Province de Corrientes

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Province de Corrientes
Provincia de Corrientes
Blason de Province de Corrientes
Héraldique
Drapeau de Province de Corrientes
Drapeau
Localisation de la province de Corrientes
Localisation de la province de Corrientes
Administration
Pays Drapeau de l'Argentine Argentine
Capitale Corrientes
Gouverneur Ricardo Colombi (UCR)
ISO 3166-2 AR-W
Démographie
Gentilé Correntino/a
Population 1 070 283 hab. (2015)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Superficie 88 199 km2
Liens
Site web http://www.corrientes.gov.ar

La province de Corrientes (en guarani : Taragui Tetãmini) est une province du nord-est de l'Argentine, dont la capitale est la ville de Corrientes. Au nord comme à l'ouest elle est délimitée par le Río Paraná, qui la sépare du Paraguay et des provinces du Chaco et de Santa Fe ; sa frontière orientale est constituée par le río Uruguay, qui la sépare de la République d'Uruguay et du Brésil ; les rivières Guayquiraró et Mocoretá délimitent sa frontière sud avec la province d'Entre Ríos. Au nord-est se trouve sa seule frontière artificielle, qui la sépare de la province de Misiones.

Histoire[modifier | modifier le code]

Historiquement, la province de Corrientes était habitée par diverses tribus comme les kaingangs, les charrúas (une tribu pampide) et les guaranis. Tant les kaingangs que les charrúas étaient arrivés dans la région vers 6000 av. J.-C., tandis que les guaranis n'y pénétrèrent que vers 500 av. J.-C., provenant de la région amazonienne[1], pour s'installer sur les rives des fleuves Paraná et Uruguay. Dès cette époque commença un processus d'influence sur les autres tribus, ce qui entraina leur « guaranisation ».

Les guaranis s'établirent en général le long de la rive du Paraná, formant là des communautés seminomades, qui perdurèrent jusqu'à l'époque coloniale. Ils eurent et maintinrent des relations hostiles avec les autres habitants de la zone, les belliqueux charrúas (pampides), situés sur le territoire actuel du Río Grande do Sul brésilien et de l'Uruguay.

En décembre 1527, Sébastien Cabot, navigateur vénitien au service de l'Espagne, découvrit le río Paraná, et le 31 mars 1528, le río Paraguay, étant ainsi le premier européen qui put voir la côte ouest de la province de Corrientes.

Géographie[modifier | modifier le code]

La province de Corrientes fait partie de la Mésopotamie argentine, celle-ci appartenant à une région plus large appelée Litoral. C'est une province plane, dont les plus grandes altitudes se trouvent dans la région est. Vers l'ouest il y a plusieurs échelons d'altitude décroissante jusqu'au río Paraná.

La zone des étangs et lagunes de l'Iberá, qui couvre un quart de la province, est une dépression étendue de sols couverts par des sédiments d'origines fluviale et éolienne.

L'évacuation des eaux des étangs de l'Iberá se fait par le biais de deux rivières, les río Corriente et río Miriñay, respectivement vers le bassin du Paraná et celui de l'Uruguay. Les pluies fréquentes alimentent et soutiennent le niveau des étangs, surtout durant le printemps et l'été. Ce niveau n'a pas montré de changement significatif ces dernières années.

Article détaillé : Esteros del Iberá.

Climat[modifier | modifier le code]

Les précipitations annuelles à Corrientes dépassent 1 500 millimètres par an avec un creux hivernal. La grande proximité du fleuve Paraná contribue à adoucir les pointes de température.

Climogramme de Corrientes

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

La province de Corrientes se trouve entre deux fleuves importants: l'Uruguay (à l'est), et le Paraná (à l'ouest et au nord), qui constituent les frontières naturelles de son territoire. La faible hauteur de la rive du Paraná est une cause de fréquentes inondations, malgré l'infrastructure de protection qui a reçu une forte impulsion à la suite des crues dévastatrices de 1982.

Hormis ces deux fleuves, il faut citer les affluents de l'Uruguay, le río Miriñay, le río Aguapey et le río Mocoretá. Parmi ceux du Paraná, le río Corriente et le río Guayquiraró.

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Communications[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Le Pont General Manuel Belgrano permet à la Route nationale 16 de se connecter avec la province du Chaco, tandis que des ferrys permettent le passage vers la province de Santa Fe, à la hauteur de Goya.

Le passage vers la Province de Misiones et celle d'Entre Ríos se fait grâce aux routes nationales 12 et 14. Cependant, vers le sud, c'est par la nationale 12 que l'on arrive au Pont Zárate-Brazo Largo, face à la capitale fédérale, Buenos Aires.

