Idrissa Seck

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Idrissa Seck
Illustration.
Idrissa Seck en 2008.
Fonctions
Président du conseil régional de Thiès
En fonction depuis le
(3 ans, 11 mois et 18 jours)
Élection Élections locales sénégalaises de 2014
Président Macky Sall
Prédécesseur Mor Sène[1]
Maire de Thiès

(12 ans)
Prédécesseur Talla Faye (président de la délégation spéciale)
Successeur Talla Sylla
Premier ministre du Sénégal

(1 an, 5 mois et 17 jours)
Président Abdoulaye Wade
Gouvernement Gouvernement Seck
Prédécesseur Mame Madior Boye
Successeur Macky Sall
Ministre d'État, Directeur de Cabinet du Président de la République

(2 ans, 7 mois et 2 jours)
Premier ministre Moustapha Niasse, Mame Madior Boye
Ministre du Commerce, de l’Artisanat et de l'Industrialisation

(2 ans, 4 mois et 23 jours)
Premier ministre Habib Thiam
Gouvernement Gouvernement Thiam III
Biographie
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Thiès, Fédération du Mali
Nationalité Sénégalaise
Parti politique Rewmi
Profession Auditeur consultant

Idrissa Seck
Premiers ministres du Sénégal

Idrissa Seck est un homme d'État sénégalais, né le à Thiès, ancien Premier ministre, ancien maire de Thiès et actuel Président du Conseil régional de Thiès.

Formation[modifier | modifier le code]

Après avoir fait ses classes à l’école coranique, Idrissa Seck intègre l’école Randoulène Sud 2 de Thiès où il effectue son cycle primaire puis le collège Saint-Gabriel de Thiès pour son cycle secondaire, sanctionné par le baccalauréat en 1981 (après un échec en 1980)[2].

Boursier, il intègre la classe préparatoire à l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC) du lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés en France puis en 1983, Sciences Po, en section « Économie et Finance »[3],[4].

En 1989, il bénéficie du programme de bourses Parvin Fellowship de l'université de Princeton[5]. À Princeton, il est étudiant à la Woodrow Wilson School of Public and International Affairs (en)[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

1988 : Directeur de campagne du candidat à la présidentielle Abdoulaye Wade[modifier | modifier le code]

En 1988, Idrissa Seck est nommé directeur de la campagne présidentielle d'Abdoulaye Wade, candidat du Parti démocratique sénégalais. Le résultat de l'élection présidentielle donnant Abdou Diouf vainqueur au premier tour est contesté et de nombreuses violences sont constatées au Sénégal. Idrissa Seck et d'autres millitants de l'opposition sont brièvement incarcérés[2].

À la suite de l'élection présidentielle de 1988, Idrissa Seck interrompt jusqu'en 1995 sa carrière politique pour se consacrer à ses études à l'université de Princeton et à sa carrière professionnelle notamment en tant qu'auditeur dans le cabinet PricewaterhouseCoopers. Il expliquera cette longue parenthèse par sa volonté d'acquérir le savoir et l'indépendance financière afin de conserver sa liberté dans ses activités politiques[2].

1995 : Ministre du Commerce, de l'Artisanat et de l'Industrialisation[modifier | modifier le code]

En 1995, Seck revient au Sénégal et entre dans le gouvernement d'union nationale Thiam 3 pour le compte du PDS comme Ministre du Commerce, de l'Artisanat et de l'Industrialisation. Il côtoie dans ce gouvernement ses camarades de parti Abdoulaye Wade, ministre d'État, et Ousmane Ngom, ministre de la Santé.

2000 : Ministre d'Etat, Directeur de Cabinet du Président de la République[modifier | modifier le code]

En 2000, Idrissa Seck est, comme en 1988, directeur de la campagne présidentielle d'Abdoulaye Wade. Wade est élu président et Seck est nommé ministre d'État, directeur de cabinet du Président de la République. Il occupe cette position jusqu'au 3 novembre 2002 avec sa nomination au poste de Premier ministre en remplacement de Mame Madior Boye, limogée suite au scandale du naufrage du bateau Le Joola.

2002 - 2004 : Premier ministre de la République du Sénégal[modifier | modifier le code]

Il donne le ton de son style axé sur la bonne gouvernace à travers sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale où il explique vouloir promouvoir Goor (la droiture) et combattre Ndioublang (le tordu).

Son passage à la primature se résume par de bons résultats économiques avec des taux de croissance record du PIB de 6,68 % et 5,87 % en 2003 et 2004.

