Honneurs de la Cour

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Les Honneurs de la Cour sont un cérémonial créé au milieu du XVIIIe siècle par les rois de France pour honorer l'ancienne noblesse française. Cette distinction prestigieuse était en principe réservée aux familles capables de prouver une filiation noble, sans trace d'anoblissement, remontant avant 1400. Pour cela, les familles devaient présenter leurs preuves au généalogiste du roi qui transmettait ensuite un mémoire au roi. Le Roi accordait cependant des dispenses de preuves aux familles qui s'étaient distinguées à son service, et refusait parfois d'agréer un candidat qui avait satisfait aux preuves exigées. Les honneurs de la Cour furent en vigueur de 1715 à 1790.

Les Honneurs de la Cour[modifier | modifier le code]

Pour François Bluche[note 1], les honneurs de la Cour ont consisté de manière fort large à pouvoir être présenté au roi ou à la reine, à assister à leurs bals et à leurs réceptions et à monter dans les carrosses de Sa Majesté pour l’accompagner à la chasse[1]. Pendant longtemps aucune règle n'a précisé le choix des souverains et n'a limité le nombre des admissions[2]. Ainsi, selon Philippe du Puy de Clinchamps, « Versailles, avec Louis XIV, était devenu un monde, un caravansérail où se pressaient une foule d'adorateurs, d'ambitieux, d'escrocs où simplement de curieux »[3].

Pour Jacques de Marsay, c'est à la majorité de Louis XV en 1730 que survient un important changement des modalités d'admission. Les gentilshommes ne furent plus admis que sur leurs preuves de noblesse d'ancienne extraction[4]. François Bluche de son côté penche plutôt pour l’année 1732 où le registre des entrées de carrosse de la Petite Écurie est tenu avec précision[5]. Les travaux de ces deux généalogistes plus récents que ceux de Borel d’Hauterive nuancent la date de 1715 que celui-ci avait retenu avec le début de la tenue du registre des petites écuries[6].

« A mesure que l’admission devenait plus difficile il se trouvait plus de candidats pour la briguer (...) L’envahissement devenait tel que pour y mettre un frein le roi approuva le un règlement dont la mise en vigueur n’eut lieu qu’en avril suivant »[7].

Louis XV met en place un principe de sélection auquel nul ne doit échapper. « À l'avenir nulle femme ne sera présentée à Sa Majesté et nul homme ne pourra non plus être admis à monter dans ses carrosses[note 2] et la suivre à la chasse à moins qu'il n'ait préalablement produit, devant le généalogiste de ses Ordres, trois titres établissant chaque degré de la famille du mari : tels que contrat de mariage, testament, partage, acte de tutelle, donation, etc., par lesquels la filiation sera établie clairement depuis 1400 »[8].

L’idée fondamentale[9] est « de n’accorder qu’aux seules familles qui sont issues d'une noblesse de race » l’honneur d'être présentées au roi et de monter dans ses carrosses[10]. À charge du généalogiste du Roi de le vérifier et de lui présenter ses travaux sous forme de mémoire[11].

Selon André Borel d'Hauterive, les exceptions ne tardèrent pas à se multiplier. Dès la promulgation de l'édit de 1760, les descendants des maréchaux de France, des grands officiers de la couronne, des ministres-secrétaires d’État, des contrôleurs généraux des finances, des ambassadeurs, des chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit et les dignitaires eux-mêmes furent dispensés de faire leurs preuves de noblesse. Le roi, de son côté, étendit cette faveur à des personnes qu’il voulait honorer malgré leur origine récente ou malgré l’irrégularité ou la perte de leurs archives généalogiques[10],[12].

Jacques de Marsay en désaccord avec les propos d'André Borel d'Hauterive écrit : « Borel d’Hauterive n’est pas fondé à dire que dès la promulgation du décret de 1760 les exceptions ne tardèrent pas à se multiplier. On sait que ces exceptions avaient été expressément prévues. Elles ne constituaient donc nullement des infractions et il faut dire qu’elle paraissaient absolument justifiées »[13]. Il ajoute: « l’excessive tolérance dont parle Borel d’Hauterive ne ressort pas non plus de la liste des admissions dont la majorité aussi bien sous Louis XV que sous Louis XVI apparaît justifiée »[14] d'y trouver - sauf erreur très rare[note 3] au moins deux preuves par degré[15].

