Monique Antoine

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Monique Antoine
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Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Monique Antoine, née le à Paris (Seine) et morte le dans la même ville[1], est une avocate et militante féministe française[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Monique Antoine, fille de fonctionnaires des postes dans l'Ariège obtient une licence en droit à Toulouse, son premier emploi est à Paris, en tant que conseillère juridique dans une banque. C'est à l'occasion de la guerre d'Algérie que Monique Antoine s'engage, tout d'abord dans le soutien aux insoumis et déserteurs (elle rejoint le réseau « Jeune Résistance » en 1960), elle héberge de surcroît des militants algériens du FLN. Arrêtée 1961, elle est emprisonnée à la prison de femmes de la Petite-Roquette, elle ne sera libérée qu'après la signature des accords d'Evian, en mars 1962[4].

En lien avec son métier d'avocat, son engagement se porte ensuite sur la création du Groupe d'information sur les prisons (GIP) en 1971, avec Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet[1]. Elle fait par ailleurs partie du Mouvement d'Action Judiciaire (MAJ), un collectif d'avocats qui s'est créé à l'issue des événements de mai 1968[5].

Son engagement féministe rejoint aussi son métier d'avocat lorsqu'elle participe à la défense du procès de Bobigny, en 1972. Ce procès sera une étape historique de la lutte pour la légalisation de l'avortement.

Son rôle dans l'histoire du mouvement féministe français du 20e siècle se dessine aussi par la cofondation, en 1973, notamment avec Jeannette Laot, alors membre de la direction de la CFDT, et Simone Iff, présidente du Planning familial, du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC). Elle présidera ce mouvement jusqu'en 1975, année où se dissoudra le MLAC, avec l'adoption de la loi Veil légalisant l'IVG[6].

Monique Antoine inscrit ensuite son action dans le Mouvement de libération des femmes (MLF) et dans la défense de femmes violées dont elle se fait l'avocate, aux côtés de Josyane Moutet et Colette Auger.

Monique Antoine-Timsit est morte d'un cancer, à l'âge de 82 ans, le 23 mars 2015, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Comme l'écrivait Martine Storti dans un article du Monde, du 28 mars 2015 : « Moins de trois mois après le décès de Simone Iff, c'est une autre actrice majeure de la lutte des femmes pour la maîtrise de leur corps qui disparaît, dans cette année qui a célébré en janvier le 40e anniversaire de la loi libéralisant l'interruption volontaire de grossesse (loi Veil). »

Elle était l'épouse de Daniel Timsit.

Monique Antoine est inhumée le à Montbel (Ariège)[7].

La place Monique-Antoine a été inaugurée le 10 mars 2018, au croisement des rues Vieille-du-Temple et des Francs-Bourgeois, près des anciens locaux du MLAC (4e arrondissement de Paris)[8].

Notes et références[9][modifier | modifier le code]

  1. a et b Disparition de la féministe Monique Antoine-Timsit, Le Monde, 27 mars 2015.
  2. Mort de l'avocate féministe Monique Antoine, Le Figaro, 24 mars 2015.
  3. Monique Antoine : une figure du féminisme s'est éteinte, BFM TV, 25 mars 2015.
  4. Martine Storti, « Monique Antoine-Timsit - Avocate et féministe », Le Monde,‎
  5. Jean-Jacques de félice, avocat militant des droits de l’homme, par le laboratoire d'Histoire Sociale CHS
  6. Le Point no 2221 du 2 avril 2015, page 17
  7. L'avocate féministe Monique Antoine décédée à 82 ans sera inhumée en Ariège, France 3 Midi-Pyrénées, 25 mars 2015.
  8. https://blogs.mediapart.fr/martinestorti/blog/120318/hommage-monique-antoine-1933-2015-avocate-et-militante-feministe
  9. Martine Storti, « Hommage à Monique Antoine », mediapart,‎ (lire en ligne)