Patrick Chappatte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Patrick Chappatte
Image illustrative de l’article Patrick Chappatte
Patrick Chappatte aux Journées Scientifiques et Pédagogiques 2018 de l'EPFL

Naissance (55 ans)
Karachi, Sind
Drapeau du Pakistan Pakistan
Nationalité Suisse
Profession Dessinateur de presse, BD Reporter
Distinctions honorifiques Thomas Nast Award (2011)
Prix du public 2012, Nebelspalter
Site internet http://www.chappatte.com

http://www.bdreportage.com

Médias actuels
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Média Presse écrite
Historique
Presse écrite Le Temps
NZZ am Sonntag
Autres médias Der Spiegel (D)
Le Canard Enchaîné (F)
The Boston Globe (USA)

Patrick Chappatte est un dessinateur de presse suisse né le à Karachi (Pakistan).

Il travaille pour l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, ainsi que pour le quotidien Le Temps et l'édition du dimanche du Neue Zürcher Zeitung en Suisse. Il contribue également au Canard enchaîné en France et au Boston Globe aux États-Unis. Il dessine pendant plus de 20 ans pour The New York Times, jusqu'en 2019. Ses dessins sont repris dans des médias internationaux, tel que Courrier international. Le site Yahoo! Actualités a également publié ses productions par le passé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Patrick Chappatte est né en 1967 d'un père suisse et d'une mère libanaise[1]. Il vit à Singapour jusqu'à ses cinq ans, puis grandit à Genève.

À peine majeur, il fait ses débuts dans la presse suisse en tant que dessinateur au quotidien La Suisse[2]. Il publie ensuite à l'Hebdo, au sein de la Tribune de Genève et enfin au journal Die Weltwoche. De 1995 à 1998, Chappatte vit à New York où il collabore à l'International Herald Tribune et au The New York Times comme illustrateur, avant d'y introduire plus tard ses dessins de presse. Il publie également à cette époque la bande dessinée Rob the Cybernaut dans Newsweek.

BD reportages[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, Patrick Chappatte écrit des reportages en bande dessinée, se mettant en scène lui-même et traitant des thèmes d’actualité. Il signe des reportages dessinés dans la presse, sur internet et sous forme de film d'animation.

Parmi ces récits : la guerre de Gaza (2009), les bidonvilles de Nairobi (2010), les Maras, bandes criminelles de la ville de Guatemala (2012), la « fabrique » des vedettes de la K-pop à Séoul (2013) et les couloirs de la mort américains[3] (2016),

En 2016, il publie le BD reportage Inside Death Row[4] en cinq épisodes, dans le New York Times. Il est repris partiellement en français par l'Hebdo. Ce travail s'inscrit dans un plus large projet réalisé par Patrick Chappatte et Anne-Frédérique Widmann (en) visant à contribuer au débat sur la peine capitale aux États-Unis[5]. De cette collaboration naît également l'exposition Windows on Death Row, qui croise les réalisations artistiques de condamnés à mort, invités à dessiner leur réalité dans les couloirs de la mort, et celles de dessinateurs de presse américains[6]. L'exposition initialement inaugurée à Los Angeles en 2015 tourne pendant trois ans aux États-Unis et en Suisse, notamment à Genève, Morges et Delémont, avant de se clôturer à New York en 2018[7][source insuffisante]. Après une année de pause, elle est à nouveau exposée en 2019 au CAL de Charleroi, en Belgique[8].

En 2020, il publie Au cœur de la vague, un BD reportage sur le covid-19[9].

Reportages animés[modifier | modifier le code]

En 2009, Patrick Chappatte s'est rendu dans le sud du Liban où la population vit sous la menace de véritable bombes à retardement : les armes à sous-munitions. Il y a réalisé un reportage sous forme de bande dessinée : La mort est dans le champ. En 2011 ce reportage sort sous la forme d’un documentaire d'animation[1].

