Sinté

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Sinté
Sinto
Sinti

Description de cette image, également commentée ci-après
Populations significatives par région
Drapeau de la France France 600 000
Drapeau de l'Italie Italie 300 000
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 250 000
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 30 000
Drapeau de la Belgique Belgique 20 000
Drapeau de la Suisse Suisse 8 000
Autres
Régions d’origine

Drapeau de l'Italie Italie

Drapeau de l'Italie Italie
Langues Romani
Religions Catholique Christianisme évangélique
Ethnies liées Roms, Kalé

Les Sinté, ou parfois et abusivement Sinti (au singulier un Sinto, au féminin une Sintetsa) sont un groupe ethnique tsigane (Roms au sens de l'Union romani internationale ) des pays de l'ouest de l'Europe. Les Manouches (prononcer man et non ma) sont assimilés aux Sinté ( voir l'article Roms)

Origine et langage[modifier | modifier le code]

Femmes et enfants Sinté croates en 1941.

Les ancêtres des Sinté et des Kalé étaient des Kshatriya sindhiens, « sinto » est issu du mot « sindho » qui signifie « habitant du Sindh » (actuel Pakistan).

Les Sinté vivant en France, principalement en Alsace, y sont appelés les « Manouches ».

Les Sinté parlent une forme de romani appelée précisément « romenés » ou « sintikes ». C'est un dialecte romano germanisé (au nord) et italianisé (au sud).

Les premiers indices d'une présence de ce groupe tsigane en zone germanophone datent du XVe siècle. Il s'agissait de réfugiés de l'esclavage issus de l'Europe du Sud-Est, qui se sont installés dans de nombreux pays européens en raison de l'invasion ottomane dans les Balkans.

L'histoire des Sinté dans les régions de l'Est de l'Europe[modifier | modifier le code]

Les différents peuples tziganes à travers l'Europe :
  •      Gitans
  •      Sinté-Manouches
  •      Roms
  •      Doms

Les Sinté, Roms (au sens de Roms de Roumanie) et autres ethnies semblables regroupés au sein de l'Union romani internationale (URI) sous le nom de Roms (de langue apparenté romani) sont d'origine indienne et sont arrivés dans le centre de l'Europe , principalement dans les Balkans pour les Roms de Roumanie, et en Allemagne pour les Sinté.

Encore tolérés au début du XVe siècle, leurs conditions de vie sont dégradées après les diètes de Lindau (1496) et Fribourg (1498). La diète d'Augsbourg (1551) légitime même l'assassinat et la spoliation des Sinté[réf. nécessaire]. Aux XVIIIe et XIXe siècles, des tentatives de sédentarisation des Sinté et Roms, couplées à des politiques d'assimilation forcée (notamment par la confiscation des enfants à leurs parents) sont lancées.

Nombre de familles implantées aujourd'hui en sud d'Ile-de-France avaient des circuits qui les menaient au long de l'année pour les récoltes et travaux agricoles de l'ouest de la France au sud de la région Parisienne. L'implantation lors de la guerre du centre de détention à l'autodrome de Linas Montlhery a conduit certains d'entre eux dans les camps allemands. M Raymond Guireme est un des derniers témoins[1].

Par toute la France, de semblables camps ont été implantés[2]

Culture[modifier | modifier le code]

Les Sinté ont acquis une autonomie culturelle considérable, malgré une immense pression d'adaptation depuis des siècles. Ils parlent souvent encore leur propre langue, le romenés ; ils conservent également de nombreuses coutumes et normes légales en partie originaires de leurs racines indiennes[réf. nécessaire].

Traditionnellement, la vie des Sinté est réglée par une loi très stricte. Les plus âgés de chaque clan (famille) portent le rôle de chef (patriarche) et les anciens ont un poids très important et reconnu.

De ce groupe culturel sont issus de nombreux musiciens et groupes, qui s'inspirent de Django Reinhardt, la musique folklorique hongroise par exemple, du swing, de la bossa nova et de la valse musette donnant naissance au style jazz manouche. Mandino Reinhardt, Dorado Schmitt, Schnuckenack Reinhardt, Rosenberg Trio, Martin Weiss, Tchavolo Schmitt, Biréli Lagrène, sont, entre autres, devenus célèbres. Le guitariste Patrick Saussois leur a rendu hommage en appelant son groupe « Alma Sinti ».

Au cinéma[modifier | modifier le code]

  • Swing, de Tony Gatlif, 2002.
  • Les Fils du vent, film documentaire de Bruno Le Jean, 2012.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Raymond Gurême : la mémoire et la révolte | Lutopik », sur www.lutopik.com (consulté le 13 septembre 2018)
  2. « Camp de Linas-Montlhéry (1940-1942) - Mémorial des Nomades de France », Mémorial des Nomades de France, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]