Les généalogistes des ordres du roi furent chargé de dresser la liste des preuves fournies par les familles qu’exigeaient le règlement de 1760. Philippe du Puy de Clinchamps précise que la filiation devait être établie par des actes originaux à raison de trois jusqu'à 1500 et de deux au-delà[16]. Le règlement interdit aussi au généalogiste du roi d'admettre aucun des arrêts de son Conseil et de ses cours supérieures, ni des jugements rendus par les commissaires lors des diverses recherches de noblesse faites dans le royaume[8]. Une décision à rapprocher de l’observation d'un généalogiste du roi qui « distinguait toujours entre examen de titres originaux et simple recours à une maintenue, sachant trop dans ce dernier cas que l’indulgence, l’erreur ou quelque favoritisme étaient à craindre »[17].

Le travail d'étude des actes originaux fut rempli successivement par les deux Clairambault, Beaujon et Bernard Chérin puis de 1785 à par le commis Berthier au nom de Louis-Nicolas-Hyachinte Chérin le jeune (mineur)[18] puis par ce dernier[19] à partir du [note 4].

D'après certaines sources « Chérin fils, moins bon généalogiste que son père, ne se montra pas toujours aussi sévère que celui-ci dans la vérification des preuves qui lui étaient soumises. »[20]. Bluche écrit à son sujet : « Nicolas Chérin est certainement le moins habile de la série qu'il clôt . Entré fort jeune en charge, plein d'une extrême assurance, Chérin fils semble ignorer qu'il a moins de mérite que de chance .... Il tranche . Tantôt il donne aux Chaponay-Morancé une origine chevaleresque que les généalogistes les plus sérieux leur ont refusée...»[21]

Les dossiers étaient préparés par les commis du cabinet du roi (Berthier, Pavillet, ou Chérin de Barbimont (neveu de Bernard Chérin) qui se livraient à un premier travail de préparation sur les mémoires fournis par les intéressés, en préparation du rapport destiné au roi[22].

Lors de la présentation les admis étaient tenus de porter un titre, même s’ils n’en avaient pas[23]. « Les titres et qualifications étaient laissés au choix du postulant, ceux de duc et de prince exceptés». On pouvait donc choisir entre ceux de marquis, comte, vicomte, baron[24].

« Le roi avait pris la précaution de préciser que ces qualifications, même portées dans des lettres ou des brevets signés de sa main n’avaient aucune valeur légale et n’étaient que des titres de courtoisie »[25].

Ces qualifications purement personnelles ne passaient pas à la postérité de l'impétrant[26]. André Borel d'Hauterive déclare « c'était donc des marquis ou des comtes à brevet »[23].

La présentation durait plusieurs jours. Le gentilhomme admis aux honneurs de la Cour suivait la chasse du roi en montant dans un de ses carrosses. Il était, avec d'autres, présenté simplement au roi « qui répondait au salut du présenté par un signe de tête et quelquefois lui adressait des paroles flatteuses ». La présentation des dames se faisait de manière beaucoup plus formelle, il y avait plus d'étiquette et d'apparat[23].

Les honneurs de la Cour ne sont pas à confondre avec la vie à la Cour. En effet, il faut savoir que la plupart des familles reçues à ces honneurs ne tenaient aucun rôle particulier à la Cour et en étaient même la plupart du temps écartées étant dans l'incapacité financière[note 5] de tenir un rang à Versailles. Pour Philippe du Puy de Clinchamps « en aucun cas il ne faut entendre honneurs de la Cour comme une familiarité avec le souverain »[27].

Les honneurs étaient sous l'Ancien Régime une distinction très recherchée par la noblesse française. Francois Bluche en résume le sens : « Les uns les souhaitent pour justifier l’ancienneté de leur nom, les autres pour témoigner des services de leur famille »[28].

Ils cessent le . « Il ne restait plus à Louis-Nicolas-Hyacinthe Chérin qu'à embrasser une autre carrière : ce qu'il fit en devenant général de armées de la République »[29].

Aspects généalogiques[modifier | modifier le code]

Le généalogiste du roi, s’appuyant sur le travail des commis rédigeait un mémoire pour le roi, sans prononcer de jugement et sans conclure. Le roi au vu des éléments du mémoire et de l’estime et l’affection qu’il portait au postulant décidait si celui-ci monterait dans les carrosses. « La volonté du roi et l’opinion du généalogiste n’avaient qu’une faible connexion »[6].

