Johann Strauss II
| Surnom | Le Roi de la valse |
|---|---|
| Naissance | Vienne, |
| Décès | (à 73 ans) Vienne, |
| Activité principale | Compositeur |
| Activités annexes | Violoniste, chef d'orchestre |
| Lieux d'activité | Vienne |
| Ascendants | Johann Strauss |
| Famille | Eduard Strauss, Josef Strauss |
Œuvres principales
- Valses, Polkas, Marches et danses
- Le Beau Danube bleu
- La Chauve-Souris
- Le Baron tzigane
Johann Strauss II, dit Johann Strauss fils (Johann Strauss Sohn) ou Johann Strauss le jeune, est un compositeur autrichien né le à Vienne où il est mort le [1].
Son père, Johann Strauss (dit Johann Strauss père), et ses frères Josef et Eduard sont également compositeurs, mais Johann II est le plus célèbre de la famille. Surnommé « le roi de la valse », il est l'auteur entre autres du Beau Danube bleu. Plusieurs de ses polkas et marches sont également très connues, de même que son opérette Die Fledermaus (« La Chauve-Souris »).
Sommaire
Biographie[modifier | modifier le code]
Fils aîné du compositeur Johann Strauss et de Maria Anna Streim, il a cinq frères et sœurs : Josef (né en 1827), Anne (née en 1829), Thérèse (née en 1831), Ferdinand (né en 1834 mais qui ne vécut que 10 mois) et Eduard (né en 1835).
À peine âgé de six ans lorsqu'il compose sa première valse, Johann Strauss fils doit faire preuve de caractère — son père voulait qu'il devienne employé de banque[2] — pour parvenir à ses fins. Obligé de poursuivre des études non musicales, Johann fils, encouragé par sa mère, suit son inclination musicale et prend en secret des cours de piano avec Vencelas Plachy[1] et des cours de violon avec Franz Amon[1], le 1er violon de l'orchestre de son père.
Il entame des études musicales sérieuses lorsque son père quitte le foyer familial en 1842 pour vivre avec sa maîtresse, Émilie Trambusch, avec laquelle il entretient une liaison depuis 1834 et dont il aura huit enfants. Maria Anna demande le divorce en 1844 et permet à Johann fils de poursuivre activement une carrière musicale..
Il poursuit l'étude du violon avec Anton Kohlmann[1] et étudie la théorie et la composition avec Joseph Drechsler (de)[1]. Il obtient une Musiklicenz (permis officiel de donner des concerts publics) bien qu'il n'ait pas encore atteint la majorité. En septembre 1844, il forme un orchestre de 24 musiciens avec lequel il fait ses débuts au casino de Dommayer[2] à Hietzing et présente un programme qui comporte six de ses compositions ainsi que des nouvelles valses de son père. La prestation remporte un tel succès — les Valses, op. 1 sont bissées à 19 reprises — qu'il est aussitôt considéré comme le grand rival de son père.
En 1846, Johann Strauss père est nommé directeur des bals de la Cour d'Autriche au château de Schönbrunn, tandis qu'en 1848, Johann fils est nommé chef de la musique municipale de Vienne[2]. Il se réconciliera cependant avec son père, peu de temps avant la mort de ce dernier en 1849.
Johann fils réunit alors les deux orchestres[2] et poursuit sa brillante carrière, accédant au poste de Hofballmusikdirektor (directeur de la musique de bal de la Cour). Avec ses musiciens, il visite Paris, Berlin, Londres, Saint-Pétersbourg et les États-Unis, obtenant partout d'énormes succès.
Strauss épouse la cantatrice Henrietta Treffz le 27 août 1862[3] et abandonne la baguette de chef d'orchestre à ses frères cadets Josef et Eduard, eux-mêmes auteurs de valses et de polkas. Henrietta incite son mari à se lancer dans le répertoire lyrique. Après deux premiers essais en 1871 (Indigo und die 40 Räuber) et 1873 (Der Karneval in Rom), Strauss compose en 1874 ce qui est considéré aujourd'hui comme son chef-d'œuvre : Die Fledermaus (La Chauve-Souris).
Henrietta meurt le 8 avril 1878 à 59 ans. Strauss épouse six semaines plus tard l'actrice Angelika Dittrich[4] mais des dissensions, tant sur le plan privé que professionnel, naissent rapidement et le couple finit par divorcer. L’Église catholique refusant l'annulation du mariage, Strauss se convertit au protestantisme et devient citoyen du duché de Saxe-Cobourg et Gotha en janvier 1887[3]. Il épouse Adele Deutsch en août de la même année. Celle-ci va se montrer d'un soutien précieux dans la composition de ses dernières œuvres majeures comme l'opérette Waldmeister et la Kaiserwalzer (Valse de l'Empereur).
