur un mur "Lénine réveille-toi ! Ils sont devenus fous !" ». Avec Delanoë, on décide aussitôt d'en faire une chanson. Pierre était gaulliste, réac' absolu, fort en gueule, brut de décoffrage - mais charmant au demeurant. Il va dans sa chambre, moi dans la mienne. Je commence mon texte par « Un vent de Sibérie souffle sur la Bohême / Les femmes sont en colère aux portes des moulins. » Delanoë en rajoute sur le côté anticommuniste primaire, moi, je voyais quelque chose de plus romantique, genre Docteur Jivago[2]. »

Contenu des paroles[modifier | modifier le code]

Un bilan de l'Union soviétique[modifier | modifier le code]

La chanson est avant tout un constat résolument pessimiste sur la politique menée par l'URSS. Cela n'a rien d'étonnant, eu égard aux inclinations politiques de Sardou et l'anticommunisme[3] de Pierre Delanoë qui contribue à l'écriture des paroles. Sont mis en évidence des événements de l'époque, comme le printemps de Prague ou la normalisation de la Pologne, afin de montrer la distance qui sépare l'idéal communiste du régime soviétique. Le communisme semble même perçu comme une utopie : « Où sont passés les chemins de l'espoir ? Dans quelle nuit, au fond de quel brouillard ? » Sardou détourne même les premiers vers de L'Internationale pour souligner l'absence de progrès social : « Rien n'a changé ; les damnés de la terre n'ont pas trouvé la sortie de l'enfer ».

Un hommage à Lénine ?[modifier | modifier le code]

L'ambigüité du texte naît de la présence de plusieurs passages qui semblent contenir des hommages, voire des éloges de Lénine, comme le présuppose déjà le titre de la chanson. L'usage de la première personne du pluriel montre déjà la sermocination que Sardou utilise, s'exprimant du point de vue des habitants de l'URSS (« Puisqu'aucun dieu du ciel ne s'intéresse à nous, Lénine, relève-toi ! Ils sont devenus fous ! »).

Mais d'autres passages, plus explicites, installent une distance entre un homme de convictions et la concrétisation de ses idéaux : « Toi qui avais rêvé l'égalité des hommes / Tu dois tomber de haut dans ton éternité / Devant tous ces vieillards en superbe uniforme / Et ces maisons du peuple dans des quartiers privés ! » Cette interpellation du dirigeant soviétique atteint son apogée à la fin de la chanson, où le narrant invoque celui-ci : « Si tu es le prophète / Viens nous parler encore en plein cœur de Moscou, / Et répands la nouvelle à travers la planète ! / Ami du genre humain, ils sont devenus fous ! ».

La chanson oscille donc entre un réquisitoire anticommuniste et une révérence tirée au premier chef de l'Union soviétique.

Autres versions[modifier | modifier le code]

Versions live[modifier | modifier le code]

Le titre est présent lors des concerts Concert 85, lors duquel il ouvre le spectacle, Concert 87, Olympia 95, Live 2013 - Les Grands Moments à l'Olympia et lors de son ultime tournée La Dernière Danse, en 2017-2018.

Version 2012[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la sortie de la compilation Les Grands Moments le , Michel Sardou réenregistre cinq chansons avec de nouveaux arrangements, parmi lesquels Vladimir Ilitch. C'est dans cette nouvelle version qu'elle est chantée lors de la tournée qui suit.

Classement[modifier | modifier le code]

Classement (1983) Meilleure
place
Drapeau de la France France (SNEP)[4] 8

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ventes de l'année 1983
  2. En chantant, Sardou Michel, Melloul Richard, Flammarion, 2012
  3. « « Nathalie » AU CAFÉ "POUCHKINE" » [archive du ], sur datcha-kalina.com (consulté le 28 décembre 2014).
  4. Classements de Michel Sardou

Voir aussi[modifier | modifier le code]