Selon André Borel d'Hauterive, on est généralement d’accord sur l’intégrité avec laquelle ces généalogistes admettaient ou rejetaient les preuves, mais leurs décisions n’étaient revêtues d’aucun caractère légal; il n’étaient pas appelés à trancher les questions litigieuses de noblesse et de généalogie. Ils se trouvaient simplement chargés de dépouiller et de vérifier les preuves fournies par les familles et de rédiger un mémoire à l’intention du roi dans lequel ils donnaient le résultat de leurs recherches et leur opinion sur l’origine et l’ancienneté de la souche du réquérant[18].

André Borel d’Hauterive écrit que l’œuvre de Chérin était « une œuvre de conscience et de cabinet » : il pouvait s’écarter du règlement de 1760 et admettre pour certaines familles des copies légalisées à défaut d’originaux, pour d’autres une filiation établie seulement depuis 1436 ou de donner un avis favorable sans qu’on s’occupe de faire les preuves[30].

Pour Jacques de Marsay les erreurs des généalogistes furent fort peu nombreuses[31].

Pour Philipe du Puy de Clinchamps « les filiations établies pour recevoir les honneurs de la cour ne sauraient être admises comme preuves de noblesse (...) cependant, il est évident que les filiations pour les honneurs de la cour sont de très fortes suppositions de noblesse et si quelques-unes de ces filiations sont erronées, si plus d’une est inexacte aux yeux de l’historien, aucune cependant ne soutient être noble une famille qui n’appartenait pas à la noblesse »[32].

Ces mémoires sont aujourd’hui disponibles à la Bibliothèque nationale[33].

Selon François Bluche, de 1715 à 1790 942 familles ont été admises aux honneurs de la Cour. Il précise que sur ces 942 familles « 462 seulement ont été - ou eussent été - capables de présenter une filiation prouvée, de noblesse sans principe, remontée à 1400 nouveau style[note 6]. Ce chiffre, ne comprenant ni les maisons souveraines, ni les familles étrangères d'ancienne souche, représente, malgré l'apparence, plus de la moitié du total des gentilshommes français reçus à la Cour »[34].

André Borel d'Hauterive classe les familles reçues aux Honneurs de la cour dans quatre catégories :

  • Les familles d’ancienne noblesse;
  • Celles des personnes admises en vertu de la possession de certaines charges ;
  • Celles qui étaient des branches naturelles de la maison de France ou d’autres grandes maisons ;
  • Celles qui n'avaient d'autres titres à faire valoir que la faveur du roi.

Francois Bluche distingue lui :

  • Les familles reçues sur preuves régulières ;
  • Les familles dispensées de preuves ;
  • Les familles anoblies avant 1400 ou approchant la preuve de 1400 ;
  • Les familles reçues par la grâce du Roi[35]

Il estime que pour « rendre (à chaque famille) son dû », (il) aura « recours aux jugements de Clairambault et de Baujon, des Chérin et de Berthier (…) révélant les critères de l’importance relative des familles »[28].

Aspects sociologiques[modifier | modifier le code]

Louis XV, en montrant constamment une préférence marquée pour la noblesse d’origine militaire et féodale[31] puis en consacrant cette préférence avec le règlement de 1760, en en rendant enfin l’accès plus difficile a provoqué un effet paradoxal, celui d’augmenter considérablement le nombre de candidats.

Le principe de supériorité des familles d’ancienne extraction par rapport aux familles anoblies provoque chez les premières le besoin de le voir consacré. Il a toujours été reconnu par les rois précédents [9] mais devient, avec la montée dans les carrosses officiellement enregistrée et publiée.

Pour autant Louis XV se montre soucieux de réserver aux représentants des maisons, mêmes non chevaleresques, qui avaient contribué à la grandeur de sa race d’une façon éclatante la place à laquelle ils avaient droit à sa cour.

L’admission aux Honneurs met donc sur le même pied des familles politiquement très importantes et d’une situation prédominante à la cour d’une part, et d’autre part des familles de gentilshommes issus de lignées honorables, voire très importantes de par le passé mais devenues modestes. « Dans ces familles il n'est guère de rapport que l’ancienneté nobiliaire »[28].

Ainsi deux strates de responsabilités sociales très différentes se côtoient-elles.

Pour les hommes, selon Jean-François Solon, « tel petit-fils de traitant anobli titulaire d'une charge commensale et admis aux entrées de la Chambre est davantage homme de Cour que des dizaines de gentilshommes campagnards de bonne maison qui une fois en leur vie, ont monté dans les carrosses du roi et parcouru la galerie où leur visage hétéroclite [a] fait rire, où leurs épaules chargées du prix d'un bois de haute futée, d'un pré, d'une vigne, ou d'un moulin, [ont] attesté leur mauvais goût »[36].

