René Quillivic (sculpteur)

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René Quillivic
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Enfant

René Quillivic, né le à Plouhinec (Finistère) et mort le à Paris, est un sculpteur, peintre, graveur et céramiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

René Quillivic est issu d'une modeste famille de Plouhinec. Dans sa jeunesse, parlant breton, il ignorait la langue française.

Il se prépare à exercer le métier de menuisier-charpentier et fait le tour de France des Compagnons du Devoir pendant lequel il apprend la langue française, apprenant ensuite l'alphabet pendant son service militaire[1]. Ayant bénéficié d'une bourse du conseil général du Finistère, il s'oriente vers la sculpture et part se former à l'École des beaux-arts de Paris. Il travaille en 1905 dans l'atelier d'Antonin Mercié. Il expose au Salon de la Société nationale des beaux-arts, au Salon des indépendants et au Salon des artistes français. En 1907, il remporte la médaille d'or du Salon des beaux-arts avec son Groupe des Sonneurs bretons. L'année suivante, sa Brodeuse de Pont-l'Abbé lui permet d'obtenir une bourse pour voyager en Afrique du Nord et en Italie.

Il est le père de René Quillivic, graveur de timbres poste, et beau-père de Claudine Béréchel, médailleuse.

Son atelier est situé au no 73 boulevard de Montmorency à Paris, le long de la ligne de Petite Ceinture. C'est une construction en béton armé réalisée par l'architecte Pierre Patout en 1925. L'entrée de son atelier est gardée par deux statues : Femme de Ploaré et Femme d'Audierne. Les poignées de portes sont des têtes de femme[2].

René Quillivic meurt à Paris le .

Œuvre[modifier | modifier le code]

Son inspiration est issue principalement de sa Bretagne natale où il obtient de nombreuses commandes de statues (Groupe des Sonneurs de biniou au centre de Plozévet). Il sculpte les quatre statues de jeunes paysans et paysannes (deux couples, l'un de Léonards et l'autre de Cornouaillais) qui ornent les deux extrémités du pont Albert-Louppe entre Brest et Plougastel-Daoulas. Quant à la statue de La Bigoudène qui marque la limite entre le Pays Bigouden et le cap Sizun et qui a été inaugurée en 1961, son modèle, selon la tradition locale[réf. nécessaire], aurait été la cousine de l'écrivain Pierre-Jakez Hélias, employée de la famille de Georges et Albert Le Bail, anciens députés-maires de Plozévet. Il recevra commande de la ville de Saint-Malo d'un Monument à la mémoire du commandant Charcot qui sera inauguré sur le quai Sébastopol.

Son œuvre sculpté s'inspire des motifs bigoudens et celtiques. Il a utilisé les granits bretons, le plus souvent la kersantite. Sans faire partie du mouvement des Seiz Breur, il renouvelle les thèmes traditionnels, en particulier quand il travaille, à la demande de Jules Verlingue, pour la faïencerie HB à Quimper. Parmi ses œuvres, La Cueilleuse de fraises (jeune fille de Plougastel).

Les monuments aux morts[modifier | modifier le code]

Il a aussi sculpté de nombreux monuments aux morts, leur assignant une place tout à fait à part dans l'histoire de l'art, s'attachant moins à montrer le sacrifice du poilu mourant ou mort que l'« évocation du sacrifice tel qu'il se reflète dans les yeux et dans l'attitude de tous ceux qui souffrent de ne plus avoir le disparu à leurs côtés »[1], représentant par exemple un père à Plozévet, une mère à Carhaix, une sœur à Bannalec, une orpheline à Coray, le poilu disparu apparaissant quelquefois, mais comme par surcroît.

Son premier monument aux morts est antérieur à la Première Guerre mondiale puisqu'il date de 1913 (Monument commémoratif aux marins bretons victimes de l'explosion du cuirassé “Liberté à Toulon). Après la première guerre mondiale, c'est la municipalité de Saint-Pol-de-Léon qui lui commanda son premier monument aux morts.

L'après-guerre est une opportunité de pouvoir exercer son art dans la confection de nombreux monuments aux morts, dont certains d'inspiration pacifiste, principalement dans son département du Finistère (Carhaix, Coray, Fouesnant[3], Plouhinec, Plouyé, Plozévet, Pont-Croix, Saint-Pol-de-Léon, mais aussi dans les Côtes d'Armor comme à Loudéac ou à Coray).

C'est sa propre mère, portant la coiffe du Cap Sizun, qui figure, sculptée dans le granit, appuyée à la stèle du monument aux morts de sa commune natale à Plouhinec. Le buste en bronze de sa mère est également exposé non loin de là, au pignon de sa maison natale. Elle lui a souvent servi de modèle[4]. On l'a surnommé « l'imagier des morts de Bretagne ».

En 1927, la Chambre des députés lui commande le Monument de la douleur bretonne érigé à la Pointe Saint-Mathieu, amer de quinze mètres de haut surplombé d'un buste de femme dévorée par le chagrin, taillée dans un seul bloc de granit d'au moins dix tonnes, dont les longues mains se tordent, crispées d'angoisse.

Le graveur[modifier | modifier le code]

Dès 1912, il se tourne vers la gravure sur bois. Cette technique graphique lui permet d'exprimer ce qu'il ne peut réaliser par la sculpture. Il réalise une série de douze gravures sur bois intitulée L'Histoire de la mer, et des illustrations pour le livre Souvenir d'enfance et de jeunesse d'Ernest Renan. La revue L'art et les artistes[5], dans son numéro d'octobre 1930, publie des reproductions de trois gravures sur bois de René Quillivic : Devant Dieu (1919), Saint Edwet (1921) [6] (en fait une reproduction de la chapelle Sainte-Edwette en Esquibien) et La Vague[6].

Le céramiste[modifier | modifier le code]

René Quillivic a aussi conçu des statuettes, plats et vases en céramique, la plupart étant exécutés par Jules Verlingue à Quimper.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1997 : René Quillivic père et fils, et Claudine Béréchel, au musée de la Faïence de Quimper.
  • Le musée départemental breton de Quimper conserve un fonds d'œuvres de René Quillivic : sculptures (marbres, bronze, plâtres), céramiques (terres cuites, faïences et grès de Quimper), gravures sur bois. Plusieurs sculptures y sont exposées en permanence.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Chassé 1930
  2. Atelier parisien de René Quillivic, sur peit-patrimoine.com.
  3. Monument aux morts de Fouesnant, notice sur moulindelangladure.typepad.fr.
  4. Le patrimoine des communes du Finistère, tome 2, Flohic, , p. 1172-1173
  5. En ligne sur le site Gallica.
  6. a et b Charles Chassé, « René Quillivic », L'Art et les artistes : revue mensuelle d'art ancien et moderne, octobre 1930, (en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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