Éliane Thiollier

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Éliane Thiollier
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Éliane Thiollier née le à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) et morte le (Lot-et-Garonne) est une artiste peintre et lithographe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éliane Thiollier est la fille d'un architecte. Cette ancienne élève de l'École des beaux-arts de Paris fréquente l'atelier René Jaudon au début des années 1950 où elle affine sa technique picturale et s'initie à la lithographie : c'est de fait ensemble que dès 1950 le maître et l'élève illustrent les Poèmes de Frédéric de Towarnicki.

Sa participation au Salon de la Jeune Peinture dès 1951, époque où elle s'installe au 23, rue Vieille-du-Temple à Paris[1], la fait se lier d'amitié avec Paul Rebeyrolle, Raymond Guerrier, Édouard Mac-Avoy, Jean-Pierre Alaux, Michel-Henry, Maurice Boitel qui en 1955 l'invite dans son groupe au Salon Comparaisons.

Elle va trouver en Provence les couleurs caractéristiques de sa palette, faite de rouge et d'ocre. Elle travaille la lumière de « la Camargue, avec sa lumière drue, ses guardians et ses cavalcades »[2], au Mexique, du Maroc à l'Inde, du Kenya à la Thaïlande, mais aussi dans le sud-ouest de la France. Elle crée des œuvres solaires, très structurées, qui font vibrer ses « paysages aux nuances fines et fortes »[3]. Elle choisira de s'installer à Tourtrès pour travailler.

Revendiquant de « vivre avec l'indépendance qui convient à un artiste »[4], également créatrice de cartons de tapisseries[5], Éliane Thiollier a œuvré pour la reconnaissance de la peinture figurative. Elle est nommée secrétaire générale de la Jeune Peinture de 1957 à 1964, démissionnant alors du fait de son désaccord avec l'engagement politique du Salon[6]. Elle est également membre du comité directeur de l'Union des arts plastiques, secrétaire générale du Salon du dessin et de la peinture à l'eau, membre du conseil du Salon d'automne, commissaire général du Salon d'automne en 1987.

Elle meurt dans un accident de la route le en Lot-et-Garonne.

Contributions bibliophiliques[modifier | modifier le code]

  • Frédéric de Towarnicki, Poèmes, lithographies originales de René Jaudon et Éliane Thiollier, 1950.
  • Jean-Roger Lorsky, Peillon des Météores, quatre lithographies originales hors texte d'Éliane Thiollier, 200 exemplaires numérotés, Éditions Michel Brient, 1955.
  • Jean Sareil, Les cent femmes de Jérôme Grandvilliers, illustrations d'Éliane Thiollier, New York, Regents Publishing Company, 1972.

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Galerie Pascaud, Paris, 1952[7].
  • Galerie Suillerot, Paris, 1954, 1956, 1958[12], 1960.
  • Galerie Wolfsberg, Zurich, 1963.
  • Galerie Vendôme, Paris, 1970.
  • Expositions à Genève, Bordeaux, Arles, Angers, Quimper, Lyon, Besançon, Albi, Annecy…, 1965-1970.
  • Galerie Cardo Matignon, Paris, 1969, 1971.
  • Galerie France, Londres, 1971.
  • Expositions à Valence, Cannes, Grenoble, Mulhouse, Reims, Tarbes, Strasbourg, Montauban, Toulouse, Grenoble, Montpellier, Marseille, Rennes, Angers, Fontainebleau…, 1973-1984
  • Galerie Saint-Hubert, Lyon, 1984, 1989 (rétrospective).
  • Galerie Nettis, Le Touquet, [13], 1998 (rétrospective).
  • Galerie Denise Valtat, Paris, mars-[3], 1988.
  • Éliane Thiollier. Quarante ans de peinture, musée Rapin, Villeneuve-sur-Lot, juillet-[14].
  • Galerie Bouscayrol, Biarritz, 1987.
  • Hommage des amis du Salon d'automne, présidé par Édouard Mac Avoy, 1989.
  • Hommage du Lot-et-Garonne, Maison du Lot-et-Garonne, 1989.
  • Éliane Thiollier. Rétrospective Fondation Taylor, Paris, 1999.
  • Galerie Fardel, Le Touquet, [15].
  • Expositions non datées : galerie du four à pain, Toulon.

