Rue Vieille-du-Temple

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
3e et 4e arrts
Rue Vieille-du-Temple
Vue depuis la rue des Blancs-Manteaux vers le sud.
Vue depuis la rue des Blancs-Manteaux vers le sud.
Situation
Arrondissements 3e arrondissement - 4e
Quartier Archives
Saint-Gervais
Enfants-Rouges
Début no 36 rue de Rivoli
Fin no 1 rue de Bretagne
Morphologie
Longueur 855 m
Largeur 14 m
Historique
Création Avant 1270
Ancien nom vieille rue du Temple
Géocodification
Ville de Paris 9778
DGI 9783

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Vieille-du-Temple
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

La rue Vieille-du-Temple est une voie ancienne des 3e et 4e arrondissements, qui se situe en plein cœur du quartier du Marais à Paris.

Situation[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, la rue Vieille-du-Temple, d'une longueur de 940 mètres, commençait aux nos 15-17 rue Saint-Antoine et finissait au no 1 rue de Normandie et au no 89 rue Saint-Louis-en-l'Île.
Les numéros impairs, de 1 à 35 et les numéros pairs, de 2 à 66 étaient situés dans l'ancien 7e arrondissement quartier du Marché-Saint-Jean[1] et les numéros impairs, de 37 à 145 était du même arrondissement quartier du Mont-de-Piété[2].
Les numéros pairs, de 68 au 148 étaient situés dans l'ancien 8e arrondissement quartier du Marais[3].
Le dernier numéro impair, le no 147, était situé dans l'ancien 6e arrondissement quartier du Temple[4].
Les numéros de la rue étaient noirs[5]. Le dernier numéro impair était le no 147 et le dernier numéro pair était le no 146.

Actuellement, la rue Vieille-du-Temple, d'une longueur de 855 mètres, est située dans les 3e et 4e arrondissements, quartier des Archives, Saint-Gervais et Enfants-Rouges, et commence au no 36 Rue de Rivoli et finit au no 1 rue de Bretagne.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

La rue Vieille-du-Temple est le chemin qui menait, dès le XIIIe siècle, vers la maison du Temple et sa tour.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette voie était en partie construite en 1250[6].

Un ancien nom Vieille rue du Temple.

Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous la forme « rue du Temple ».

Cette voie qui était coupée en deux par le mur de Philippe Auguste.
La partie alors située en dehors de Paris fut successivement appelée « rue de la Culture-du-Temple », « rue de la Couture-du-Temple », « rue de la Clôture-du-Temple » parce qu'elle conduisait à la « culture », c'est à dire aux jardins et à la clôture du Temple. Sur quelques plans, cette partie est également désignée sous les noms de « rue de l'Égout » et « rue de l'Égout-du-Temple » en raison de l'égout qui y passait.
La partie intra-muros, entre la place Baudoyer et l'enceinte de Philippe Auguste, fut désignée sous les noms de « rue de la Porte-Barbette », « rue de la Poterne-Barbette », « rue Barbette »[7] et « rue Vieille-Barbette » parce qu'elle menait à l'hôtel Barbette et à la porte Barbette, située près de la rue de Paradis .

Le , sortant de l'hôtel Barbette (naguère situé au niveau de l'actuelle rue homonyme), le duc d'Orléans fut assassiné devant l'actuel hôtel Amelot de Bisseuil (situé à quelques 180 mètres de là). Cet évènement marque le début de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

Après la construction de l'enceinte de Charles V, les 2 parties, intra-muros et extra-muros, de la voie prennent sont réunies sous le nom de « Vieille-rue-du-Temple ».

Une décision ministérielle, du 19 germinal an VIII (), signée L. Bonaparte, fixe la largeur de cette voie publique à 10 mètres. La moindre largeur de cette voie est portée à 14 mètres, en vertu d'une ordonnance royale du .

En 1885, la rue est amputée de la partie située entre la place Baudoyer et la rue de Rivoli pour être ajoutée à la rue du Pont-Louis-Philippe.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.
  • no 24 : immeuble de rapport construit par l'architecte Bénigne-Joseph Varin en 1792 ;
  • no 44 : maison construite en 1732 par l'architecte Louis Le Tellier ;
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.


Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.
  • Au niveau de l'actuel no 61 se trouvait la poterne Barbette, percée dans l'enceinte de Philippe Auguste.
  • no 75 : hôtel de la Tour du Pin, construit en 1725 par l'architecte Pierre Jacquot de Villeneuve pour Pierre-Nicolas Bertin[12],[13] ;
  • no 87 : hôtel de Rohan (Archives nationales)
  • nos 100 à 104 : hôtel de Lauzon[14] ;
  • no 106 : hôtel Mégret de Sérilly, bâti par l'architecte Jean Thiriot en 1620-1621 pour Nicolas Malebranche, secrétaire du roi. Il est acquis en 1686 par Charles Du Tillet, marquis de La Bussière, maître des Requêtes. La famille Du Tillet a modifié l'hôtel. Il est acheté en 1776 par Antoine Jean-François Mégret de Sérilly (13 septembre 1746-10 mai 1794), maître des requêtes en 1779, trésorier général de l'extraordinaire des guerres en 1782, fils d'Antoine Mégret d'Étigny. Un boudoir remarquable y a été aménagé en 1778 pour sa femme avec des lambris de Jules-Antoine Rousseau, une cheminée sculptée par Philippe-Laurent Roland et un plafond peint par Jean-Jacques Lagrenée. Ce décor se trouve au Victoria and Albert Museum[15],[16]. La créatrice de bijoux Line Vautrin y a habité avec son mari, le peintre Jacques-Armand Bonnaud : ils réhabilitent les lieux et y installent leurs ateliers, leur mobilier étant signé Gilbert Poillerat, les tapisseries étant réalisées d'après des cartons de Jean Lurçat et les chenets de la cheminée étant conçus par Diego Giacometti[17] ;
  • no 108 : ancien emplacement de l'hôtel d'Épernon construit par Jean Thiriot en 1621, détruit en 1890 et remplacé par un immeuble réalisé par l'architecte Vincent Préaud (1835-1914)[18] ;
  • no 110 : hôtel d'Hozier, commencé en 1623 par l'architecte Jean Thiriot pour Robert Josselin, seigneur de Marigny. L'hôtel est saisi en 1644 fut loué à divers locataires jusqu'en 1697. Il est acheté à cette date par André Bauyn de Bersan. En 1731 le chevalier Pierre de Bersan entreprend des travaux sur les plan de Denis Quirot, mais il doit revendre sa maison en 1735 à Louis-Pierre d'Hozier. L'hôtel possède un remarquable portail sculpté par Antoine Fauquière[19],[20] ;
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.
  • no 137 : immeuble construit en 1777 par Jean-Louis Blève pour Pierre Guérard, possédant des bas-reliefs représentant les cinq sens[19]. A l'intérieur se trouve une cour avec une fontaine et un puits.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Dans cette rue au milieu du XVIIIe siècle se trouvait la banque Lambert, près de l'égout, et les banquiers Meschinet de Richemond et Garnault, dont une des spécialités était les traites et les remises de place en place[21].

Artère très animée du Marais, la rue regorge de bars, cafés, restaurants et boutiques tendance. Elle accueille également de nombreuses galeries d'art contemporain comme la galerie Xippas.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

En littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans Une double famille d’Honoré de Balzac, c'est dans la Vieille rue du Temple que s'installe monsieur de Granville avec son épouse. « Après quelques jours accordés aux retours de noce si fameux en province, Granville et sa femme revinrent à Paris où le jeune avocat fut appelé par sa nomination aux fonctions d'avocat général près la cour impériale de la Seine. Quand les deux époux y cherchèrent un appartement, Angélique employa l'influence que la lune de miel prête à toutes les femmes pour déterminer Granville à prendre un grand appartement situé au rez-de-chaussée d'un hôtel qui faisait le coin de la Vieille-Rue-du-Temple et de la rue Neuve-Saint-François. La principale raison de son choix fut que cette maison se trouvait à deux pas de la rue d'Orléans où il y avait une église, et voisine d'une petite chapelle, sise rue Saint-Louis [22] ».

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par les stations de métro Hôtel de Ville et Filles du Calvaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 27e quartier « Marché Saint-Jean », îlot no 2, F/31/85/03, îlot no 4, F/31/85/05, îlot no 5, F/31/85/06, îlots nos 12 et 13, F/31/85/13, îlot no 14, F/31/85/14
  2. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 26e quartier « Mont de Piété », îlots nos 1 à 3, F/31/85/18, îlots nos 14 et 15, F/31/85/26, îlots nos 16 et 17, F/31/85/27, îlot no 18, F/31/85/28, îlot no 19, F/31/85/29, îlots nos 22 et 23, F/31/85/32
  3. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 29e quartier « Marais », îlot no 1, F/31/87/14, îlot no 2, F/31/87/15, îlot no 4, F/31/87/17, îlot no 7, F/31/87/19, îlot no 8, F/31/87/20, îlot no 9, F/31/87/21
  4. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 24e quartier « Temple », îlots nos 25 à 27, 29 et 30, F/31/84/29
  5. Jean de La Tynna : Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris (1817)
  6. Félix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments
  7. Ne pas confondre avec l'actuelle rue Barbette.
  8. Pierre de Bragelongne (1606-1643) était trésorier général de l'extraordinaire des guerres
  9. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris
  10. Jugement rendu par le tribunal criminel du département de la Seine... qui... condamne à la peine de mort François-Jean, dit Carbon, dit le Petit François, dit Constant âgé de 45 ans
  11. « Vidéo de la rue Vieille du Temple », sur ruedelacerisaie.com,
  12. Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du patrimoine Paris, p. 560, Hachette, Paris, 1994 (ISBN 978-2-01-016812-3)
  13. Danielle Chadych, Promenades d'architecture et d'histoire : Le Marais, évolution d'un paysage urbain, p. 324-325, Parigramme, 2005 (ISBN 978-2-84096-188-8)
  14. Danielle Chadych, Promenandes d'architecture et d'histoire : Le Marais, évolution d'un paysage urbain, p. 589
  15. Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du patrimoine Paris, p. 560-561
  16. Danielle Chadych, Promenades d'architecture et d'histoire : Le Marais, évolution d'un paysage urbain, p. 587-588
  17. Dominique Paulvé, « Charmeuse de métal », Vanity Fair n°28, octobre 2015, pages 154-159.
  18. Danielle Chadych, Promenandes d'architecture et d'histoire : Le Marais, évolution d'un paysage urbain, p. 587
  19. a et b Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du patrimoine Paris, p. 561
  20. Danielle Chadych, Promenandes d'architecture et d'histoire : Le Marais, évolution d'un paysage urbain, p. 585-586
  21. Tugdual de Langlais, L'armateur préféré de Beaumarchais, Jean Peltier Dudoyer, de Nantes à l'Isle de France, Éditions Coiffard libraire, 20153, 40p., p. 28 (ISBN 9782919339280).
  22. Édition Charles Furne, 1848, vol.I,p. 290
  23. Honoré de Balzac, Les Comédiens sans le savoir, La Comédie humaine, tome VII, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », (ISBN 978-2-07-010874-9), p. 1190