Sosthènes de La Rochefoucauld

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Sosthène Ier de La Rochefoucauld
Le vicomte Sostène de La Rochefoucauld, directeur des beaux-arts sous Charles X, par François-Joseph Heim (1787–1865), Musée du Louvre (Paris).
Le vicomte Sostène de La Rochefoucauld, directeur des beaux-arts sous Charles X, par François-Joseph Heim (1787–1865), Musée du Louvre (Paris).

Titre 2e duc de Doudeauville
et Grand d'Espagne
(1833-1864)
Autre titre Vicomte de La Rochefoucauld
8e Marquis de Surgères
Prédécesseur Ambroise-Polycarpe de La Rochefoucauld
Successeur Stanislas de La Rochefoucauld
Grade militaire Maréchal de camp
Commandement 5e légion de la garde nationale de Paris
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Ordre de Saint-Janvier
Biographie
Dynastie Maison de La Rochefoucauld
Nom de naissance Louis François Sosthène de La Rochefoucauld-Doudeauville
Naissance
Paris
Décès (à 79 ans)
Château d'Armainvilliers

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Blason La Rochefoucauld.svg

Louis François Sosthènes Ier, vicomte de La Rochefoucauld (Paris, Château d'Armainvilliers (Seine-et-Marne), ), est un homme politique ultraroyaliste français du XIXe siècle.

De 1814 à 1836, il est l'aide de camp de Charles, comte d'Artois (futur Charles X) et de 1824 à 1830 son directeur des beaux-arts. Député à la Chambre des députés en 1815 et en 1827-1830, il se retira de la vie publique après les Journées de Juillet 1830.

Il publia de 1861 à 1864 ses Mémoires avec sa correspondance en quinze volumes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sosthènes de La Rochefoucauld fut nommé aide de camp du général Dessolles immédiatement après l'entrée des alliés à Paris (1814). Il reçut la mission d'aller à Nancy annoncer à Monsieur, lieutenant-général du royaume, la formation du gouvernement provisoire et la déchéance de Napoléon Ier[1].

La part qu'il avait pris à l'organisation de l'« allégresse publique » lors de la chute de Napoléon et du « rétablissement du trône légitime », l'initiative qu'il prit de faire abattre la statue de l'Empereur sur la colonne Vendôme le firent excepter de l'amnistie que Bonaparte promulgua, au retour de l'île d'Elbe, en faveur de ceux qui avaient coopéré à la première Restauration[2].

Le vicomte de La Rochefoucauld accompagna Louis XVIII à Gand, et fut nommé, lors de la seconde Restauration, colonel de la 5e légion de la garde nationale de Paris et aide de camp de Charles, comte d'Artois[1].

Élu, le , député de la Marne, au collège de département, par 119 voix (171 votants, 282 inscrits), il vota avec la majorité (ultraroyaliste) de la « Chambre introuvable » et proposa des cérémonies expiatoires pour l'anniversaire du (jour de l'exécution de Louis XVI)[1]. Il prit la parole, sans grand succès, sur la loi relative aux cris et écrits séditieux, et sur la loi électorale, ne put se faire réélire en 1816, parce qu'il n'avait pas l'âge nouvellement requis[1].

Restant aide de camp du comte d'Artois, il poursuivit son action politique en faveur de la monarchie absolue en poussant Madame du Cayla, avec laquelle il était intime, auprès de Louis XVIII, influençant le roi par son intermédiaire.

Directeur des beaux-arts[modifier | modifier le code]

Ronjat, d'après François-Joseph Heim, Distribution des récompenses aux artistes à la fin du Salon de 1824, le  : Charles X remet l'ordre de Saint-Michel à Cartellier, 1892, Versailles.
Sosthène de La Rochefoucauld est à la droite du roi.

Contrairement à son parent, le duc François de La Rochefoucauld-Liancourt, le vicomte Sosthènes de la Rochefoucauld-Doudeauville était partisan de la monarchie absolue[3]. Louis XVIII le nomma en directeur général des beaux-arts, des théâtres royaux et des manufactures. À la mort du roi survenue quelques jours après, le nouveau directeur appela Victor Hugo comme poète officiel de la cérémonie du sacre de Charles X de France[4].