Quant aux femmes admises, elles ajoutent une composante sociologique qui est allée jusqu’au scandale[37]. « Le roi a mis une certaine adresse à tourner les difficultés qui pouvaient éventuellement surgir du fait des médiocres origines de celles qu’il souhaitait élever jusqu’à lui (...) Il n’est pas interdit de penser que l’esprit de prévoyance de Louis XV - pour qui l’amour fut toujours la grande affaire - l’avait inspiré dès le moment où il édicta les règles de présentations féminines en faisant dépendre l’admission des femmes uniquement de la naissance de leur mari (...) Nonobstant leur indignité personnelle à l’égard de la condition noble, des femmes était ainsi élevées par le mariage à une qualité suffisante pour prétendre à la faveur de la présentation. Il n'y avait là que conformité au règlement. Les principes du protocole furent observés. »[38].

Mais le plus important selon François Bluche est que, finalement, rendre plus difficile l’accès aux honneurs de la Cour a faussé tout à fait le sens de ce privilège. On remarque en effet que les famille admises sont le plus souvent représentées par un nombre d’individu assez restreint. « Il semble que la plupart de familles n’aient cherché dans cette cérémonie qu’une occasion de faire reconnaître et consacrer leur situation »[39]. Monter dans les carrosses devient ainsi « une consécration plutôt qu’un plaisir de vénerie »[40].

Et donc, plutôt que l’honneur « c’est la faveur utile de la preuve qui a pris le pas sur tout autre considération (...) La plus grande partie des gentilshommes susceptibles d’approcher Sa majesté au rendez-vous de chasse ou de faire présenter leurs épouses ne se préoccupe que de faire à la cour trois petits tours et puis s’en vont en leur province montrer la qualité de leur noblesse ou obtenir une charge dont la preuve des carrosses est la condition »[41]. Les honneurs de la Cour aident à faire carrière ».

Ils aident aussi à faciliter des mariages. « Les gentilshommes qui associaient les chasse du roi et leurs négociations matrimoniales n’en font nul mystère jusqu’à faire savoir au roi qu’en lui accordant la permission de le suivre dans ses voitures il le(s) mettra dans le cas de conclure un mariage très avantageux ».

Beaujon écrit que cet honneur « est devenu la source de fortunes les plus considérable par les mariages avantageux qu’il procure. La perspective que le mari soit d’une noblesse assez ancienne pour que sa femme soit présentée suffit pour qu’il l’obtienne en mariage ».

Selon Jean-François Solon « Des hobereaux fiers de leurs titres peuvent faire la dépense du voyage, du séjour au palais, de l'habit réglementaire et d'innombrables pourboires, pour raconter à leurs voisins mécontents qu'ils arrivaient de Versailles. Vanité satisfaite (et parfois bourse plate), ils ne quitteront plus ensuite leur castel. Les honneurs ne les ont pas glissés dans l'entourage du roi »[36].

Selon Francois Bluche « ceux que les évènements ont empêché de monter dans les carrosses du Roi réclament en 1790 des certificats « à toutes fins utiles » »[42]. Il évoque aussi celui qui postule les honneurs afin de pouvoir obtenir ensuite le guidon de gendarmerie qu'il sollicite, ou encore celui qui, venant de suivre le roi à la chasse s'entend dire que cela avait fait fort bon effet et qui influencerait sur l'avancement. Il souligne ainsi un aspect essentiellement utilitaire de honneurs de la cour.

Selon Patrice du Puy de Clinchamps « Bien des familles établirent leur qualité pour recevoir les honneurs de la Cour puis, ayant chassé une fois dans la suite du roi, s'en retournèrent tout aussitôt dans leur province. Là, elles étaient auréolées du prestige de ceux qui avaient eu les honneurs, prestige né de la difficulté d'établir l'ancienneté familiale requise aux entrées »[43]. « On sait en effet que la mauvaise tenue des registres paroissiaux avant le XVe siècle ou pour mieux dire leur absence souvent totale pouvait rendre très incertaine et souvent complètement impossible la production de filiations rigoureusement exactes au delà de 1399 »[44].

