Rasta Rockett

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Rasta Rockett
Titre québécois Les Apprentis champions
Titre original Cool Runnings
Réalisation Jon Turteltaub
Scénario Lynn Siefert
Tommy Swerdlow
Michael Goldberg
Musique Hans Zimmer
Acteurs principaux
Sociétés de production Walt Disney Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre comédie sportive
Durée 98 minutes
Sortie 1993


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Rasta Rockett (Cool Runnings), ou Les Apprentis champions au Québec, est un film américain réalisé par Jon Turteltaub, sorti en 1993. Le film s'inspire de la participation de la Jamaïque aux épreuves de bobsleigh aux Jeux olympiques d'hiver de 1988.

Le film connaît le succès à sa sortie, aussi bien de la part du public que des critiques. L'album de la bande originale se vend également bien, porté par la reprise de I Can See Clearly Now par Jimmy Cliff.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Derice Bannock a un rêve dans la vie : aller aux Jeux olympiques et faire aussi bien que son père, Ben Bannock, célèbre sprinteur jamaïcain et champion olympique du 200 mètres aux Jeux olympiques d'été de 1968 à Mexico. Pour cela, Derice s'entraîne dur tous les jours et peut compter sur le soutien de sa femme et de son ami de toujours, Sanka Coffie. Ce dernier est un bon vivant insouciant, arborant des royales rasta dreadlocks et sept fois champion de push cart. Le jour des sélections sur 100 mètres, Derice est considéré comme le favori. Cependant, à mi-course, un concurrent nommé Junior Bevil, qui court contre l'avis de son père — un riche bourgeois de Kingston —, l'entraîne dans sa chute. Un troisième athlète est touché par cette chute : Yul Brenner. Malgré les réclamations de Derice, le président de la fédération jamaïcaine d'athlétisme refuse de faire recourir la course.

Derice va alors chercher un autre moyen d'accomplir son rêve de participer aux Jeux olympiques. Il a l'idée de participer aux Jeux... mais aux Jeux olympiques d'hiver en bobsleigh. Il se met alors à la recherche d'Irving Blitzer, double champion olympique de bobsleigh aux Jeux olympiques d'hiver de 1964 à Innsbruck en 1964 et ceux de Grenoble en 1968, mais disqualifié aux Jeux suivants à Sapporo en 1972 pour avoir alourdi son bobsleigh pour aller plus vite. Irvin Blitzer avait jadis essayé d'approcher Ben Bannock, car il avait une théorie reposant sur l'utilisation de quatre sprinteurs pour pousser le bobsleigh au démarrage et gagner ainsi de précieuses secondes dans ce moment capital. Derice apprend qu'Irving a pris sa retraite à la Jamaïque et s'est reconverti dans les paris hippiques dans un café de Sandy Bay. Mais l'ancien entraîneur a changé et il n'est plus intéressé par le bobsleigh.

Après négociations, il revient finalement sur sa décision et accepte de former une équipe. Sanka accepte, lui, de délaisser un temps le push cart, malgré sa peur panique de la glace et du froid ainsi qu'une condition physique plus que moyenne, pour le suivre dans cette aventure, mais c'est bien le seul. Finalement, les deux concurrents malchanceux des sélections olympiques — Yul Brenner et Junior Bevil — se présentent et après avoir failli s'entre-tuer, acceptent de faire partie de l'équipe. Reste un problème : le financement. Les quatre compères se lancent dans tous types d'activités pour récolter des fonds (la chanson pour Sanka : « Toute la planète demande à quoi ça rime, quatre Jamaïcains bobsleigh sur les cimes, on a le grand Derice et le petit Junior, Yul, Sanka, ce sont les plus rapides de tous les grands sprinters, aux Jeux olympiques, vaincra Jamaïca », le bras de fer pour Yul et les baisers pour Derice), mais c'est finalement la vente de la voiture de Junior Bevil qui va se révéler déterminante et leur permettre de s'envoler pour Calgary.