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Chaque toile est amenée de façon sûre à son plein épanouissement. Rien n'est négligé, ni le dessin strict, ni la pâte souple à souhait, et cependant cela ne sent pas l'effort car la sensibilité sous-jacente demeure présente, frémissante. » - Henri Héraut[12]
  • « En exposant Thiollier, on impose le silence car on montre la lumière. Cette lumière qui traverse les oranges et les jaunes transmet la joie aux autres couleurs et semble pourchasser les zones d'ombre. Elle est partout et nulle part. On sent bien, sans beaucoup d'efforts, qu'il y a dans cette sublimation de la réalité lumineuse l'expression d'un refus et d'un désir profond à la fois. Mystique ou pas, chacun y éprouve cette sensation de lumière qui vient de plus loin et qui fait du bien. Oui, il fait chaud au cœur chez Thiollier. Que ce soit dans les fêtes nocturnes ou les scènes mexicaines, on ressent également une espèce de pudeur pour ne pas révéler les individus, pour ne pas les démystifier par un coup de pinceau de plus. Curieusement, cela leur donne plus de présence, de réalité. Comme dans la vie, ils ne sont que des êtres qui passent et ne nous laissent d'eux qu'une attitude, un mouvement, une présence réconfortante. » - Jean-Pierre Chopin[13]
  • « Des paysages animés mais épurés, organisés par des coloris puissants dans une matière grassement nourrie. » - Gérald Schurr[14]
  • « Il est des peintres qui construisent leur œuvre comme leur vie, avec une persévérance et un courage perpétuel. Éliane Thiollier est des leurs. Elle a su très tôt mettre en évidence dans ses créations la vie qu'elle a choisie : celle de la liberté de penser. Les thèmes de voyages réunissent les personnages et les paysages en de mêmes compositions rigoureuses et puissantes. La force s'y dégage, après un lent travail de cogitation dont paradoxalement la sureté et la précision de la touche possèdent le caractère de la spontanéité réfléchie. » - Patrick-F. Barrer[8]
  • « Elle maîtrise rapidement son art, ses compositions s'ordonnent à partir d'un dessin qui traduit avec solidité l'acuité de sa vision, par ailleurs servie par une palette lumineuse aux coloris chauds. » - Lydia Harambourg[16]
  • « Trop tôt disparue, Éliane Thiollier laisse cependant une œuvre importante, diverse, qui atteste de son intérêt pour l'être humain comme pour le paysage dans différentes parties du monde qu'elle a explorées. Elle fut en effet une grande voyageuse, non pas à l'affût de l'anecdote plaisante ou insolite, mais soucieuse d'approcher au plus intime de chaque pays rencontré, découvert. À regarder ses toiles, on devine le long tête-à-tête avec les lieux afin de s'imprégner de l'atmosphère, de la traduire dans son essence. L'œuvre de Thiollier est synthèse et vie. Si elle obéit à une construction solide qu'architecturent arbres, barques, personnages, elle affirme une vraie liberté dans la traduction de paysages, de scènes quotidiennes : marchés flottants en Thailande ou couverts au Mexique, ou bien bergers au Kenya aux superbes manteaux rouges. Sa palette s'enflamme de pourpre, d'orangé, d'ocre, une gamme chaleureuse, allégée de transparences ; quant au dessin schématique, il traduit l'âme de ces personnages humbles qui l'ont attirée. » - Nicole Lamothe[10]
  • « Ses paysages, comme le note Mac-Avoy, sont “vigoureux, construits”, dans une palette reconnaissable aux nuances d'ocre, de gris, de rouges et de noirs. » - Dictionnaire Bénézit[6]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne Allemagne[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Suisse Suisse[modifier | modifier le code]