Il tenta, sans succès, de prendre le contrôle des journaux en utilisant les fonds de la liste civile du roi[5]. Le vicomte de la Rochefoucauld « se croyait prédestiné à sauver le pays[6] », mais il resta cantonné à la direction d'un département du ministère de l'intérieur. « Auxiliaire indépendant, indocile, et souvent incommode du ministère[7] » Villèle, il sera momentanément exclu du travail direct avec le roi, tout en conservant son poste de Directeur des arts, alors qu'il cherchait à évincer son ministre de tutelle, Corbière[8].

Dans ses fonctions de Directeur des arts, « il ne put échapper au ridicule qu'attirèrent sur lui certaines mesures qui, suivant toutes les apparences, lui furent imposées par la Congrégation[9] ». Les fonctions de Directeur des beaux-arts comprenaient la supervision des théâtres royaux. Un arrêté qu'il prit pour réglementer la longueur des jupes des danseuses de l'Opéra, « est resté légendaire[1] ». Il exerça aussi son zèle dans un autre domaine de sa juridiction en faisant appliquer des feuilles de vigne en plâtre sur le milieu de toutes les statues du Musée[10]. Dans le domaine de la peinture et de la sculpture, son rôle consistait surtout à présider le jury d'admission au Salon et à attribuer les commandes officielles. Il choisit dès ses débuts François Gérard pour la peinture du Sacre de Charles X [11] ; le peintre le figurera dans l'assistance. Après la mort de Géricault, le comte Forbin, directeur des Musées royaux, sollicita le Directeur des arts afin d'acquérir Le Radeau de La Méduse. Sosthènes de la Rochefoucauld l'autorisa, mais n'accorda qu'une somme de 4 à 5 000 F. L'œuvre mise à prix à 6 000 F échut à Dedreux-Dorcy. Forbin trouva dans les jours suivant un arrangement pour permettre de placer l'œuvre au Louvre[12]. Delacroix s'étant opposé à lui sur une question d'esthétique, n'obtint de celui qui le considère comme « i, fou intéressant, mais qu'il serait dangereux d'encourager dans ses écarts et sa bizarrerie[13] » aucune commande ni récompense[14] après l'acquisition des Massacres de Scio en 1825.

Sosthènes de La Rochefoucauld choisit en 1825 avec le comte Forbin les sujets des décors des plafonds de quatre salles, destinées au Conseil d'État, de l'aile Jacques Lemercier du Louvre, toujours inachevés en 1853[15].

Il présida la commission chargée, en 1825-1826, de préparer le projet de loi sur la propriété littéraire[16]. Il proposait une propriété d'une durée de 50 ans. Le projet ne fut pas accepté[17].

Sosthènes de La Rochefoucauld, qui a la direction des manufactures royales de 1824 à 1830, crée des inspecteurs des beaux-arts chargés de surveiller la production des Gobelins[18].

Il logea en 1825 rue de Vaugirard l'Institution royale de musique religieuse d'Alexandre-Étienne Choron, garantissant son existence.

La Scène héroïque est composée en 1825-1826 et exécutée le 26 mai 1828 lors du premier concert qu'Hector Berlioz réussit à donner dans la salle du Conservatoire, grâce à l’intervention du directeur des beaux-arts, Sosthènes de La Rochefoucauld[réf. souhaitée].

Promu maréchal de camp en , il revint, le , à la Chambre des députés, comme député du grand collège de la Marne, élu par 105 voix sur 209 votants et 239 inscrits. « Ses opinions furent jusqu'au bout celles de la droite[1] ». Il vota contre les 221, pour le ministère Polignac, et rentra dans la vie privée en 1830[1]. Le poste de directeur des beaux-arts resta vacant avant d'être occupé en 1833 par Edmond Cavé.

Légitimiste, Sosthène de la Rochefoucauld s'opposa, dans les cercles qu'il fréquentait, à la Monarchie de Juillet. Il fut poursuivi pour sa brochure Aujourd'hui et demain publiée en 1832. Berryer le défendit ; il perdit. Sosthène de la Rochefoucauld fut emprisonné trois mois à la prison de Sainte-Pélagie en 1833[19].


