Pierre de Saintignon

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Pierre de Saintignon
Illustration.
Pierre de Saintignon aux Semaines sociales de France 2014 à l'université catholique de Lille.
Fonctions
Premier adjoint à la maire de Lille
délégué aux finances, au développement économique, aux affaires militaires, au casino et à la gestion du patrimoine privé
En fonction depuis le
(17 ans, 8 mois et 25 jours)
Élection 18 mars 2001
Maire Martine Aubry
Prédécesseur Martine Aubry
Premier vice-président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais
chargé du développement économique

(5 ans, 9 mois et 9 jours)
Élection 21 mars 2010
Président Daniel Percheron
Prédécesseur Bernard Roman
Conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais

(17 ans, 9 mois et 15 jours)
Élection 15 mars 1998
Président Michel Delebarre
Daniel Percheron
Biographie
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Angers, Maine-et-Loire, France
Nationalité Française
Parti politique PS (depuis 1967)
Profession Chef d'entreprise

Pierre de Saintignon, né le à Angers (Maine-et-Loire), est un homme politique français, membre du Parti socialiste, après avoir été successivement dirigeant associatif, dirigeant d'entreprise et haut fonctionnaire.

Il est depuis 2001 premier adjoint de la maire de Lille, Martine Aubry.

De 2010 à 2015, il a été premier vice-président de la région Nord-Pas-de-Calais, chargé du développement économique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Article connexe : Famille de Saintignon.

Pierre de Saintignon est né le à Angers (Maine-et-Loire)[1] du mariage de François de Saintignon (1912-1972) et de Monique Larmoyer.

Il est issu d'une famille noble lorraine qui avait des intérêts dans la sidérurgie à Longwy[2], membre de l'Association d'entraide de la noblesse française (ANF) depuis le . Cette famille, originaire de Verdun dont elle occupa la charge de bailli-vicomte héréditaire, faisait partie des Chevaux de Lorraine[3] et fut admise plusieurs fois aux Honneurs de la Cour au cours du XVIIIe siècle.

Son père, avocat, fut prisonnier de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale[4]. Après la guerre, il devient le directeur de la Population, ancien titre donné à la direction départementale des Affaires sanitaires et sociales[5],[3]. Sa mère, quant à elle, est orthophoniste[4].

Pierre de Saintignon, troisième d'une fratrie de cinq garçons, affirme avoir « raté toutes ses études primaires et secondaires à cause d'une profonde dyslexie qu'il soigne grâce à l'équithérapie »[6]. À cause de cette dyslexie, Pierre de Saintignon suit sa scolarité par correspondance et ne sait ni lire ni écrire jusqu’à l’âge de 10 ans[4]. Grâce aux relations de sa famille[7], Claude Chassagny, grand nom de l’orthophonie en France, conseille à sa mère de lui faire suivre des cours d’équitation[4]. L’équitation devient alors une véritable passion qui l'aide beaucoup à combattre son trouble[3]. À 16 ans, il reprend une scolarité classique en classe de première. Pierre de Saintignon décroche son baccalauréat au bout de la sixième fois[7], et poursuit son cursus avec des études en économie[4].

Il a cinq enfants[6] et neuf petits-enfants[7].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Pierre de Saintignon commence à travailler en 1967 auprès du Centre technique national pour l'enfance et l'adolescence inadaptée (CTNEAI), laboratoire associé à l’Inserm[3],[8]. Il y effectue diverses missions dans les domaines de l'urbanisme (villes nouvelles, renouveau de quartier — concernant Grenoble, en collaboration avec son maire Hubert Dubedout — ou la ville d'Alençon), de l'enfance (maltraitance)[6] — dont des recherches à l'hôpital Necker-Enfants malades sur ce sujet[4] —, et le chômage[4]. Il décide ensuite de quitter l'Inserm[3] pour un autre parcours.

En 1977 il prend la direction administrative de la Sauvegarde du Nord[3], association créée en 1957 pour la protection de l’enfance[9].

En 1978, Pierre de Saintignon crée une première entreprise d'insertion, Réabat Bâtiment. En 1987, la Sauvegarde du Nord établit le regroupement des quatre premières entreprises d’insertion au sein de Vitamine T[6]. À partir de là, le groupe n'a cessé de se développer[10]. En 28 ans, Vitamine T a pu réinsérer 33 000 personnes[6], son effectif est de 2 500 personnes salariées en 2014[11]. Vitamine T et ses filiales représentent cinquante millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014[11].

En 1990, à la suite de sa rencontre avec Philippe Francés, président de Darty, Pierre de Saintignon entre dans cette entreprise, y reste pendant 10 ans[3] et en devient le directeur général[12].

En 1999, il est nommé inspecteur général des affaires sociales[13],[4]. Il est retraité de cette fonction depuis 2011.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Militant au Parti socialiste (PS) depuis 1967[2], il rejoint le PS et la région lilloise, en 1977, pour un poste à la sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence[6].

En 1988, Pierre de Saintignon est appelé à travailler aux côtés de Michel Delebarre, alors ministre des Affaires sociales, pour participer à la rédaction de la loi portant création du revenu minimum d’insertion (RMI)[4].

Il rencontre Martine Aubry en 1990. Il lui propose alors de piloter un groupe chefs d'entreprises travaillant sur l’insertion des jeunes des quartiers défavorisés[4]. C’est sur sa suggestion que la future maire de Lille intègre l’équipe de Pierre Mauroy alors maire de Lille[3].

En mai 1991, il entre au cabinet de Martine Aubry, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle du gouvernement Cresson[2] puis du gouvernement Bérégovoy et est nommé conseiller technique de la ministre en mai 1992[14],[15] ; l'arrêté de nomination du 22 mai 1992 précise que Pierre de Saintignon est économiste.

Il est à l'origine de lois pour l’emploi des jeunes inspirées par les politiques menées à Lille[16].

En 1998, il est élu vice-président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, puis, en 2010 premier vice-président, mandat qu'il exerce jusqu'à la fin 2015.

En 2001, quand Martine Aubry remporte les élections municipales à Lille, elle lui propose de devenir son premier adjoint délégué aux Finances, au Développement économique[16], aux Affaires militaires et à la Gestion du patrimoine privé, poste qu’il occupe encore en 2015[17]. Toujours en 2001, lui est également confiée par Jacques Chirac une mission visant à établir un plan de collaboration économique entre la France et la Palestine[3]. Durant cette mission, il rencontre des représentants de l'OLP et du Hamas, ainsi que des Israéliens[3].

À partir de 2001, Pierre de Saintignon est vice-président de la région Nord-Pas-de-Calais, sous la présidence de Daniel Percheron. En 2013, la mauvaise gestion pratiquée par ce président, les « dépenses pharaoniques » et la politique de recrutement privilégiant les sympathisants socialistes et des proches sont dénoncées par ses adversaires politiques siégeant au conseil régional, dont Marine Le Pen (Front national) et Jean-Pierre Bataille (UMP), ainsi que dans la presse[18]. Daniel Percheron, à cette époque, ne souhaitait pas que Pierre de Saintignon lui succède[18].

En 2015, Pierre de Saintignon, numéro deux de la région Nord-Pas-de-Calais[19], est nommé par son parti tête de liste pour les élections régionales de décembre 2015, et donc candidat PS à la présidence de la future région Nord-Pas-de-Calais-Picardie[19] face notamment à Xavier Bertrand (Les Républicains) et Marine Le Pen (Front national). Il pâtit au début de la campagne électorale d'une notoriété relativement faible, ce qu'il reconnait lui-même[20] : il est ainsi qualifié, en , par le quotidien Le Parisien d'« inconnu du Nord »[21]. Au premier tour, il obtient 18,12 % des voix, ce qui le place en troisième position derrière Marine Le Pen, 40,64 % et Xavier Bertrand (liste d'union de la droite et du centre), 24,41 %[22],[23]. Bien qu'en position de se maintenir, avec le soutien des électeurs des listes Front de gauche-Parti communiste et d'Europe Écologie Les Verts[24] (l'ensemble faisant 28,27 %[23]), mais sans pouvoir rivaliser avec la droite[22], il annonce son retrait du second tour, suivant les injonctions de la direction de Parti socialiste, pour empêcher la victoire du Front national[24].

