Stand-up

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Une scène prête pour un stand-up.

Le stand-up (abréviation française de l'anglais américain stand-up comedy, comique de scène, ou monologue comique) est un genre comique où un humoriste seul, sans décor, sans accessoire, brise le « quatrième mur » en prenant l'auditoire à témoin des histoires qui lui sont arrivées. Cette forme de numéro, qui se pratique en solo (parfois pour tout le spectacle, on parle alors de one-man-show), est apparue à la fin du XIXe siècle dans les cabarets en France et aux États-Unis.

Historique[modifier | modifier le code]

Le monologue comique, ou stand-up comedy en anglais, est né à la fin du XIXe siècle. Initialement numéro de cabaret et de music-hall, il s'agit de sketches, de histoires drôles à base de situations quotidiennes, qui mettent souvent en scène des situations prétendument vécues.

Le monologue sur scène a peu évolué jusque dans ces années 1950, quand une nouvelle vague de comiques a fait son apparition en rejetant le style convenu de leurs prédécesseurs. Mort Sahl en est le fer de lance ; il se livre sur scène à une satire sociale à partir de sujets d'actualité, en improvisant, avec pour seuls accessoires un tabouret et un journal.

Le genre prend un nouvel essor à New York dans les années 1960-1970, lorsque des comédiens comme Lenny Bruce repoussent les limites de la bienséance en abordant des sujets politiques, raciaux et sexuels. Inspiré par ce style acerbe, Richard Pryor est alors la figure emblématique de la "stand-up comedy" et de la contre-culture américaine.

Ce sont les scènes du Broadway Comedy Club, du Comedy Cellar et du Gotham Comedy Club qui accueillent et lancent les carrières de Woody Allen, Chris Rock, Robin Williams, Ellen DeGeneres, Whoopi Goldberg, Eddie Murphy, Jim Carrey...

En France, Bourvil fut l'un des précurseurs du genre, puis Fernand Raynaud, l'un des comédiens les plus connus dans les années 1950, dans les cabarets et au music-hall, puis à la radio et la télévision. Dans les années 1960, Raymond Devos apporte une tournure toute personnelle. La scène se renouvelle constamment avec des générations d'artistes comme Coluche, Thierry Le Luron dans les années 1970, Alex Metayer ou Roland Magdane dans les années 1980, Pierre Palmade, Jean Marie Bigard, Muriel Robin, Patrick Timsit dans les années 1990, Gad Elmaleh dans les années 2000... Des radios telles Rire et Chansons, ou encore Generation 88.2 consacrent une grande partie de leur antenne au genre. Le comédien Jamel lance une émission télévisée en 2006, le Jamel Comedy Club. Aujourd'hui, il existe toujours de nombreux plateaux de stand-up en France.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La particularité du stand-up moderne est que le comique s'adresse directement au public avec ou sans personnage, décor ni accessoire. Il peut raconter des anecdotes (vraies ou inventées pour la circonstance), faire des observations du quotidien, des bons mots tenant en une seule ligne (one-liners), des interactions avec le public, ou encore de l'absurde. Pour le journaliste Dorian Saigne, le comique doit provoquer dans le public un rire toutes les vingt secondes, tout en donnant l'impression qu'il s'agit non pas d'un texte mais de réflexions improvisées[1].

En général, pour donner plus de spontanéité à son texte, le comique joue debout, d'où le terme stand-up.

La structure d'une blague de stand-up est constituée d'une prémisse et d'une phrase choc (punchline).

Des salles ou des bars proposent aussi des scènes ouvertes où n'importe qui peut prendre la parole et se produire devant un public[2].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Dick Gregory en 1964.

Aux États-Unis, la communauté juive et la communauté noire sont connues pour avoir donné nombre d'humoristes de scène renommés, comme Jerry Seinfeld, Woody Allen pour la première et Richard Pryor, Eddie Murphy, Chris Rock et Martin Lawrence pour la seconde.