Martin de Gallardon[modifier | modifier le code]

Le 15 janvier 1816, Thomas Martin, paysan d’une trentaine d’années a des visions. L’archange Raphaël lui aurait commandé d'aller aux Tuileries pour voir le roi Louis XVIII et lui parler en son nom. Charrier de La Roche, évêque de Chartres, le comte de Breteuil, préfet, lui ordonnent de garder le secret. Jugé soit fou, soit acteur ou victime d’un complot, il est envoyé à l'asile des fous de Charenton. Deux éminents aliénistes, Philippe Pinel et Antoine-Athanase Royer-Collard concluent qu'il est sujet à une « manie intermittente avec hallucination des sens ».

Toutefois, suivant les conseils de Sosthènes de la Rochefoucauld, Martin est conduit aux Palais des Tuileries. Le roi lui accorde immédiatement une audience qui dure près d'une heure, et qui semble l'avoir ému. Charles X, réfugié à Rambouillet après la Révolution de 1830, aurait aussi consulté le faux prophète[20].

Naundorff[modifier | modifier le code]

Après les journées de Juillet 1830, Sosthènes de La Rochefoucauld reste en relation avec la famille royale en exil. La duchesse d'Angoulême lui demande d'enquêter sur un homme, Karl-Wilhelm Naundorff, qui prétend être son frère mort à la prison du Temple. Il publiera cette correspondance dans le volume 12 de ses Mémoires.

Récapitulatifs[modifier | modifier le code]

Sosthène Ier de La Rochefoucauld
Fonctions
Député de la Marne
Élection
Législature Ire législature
Groupe politique Majorité ministérielle
Coalition Ultraroyaliste
Élection
Législature IVe législature
Groupe politique Droite
Directeur général des beaux-arts
Biographie
Nationalité Drapeau de la France Française
Père Ambroise-Polycarpe de La Rochefoucauld
Mère Bénigne-Augustine Le Tellier de Louvois
Résidence Château d'Armainvilliers
Hôtel de La Rochefoucauld-Doudeauville
Liste des députés de la Marne

Titres[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Rubans des décorations
Chevalioer de Saint-Louis Grand'croix de l'ordre de Saint-Janvier

Armoiries[modifier | modifier le code]

Burelé d'argent et d'azur, à trois chevrons de gueules brochant, celui du chef écimé[21].

Ascendance & postérité[modifier | modifier le code]

Sosthènes de La Rochefoucauld était le fils d'Ambroise-Polycarpe de La Rochefoucauld (1765-1841), duc de Doudeauville, vicomte de La Rochefoucauld, marquis de Surgères, Grand d'Espagne, pair de France, ministre de la Maison du roi et de Bénigne-Auguste Le Tellier (1764-1849), dame de Montmirail (Marne) (descendante de François Michel Le Tellier de Louvois). Il avait une sœur, Françoise (1781-1802), mariée avec Pierre Jean Julie Chapt, marquis de Rastignac (1769-1833), capitaine de dragons, pair de France, dont postérité.

Veuf, il se remarie, le 18 août 1841, avec Angélique Herminie de La Brousse de Verteillac (1797-1881), fille de Thibault de La Brousse de Verteillac (1763-1834) et de Jeanne Charlotte Élisabeth Félicité Tiercelin d'Appelvoisin. Elle est veuve de Félix de Bourbon-Conti, fils naturel reconnu de Louis François de Bourbon-Conti. À sa mort en 1840, celui-ci lègue à sa veuve l'hôtel de Boisgelin, qui devient l'hôtel de La Rochefoucauld-Doudeauville ; il repose au Couvent de Montmirail.

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Publications[modifier | modifier le code]