Aller bien au delà a été le lot de plusieurs familles qui ont fourni des pièces originales remontant au XIIe siècle, exceptionnellement au XIe siècle - en ne s’arrêtant pas à la date de 1400 strictement nécessaire. Ces familles s’assurent ainsi d’une preuve qui sera d'un intérêt très supérieur à celles qu'elles ont présentées lors des enquêtes dans les recherches de noblesse[45],[note 7].

Le bénéfice des honneurs de la Cour s'applique aussi bien à ces familles de noblesse immémoriale qu'à celles qui ont eu la faveur du roi. François Bluche s’en félicite : « Ce qui est considéré par les généalogistes férus de féodalité « comme une entorse » devient pour lui, grâce aux dispenses de preuves et aux grâces individuelles accordées une occasion exceptionnelle pour l’historien de gagner en vérité sociale »[46].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans son Catalogue da la Noblesse Française de 2007 (op.cit en référence 36, page 16) Régis Valette dit que les honneurs de la Cour sont une distinction nobiliaire prestigieuse bien mal connue avant l’étude fondamentale de François Bluche.
  2. Monter dans les carrosses est la preuve d'admission citée par La Gazette. Le caractère officiel de La Gazette, pour les honneurs de la Cour est attesté par une correspondance entre Chérin, le duc de Richelieu et Vergennes concernant la forme de la présentation (Bluche op.cit. page 30). À la rubrique « Versailles » de la Gazette la présentation fait lire : « Les (noms des personnes) qui avaient eu l’honneur d’être présentés au Roi, ont eu le (mention de la date) celui de monter dans les voitures de Sa Majesté, & de la suivre à la chasse » ainsi qu'on le voit à la lecture des admissions.
  3. Il arriva à Bernard Chérin d’être trompé. Sa bonne foi fut surprise à l’occasion du rapport fourni par la famille Chaponay-Morancé à laquelle il reconnut un origine chevaleresque que les généalogistes les plus sérieux lui ont refusé depuis (Marsay op.cit. page 107).
  4. André Borel d’Hauterive indique que Berthier a tenu la fonction de généalogiste du roi jusqu’en 1789. On voit qu’il en est différemment dans un ouvrage daté de 1994 qui réédite l’Abrégé Chronologique de Chérin le jeune. Cet ouvrage est préfacé par Pierre Durye alors conservateur en Chef aux Archives Nationales et archiviste de l’association d’entraide de la noblesse française. Piere Durye écrit que Berthier prit sa retraite à cinquante ans le et que Louis-Nicolas-Hyachinte Chérin devint alors officiellement généalogiste de ordres du roi. Pierre Durye regrette la sévérité de François Bluche qui accuse Louis Nicolas Chérin d’avoir été en dessous de sa tâche. Il indique qu’une cabale s’est dressée à la mort de son père visant à se défaire du rôle du généalogiste du roi. Chérin père avait été si compétent, honnête à en être rigide et incorruptible dans l’examen des pièces fournies par des familles dont leur grandeur du moment les rendait très susceptibles que faire disparaître la fonction serait utile à beaucoup. Par ailleurs un personnage envieux et vaniteux souhaitait prendre sa place. Le travail de Chérin en a été rendu très difficile et l’auteur retient de lui une phrase: « le métier d’honnête homme, monseigneur, est, dans ce siècle, un métier dangereux» (L.N.H.Chérin op.cit. page 8).
  5. François Bluche rappelle que "ces corvées honorables coûtent très cher". Il cite un savoureux détail des dépenses (logement, voyage, habit, veste et culotte, auberge...etc.(op.cit.page 11).
  6. Les expressions "nouveau style" et "ancien style" se réfèrent aux dates antérieures au Calendrier grégorien selon que l'on donne les dates telles qu'elles étaient écrites de par le passé (ancien style) ou telle qu'elles ont été corrigées pour tenir compte de l'écart de date imposé par ce calendrier. Un exemple est donné en note de bas de page 364[1]
  7. Les sources généalogiques s’appuient souvent sur les maintenues de noblesse. Elle permettent de tracer la famille jusqu’au dernier degré mentionné dans ces maintenues. Mais ce dernier degré n’a pas été présenté aux vérificateurs parce qu’il est le plus ancien mais parce c’est celui qui assure, de façon nécessaire et suffisante, la maintenue. Ainsi si un assigné « prétendait être de noblesse immémoriale il devait produire les titres justificatifs depuis 1560 » (Arnaud Clément op.cit.). Les familles n’ont donc pas cherché à montrer l’ensemble de leurs filiations lors des maintenues.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François Bluche, Les Honneurs de la Cour, Paris, Les Cahiers nobles, sd (1958) et réédition L'intermédiaire des Chercheurs et des Curieux Éditeur, 28, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris 5e, 2000, 96 pages, page 9