Pour Patrick Chappatte, la réalisation de ce documentaire s’inscrit dans une démarche à la fois professionnelle et personnelle. « Étant de père suisse mais de mère libanaise, je voulais mieux comprendre les problèmes auxquels les Libanais continuent de devoir faire face, bien après la fin des combats », explique-t-il. « Je voulais également mettre à profit mes compétences de dessinateur de presse, mon expérience de journaliste et mon sens de la satire pour proposer un nouveau regard sur les conflits oubliés, ainsi qu'un nouveau moyen de montrer les gens qui sont derrière l'histoire. »[10].

Fin des dessins de presse au New York Times[modifier | modifier le code]

Patrick Chappatte dessine pendant plus de 20 ans pour The New York Times. Fin , la republication par le journal d'un dessin sur Benyamin Netanyahou et Donald Trump du dessinateur António Moreira Antunes (pt)[11],[12],[13], initialement paru dans le magazine portugais Expresso, provoque une polémique violente et des excuses du journal américain. Dans la foulée, celui-ci renonce à publier tout dessin satirique[14]. Le , à la suite de cette décision, Patrick Chappatte publie sur son site un essai intitulé « La fin du dessin de presse au New York Times »[15]. Le manifeste est traduit en 17 langues, amorçant un débat sur le rôle des réseaux sociaux et la place de la satire[16],[17],[18].

Après cette polémique, il donne en une intervention illustrée lors d'une Conférence TED défendant la nécessité de la satire : « Les caricatures politiques sont nées avec la démocratie et elles sont remises en question en même temps que la liberté », dit-il lors de son exposé[19].

Cinq mois plus tard, Patrick Chappatte sort le recueil de dessin de presse This Is the End dont Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d'économie américain, signe la préface. Dans cet ouvrage, il revient sur les derniers dessins parus dans The New York Times, les années Trump et les défis auxquels la démocratie fait face.

En 2020, le Musée des beaux-arts du Locle, en Suisse, invite Patrick Chappatte à investir ses lieux dans l’exposition « Gare aux dessins ! » consacrée à la pratique de la liberté d’expression et du dessin de presse. Y sont exposés des dessins de presse suisses et étrangers ayant fait débat, parfois refusés, censurés, tous témoins d’époques et de libertés variables.[20],[21]

Il publie régulièrement des dessins de presse dans Le Canard enchaîné depuis janvier 2020[22],[23].

Hommages[modifier | modifier le code]

En , il devient le premier non-Américain à recevoir le Thomas Nast Award (en) décerné par l'Overseas Press Club of America[24]. Il sera encore deux fois lauréat de ce prix[16] : en 2016[25] et 2019[26].

En , il reçoit le prix du public 2012 du journal satirique suisse Nebelspalter[27].

En 2017, l'association suisse Films Plans-Fixes lui consacre un documentaire retraçant son parcours[28].

En 2020, la Fondation pour Genève lui remet son prix annuel, « pour sa contribution exceptionnelle au rayonnement de Genève et pour son engagement en faveur de la liberté de presse et d’expression »[29].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Recueils de dessins[modifier | modifier le code]

  • Faites-nous rire!, Kesserling, Lausanne, 1989
  • Attention, chute de mythes, Atoz / Dessinateurs Associés, Genève, 1992
  • Le 21ème siècle ne passera pas, Éditions Le Temps, Genève, 1999
  • Globalement positif, Courrier international, Paris, 1999
  • Les bons et les méchants, Éditions Le Temps, Genève, 2004
  • La vie qu'on mène, Éditions Glénat, Grenoble, 2006
  • Super-Contribuable, Globe Cartoon / Le Temps, Genève, 2008
  • Coupez! Globe Cartoon / Le Temps, Genève, 2008
  • Le choc des ego, Globe Cartoon, / Le Temps, Genève, 2018

Reportages dessinés[modifier | modifier le code]

Collectifs notables[modifier | modifier le code]

  • La France vue par les Suisses, Éditions Glénat, Grenoble, 2007
  • Le foot vu par les Suisses, Éditions Glénat, Grenoble, 2008
  • Alors, ça marche?, Éditions Gallimard / Cartooning for Peace, Paris, 2017
  • Les Droits de l'Homme, c'est pour quand?, Éditions Gallimard / Cartooning for Peace, Paris, 2017