  • La Rochefoucauld-Doudeauville, Louis-François-Sosthènes de (1785-1864), A la mémoire de M. l'abbé Legris-Duval, prédicateur du roi, mort le 18 janvier 1819, à l'âge de 53 ans, FRBNF32350215
  • La Rochefoucauld-Doudeauville (duc de Doudeauville), Duc de Doudeauville. Une politique française au XIXe siècle, Dijon, impr. Maurice Darantière ; Paris, libr. ancienne Édouard Champion, 5, quai Malaquais, 1927.
  • La Rochefoucauld-Doudeauville, Louis-François-Sosthènes de (1785-1864, A mes Concitoyens, Assemblée nationale constituante (1848-1849).
  • Pèlerinage à Goritz, par M. le vicomte de La-Rochefoucauld, 1839.
  • Pétition sur divers projets de réforme, signée : Larochefoucauld duc de Doudeauville, et commençant par ces mots : Paris, le 17 janvier 1845. MM. les députés, de tous les droits, peut-être, celui de pétition est un des plus sacrés..., [s. d.].
  • La vérité au peuple, réflexions de M. le duc de La Rochefoucauld Doudeauville, 1851.
  • Recette d'un remède contre la rage / par M. le duc de Doudeauville , 1846
  • Aujourd'hui et demain, ou Ce qui adviendra.
  • Les Catholiques, la France et l'Italie
  • Cri de conscience d'un vieux politique, qui regarde tous les hommes comme ses frères, soit qu'ils s'appellent souverains, soit qu'ils s'appellent peuples

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Robert & Cougny 1891, p. 600.
  2. a, b et c Courcelles 1827, p. 114.
  3. L'enterrement du duc en 1827 donna lieu à des incidents que le vicomte préféra ignorer, lire Histoire populaire contemporaine de la France, (lire en ligne), p. 196.
  4. Henry de Bellaigue de Bughas, Le Livre de Raison d'une famille d'Auvergne, Publibook, 2002, p. 76
  5. Alfred Nettement, Histoire de la Restauration, t. 6, Paris, (lire en ligne).
  6. Nettement 1868, p. 581
  7. Nettement 1868, p. 608.
  8. Nettement 1868, p. 608 ; Alfred Nettement, Histoire de la Restauration, t. 7, Paris, (lire en ligne), p. 266.
  9. Duckett 1860.
  10. Théophile Gautier, Mademoiselle de Maupin, Préfaces.
  11. Henry Gérard, Correspondance de François Gérard, peintre d'histoire, (lire en ligne), p. 23-24, 196, 363-364.
  12. Charles Clément, « Géricault », Gazette des beaux-arts,‎ (lire en ligne).
  13. Eugène Delacroix, Lettres de Eugène Delacroix (1815 à 1863) : recueillies et publiées par M. Philippe Burty, (lire en ligne), p. 89. Correspondance de 1828.
  14. Théophile Gautier, Arsène Houssaye et Paul de Saint-Victor, Les dieux et les demi-dieux de la peinture, (lire en ligne), p. 394.
  15. Frédéric de Clarac, Description historique et graphique du Louvre et des Tuileries, (lire en ligne), p. 545.
  16. « Propriété littéraire » dans les Annales de la littérature et des arts 1826.
  17. Le secrétaire de la commission, Jules Mareschal écrivit plusieurs volumineux rapports sur la question. Jules Mareschal, Mémoire à consulter sur la question juridique de la propriété perpétuelle et héréditaire des oeuvres de l'esprit, Paris, (lire en ligne).
  18. Caroline Girard, La manufacture des Gobelins du Premier Empire à la monarchie de Juillet, 2003.
  19. Mémoires, vol. 12.
  20. Louis Silvy, Relation concernant les événements qui sont arrivés au sieur Martin, laboureur à Gallardon, en Beauce, dans les premiers mois de 1816, L. F. Hivert, 1830, p. 131
  21. a et b Velde 2005, p. Lay peers.
  22. Roglo 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Dictionnaires biographiques
  • « La Rochefoucauld (Louis-François-Sosthène de), duc de Doudeauville », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, t. IV, , 640 p. [détail de l’édition] (lire en ligne), p. 600 [texte sur Sycomore] Document utilisé pour la rédaction de l’article ;
  • William Duckett, « Doudeauville (Sosthènes, d'abord vicomte de La Rochefoucauld) », dans Dictionnaire de la conversation et de la lecture, Paris, (lire en ligne), p. 791 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ferdinand Hoefer, « Doudeauville (Sosthènes, d'abord vicomte de La Rochefoucauld) », dans Nouvelle biographie générale, Paris, (lire en ligne), p. 678-679 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « Ambroise-Polycarpe de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville », dans Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. VIII, 1827, 378 p. [détail de l’édition] (lire en ligne), p. 114 Document utilisé pour la rédaction de l’article ;
Histoire de la Restauration