La Fille du puisatier

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Fille du puisatier (film, 2011).
La Fille du puisatier
Titre original La Fille du puisatier
Réalisation Marcel Pagnol
Scénario Marcel Pagnol
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films Marcel Pagnol
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 171 minutes
Sortie 1940

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Fille du puisatier est un film français écrit et réalisé par Marcel Pagnol, sorti en 1940 et interprété notamment par Raimu, Fernandel et Josette Day. Onzième film de Pagnol, il s'agit d'une comédie dramatique autour d'une fille-mère d'abord repoussée par les parents du père ainsi que son propre père lorsqu'elle révèle être enceinte, avant qu'ils ne reviennent vers elle après la naissance de l'enfant et par intérêt pour celui-ci.

Le film est tourné en France pendant les combats de 1940 puis l'armistice, et ces évènements se retrouvent intégrés au scénario. Sorti fin 1940 en zone libre, il s'agit du premier film de la zone libre à être diffusé en zone occupée[1], à partir d'avril 1941. Il obtient beaucoup de succès dans les cinémas français pendant plusieurs années (il est par exemple au sommet du box-office français de 1943).

L'histoire a par la suite été adaptée en pièces de théâtre, et en un nouveau film (La Fille du puisatier) par Daniel Auteuil en 2011.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1939 en Provence, Patricia est la fille aînée du puisatier Pascal Amoretti, travailleur modeste et honnête qui élève seul ses six filles depuis la mort de sa femme. À 18 ans, elle rencontre Jacques Mazel, jeune aviateur militaire riche et brillant, qui la fascine autant qu'il l'importune par ses tentatives de séduction. Felipe, l'assistant d'Amoretti, courtise Patricia qu'il aimerait épouser, mais ses efforts provoquent de nouvelles rencontres de Patricia et Jacques, qui en viennent rapidement à coucher ensemble. Jacques est alors subitement mobilisé et part en laissant une lettre pour Patricia à sa mère, qui la détruit au lieu de la transmettre. Peu après, se découvrant enceinte de Jacques dont elle est sans nouvelle, Patricia le révèle à Felipe puis à son père, et devant le rejet de cette filiation par les parents Mazel, il la chasse du foyer comme une fille perdue.

Un peu plus tard, Jacques est porté disparu et supposé mort au combat, au grand désespoir des Mazel dont il est fils unique. Amoretti, apprenant via Felipe que Patricia a accouché d'un garçon qui porte son nom de famille, se prend finalement d'intérêt pour cet enfant et fait revenir Patricia afin de l'aider à l'élever. À leur tour les Mazel s'intéressent à l'enfant dans l'espoir d'y retrouver un peu de leur fils perdu, et tentent du coup de renouer avec Amoretti, qui refuse mais Patricia les accepte. Peu après Jacques est de retour, en fin de compte bien vivant ; il découvre son enfant et veut épouser Patricia, ce qui met tout le monde d'accord.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

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  • L'équipe de tournage se souvenait du bruit des canons, parfois, qui gênait la prise de son.
  • Ce qui était au départ une banale histoire d'enfant naturel à la manière de Pagnol (Angèle et Fanny sont en quelque sorte les "cousines" de Patricia) s'est retrouvé imprégné de l'actualité, bien au-delà des intentions du réalisateur.
    Il y avait, certes, au départ, la volonté d'ouvrir les cœurs aux courageux immigrés italiens, grands travailleurs manuels. Le puisatier s'appelle Amoretti, et son plat favori est la polenta.
  • L'aviateur disparu est devenu un combattant en mission de combat, alors qu'initialement il devait partir pour une mission en Afrique.
  • Et il y a eu, ensuite, l'inclusion du discours de Pétain du 17 juin, appelant à cesser le combat (mais pas l'appel du 18 juin de Général de Gaulle, le film ayant été sorti en salle sous l'occupation, et il ne fallait pas mécontenter l'ennemi occupant). Cette version a été proposée sur la chaîne de TV « Paris Première » le 22 mai 2012[pas clair]

Le regard d'un historien[modifier | modifier le code]

François-Georges Dreyfus consacre une page à l'analyse du film qu'il juge représentatif de l'état d'esprit de l'époque[3] :

« Il faut admettre que la population française, dans son ensemble, a cru à la révolution nationale. Très peu de temps, il est vrai. Quelques mois pour certains, quelques semaines pour beaucoup. (...) Un film, sorti sur les écrans en 1940, et que l'on peut encore voir de nos jours, fournit de cet événement une expression métaphorique dont ses spectateurs d'aujourd'hui sont souvent loin de se douter : il s'agit de La Fille du puisatier de Marcel Pagnol. Le héros est un humble puisatier. Chaque jour, il s'enfonce dans les entrailles de la terre, pour y trouver l'eau vive. Il en remonte le soir, plein de vertus archaïques. (...) (Il) répudie sa fille qui n'a plus aucun espoir d'échapper au destin de fille-mère. Mais un miracle se produit : l'armistice. Le maréchal Pétain parle à la radio (depuis 1944 ce passage du film est remplacé par un message du général de Gaulle, ce qui rend le film inintelligible) annonçant le temps de la souffrance rédemptrice. Tous pleurent. (...) Second miracle : le fils revient ; il n'était que blessé. Transformé par l'épreuve, il a acquis le sens de ses responsabilités. Il épouse la mère de son fils. La morale patriarcale et terrienne de Raimu triomphe : tous s'y rallient. Une famille est fondée. »

Adaptation au théâtre[modifier | modifier le code]

Une adaptation au théâtre (Création Nationale) a vu le jour le 24 septembre 2010 au Palais des Congrès de Gruissan, due au comédien et metteur en scène Jean-Claude Baudracco (Productions Ciné-Théâtre Baudrac & Co) et Diane Lava (la fille du puisatier), Stéphane Bouby (Felipe), Julien Baudracco (Jacques Mazel), Jean-Paul Jauguin (André Mazel), Jacky Carrière (Mme Mazel), Sophie Barbero (tante Nathalie), Elodie Ruffié (Amanda) et le garçon de café Jacques Sablier. (Journal l'Indépendant)

Nouvelle adaptation au cinéma[modifier | modifier le code]

Une nouvelle version du film est sortie le 20 avril 2011 réalisée par Daniel Auteuil avec lui-même (Amoretti), Kad Merad (Felipe), Astrid Berges-Frisbey (Patricia), Sabine Azéma et Jean-Pierre Darroussin (les Mazel). Il s'agit de la première réalisation de Daniel Auteuil.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Je suis partout, 2 mai 1941, page 7 (critique du film par Lucien Rebatet)
  2. Charles Pons sur Unifrance.org
  3. F.-G. Dreyfus, Histoire de Vichy, vérités et légendes, Perrin, Paris, 1990. Pages 226-227.

Liens externes[modifier | modifier le code]