Manitas de Plata

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Manitas de Plata
Description de l'image Manitas de Plata 2 (Repetities 1968-03-07 Grand Gala du Disque Populaire).jpg.
Informations générales
Naissance
Sète
Décès (à 93 ans)
Montpellier
Genre musical Flamenco, musique tzigane
Instruments Guitare
Labels 5

Manitas de Plata (littéralement « petites mains d'argent » mais correspond à l'expression en français « doigts de fée »), de son vrai nom Ricardo Baliardo, né le à Sète dans une caravane et mort le 5 novembre 2014[1],[2] à Montpellier, est un célèbre guitariste gitan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Blond, presque roux, au yeux bleus, les gitans l'appellent Blond en prononçant "Beulon" avant d'être connu des siens et du monde entier sous le nom de Manitas de Plata « Petites mains d'argent ».

Il doit sa survie, pendant la seconde guerre mondiale, au fait d'avoir été caché à Lunel avant d'être, à Paris, le protégé de Django Reinhardt qui ne devait ses sursis qu'à son talent incontesté. Ricardo Baliardo, accompagné de son oncle Moro, de son frère Hypolite et de son cousin José Reyes se distingue en jouant de la guitare, lors du pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Il est remarqué le 24 mai 1955 par Lucien Clergue qui assiste le preneur de son Deben Bhattacharya qui fait un enregistrement dans le but de faire un disque ethnologique. Le disque produit par Vogue Contrepoint sort en 1957 sous le titre Gitans aux Saintes-Maries-de-la-Mer mais sur lequel il n'est pas fait mention de nom des musiciens. Le poète Jean Cocteau intervient le 28 juillet 1959 pour que ses droits d'auteurs soient reconnus :

« Le disque ne ressemble pas à ces conserves de beauté qu'on nous livre dans la cellophane. Il est direct et pur comme le style flamenco et voilà de la beauté prise au piège. on me parle d'une chicane au sujet du droit. Cela m'étonne. Aucune danse flamenco ne se ressemble, malgré un rythme ancestral. Ce disque est admirable et bien à vous et à vos camarades. »

— Jean Cocteau

En 1961, à New York, lors d’une exposition de photographies de son ami Lucien Clergue au Museum of Modern Art, le producteur Alan Silver, observe une photographie d'une petite fille dansant au milieu d'un cercle de musiciens. Il demande au photographe si Manitas ne serait pas sur la photo et si par hasard il ne le connaîtrait pas car après avoir entendu un enregistrement fait par un de ses amis, il voudrait enregistrer un disque et ne sait comment le contacter. Lucien Clergue sert d'intermédiaire. L'enregistrement a lieu à Arles, dans la chapelle de la charité et un coffret de trois disques est largement diffusé aux États-Unis par la Connoisseur Society. Le succès est tel qu'un manager américain le fait jouer sur la scène du prestigieux Carnegie Hall de New York en décembre 1965.

Manitas de Plata est illettré, et ne sait pas lire une note de musique.

À partir de 1967, Manitas de Plata sort des disques, et parcourt le monde en compagnie de son fils aîné, Manéro, un chanteurs de Camargue, ou avec sa famille autour de lui. Il joue ainsi aux États-Unis, en Allemagne, en Italie, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, en Angleterre, en Algérie

Manitas a vendu plus de 93 millions d'albums, plus de 83 disques différents.

Son frère cadet, Hippolyte Baliardo, qui l'accompagnait aux débuts de sa carrière, meurt (âgé de 80 ans) le 27 mai 2009. Le 8 août 2009, Manitas se produit aux arènes El Cordobes à Palavas-les-Flots (France), à l'occasion de la soirée hommage dédiée à son frère mais également aussi pour son anniversaire, le 7 août 2009.

Il est l'artiste du monde flamenco, toutes tendances confondues, qui a le plus vendu d'albums dans le monde.

Il existe à l'ONU[3] une permanence internationale du monde gitan représentant ses populations diverses et variées depuis que, lors d'un séjour aux États-Unis, il y avait rencontré le secrétaire général de l'ONU (U Thant) qu'il avait convaincu de la nécessité d'une reconnaissance officielle de la nation gitane.

Son neveu, Jean-Pierre Cargol surnommé « El Rey », interprète L'Enfant sauvage, dans le film de François Truffaut.

El Rey vit à Montpellier de sa musique. Le 5 juillet 2012, son fils Manéro Baliardo meurt. Manitas de Plata a fêté son 90e anniversaire à La Grande-Motte le 7 août 2011.

Il se produit comme invité surprise le 31 octobre 2012 à l'Olympia, à l'âge de 91 ans.

Le 19 avril 2013, à son domicile de La Grande-Motte (qui en avait fait son citoyen d'honneur ) il subit un malaise cardiaque à la suite d'une baisse de tension et est placé en observation à l’hôpital de Montpellier.

Le 20 juillet 2013, à 92 ans, il se prétend ruiné et malade et lance un appel à l'aide dans le journal La Dépêche du Midi.

Très fatigué et âgé, il apparaît pourtant, sur un fauteuil roulant, au pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer le 24 mai 2014, entouré de quelques amis et de Bambo Baliardo, le dernier membre du groupe Los Baliardos qu'il avait fondé après sa séparation de José Reyes, son premier chanteur, avec lequel il avait joué au Carnegie Hall, à ses débuts.

Quelques jours plus tard, le 7 juin, il fait un malaise puis est transporté en urgence dans une clinique de Montpellier. Il y reste plus d'un mois en gériatrie-gérontologie, service qu'il quitte le 8 août 2014.

Le 10 août 2014, il est transféré dans une petite et modeste maison de retraite, la résidence foyer Carriera à Montpellier, gérée par le CCAS, sans pouvoir revenir chez lui.

Il décède dans la nuit du 5 au 6 novembre 2014 à Montpellier dans l’hôpital où il réside depuis plusieurs jours. Il est alors âgé de 93 ans.

Lors de ses obsèques, à Montpellier, commentées au plan national et international, la communauté gitane lui rend hommage.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Lores de mi corazon : album 1999, Troubadour Records
  • Guitare et Poésie flamenca poèmes dits en français par Robert Etcheverry  : album 1968, CBS
  • Saintes-Maries-de-la-mer : album 1966, Philips 70-361
  • Manitas de Plata et ses guitares gitanes : album 1972, CBS 65020

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Musique aux doigts, récit recueilli par Jean Boissieu, Éditions Robert Laffont, 1976.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]