  2. Vicomte de Marsay, De l’âge de privilèges au temps des vanités et réédition par les Éditions Contrepoint, 4, rue Cassette, Paris 5e, 1977, 163 pages, page 90
  3. Philippe du Puy de Clinchamps, La Noblesse, Intremédiaire des Chercheurs et des Curieux, 28, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris 6e, 1996, page 62.
  4. Marsay op.cit. page 91
  5. Bluche op.cit. page 13
  6. a et b André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe : Notice historique sur les honneurs de la cour, (lire en ligne), p. 282.
  7. André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe : Notice historique sur les honneurs de la cour, (lire en ligne), p. 273.
  8. a et b André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe : Notice historique sur les honneurs de la cour, (lire en ligne), p. 274.
  9. a et b Marsay op.cit. page 92
  10. a et b André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe : Notice historique sur les honneurs de la cour, (lire en ligne), p. 275.
  11. André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe : Notice historique sur les honneurs de la cour, (lire en ligne), p. 278
  12. Bluche op.cit. page 14.
  13. Marsay, op.cit. page102.
  14. Marsay op.cit. page 119.</
  15. Clinchamps, La Noblesse, op.cit. page 63
  16. Clinchamps op.cit. page 63
  17. Bluche op.cit. page 13.
  18. a et b André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe : Notice historique sur les honneurs de la cour, (lire en ligne), p. 278.
  19. Louis-Nicolas-Hyachinte Chérin, Abrégé chronologique : D'Édits, déclarations, règlements, arrêts et lettres patentes des Rois de France de la troisième race concernant le fait de la noblesse, Éditions du Palais Royal, , 619 p., p. 7.
  20. Revue de Bearn, Navarre et Lannes, (lire en ligne), p. 230.
  21. Henri Mauduit, Le général Chérin (1762-1799), (lire en ligne), p. 13.
  22. Marsay op.cit. page 104.
  23. a, b et c André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe : Notice historique sur les honneurs de la cour, (lire en ligne), p. 281.
  24. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au XXIe siècle, 2002, page 205.
  25. Guide des recherches sur l’histoire de familles, Édition des Archives Nationales, Paris,1981, page 197.
  26. Marsay op.cit. page 125.
  27. Philippe du Puy de Clinchamps 62.
  28. a, b et c Bluche op.cit. page 27.
  29. Marsay op.cit. page 135.
  30. André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe : Notice historique sur les honneurs de la cour, (lire en ligne), p. 279-280.
  31. a et b Marsay op.cit. page 102.
  32. Philippe du Puy de Clinchamps, La noblesse, p. 64, L'intermédiaire des chercheurs et des curieux Éditeur, Paris, 1996.
  33. Bibliothèque Nationale, fonds Chérin 165.
  34. Bluche op.cit.page 19.
  35. Bluche op.cit. pages 19 à 24.
  36. a et b Jean-François Solnon, La Cour de France, 1987, pages 476 à 477.
  37. Marsay op.cit. page 115
  38. Marsay op.cit. page 117.
  39. Marsay op.cit. page 130.
  40. Marsay op.cit.page 100.
  41. Bluche op.cit. pages 26 et 27.
  42. Bluche op.cit.page 26.
  43. Clinchamps, La Noblesse, op.cit. page 62.
  44. Marsay op.cit.page 94.
  45. Arnaud Clément, Les Recherches de la Noblesse (1666-1729),Familles maintenues, déchargées ou condamnées, Patrice du Puy Éditeur, 2017.
  46. Bluche op.cit.page 24

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, Notice historique sur les honneurs de la cour avec la liste des familles admises, (lire en ligne), p. 273-314.
  • Jean-François Solnon, La Cour de France, année 1987, pages 476 à 477
  • François Bluche, Les Honneurs de la Cour, Paris, Les Cahiers nobles, sd (1957) et réédition L'intermédiaire des Chercheurs et des Curieux Éditeur, 96 pages
  • Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au XXIe siècle, année 2002, page 205
  • Philippe du Puy de Clinchamps, La noblesse, Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 1959

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Où l'on explique pourquoi le roi donnait un baiser et non deux à la majorité des dames présentées :