En anglais[modifier | modifier le code]

  • Another Word, Globe Cartoon / International Herald Tribune, Genève, 2004
  • Partly Cloud, Globe Cartoon / International Herald Tribune, Genève, 2008
  • Signs of recovery, Globe Cartoon / International Herald Tribune, Genève, 2010
  • Stress Test, Globe Cartoon / International Herald Tribune, Genève, 2012
  • Slow Burn, Globe Cartoon / The New York Times, Genève, 2014
  • Democracy, Globe Cartoon / The New York Times, Genève, 2016
  • This Is the End: The Last Cartoons from the New York Times, Globe cartoon, Interlink Book, 2019

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mathilde de Kerchove, « Chappatte : Mon point de repère ici, c’était ma tante de Beyrouth », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  2. « Patrick Chappatte », sur Association Plans Fixes (consulté le )
  3. Patrick Chappatte, « Dans les couloirs de la mort | BD REPORTAGE » (consulté le )
  4. https://www.nytimes.com/interactive/2016/05/04/opinion/the-last-phone-call.html
  5. (en-US) « Vernissage et expo à Charleroi, Belgique », sur Windows on Death Row (consulté le )
  6. (en-US) « Description », sur Windows on Death Row (consulté le )
  7. « Sur Chappatte », sur Chappatte.com (consulté le )
  8. (en-US) Windows on death row, « Vernissage et expo à Charleroi, Belgique », sur Windows on Death Row (consulté le )
  9. Frédéric Potet, « Chappatte, Blutch, Larcenet… le Covid-19 et le confinement en BD », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. La mort est dans le champ : documentaire d'animation de Chappatte
  11. « Après une polémique, le New York Times renonce aux dessins politiques », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. Valérie Cantié, « Patrick Chappatte sur la décision du NY Times d'arrêter les dessins de presse : "il y a de quoi s'inquiéter" », France Inter,‎ (lire en ligne)
  13. « Un œil sur les médias - New York Times : où est Charlie ? », France 24,‎ (lire en ligne)
  14. (en-US) Steve Lohr, « New York Times’s Global Edition Is Ending Daily Political Cartoons », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  15. (en-US) « The end of political cartoons at The New York Times », sur Chappatte.com (consulté le )
  16. a et b « Patrick Chappatte, caricaturiste gommé du « New York Times » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. « Fin des caricatures au NY Times : "C'est la liberté d'opinion qui va être mise en pièces", déplore Plantu », France Inter,‎ (lire en ligne)
  18. Valérie de Graffenried, « Dessin de presse: fini de rire », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  19. (en) Patrick Chappatte, « Un monde libre a besoin de satire » (consulté le )
  20. « Chappatte - Gare aux dessins ! - - Musée des beaux-arts du Locle Le Locle », sur culturoscoPe (consulté le )
  21. « Visite de l’exposition «Gare aux dessins!» en compagnie de Chappatte - 03/09/20 - Le Locle », sur Evenium.net (consulté le )
  22. « Chappatte, une année fébrile à croquer le virus », par Aurélia Vertaldi, Le Figaro, 4 mars 2021, site lefigaro.fr.
  23. « Patrick Chappatte, dessinateur attitré du journal Le Temps, primé mercredi à Genève pour son travail », Marion Lagardère, France Info, 28 octobre 2020, site francetvinfo.fr.
  24. (en) « Thomas Nast Award Goes To Swiss Cartoonist Patrick Chappatte », The Comics Reporter,‎ (lire en ligne)
  25. Patrick Chappatte remporte pour la seconde fois le Thomas Nast Award, 28 avril 2016, Le Temps.
  26. Le Thomas Nast Award va pour la troisième fois à Patrick Chappatte, 21 mars 2019, Le Temps.
  27. Karikaturist Chappatte erhält «Nebelspalter»-Publikumspreis 2012, sur nebelspalter.ch
  28. « Patrick Chappatte », sur Association Plans Fixes (consulté le )
  29. « Prix 2020 remis à Patrick Chappatte, Dessinateur de presse », sur www.fondationpourgeneve.ch (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :