Paul-Thérèse-David d'Astros

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Paul-Thérèse-David d'Astros
Biographie
Naissance
Tourves (France)
Ordination sacerdotale
Décès
Toulouse (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal

par le pape Pie IX
Titre cardinalice Cardinal
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par
Mgr Hyacinthe-Louis de Quélen
Fonctions épiscopales Évêque de Saint-Flour
Évêque de Bayonne
Archevêque de Toulouse

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Paul-Thérèse-David d'Astros, né le à Tourves et mort le à Toulouse, est homme d'Église, évêque, puis archevêque et cardinal français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est ordonné prêtre en 1797. Neveu de Jean-Étienne-Marie Portalis, il participe à l'élaboration du Concordat de 1801. Il est ensuite vicaire du cardinal Belloy, archevêque de Paris et administre le diocèse après la mort de celui-ci et jusqu'à la nomination du cardinal Maury à ce siège, par Napoléon Ier, et sans que le cardinal Maury en ait reçu, au préalable, la permission du pape Pie VII.

Accusé d'avoir promulgué la bulle de 1809 de Pie VII excommuniant Napoléon Ier, il est emprisonné à Vincennes une première fois.

Le , comme vicaire capitulaire du diocèse de Paris, ayant reçu du Pape Pie VII, déporté alors à Savone, un bref apostolique, daté du , confirmant la censure qui frappait le cardinal Maury et lui enjoignait de renoncer à l'administration de l'archidiocèse de Paris, pour laquelle ce prélat avait illicitement abandonné le siège épiscopal de Montefiascone à l'instigation du régime impérial, l'abbé d'Astros fut arrêté par la police impériale comme de connivence avec le Pape, et fut emprisonné une seconde fois au donjon de Vincennes, Napoléon Ier ayant d'abord menacé de le faire fusiller. Il ne sortit de sa prison qu'à la chute du Premier Empire au printemps 1814. La crise du Sacerdoce et de l'Empire a des conséquences durables sur l'abbé d'Astros : initialement très conciliant vis-à-vis du nouvel ordre issu de la Révolution française, il s'affirme après 1814 comme l'une des grandes figures du clergé intransigeant.

À la suite de la restauration des Bourbons, il est élu évêque d'Orange par le pape en 1817, mais le diocèse n'étant pas érigé, il est transféré comme évêque de Saint-Flour et du Puy en 1819. Il est sacré évêque à Notre-Dame de Paris le . Il est cependant nommé évêque de Bayonne dès 1820.

Bon canoniste et administrateur talentueux, il se montre un évêque zélé et effectue scrupuleusement la visite pastorale de son diocèse. Il réorganise dès son arrivée dans son diocèse le Petit Séminaire de Larressore, crée en 1823 celui d'Oloron et bâtit un nouveau Grand Séminaire. En 1821, il rétablit les retraites ecclésiastiques. En 1827, il fait adopter par son diocèse la liturgie d'Auch.

En 1828, Mgr d'Astros refuse l'archevêché de Besançon, mais accepte en mars 1830 le siège de Toulouse, où il arrive en décembre. Après la révolution de Juillet, il s'efforce de faire observer par son clergé, de tendance nettement légitimiste, une attitude d'abstention à l'égard de la politique. Peu favorable au régime de Juillet et hostile au libéralisme, le prélat cherche en effet à obtenir la protection des autorités politiques dans l'intérêt du clergé et de la religion.

Dès 1820, il se montre résolument hostile aux idées de Félicité de La Mennais. Dans son mandement de Carême de 1832, l'archevêque de Toulouse dénonce les « doctrines corrompues » du mennaisisme. Il entreprend alors de faire dénoncer collectivement à Rome par l'épiscopat français les erreurs mennaisiennes : le 15 juillet 1832, il fait adresser à Rome, sous la signature de treize évêques du Midi, une liste de cinquante-six propositions mennaisiennes censurées. C'est à Mgr d'Astros que le pape Grégoire XVI adresse le 8 mai 1833 un Bref félicitant l'épiscopat français pour sa lutte contre les idées nouvelles ; l'archevêque fait publier le Bref dans la presse en juillet, ce qui aurait précipité l'évolution de Lamennais vers une rupture avec l'Église.

C'est également l'opposition au mennaisisme qui détermine Mgr d'Astros à publier en 1843 contre Dom Guéranger la brochure L'Église de France injustement flétrie, dans laquelle il prend la défense du missel et du bréviaire parisiens contre les attaques des partisans du rite romain[1].

Pendant son épiscopat toulousain, Mgr d'Astros s'attache à pourvoir en prêtres toutes les paroisses de son diocèse. Fidèle au gallicanisme modéré de Bossuet, le prélat se distingue cependant par une vive dévotion au pape et promeut les dévotions à l'Immaculée Conception et au Sacré-Cœur. Soucieux de la formation de son clergé, il fait venir à Toulouse des professeurs sulpiciens et rétablit en 1834 les conférences ecclésiastiques.

En 1850, au titre de sa constante fidélité au Saint-Siège et de sa résistance passive sous le régime napoléonien, il est créé cardinal par Pie IX, mais il décède avant de pouvoir aller recevoir à Rome son titre canonique.

Il est inhumé dans le chœur de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse (caveau nord).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Droulers, Action pastorale et problèmes sociaux sous la monarchie de Juillet chez Mgr d'Astros, archevêque de Toulouse, censeur de La Mennais, Paris, Vrin, , 445 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Cubizolles, Le diocèse du Puy-en-Velay des origines à nos jours, p. 375, éditions Créer, Nonette (ISBN 2-84819-030-2) (extraits)
  • Claude-Alain Sarre, Louise de Condé, Éditions Jean-Paul Gisserot (Collection Les classiques Gisserot de l'histoire), 2005 : Annexe VII: Courte biographie de l'Abbé d'Astros 1772/1851, pp. 254-255

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]