Toute l'équipe arrive donc à Calgary, ville de l'ouest du Canada, qui accueille les Jeux olympiques d'hiver de 1988. Là-bas, les quatre Jamaïcains vont faire la découverte de ce qu'est véritablement le bobsleigh, à savoir un sport d'hiver, implicitement réservé aux blancs. Blessée par l'attitude humiliante de certains à leur égard, l'équipe de bobsleigh de la Jamaïque va alors chercher à montrer sa vraie valeur et à se faire une place dans ce monde fermé. Après s'être qualifiés avec un bob de fortune prêté par l'équipe des États-Unis, ils sont disqualifiés pour un motif fallacieux ; il s'agit en réalité d'une manœuvre de Kurt Hemphill, l'entraîneur d'Irving en 1972, désireux de se venger de l'humiliation que lui a fait subir son ancien poulain à la suite de son affaire de tricherie. Réintégrés, ils effectuent d'abord une première descente catastrophique en terminant derniers puis se rattrapent terminant huitièmes le deuxième jour, mais lors de leur troisième descente, alors qu'ils démarrent sur les chapeaux de roue et obtiennent des temps intermédiaires excellents, une lame de leur bobsleigh cède et, à cause la vitesse désormais excessive du bobsleigh, ils chutent. Courageusement, ils hissent l'engin sur leurs épaules pour terminer la course sous les ovations de la foule.

Synopsis détaillé[modifier | modifier le code]

En novembre 1987, le sprinter jamaïcain Derice Bannock s'entraîne pour se qualifier pour le 100 mètres aux Jeux olympiques d'été de 1988. Il échoue à se qualifier lorsque son compatriote Junior Bevil trébuche accidentellement, se renversant, Derice et Yul Brenner.

Derice exprime ses frustrations à Barrington Coolidge, le président de l'Association olympique jamaïcaine. Il aperçoit une photographie dans le bureau de Coolidge, montrant son défunt père Ben, debout à côté d’un autre médaillé d’or olympique. Coolidge identifie l'homme comme le médaillé de bobsleigh américain en disgrâce Irv Blitzer, qui a été disqualifié pour tricherie aux Jeux olympiques d'hiver de 1972. Derice se rend compte qu'il pourrait participer aux Jeux olympiques d'hiver de 1988 en formant une équipe de bobsleigh et en recrutant son ami Sanka Coffie, champion du derby en poussette.

Blitzer, travaillant en Jamaïque comme bookmaker, refuse dans un premier temps d'aider Derice, jusqu'à ce qu'il apprenne qu'il est le fils de Ben Bannock. Une campagne de recrutement échoue, mais l'arrivée de Junior et Yul permet à Derice de former l'équipe de bobsleigh de quatre hommes requise. L'équipe s'entraîne avec Blitzer, bien que Coolidge refuse de financer les 20 000 $ nécessaires pour participer aux Jeux olympiques, croyant que l'équipe inexpérimentée fera honte à la Jamaïque. L'équipe trouve diverses façons de collecter des fonds, allant du chant dans la rue au bras de fer. Junior, qui évite de parler de l'équipe à son père, vend sa voiture pour financer le voyage au Canada.

À Calgary, Blitzer inscrit l'équipe, recevant un vieux bobsleigh de son ancien coéquipier Roger. Les Jamaïcains ont du mal à conduire le bobsleigh et à s'adapter au froid, bien que l'exercice et le travail acharné finissent par payer. Derice commence à copier les techniques de l'équipe suisse. Sanka, Junior et Yul se battent dans un bar avec l'équipe snob d'Allemagne de l'Est et sont réprimandés par Derice.

L’équipe se qualifie avec succès pour la finale, avant d’être disqualifiée par le comité olympique, en guise de rétribution pour le précédent scandale de tricherie de Blitzer. Blitzer affronte Kurt Hemphill, son ancien entraîneur, désormais juge au comité, lui demandant de ne pas punir les Jamaïcains pour le scandale de tricherie. Cette nuit-là, l'équipe est informée qu'elle a été réintégrée. Le père de Junior arrive pour récupérer son fils, mais Junior reste fidèle à son engagement de compétitionner, gagnant le respect de Yul.

