Stand-up

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Une scène prête pour un stand-up.

Le stand-up (abréviation française de l'anglais américain stand-up comedy, comique de scène, ou monologue comique) est un genre comique où un humoriste seul, sans décor, sans accessoire, brise le quatrième mur en prenant l'auditoire à témoin des histoires qui lui sont arrivées. Cette forme particulière de spectacle solo (one-man-show) est apparue à la fin du XIXe siècle aux États-Unis.

Historique[modifier | modifier le code]

Le monologue comique à l'américaine, ou stand-up comedy, s'est développé à la fin du XIXe siècle aux États-Unis.Il se fait connaitre En France avec le spectacle de la radio parisienne Generation 88.2 au debut des années 2000,puis il se popularise en 2006 avec le lancement du Jamel Comedy Club. Le stand-up se pratique majoritairement dans les bars. Aujourd'hui, il existe de nombreux plateaux de stand-up en France.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La particularité du stand-up est que le comique s'adresse directement au public sans personnage, décor ni accessoire. Il peut raconter des anecdotes, faire des observations du quotidien, des bons mots tenant en une seule ligne (one-liners), des interactions avec le public, ou encore de l'absurde. Pour le journaliste Dorian Saigne, le comique doit provoquer dans le public un rire toutes les vingt secondes, tout en donnant l'impression qu'il s'agit non pas d'un texte mais de réflexions improvisées[1].

En général, pour donner plus de spontanéité à son texte, le comique joue debout, d'où le terme stand-up.

La structure d'une blague de stand-up est constituée d'une prémisse et d'une phrase choc (punchline).

Des salles ou des bars proposent aussi des scènes ouvertes où n'importe qui peut prendre la parole et se produire devant un public[2].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Dick Gregory en 1964.

Aux États-Unis, la communauté juive et la communauté noire sont connues pour avoir donné nombre d'humoristes de scène renommés, comme Jerry Seinfeld, Woody Allen pour la première et Richard Pryor, Eddie Murphy, Chris Rock et Martin Lawrence pour la seconde.

Dans les années 1970, Richard Pryor a bouleversé les règles du monologue de scène dans son pays. S'appropriant le terme péjoratif de nigger avec sa création du personnage de Super Nigger, il a ouvert la voie à nombre de rappeurs et de comiques noirs[3].

Parmi la première génération de stand-up comedians (comiques de scène) américains, on peut citer Mort Sahl, Lenny Bruce[4], Miles Bennett et Dick Gregory.

En France[modifier | modifier le code]

Jamel Debbouze fut l'un des premiers à se réclamer du stand-up, avec ses codes américains[5]. Toutefois, par le passé, des humoristes comme Robert Lamoureux, Fernand Reynaud, Raymond Devos, Guy Bedos ou Pierre Desproges s'adressaient également directement au public, sans composer de personnages. Aujourd'hui, Tomer Sisley ou Gad Elmaleh revendiquent également cette influence, bien que le second ait débuté par un one-man-show qui n'entrait pas dans cette catégorie. On peut également citer Franck Dubosc.

Jamel Debbouze et Kader Aoun ont créé le Jamel Comedy Club, diffusé sur Canal+ en 2006[6]. Le programme donne un coup de projecteur sur des artistes se réclamant de cette forme de spectacle, comme Yacine Belhousse, Thomas N'Gijol et Blanche Gardin. En 2008, Jamel acquiert le Comedy Club. Après trois mois de travaux, le lieu accueille la troisième saison du Jamel Comedy Club et y est toujours fidèle[1].

Toujours en 2008, Karim Kachour, aidé par Kader Aoun, crée le Paname Art Café à Paris. Ce bar-restaurant propose des plateaux et des spectacles de stand-up quotidiens qui permettront de lancer de nombreux comiques comme Fary, Lenny Mbunga, Hakim Jemili[7]...

Depuis, de nombreux humoristes francophones revendiquent leur style de stand-up comme Mathieu Madénian[8], Kyan Khojandi[9], Baptiste Lecaplain[10], Verino[11], Marina Rollman[12], Shirley Souagnon[13], Olivier de Benoist, Laura Laune, Blanche Gardin... De même, les plateaux d'humour se sont multipliés à Paris et dans de grandes villes de province. Parmi les principaux, on trouve notamment le One More Joke et le Dimanche Marrant (créés en 2016[2]) ou encore le 33 Comedy[14].

L'humoriste Anne-Sophie Bajon, de son nom de scène La Bajon, apporte une nouveauté dans le stand-up en faisant intervenir une voix hors scène à qui elle s'adresse[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La troupe de Jamel Debbouze sur les planches du Comedy Club », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  2. a et b « Paris est-elle la nouvelle capitale du stand-up ? », Télérama.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 août 2018).
  3. Thomas Sotinel, « Richard Ptyor, comique américain », sur lemonde.fr, .
  4. (en) « America’s First Stand-Up Philosopher | Brandeis Magazine », sur Brandeis Magazine (consulté le 8 septembre 2018).
  5. « Génération Jamel Debbouze, l’humour pour tous », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  6. « Les humoristes du Jamel Comedy Club », sur mag.agendaculturel.fr (consulté le 8 septembre 2018).
  7. « Les artistes - Tous », sur Paname Art Café (consulté le 11 septembre 2018).
  8. Le Point, magazine, « Mathieu Madénian, le nouveau talent du stand-up », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  9. « Kyan Khojandi : « Bref, je fais du stand-up » », Elle,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  10. « Libre et assoupi : Baptiste Lecaplain, le roi du stand-up fait son cinéma », melty,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  11. « Vérino : “Le stand up est au théâtre ce que le rap est à la musique” », Télérama.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  12. « Marina Rollman, étoile montante de l’humour », start.lesechos.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  13. « Interview Shirley Souagnon : le stand-up, la vie, etc. », Le spot du rire,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  14. « Plateaux d'humour, stand-up et comedy clubs à Paris », Le spot du rire,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  15. « La Bajon, l’humour et la colère », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 12 janvier 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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