Depuis la création du Mercosur et le développement du commerce vers le Pacifique et la Chine, le trafic routier s'accroît énormément dans la province qui est située au cœur du "Cône Sud". Les Routes nationales 123 et 14 servent de corridor pour poids-lourds au sein du Mercosur. Le Pont international entre Paso de los Libres et Uruguayana, est un passage frontalier à très gros trafic, et en amont se trouve le Pont de l'Integración reliant Santo Tomé à São Borja. Ces deux ponts sur le fleuve Uruguay constituent deux grandes portes vers le Brésil voisin.

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Transports fluviaux[modifier | modifier le code]

Le réseau fluvial est très étendu et compte trois grands secteurs : Le haut Paraná qui matérialise la frontière avec le Paraguay, le Paraná moyen et le fleuve Uruguay. Sur la rive du Paraná, grand fleuve international, se trouvent une série de ports bien équipés qui contribuent au commerce et à la croissance de la province : Esquina, Goya, Bella Vista, Corrientes et Ituzaingó.

Villes principales[modifier | modifier le code]

Villes de plus de 10 000 habitants selon le recensement de 2010 :

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

No. Département Superf.
(km2)
Popul.
2010
Chef-lieu Carte des départements
1 Bella Vista 1 695 37 212 Bella Vista Carte Corrientes avec numéros.PNG
2 Berón de Astrada 810 2 461 Berón de Astrada
3 Capitale 500 356 314 Corrientes
4 Concepción 5 008 21 113 Concepción
5 Curuzú Cuatiá 8 911 44 384 Curuzú Cuatiá
6 Empedrado 1 937 15 109 Empedrado
7 Esquina 3 723 30 802 Esquina
8 General Alvear 1 954 7 926 Alvear
9 General Paz 4 995 14 836 Caá Catí
10 Goya 4 678 87 872 Goya
11 Itatí 870 9 171 Itatí
12 Ituzaingó 8 613 31 150 Ituzaingó
13 Lavalle 1 480 28 601 Lavalle
14 Mburucuyá 957 9 252 Mburucuyá
15 Mercedes 9 588 40 667 Mercedes
16 Monte Caseros 2 287 36 338 Monte Caseros
17 Paso de los Libres 4 700 48 642 Paso de los Libres
18 Saladas 1 907 22 244 Saladas
19 San Cosme 591 14 381 San Cosme
20 San Luis del Palmar 2 385 17 590 San Luis del Palmar
21 San Martín 6 385 13 140 La Cruz
22 San Miguel 2 863 10 572 San Miguel
23 San Roque 2 243 18 366 San Roque
24 Santo Tomé 7 359 61 297 Santo Tomé
25 Sauce 1 760 9 032 Sauce
Total province 88 199 992 595 Corrientes

Population[modifier | modifier le code]

En 1869 la province comptait 129 023 habitants. Depuis 1895, la population de la province a évolué comme suit :

1895 1914 1947 1960 1970 1980 1991 2001 2010
Province de
Corrientes
255.051 347.055 525.463 533.201 564.147 661.454 795.594 930.991 992.595[2]
Total Argentine 4 044 911 7 903 662 15 893 811 20 013 793 23 364 431 27 949 480 32 615 528 37 156 195 40 117 096

Tout au long du XXe siècle, la croissance démographique a été nettement inférieure à celle de l'ensemble du pays, surtout de 1920 à 1970. La cause en était surtout un retard dans le développement économique. La province était centrée avant tout sur l'agriculture qui n'a guère performé durant cette période. En 1970, ce territoire, grand comme trois fois celui de la Belgique ou équivalent au sixième du territoire de la France, ne comptait toujours que 564 147 habitants. De 1895 à 1970, la population de la province n'a crû que de quelque 120 %, alors que l'ensemble de l'Argentine progressait de plus de 550 %.

Par après cependant, on remarque que, depuis 1970, le dynamisme démographique s'est accéléré, si bien que la population de la province augmente presqu'aussi rapidement que celle de l'ensemble du pays. En 2015, la population était déjà estimée à 1 070 283 habitants, soit une forte augmentation de pas moins de 77 600 par rapport au recensement de 2010, c'est-à-dire en cinq ans, ce qui représente une croissance de plus de 1,5 % annuellement. La raison semble en être une belle croissance économique récente, liée à la position centrale de la province au sein du Mercosur.

Il n'en reste pas moins que de 1895 à 2010 la population de la province n'avait qu'à peine quadruplé (ce qui reste élevé) alors que celle de l'Argentine avait presque décuplé. Ainsi, si l'on compare les 129 023 habitants recensés dans la province en 1869, avec les habitants de toute l'Argentine cette même année (1 737 000 habitants), et si la même comparaison se fait aujourd'hui, le poids relatif de la province a énormément décru, passant de quelque 8 % à 2,5 % de la population du pays.

Article détaillé : Démographie de l'Argentine.

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

Certaines espèces caractéristique de la région sont le quebracho colorado, le quebracho blanco, l' urunday, le viraró (es), le prosopis et le palmier caranday. On trouve aussi le pindó, le timbó, le laurier ainsi que le palmier Butia yatay et l' espinillo (acacia caven (en)).

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Dans les zones les plus humides et marécageuses, tels les Esteros del Iberá, la flore locale exubérante comprend de nombreuses espèces aquatiques. La végétation y est luxuriante et couvre des étendues importantes. Le jacinthe d'eau ou camalote (eichhornia, en guaraní aguapé) est le genre le plus fréquent, associé avec l' irupé (victoria cruziana), espèce dont les exemplaires peuvent atteindre deux mètres de diamètre et donnent une fleur énorme et impressionnante. L'ortie aquatique (cabomba australis), la canne (scirpus californicus (es)) et le lys se retrouvent dans la zone inondée. Le ceibo, le curupí (es), le guayabo ou goyavier, le flamboyant bleu ou jacaranda, le tabebuia ou lapacho, le laurier, le belombra ou ombú, le saule, l'enterolobium contortisiliquum ou timbó et l'astronium balansae ou urunday sont les espèces les plus typiques, avec les palmiers trithrinax campestris ou caranday mésopotamien, syagrus romanzoffiana ou pindó et yatay ou boutia argentin. Dans la région sud des lagunes, de denses formations de "caroubiers" ou algarrobos prosopis nigra apparaissent aussi.

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Faune[modifier | modifier le code]

Outre plusieurs centaines d'espèces d'oiseaux, on peut rencontrer des capybaras, des caïmans des renards d'Aszara, des tatou à neuf bandes, des pumas yagouaroundis, des margays et des singes hurleurs. Parmi les principales espèces menacées, se trouvent le cerf des marais, le loutre à longue queue, le renard des savanes et le cerf des pampas. Quant au jaguar, on le retrouve à nouveau dans la zone des marais de l'Iberá.

Mammifères[modifier | modifier le code]

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Reptiles[modifier | modifier le code]

L' Anaconda jaune ou curiyú (Eunectes notaeus) est présent dans les milieux humides de l'est de la province, ainsi que deux espèces de caïmans : Caïman à museau large et Jacara ou Caïman noir. Sur le territoire de la province on trouve deux espèces très différentes de boa : le Boa constrictor occidentalis et l' Epicrates alvarezi.

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Les poissons[modifier | modifier le code]

La faune ichtyologique comprend notamment le dorado et le surubí, tous deux véritables symboles des ríos de la région.

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Les oiseaux[modifier | modifier le code]

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Économie[modifier | modifier le code]

De très nombreux étangs et lagunes donnent au paysage un aspect singulier. On estime à plus de 20 000 le nombre de plans d'eau existants, si bien que près de 35 % de la superficie de la province est couverte de marais, d'étangs et de cours d'eau.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Au total, les terres aptes à la production agricole sont d'à peu près 65 % du territoire. On y fait de l'élevage bovin et ovin, des cultures d'agrumes, spécialement des oranges, et la culture du riz actuellement en forte expansion suite aux besoins du voisin brésilien tout proche. Il faut aussi mentionner les cultures industrielles comme le thé, le yerba mate et le tabac, ou encore le coton.

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

Des deux grands fleuves qui bordent la province (Paraná et Uruguay), seul le Paraná y est utilisé pour la génération d'énergie électrique.

Sur le Paraná moyen, au nord de la province à la frontière paraguayenne, le grand barrage de Yacyretá a été inauguré en 1998, et produit annuellement près de 19 milliards de kWh, que l'Argentine partage avec son voisin paraguayen.

Tourisme[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Fischer, G. (1814): Zoognosia. Tabulis synopticis illustrata, n.º 3, pág. 694. Vsevolozsky, Mosquea.
  2. (es) [xls] INDEC - Cuadro P1. Total del país. Población total y variación intercensal absoluta y relativa por provincia. Años 2001-2010

Liens externes[modifier | modifier le code]