Œuvres[modifier | modifier le code]
L'apogée de Johann fils se conjugue avec celui de l'empereur François-Joseph et du rayonnement de Vienne sur la vie culturelle de toute l'Europe du XIXe siècle, au même titre que Paris.
Ses valses font le tour du monde. Sang viennois, la Valse de l'Empereur, Le Beau Danube bleu, Aimer, boire et chanter, Histoires de la forêt viennoise, sont autant de succès qui restent associées pour les Viennois à la joie de vivre.
Après 1860, suivant les conseils de Jacques Offenbach qui lui avait dit : « Vous devriez écrire des opérettes, M. Strauss »[réf. nécessaire], il commence à faire mûrir son projet d'écrire des opérettes, et finira après de nombreuses hésitations à se lancer dans cette carrière avec La Chauve-Souris en 1874, Une nuit à Venise en 1883 et Le Baron tzigane en 1885.
Sa dernière œuvre est un ballet Cendrillon composé en 1889.
Johann Strauss fils est resté une référence de la musique légère classique. Même l'avant-garde ne renie pas son héritage : Alban Berg, Arnold Schoenberg ou Anton Webern transcriront ses valses pour quatuor à cordes. Richard Wagner voyait en lui « le cerveau le plus musical qui fut jamais ».
Principales œuvres[modifier | modifier le code]
Valses et polkas (non exhaustif)[modifier | modifier le code]
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| Le beau danube bleu | |
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|---|---|
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- 1858 : Tritsch-Tratsch-Polka, polka rapide
- 1861 : Perpetuum mobile (Mouvement perpétuel)
- 1867 : Künstlerleben (Vie d'artiste), valse
- 1867 : An der schönen blauen Donau (Le Beau Danube bleu), valse
- 1868 : Geschichten aus dem Wienerwald (Histoires de la forêt viennoise), valse
- 1869 : Wein, Weib und Gesang (Aimer, boire et chanter), valse
- 1869 : Éljen a Magyar, polka
- 1871 : Tausend und eine Nacht (en) (Les Mille et Une Nuits), valse op. 346
- 1873 : Wiener Blut (Sang viennois), valse
- 1875 : Auf der Jagd (À la chasse), polka rapide
- 1880 : Rosen aus dem Süden (Roses du Sud), valse
- 1883 : Frühlingsstimmen (Voix du printemps), valse
- 1889 : Kaiserwalzer (Valse de l'Empereur), valse
- Rathausball-Tänze op.438 (Danse du bal de l'Hôtel de Ville), valse
Marches (non exhaustif)[modifier | modifier le code]
- 1854 : Napoleon-Marsch (Marche de Napoléon)
- 1864 : Persischer Marsch (Marche persane)
- 1869 : Ägyptischer Marsch (Marche égyptienne)
- Vaterländischer Marsch (Marche du pays natal), en collaboration avec son frère Josef
Opérettes[modifier | modifier le code]
- 1871 : Indigo und die 40 Räuber
- 1873 : Der Karneval in Rom (Le Carnaval à Rome)
- 1874 : Die Fledermaus (La Chauve-Souris)
- 1875 : Cagliostro in Wien (Cagliostro à Vienne)
- 1877 : Prinz Methusalem (Mathusalem)
- 1878 : Colin-maillard (Blindekuh)
- 1880 : Das Spitzentuch der Königin (Le Mouchoir de la reine)
- 1881 : Der lustige Krieg (La Guerre des femmes)
- 1883 : Eine Nacht in Venedig (Une nuit à Venise)
- 1885 : Der Zigeunerbaron (Le Baron tzigane)
- 1887 : Simplicius
- 1895 : Waldmeister
- 1897 : Die Göttin der Vernunft (La Déesse Raison)
- 1899 : Wiener Blut (Sang viennois)
Opéra[modifier | modifier le code]
- 1892 : Ritter Pasmán (Le Cavalier Pasman)
Citations[modifier | modifier le code]
- « Il n'est pas dans mes intentions de me mesurer avec insolence au génie de mon père. »[réf. nécessaire]
- « Je suis certain que mon père dans la tombe se réconciliera avec moi si je sais prouver que je ne suis pas indigne de ma profession d'artiste. »[réf. nécessaire]
- « C'est étrange mais votre musique reste aussi jeune que vous. Après tant d'années, elle n'a pas pris une ride. »[réf. nécessaire] (François-Joseph Ier d'Autriche)
Voir aussi[modifier | modifier le code]
Articles connexes[modifier | modifier le code]
Références[modifier | modifier le code]
- Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Bordas, , 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 1074
- Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse, , 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 1349
- « Johann Strauss II », Grove Music Online
- « Johann Strauss II », Classical Archives
Liens externes[modifier | modifier le code]
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