Monique Antoine

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Monique Antoine
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Monique Antoine, née le à Paris et morte le dans la même ville[1],[2], est une avocate et militante féministe française[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Monique Antoine, fille de fonctionnaires des Postes dans l'Ariège, obtient une licence en droit à Toulouse, puis en 1960, un premier emploi à Paris, en tant que conseillère juridique dans une banque[5]. C'est à l'occasion de la guerre d'Algérie qu'elle s'engage : elle soutient les insoumis et les déserteurs, et héberge des militants algériens du FLN. Elle rejoint le réseau « Jeune Résistance » en 1960. Arrêtée en 1961, elle est incarcérée à la prison de femmes de la Petite-Roquette, dont elle n'est libérée qu'après la signature des accords d'Evian, en [6].

En lien avec son métier d'avocat, son engagement se porte ensuite sur la création du Groupe d'information sur les prisons (GIP) en 1971, avec Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet[1]. Elle fait par ailleurs partie du Mouvement d'Action Judiciaire (MAJ), un collectif d'avocats qui s'est créé à l'issue des événements de [7].

Son engagement féministe rejoint aussi son métier d'avocat lorsqu'elle participe à la défense du procès de Bobigny, en 1972. Ce procès sera une étape historique de la lutte pour la légalisation de l'avortement.

Son rôle dans l'histoire du mouvement féministe français du 20e siècle se dessine aussi par la cofondation, en 1973, notamment avec Jeannette Laot, alors membre de la direction de la CFDT, et Simone Iff, présidente du Planning familial, du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC). Elle présidera ce mouvement jusqu'en 1975, année où se dissoudra le MLAC, avec l'adoption de la loi Veil légalisant l'IVG[8].

Monique Antoine inscrit ensuite son action dans le Mouvement de libération des femmes (MLF) et dans la défense de femmes violées dont elle se fait l'avocate, aux côtés de Josyane Moutet et Colette Auger.

Monique Antoine-Timsit est morte d'un cancer, à l'âge de 82 ans, le , à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Comme l'écrivait Martine Storti dans un article du Monde, du  : « Moins de trois mois après le décès de Simone Iff, c'est une autre actrice majeure de la lutte des femmes pour la maîtrise de leur corps qui disparaît, dans cette année qui a célébré en janvier le 40e anniversaire de la loi libéralisant l'interruption volontaire de grossesse (loi Veil). »

Elle était l'épouse de Daniel Timsit.

Monique Antoine est inhumée le à Montbel (Ariège)[9].

La place Monique-Antoine a été inaugurée le , au croisement des rues Vieille-du-Temple et des Francs-Bourgeois, près des anciens locaux du MLAC (4e arrondissement de Paris)[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Disparition de la féministe Monique Antoine-Timsit, Le Monde, 27 mars 2015.
  2. Insee, « Acte de décès de Monique Marguerite Antoine », sur MatchID
  3. Mort de l'avocate féministe Monique Antoine, Le Figaro, 24 mars 2015.
  4. Monique Antoine : une figure du féminisme s'est éteinte, BFM TV, 25 mars 2015.
  5. « Disparition de la féministe Monique Antoine-Timsit », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. Martine Storti, « Monique Antoine-Timsit - Avocate et féministe », Le Monde,‎
  7. Jean-Jacques de félice, avocat militant des droits de l’homme, par le laboratoire d'Histoire Sociale CHS
  8. Le Point no 2221 du 2 avril 2015, page 17
  9. L'avocate féministe Monique Antoine décédée à 82 ans sera inhumée en Ariège, France 3 Midi-Pyrénées, 25 mars 2015.
  10. Martine Storti, « Hommage à Monique Antoine (1933-2015) avocate et militante féministe », sur Club de Mediapart (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]