Ferdinand-François-Auguste Donnet

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Ferdinand-François-Auguste Donnet
Image illustrative de l'article Ferdinand-François-Auguste Donnet
Biographie
Naissance
Bourg-Argental (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 87 ans)
Bordeaux
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie IX
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Maria in Via
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par
Mgr Charles de Forbin-Janson
Archevêque de Bordeaux
1837 – 1882
Évêque coadjuteur de Nancy-Toul
1835 – 1837

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Ferdinand François Auguste Donnet, né le à Bourg-Argental et mort le à Bordeaux, fut homme d'Église, archevêque et cardinal français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ordonné prêtre en 1819, il fut sacré le 30 mai 1835 en qualité d'évêque de Rosa in partibus comme coadjuteur de l'évêque de Nancy et de Toul en 1835. Il fut promu archevêque de Bordeaux par ordonnance du 30 novembre 1837 puis cardinal par Pie IX du titre de Santa Maria in Via[1] dans le consistoire du 15 mars 1852 jusqu'à sa mort en 1882.

L'épiscopat de Mgr Donnet, qui dura plus de 47 ans, compte parmi les plus longs dans les annales de l'Église de France, dépassant en durée celui du cardinal Louis-Jacques-Maurice de Bonald à l'archevêché de Lyon (32 ans).

Il fut également sénateur de l'Empire.

Les « clochers Donnet »[modifier | modifier le code]

C'est sous son influence que fut lancé « le plus formidable mouvement de restauration et de reconstruction d’édifices religieux que la Gironde ait connu »[2].
Le cardinal « entreprend une vaste campagne de reconquête des fidèles et entend offrir à leur communauté les édifices de culte vastes et en bon état qui pourront les abriter et témoigner de la vivacité de la foi comme au Moyen-âge »[2]. « Du propre aveu du cardinal, ce sont 310 églises, 100 clochers, 30 presbytères et un grand nombre de chapelles qui seront ainsi démolis, transformés, rebâtis, rénovés, sur les 605 églises que comptent les 554 communes de Gironde[3]. »
Lesdits travaux ne sont pas sans provoquer oppositions et polémiques[3], non seulement de la part des responsables locaux, premiers intéressés puisque les églises sont, depuis 1790, propriétés des communes, et que ce sont eux qui sont contraints de les financer, mais aussi de la part d'une partie de l'intelligentsia girondine :
On prête à Haussmann, lui-même préfet de la Gironde de 1851 à 1853, cette adresse à l’archevêque de Bordeaux : « Notre département, Monseigneur, ressemblera d’ici peu à un hérisson ! »
Léo Drouyn renchérit ultérieurement : « Les fantaisies du cardinal Donnet [ont] fait plus de mal aux églises girondines que la guerre de Cent ans, les guerres de religion et la Révolution réunies. »[4]
Les architectes le plus souvent commis sont le bordelais Henri Duphot — à qui l'on doit, entre autres, les restaurations et donc, les flèches, de l'église Saint-Amand de Caudéran, de l'église Saint-Vincent de Portets (1861), del'église Notre-Dame de Virelade (1866) et de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Langon (1845-1869) —, Paul Abadie — auteur des restaurations de l'abbatiale Sainte-Croix, de la flèche de la basilique Saint-Michel, de l'église Saint-Ferdinand, de l'église de la Bastide, tous édifices bordelais ainsi que du très controversé Sacré-Cœur de Montmartre à Paris. —, un certain Ch. Durand...

Jean-Auguste Brutails, dans son livre Les vieilles églises de la Gironde[5] publié en 1912, ne laisse pas d'insister sur les dépréciations commises par le cardinal et ses affidés :

  • Au sujet du clocher-tour Pey-Berland de Bordeaux[6] : « Le cardinal Donnet le fit racheter en 1850 et le dénatura en posant sur la flèche une statue de Notre-Dame d'Aquitaine[N 1]. »
  • Au sujet de l'abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux[7] : « Enfin, Abadie vint... Son projet est de décembre 1860. L'histoire détaillée de cette restauration serait d'un intérêt piquant. Soutenu par des alliés puissants, parmi lesquels il faut compter le cardinal Donnet, Abadie entreprit de transformer l'église, et il y réussit. » Suit le détail des malfaçons du clocher entre autres.

Légende[modifier | modifier le code]

Il aurait été enterré une première fois en 1826, à l'âge de 31 ans, car déclaré mort durant son sermon lorsqu'il n'était encore que prêtre. Ce serait un de ses amis qui demanda à ouvrir le cercueil après avoir entendu des coups venant de celui-ci. Le cardinal aurait donc vu et vécu la préparation de son enterrement et ses proches lui dire adieu sans pouvoir réagir[8].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les papiers personnels de Ferdinand-François-Auguste Donnet sont conservés aux Archives nationales sous la cote 160AP[9]
  • Instructions, mandements, lettres et discours de Mgr l'archevêque de Bordeaux F.-F.-A. Donnet, sur les principaux objets de la sollicitude pastorale. De 1837 à 1850, Bordeaux, impr. de H. Faye,‎ , 496 p. (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La statue de Notre-Dame d'Aquitaine est due à l'architecte Jean-Alexandre Chertier et a été installée en 1863.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Semaine religieuse du diocèse de Tulle, no 53 du 30 décembre 1882, p. 890-891.
  2. a et b L'église Saint-Pierre de Gradignan par Marie-France Lacoué-Labarthe de la Societé Archéologique de Bordeaux
  3. a et b Influence du cardinal Donnet : les clochers néogothiques en Graves Montesquieu d'après JP Meric consulté le 11 avril 2014.
  4. Jean-Auguste Brutails , Les vieilles églises de la Gironde, Éd. Feret et fils, Bordeaux, 1912, p. 303, (lire en ligne).
  5. Jean-Auguste Brutails , Les vieilles églises de la Gironde, Éd. Feret et fils, Bordeaux, 1912.
  6. lire en ligne, page 28.
  7. lire en ligne, page 29.
  8. G. Lenotre in Historia, no 362, p. 80-81, 1977
  9. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales