Missions jésuites des Guaranis

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Missions jésuites des Guaranis : San Ignacio Miní, Santa Ana, Nuestra Señora de Loreto et Santa Maria Mayor (es) (Argentine), ruines de Sao Miguel das Missoes (Brésil) *
La mission de San Ignacio Miní
La mission de San Ignacio Miní
Coordonnées 28° 32′ 36″ sud, 54° 15′ 57″ ouest
Pays Drapeau de l'Argentine Argentine
Drapeau du Brésil Brésil
Type Culturel
Critères (iv)
Numéro
d’identification
275bis
Zone géographique Amérique latine et Caraïbes **
Année d’inscription 1983 (7e session)
Année d’extension 1984 (8e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Les missions jésuites des Guaranis (également appelées « réductions ») ont été construites au XVIIe siècle et XVIIIe siècle dans la forêt tropicale d'Argentine, du Paraguay et du Brésil, sur le territoire des Guaranís. Elles sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983.

Les missions[modifier | modifier le code]

Trente villages guaranis partageant un territoire et une culture constituaient la province jésuite de Misiones, correspondant à la région frontalière entre le Paraguay, l'Argentine et le Brésil actuels. Quinze de ces villages se situent en Argentine. Sept des anciennes missions ("reducciones", regroupement en español) qui forment aujourd'hui le circuit international des missions jésuites ont été déclarées Patrimoine de l'Humanité. Les cinq principales missions sont celles de São Miguel das Missões, au Brésil et San Ignacio Mini, Santa Ana, Nuestra Señora de Loreto et Santa Maria la Mayor, en Argentine. Elles sont toutes bâties sur le même plan, reflétant l'organisation sociale de la "reduccion", elle-même inspirée de principes religieux: Dans le centre se trouvent les bâtiments communs: l’église, et le collège ainsi que des ateliers d’artisanat. L'habitat des Jésuites se trouve dans le même "carré" de bâtisses. Ce centre est flanqué d'une part d'une prison, ainsi que d'une maison pour les veuves et les femmes considérées comme ayant des mœurs peu respectables; ainsi que d'un cimetière d'autre part. Celui-ci comporte une section pour les hommes, et une autre pour les femmes et les enfants. Les habitations guaranis se répartissent "en haut" et "en bas" du centre. Elles s'inspiraient tout d'abord des cases traditionnelles: Tout d'un tenant, le corps de la maison s'étirant en longueur pour abriter tous les membres de la famille. Plus tard, lorsque les Guaranis ont accepté le modèle familial monogame, des cloisons ont été ajoutées pour créer des pièces séparées[1].

Le contexte[modifier | modifier le code]

Les missions ont été construites à la suite de l’allégeance de certains chefs guaranis (les caciques) qui s’étaient placés sous la suzeraineté du Roi d’Espagne afin de ne pas avoir à se soumettre aux bandeirantes, les esclavagistes portugais du Brésil. Il y avait deux jésuites par mission.

La particularité de ces missions était que les Guaranis étaient libres. Témoigne de cette liberté les rapports de conflits entre les Jésuites et les Guaranis, ceux-ci ne supportant parfois pas les remontrances qui leur étaient faites. Le choc culturel, ainsi que le poids de cette allégeance morale aboutit à plusieurs cas de "rébellion", ou plus exactement de désertion lorsque les mutins choisissaient de repartir vivre en forêt. Il convient de souligner que dans l'ensemble, et dans le contexte de l'époque, les relations avec les hommes de l'Ancien Monde qu'étaient les Jésuites étaient exceptionnellement bonnes. Hormis la protection physique certaine, les Guaranis bénéficiaient des savoirs européens, tant d'un point de vue scientifique, qu'artistique et relativement démocratique. C'est dans le domaine de l'art qu'ils ont excellé, leurs œuvres étant aujourd'hui exposées dans les musées, et hier envoyées ecclésiastiques et aux "grands" de l'Ancien monde, comme exemplaires dignes de rivaliser avec l'art européen.

Ces missions se sont multipliées de manière exponentielle pendant trente ans, de 1611 à 1630, abritant des populations allant jusqu’à 140 000 personnes du nord de l’Uruguay au sud-est du Paraguay en passant par le Brésil et l’Argentine. Elles se développèrent avec plus de difficultés avec les tribus Guarani très dispersées dans la forêt amazonienne[2].

Elles furent assiégées de 1632 à 1635 par les bandeirantes. Le Père Montoya put obtenir des armes et une armée fut constituée qui mit un terme à ce problème. Le Pape Urbain VIII apporta, en 1639, sa protection aux Indiens avec la bulle Commissum Nobis.

À leur apogée les missions auraient couvert une superficie comparable à celle de la France.

Le Traité des limites entre le Portugal et l’Espagne en 1750 marqua la fin de ces missions. En 1758, les jésuites et les Guaranis revinrent pour refonder les missions car les portugais étaient repartis, n’ayant pas trouvé d’or en ces lieux.

L'expulsion des Jésuites des territoires portugais, en 1767, fut un dernier coup. De plus les administrations portugaise et espagnole étaient hostiles à ces zones de quasi extraterritorialité et envoyèrent des troupes mais l'offensive s'enlisa.

Dès lors les missions continuèrent mais déclinèrent progressivement jusqu’à disparaître au début XIXe siècle[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.misiones-jesuiticas.com.ar
  2. Robert Lacombe, Guaranis et jésuites : un combat pour la liberté (1610-1707), Société d'ethnographie, , p. 227.
  3. sur le site de l’Église Ste Ignace de Paris

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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