Nebelspalter

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Nebelspalter
Der Nebelspalter
Image illustrative de l’article Nebelspalter
Logo du journal.

Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Langue Allemand
Périodicité Hebdomadaire puis mensuel
Format 34 × 24,5 cm
Genre Presse satirique
Diffusion 21 000 ex. (2013)
Date de fondation 1875
Éditeur Thomas Engeli
Ville d’édition Horn

Rédacteur en chef Marco Ratschiller
ISSN 0028-1786
OCLC 778337657
Site web http://www.nebelspalter.ch/

Le Nebelspalter est un journal satirique suisse créé en 1875 à Zurich. C'est le plus ancien titre satirique au monde à être toujours publié[1] ; il est considéré comme une « institution » en Suisse[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Der Nebelspalter est créé en 1875 par Jean Nötzli à Zurich, profitant de la disparition de Der Postheiri, un journal illustré et satirique à succès publié depuis 1845, dont il récupère pour partie le public[3],[4]. Rédigé en langue allemande ou dans divers dialectes locaux, il est sous-titré « humoristique et de politique » l'année de sa création, puis « satirique » en 1876[5].

La fin du XIXe siècle est marquée par la montée en puissance de l'Empire allemand, qui contribue à façonner l'identité suisse ; le Nebelspalter se saisit alors de ce rapport, souvent conflictuel, entre la Suisse et son voisin allemand ; ce dernier est d'ailleurs scruté plus sévèrement que la France ne l'est[4],[6]. La vocation première du journal, telle qu'affirmée dans son premier éditorial, est de combattre les divers conservatismes que connaît la Suisse ainsi que les jésuites. Le titre, destiné à la bourgeoisie, est ainsi libéral, anticlérical et progressiste[5]. À la fin du siècle, la feuille satirique délaisse l'anticléricalisme pour un antisémitisme marqué[6].

Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, le journal dénonce régulièrement les deux camps avant de soutenir, en 1916, l'Allemagne. Cet engagement, lors de la défaite germanique, lui fait perdre de nombreux abonnés[3],[6].

En 1922, Nebelspalter quitte Zurich pour Rorschach et subit de profonds changements éditoriaux[5]. Les années 1930 représentent sa période faste ; malgré la censure, Nebelspalter tente – dès l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en 1933 – de contrecarrer par la caricature et la satire l'influence du nazisme et du fascisme[3].

Si sa diffusion progresse jusqu'au milieu des années 1970, le Nebelspalter perd l'essentiel de son audience dans les années 1990, notamment sous l'influence de la concurrence quotidienne et télévisuelle et malgré plusieurs changements de direction. Fin avril 1998, le tirage tombe en-dessous des 1 000 exemplaires ; la cessation de sa publication est annoncée. Mais l'éditeur Thomas Engeli le rachète à la dernière minute et parvient à le relancer[7].

La diffusion payée de Nebelspalter s'élève à 21 000 exemplaires en moyenne en 2013, pour une parution de dix numéros par an[8].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

La manchette du premier numéro.

À sa création en 1875, le journal est intitulé Der Nebelspalter, mais il abandonne définitivement le déterminant en 1908. Publié chaque samedi, le titre est imprimé sur un format 34 × 24,5 cm. Il se compose initialement de quatre pages en noir et blanc, puis de quatre à dix entre 1887 et 1918 ; la couleur est utilisée à partir de 1887[9]. Journal illustré, Der Nebelspalter voit peu à peu l'image prendre de l'importance ; elle domine le texte dès 1900[9]. Le prix à l'unité varie de 25 centimes en 1886 à 30 centimes deux ans plus tard et ce jusqu'en 1918[5].

La diffusion du Nebelspalter jusqu'en 1922 n'est pas connue avec précision, les archives du journal ayant disparu lors de son départ de Zurich. En 1913, un encart dans le journal évoque toutefois un tirage de 4 100 exemplaires[5]. En 1975, le tirage du journal, à son paroxysme, atteint les 65 000 exemplaires[3].

Auteurs[modifier | modifier le code]

Ont collaboré au journal des auteurs tels que René Gilsi (de), Jakob Nef (de), Fritz Behrendt, Werner Büchi (de), Nico Cadsky, Horst Haitzinger, César Keiser (de), Franz Hohler (de), Lorenz Keiser (de), Peter Stamm, Linard Bardill (de), Heinrich Danioth (de) ou encore Albert Ehrismann (de).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Der Nebelspalter (1875-1921) - Un périodique suisse au cœur de l'Europe des revues et des arts », Université de Lausanne (consulté le 17 novembre 2014)
  2. Peter Métraux, Die Karikatur als publizistische Ausdrucksform untersucht am Kampf des « Nebel- spalters » gegen den Nationalsozialismus 1933-1945, Berlin, Métraux, s.n., 1966, p. 26
  3. a b c et d Bruno Knobel, « Nebelspalter, Der », Dictionnaire historique de la Suisse (consulté le 17 novembre 2014)
  4. a et b Danguy et Kaenel 2013, « L’essor de la presse satirique et le rapport à l’Allemagne »
  5. a b c d et e Danguy et Kaenel 2013, « Le Nebelspalter et ses figures éditoriales »
  6. a b et c Danguy et Kaenel 2013, « Points de vue sur l’actualité »
  7. (de) « Nebelspalter », sur srf.ch, (consulté le 17 novembre 2014)
  8. (de) « Mediadaten 2013 », sur nebelspalter.ch (consulté le 17 novembre 2014)
  9. a et b Danguy et Kaenel 2013, « Formules graphiques »

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Laurence Danguy et Philippe Kaenel, « La plus ancienne revue satirique du monde. Genèse, histoire et visions du monde du Nebelspalter des années zurichoises (1875-1922) », Relations internationales, no 153,‎ , p. 23-44 (DOI 10.3917/ri.153.0023) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bruno Knobel, Die Schweiz im Nebelspalter Karikaturen 1875 bis 1974, Rorschach Nebelspalter-Verlag,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]