Dans les années 1970, Richard Pryor bouleverse les règles du monologue de scène dans son pays. S'appropriant le terme péjoratif de nigger avec sa création du personnage de Super Nigger, il ouvre la voie à nombre de rappeurs et de comiques noirs[3].

Parmi la première génération de stand-up comedians (comiques de scène) américains, on peut citer Mort Sahl, Lenny Bruce[4], Miles Bennett et Dick Gregory.

En France[modifier | modifier le code]

Les humoristes français comme Robert Lamoureux, Fernand Raynaud, Raymond Devos, Guy Bedos ou Pierre Desproges s'adressaient directement au public. Dans les années 2000, Franck Dubosc, Tomer Sisley, Gad Elmaleh ou Jamel Debbouze ont pris le relais [5].

Jamel Debbouze et Kader Aoun créent une émission Jamel Comedy Club, diffusé sur Canal+ en 2006[6]. Le programme donne un coup de projecteur sur des artistes se réclamant de cette forme de spectacle, comme Yacine Belhousse, Thomas N'Gijol et Blanche Gardin. En 2008, Jamel acquiert le Comedy Club. Après trois mois de travaux, le lieu accueille la troisième saison du Jamel Comedy Club et y est toujours fidèle[1].

Toujours en 2008, Karim Kachour, aidé par Kader Aoun, crée le Paname Art Café à Paris. Ce bar-restaurant propose des plateaux et des spectacles de stand-up quotidiens qui permettront de lancer de nombreux comiques comme Fary, Lenny Mbunga, Hakim Jemili[7]...

De nombreux humoristes francophones revendiquent un style de stand-up personnel comme Mathieu Madénian[8], Kyan Khojandi[9], Baptiste Lecaplain[10], Verino[11], Marina Rollman[12], Shirley Souagnon[13], Olivier de Benoist, Laura Laune, Blanche Gardin, Kev Adams, Fary... De même, les plateaux d'humour se sont multipliés à Paris et dans de grandes villes de province. Parmi les principaux, on trouve notamment le One More Joke et le Dimanche Marrant (créés en 2016[2]) ou encore le 33 Comedy[14].

Salles : Bordel Comedy Club (Montréal), Paname Art Café, Madame Sarfaty, Barbès Comedy Club (), Le Fridge ()[15]...

L'humoriste Anne-Sophie Bajon, de son nom de scène La Bajon fait intervenir une voix hors scène à qui elle s'adresse[16].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La troupe de Jamel Debbouze sur les planches du Comedy Club », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  2. a et b « Paris est-elle la nouvelle capitale du stand-up ? », Télérama.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 août 2018).
  3. Thomas Sotinel, « Richard Ptyor, comique américain », sur lemonde.fr, .
  4. (en) « America’s First Stand-Up Philosopher | Brandeis Magazine », sur Brandeis Magazine (consulté le 8 septembre 2018).
  5. « Génération Jamel Debbouze, l’humour pour tous », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  6. « Les humoristes du Jamel Comedy Club », sur mag.agendaculturel.fr (consulté le 8 septembre 2018).
  7. « Les artistes - Tous », sur Paname Art Café (consulté le 11 septembre 2018).
  8. Le Point, magazine, « Mathieu Madénian, le nouveau talent du stand-up », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  9. « Kyan Khojandi : « Bref, je fais du stand-up » », Elle,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  10. « Libre et assoupi : Baptiste Lecaplain, le roi du stand-up fait son cinéma », melty,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  11. « Vérino : “Le stand up est au théâtre ce que le rap est à la musique” », Télérama.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  12. « Marina Rollman, étoile montante de l’humour », start.lesechos.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  13. « Interview Shirley Souagnon : le stand-up, la vie, etc. », Le spot du rire,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  14. « Plateaux d'humour, stand-up et comedy clubs à Paris », Le spot du rire,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2018).
  15. Sandrine Blanchard, « Trois nouveaux comedy clubs fleurissent à Paris », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  16. « La Bajon, l’humour et la colère », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 12 janvier 2019).