Détail des mandats et fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Mandats actuels[modifier | modifier le code]

  • Ville de Lille :
    • Depuis mars 2001 : premier adjoint délégué au développement économique, aux affaires militaires, au casino et et à la gestion du patrimoine privé[25].

Mandats précédents[modifier | modifier le code]

Fonctions actuelles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Annonce no 1307 du Bodacc B no 20140208 Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, 29 octobre 2014.
  2. a b et c Christine Garin, « Pierre de Saintignon, tête de pont chez les patrons », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 12 octobre 2015).
  3. a b c d e f g h i et j Geoffroy Deffrennes, « Les faces cachées de Pierre de Saintignon », sur le site du magazine Le Point, 16 juin 2015 et 29 septembre 2015 (consulté le 12 octobre 2015).
  4. a b c d e f g h i et j « Pierre de Saintignon : « Je suis fidèle mais libre », sur nordeclair.fr, Nord Éclair, (consulté le 13 octobre 2015).
  5. « Pierre de Saintignon : à Lille, le numéro 2 amené à monter en première ligne », sur lavoixdunord.fr, La Voix du Nord, (consulté le 13 octobre 2015).
  6. a b c d e et f « Régionales 2015 : Pierre de Saintignon, cheville ouvrière du PS », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le 12 octobre 2015).
  7. a b et c Stéphanie Maurice, « Pierre de Saintignon, sauver l’honneur », sur le site du journal Libération, (consulté le 3 décembre 2015).
  8. « Interview Pierre de Saintignon », sur entrepriseetsante.fr (consulté le 13 octobre 2015).
  9. « Sauvegarde du Nord - Présentation de l'association », sur La Sauvegarde (consulté le 13 octobre 2015).
  10. « Une histoire - Groupe Vitamine T », sur groupevitaminet.com (consulté le 13 octobre 2015).
  11. a et b Geneviève Hermann, « Vitamine T conjugue insertion et croissance verte », sur latribune.fr, La Tribune, (consulté le 14 octobre 2015).
  12. Claude Villeneuve, « Dirigeant le jour, militant la nuit », sur lexpress.fr, L'Express, (consulté le 15 octobre 2015).
  13. Légifrance - Décret du 28 juillet 1999 portant nomination (inspection générale des affaires sociales).
  14. « Premier adjoint, dernier fidèle », sur lexpress.fr, L'Express, (consulté le 12 octobre 2015).
  15. Légifrance - Arrêté du 22 mai 1992 portant nomination au cabinet du ministre.
  16. a et b « Pierre de Saintignon », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le 12 octobre 2015).
  17. « Ville de Lille – Adjoints », sur lille.fr (consulté le 13 octobre 2015).
  18. a et b Michel Revol, « Les dépenses pharaoniques du Nord-Pas-de-Calais – Dérives. Daniel Percheron, le président socialiste de la région, ne se refuse rien », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le 7 décembre 2015).
  19. a et b Laurie Moniez, « Régionales : Pierre de Saintignon, le pari risqué de Martine Aubry », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 12 octobre 2015).
  20. Sébastien Leroy, Laurent Decotte, « Notoriété : un poids capital pour la victoire aux régionales ? », sur lavoixdunord.fr, La voix du Nord, (consulté le 12 octobre 2015).
  21. Rosalie Lucas, « Saintignon, l'inconnu du Nord », sur le site du quotidien Le Parisien, (consulté le 12 octobre 2015).
  22. a et b Elsa Freyssenet, « Régionales : la double douche froide des socialistes du Nord », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le 7 décembre 2015).
  23. a et b « Nord-Pas-de-Calais-Picardie– Résultats des élections régionales 2015 », sur lemonde.fr, Le Monde (consulté le 7 décembre 2015).
  24. a et b Olivier Aballain, « Nord : Pierre de Saintignon se retire, la gauche n'aura aucun élu », sur 20minutes.fr, 20 minutes, 6-7 décembre 2015 (consulté le 7 décembre 2015).
  25. « Adjoints », sur lille.fr, ville de Lille (consulté le 15 janvier 2016).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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