Collections privées référencées[modifier | modifier le code]

  • Henri Adam-Braun[18].
  • Hélène Queuille[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Comité Montparnasse, Exposition de peintres et sculpteurs de l'École de Paris, catalogue vendu au profit des œuvres des 14e et 6e arrondissements, juin 1951.
  2. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993, p. 964.
  3. a et b Gérald Schurr, « Les expositions à Paris », La Gazette de l'Hôtel Drouot, no 13, 29 mars 1985, p. 30.
  4. Propos d'Éliane Thiollier recueillis par Michel Vessillier-Ressi, La condition d'artiste. Regards sur l'art, l'argent et la société, Maxima - Laurent du Mesnil éditeur, 1997.
  5. Hélène Queuille, « Le défi de l'art tissé », La Critique parisienne, no 72, 2014.
  6. a et b Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 13, page 589.
  7. a b c d e f g h i et j Éric Mercier, Annes 50 - La Jeune Peinture tome II : Panorama de la Jeune Peinture, ArtAcatos, 2010, « Éliane Thiollier » pages 374-377.
  8. a et b Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.
  9. H. H., « Les expositions - Peintures de poches », Journal de l'amateur d'art, 10 décembre 1960.
  10. a et b Nicole Lamothe, Patrice de la Perrière (préface d'Ange Santini), Catalogue de la Première rencontre d'art contemporain de Calvi, Calvi, 1996.
  11. « Musée Raoul-Dastrac - Le Lot-et-Garonne en toile de fond », La Dépêche, 6 février 2000
  12. a et b Henri Héraut, « Éliane Thiollier », Journal de l'amateur d'art, n°205, 10 février 1958, page 10.
  13. a et b Jean-Pierre Chopin, « Thiollier à la Galerie Nettis », La Voix du Nord, juin 1984.
  14. a et b Gérald Schurr, « Les expositions en province », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°29, 18 juillet 1986, page 25.
  15. Pauline Persyn, « Éliane Thiollier, véritable carnet de voyage », Les échos du Touquet, 1er juin 2011.
  16. Lydia Harambourg, L'École de Paris, 1945-1965 - Dictionnaire des peintres, Éditions Ides et Calendes, 1993, page 467.
  17. Centre national des arts plastiques, "Fête nocturne sous les arbres" par Éiane Thiollier
  18. Ader-Nordmann, Catalogue de la collection Henri Adam-Braun, hôtel Drouot, Paris, 29 novembre 2013.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • George Besson, « Éliane Thiollier », Les Lettres françaises, n°709, .
  • George Besson, « Volovick, Thiollier », Les Lettres françaises, n°972, .
  • André Chamson de l'Académie française, Thiollier. Éditions Michel Brientet, 1963.
  • André Flament, Thiollier, collection « Peintres d'aujourd'hui », Éditions de l'archipel, 1974.
  • Francis Parent et Raymond Perrot, Le Salon de la Jeune Peinture - Une histoire, 1950-1983, Éditions Jeune Peinture, 1983.
  • Jean Carton (préface d'Édouard Mac-Avoy), Thiollier, Éditions de Blayac, 1985.
  • Guy Vignoht, La Jeune Peinture, 1941-1961, Éditions Terre des peintres, 1985.
  • Chantal Lanvin, Éliane Thiollier - 40 ans de peinture, Éditions du musée de Villeneuve-sur-Lot, 1986.
  • Guy Vignoht, Thiollier - Voyages, collection « Terre des Peintres », 1988.
  • Patrick-F. Barrer, Histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.
  • Lydia Harambourg, L'École de Paris, 1945-1965 - Dictionnaire des peintres, Éditions Ides et Calendes, 1993.
  • Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne).
  • Éric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, tome I : L'alternative figurative ; tome II : Panorama de la Jeune Peinture, Éditions ArtAcatos, 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]