La première journée de l’équipe sur la piste est épouvantable, terminant à la dernière place. Sanka se rend compte que Derice copie les méthodes de l’équipe suisse et encourage l’équipe à « faire du bobsleigh jamaïcain ». Ils s'améliorent dès la deuxième journée, terminant à la huitième place. Lors de leur dernière course, l’une des lames du bobsleigh se détache, le faisant basculer et s'écraser. Déterminés à terminer la course, les Jamaïcains récupèrent leur bobsleigh et le portent sur la ligne d'arrivée, gagnant les applaudissements des autres équipes et des spectateurs. Un épilogue explique que l'équipe reviendrait chez elle en tant que héros, puis retournerait aux Jeux olympiques d'hiver de 1992 pour y participer.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

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Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Le scénario s'inspire en partie de la participation d'une équipe Jamaïcaine aux Jeux olympiques de 1988 composée de Dudley et Chris Stokes et de Devon Harris et Michael White. Les droits de leur histoire sont achetés par Jeff Sagansky, alors président de TriStar, en 1989. Le projet est développé par le producteur Dawn Steel et passe ensuite chez Columbia Pictures. Après son départ de Columbia, Dawn Steel parvient à faire concrétiser le projet chez Walt Disney Pictures. Les premières ébauches de scénario prévoient un film plus dramatique et intitulé Blue Maaga. Brian Gibson, Fran Rubel Kuzui et Jeremiah S. Chechik sont un temps évoqué à la mise en scène[4]. C'est finalement Jon Turteltaub qui est choisi comme réalisateur[5].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Denzel Washington et Eddie Murphy ont respectivement refusé les rôles de Derice Bannock et Sanka Coffie. Disney envisageait par ailleurs Wesley Snipes pour le rôle de Yul, Marlon Wayans en Junior Bevil et John Candy dans le rôle du coach Irving Blitzer. Finalement, seul ce dernier est dans le film. Les rôles des quatre Jamaïcains sont tenus par Leon Robinson, Doug E. Doug, Malik Yoba et Rawle D. Lewis. Il s'agit du premier film dans lequel apparaissent les deux derniers[4]. Le rappeur Tupac Shakur aurait auditionné pour un rôle, alors que Cuba Gooding Jr., Jeffrey Wright et Eriq La Salle ont été envisagés[4].

Il s'agit de l'un des derniers films de John Candy, décédé le au Mexique des suites d'une crise cardiaque pendant le tournage de Pionniers malgré eux.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a lieu entre février et , en Jamaïque (Ocho Rios, Montego Bay, etc.) et au Canada (Calgary)[6].

Bande originale[modifier | modifier le code]

Cool Runnings
Music From The Motion Picture

Bande originale de divers artistes
Sortie
Durée 41:43
Genre musique de film, reggae, dancehall
Format CD, cassette, LP
Producteur Maureen Crowe, Lee Jaffe, Hans Zimmer[7]
Label Columbia Records
Critique

La musique originale est composée par Hans Zimmer. L'album de la bande originale se vend assez bien, portée par la reprise de I Can See Clearly Now par Jimmy Cliff qui se classe au top 40 des singles notamment aux États-Unis, au Canada, en France ou encore au Royaume-Uni[8],[4]. L'album contient plusieurs reprises comme Wild Wild Life de Talking Heads (interprétée par The Wailing Souls) ou encore Stir It Up de Bob Marley chantée par Diana King.

Dans le film, on peut également entendre Le Beau Danube bleu de Johann Strauss II, dans la séquence où l'équipe jamaïcaine regarde les patineurs s'entraîner.

No TitreAuteurInterprètes Durée
1. Wild Wild LifeDavid ByrneThe Wailing Souls 3:36
2. I Can See Clearly NowJohnny NashJimmy Cliff 3:16
3. Stir It UpBob MarleyDiana King 3:49
4. Cool Me DownNorman JacksonTiger 3:50
5. Picky Picky HeadLloyd McDonaldThe Wailing Souls 4:10
6. Jamaican Bobsledding ChantMalik Yoba, Charmaine LaCosta, Sabrina Cohen, Angela Wilks, and Linda ScottWorl-A-Girl 4:16
7. Sweet JamaicaPatrick Barrett, Garnett SmithTony Rebel 3:51
8. Dolly My BabyWilliam Maragh, T. SparksSuper Cat 3:32
9. The Love You WantWinston Matthews, Lloyd McDonald, Richard FeldmanWailing Souls 3:59
10. CountrylypsoHans ZimmerHans Zimmer 2:48
11. The Walk HomeHans ZimmerHans Zimmer 4:37
12. Rise Above It (titre bonus sur certaines éditions européennes)P. C. Harris, Peter CurryLock Stock and Barrel 3:32

Accueil[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Le film reçoit des critiques assez positives. Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, il récolte 74% d'opinions favorables pour 35 critiques et une note moyenne de 6,0510[9]. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de 60100 pour 17 critiques[10].

En France, le film obtient une note moyenne de 35 sur le site AlloCiné, qui recense 3 titres de presse[11].

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film est un succès commercial mondial. En France, il dépasse les 2 millions d'entrées et se classe 11e du box-office annuel français. Il est le quinzième plus gros succès de 1993 aux États-Unis[5].

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
68 856 263 $[1] [12] 15[12]
Drapeau de la France France 2 523 167 entrées[13]

Monde Total mondial 154 856 263 $[1] - -

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Inspiré de la participation d'une équipe jamaïcaine aux Jeux olympiques de 1988, le film a cependant pris quelques libertés avec la réalité :

  • Coolidge affirme à Derice que la boxe et le cyclisme sont les seules autres disciplines dans lesquelles la Jamaïque concourt. En réalité, le pays a également concouru dans l'haltérophilie ainsi qu'au tennis de table.
  • Irving Blitzer est un personnage totalement fictif : la vraie équipe avait plusieurs entraîneurs et aucun d'entre eux n'avait trempé dans des affaires de tricheries.
  • L'équipe originale était composée de militaires et non de sprinters ayant échoué aux sélections olympiques, d'autant plus que ces dernières ont traditionnellement lieu après les Jeux d'hiver.
  • Ce n'est pas la vente d'une voiture qui a permis aux Jamaïcains de partir pour Calgary, mais celle de T-shirts souvenirs à leur effigie[16].

On peut également relever de petits détails anachroniques :

  • Sur le plan général montrant les drapeaux des nations participant aux JO, on peut apercevoir :
    • celui du Sri Lanka (sur la gauche). Or cet état n'a pas participé aux Jeux olympiques d'hiver avant 2017.
    • celui de la Russie (blanc-bleu-rouge horizontal) alors que, en 1988, c'était encore celui de l'URSS (rouge avec la faucille et le marteau dans le coin en haut à gauche).
    • celui de la Roumanie (bleu marine-jaune-rouge vierge). Or à l'époque, ce drapeau comportait un blason au centre, car le pays était encore sous domination communiste.
  • Lorsqu'un des enfants jamaïcains écrit les noms des pays au tableau, il a notamment fait figurer l'Angleterre (alors que c'est censé être tout le Royaume-Uni), la Finlande (qui n'a jamais eu d'équipe de bobsleigh aux Jeux olympiques), et enfin la Russie (alors que, une fois de plus, cela aurait du être l'URSS).

En revanche, on voit apparaître à la fin du film, lors de la dernière descente des Jamaïcains, la vraie vidéo extraite des Jeux olympiques d'hiver de 1988 où l'on voit la chute de l'équipe lorsqu'elle aborde le virage trop vite. L'équipe franchira la ligne d'arrivée à pied[17]. À noter qu'une scène a été coupée depuis la sortie du film. Celle-ci montre un sabotage nocturne du bobsleigh de l'équipe jamaïcaine par le coureur est-allemand Josef Grool, ce sabotage étant à l'origine de la défaillance technique du bobsleigh lors de la dernière course.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « Cool Runnings », sur Box Office Mojo (consulté le )
  2. Allusion à la marque de café Sanka.
  3. Allusion à l'acteur Yul Brynner.
  4. a b c et d (en) Trivia sur l’Internet Movie Database
  5. a et b Secrets de tournage - Allociné
  6. (en) Locations sur l’Internet Movie Database
  7. a et b (en) Cool Runnings OST - credits - AllMusic
  8. I Can See Clearly Now par Jimmy Cliff - Les Charts.com
  9. (en) « Cool Runnings (1993) », sur Rotten Tomatoes, Fandango Media (consulté le )
  10. (en) « Cool Runnings Reviews », sur Metacritic, CBS Interactive (consulté le )
  11. « Rasta Rockett - critiques presse », sur AlloCiné (consulté le )
  12. a et b (en) « Cool Runnings - weekly », sur Box Office Mojo (consulté le )
  13. « Rasta Rockett », sur JP's Box-office (consulté le )
  14. Mentionné sur l'affiche du film en France : « Rasta Rockett », sur Encyclociné (consulté le )
  15. (en) Awards sur l’Internet Movie Database
  16. Jamaïque : le retour des Rasta Rocketts.
  17. La Jamaïque débarque à Calgary.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]