Ses relations avec le président Abdoulaye Wade étaient jusque-là excellentes ce dernier parlant d'Idrissa Seck en ces termes "Il connaît ma pensée. Je n’ai pas besoin de fournir de grandes explications pour qu’il comprenne ce que je veux dire. Je lui fais confiance, c’est mon fils"[6]. Cependant les relations entre les deux hommes se dégradent très vite. Rapidement plusieurs organes de presse évoquent un « coup d'État rampant » en supposant la volonté d'Idrissa Seck de vouloir écarter le président Wade pour pouvoir lui succéder après les élections de 2007. Idrissa Seck quant à lui accuse cette presse d'être manipulée dans l'objectif de l'écarter pour promouvoir l'ascension du fils du président Wade, Karim Wade. Plus tard Idrissa Seck accuse nommément le ministre de l'Intérieur de l'époque, Macky Sall, d'être l'une des pièces maîtresses de ce qu'il qualifie de complot.

Les relations entre Abdoulaye Wade et Idrissa Seck devenant de plus en plus mauvaises ce dernier est limogé de ses fonctions de Premier ministre le 21 avril 2004 et a pour successeur Macky Sall.

Disgrâce, affaires des chantiers de Thiès[modifier | modifier le code]

Longtemps considéré comme le dauphin du président Wade, Idrissa Seck se voit reprocher sa gestion des chantiers dits de Thiès. Il se rend à une convocation de la police à la suite de laquelle il est incarcéré à la prison centrale de Dakar, le .

Le , la majorité parlementaire libérale vote sa mise en accusation devant la Haute Cour de justice pour détournement de fonds dans les chantiers de la ville de Thiès, corruption, faux et usage de faux, atteinte à la défense nationale et à la sûreté de l'État, etc. Cependant des constitutionalistes sénégalais soutiennent que ladite résolution n'a pas obtenu le nombre de voix nécessaire à son adoption (72 au lieu de 69).

Idrissa Seck bénéficie, au début de l'année 2006, tour à tour d'un non-lieu pour l'accusation d'atteinte à la sûreté de l'État ainsi que sur le dossier des chantiers de Thiès : il est libéré discrètement le après 199 jours de prison, quelques minutes avant le coup d'envoi du match de la 25e Coupe d'Afrique des Nations opposant le Sénégal à l'Égypte, afin d'éviter un rassemblement populaire.

Election présidentielle de 2007[modifier | modifier le code]

Le , Seck annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2007 et appelle à la création d'une large coalition autour de sa personne pour mettre fin au régime Wade. Il est le chef du parti Rewmi.

Le 22 janvier 2007, après une audience de quatre heures qu'il accorde à Seck en compagnie de Serigne Abdoul Aziz Sy Junior, porte-parole du Khalife général des Tidjanes de Tivaouane, Abdoulaye Wade déclare que « Seck a accepté de réintégrer le Parti démocratique sénégalais. »[réf. nécessaire] Seck ne confirme, ni ne dément la déclaration de Wade, mais maintient sa candidature à la présidentielle. Seck finit deuxième avec 14,86 % des voix, lors du premier tour, derrière Abdoulaye Wade (55,90 %).

Election présidentielle de 2012[modifier | modifier le code]

L'élection présidentielle de 2012 se déroule dans un contexte politique très tendu. Idrissa Seck qui avait accepté de réintégrer le PDS en 2009 à la faveur « de retrouvailles sincères et non ambiguës »[2] dénonce en tant que membre du comité directeur l'irrecevabilité de la candidature de Wade. Il s'appuie notamment sur l'avis de constitutionnalistes du monde entier dont le professeur français Guy Carcassonne[7]. Suite à ses déclarations Idrissa Seck est de nouveau exclu du Parti démocratique sénégalais en avril 2011[8].

Idrissa Seck sous la bannière de son parti politique Rewmi se présente à l'élection présidentielle de 2012. La campagne électorale est viciée par le combat dénonçant l'irrecevabilité de la candidature de Abdoulaye Wade. L'essentiel des candidats importants à la présidentielle limitent leur campagne à la ville de Dakar en signe de protestation à l'exception du candidat Macky Sall qui bien que membre du M23 (le mouvement réunissant les opposants à la candidature de Wade) organise des meetings partout à travers le Sénégal.

À l'issue du premier tour, Idrissa Seck obtient 7 %, victime de sa non-campagne et d'une mauvaise image due à ses relations troubles avec Wade (audience de 2007, réintégration dans le PDS en 2009). Le second tour oppose le président sortant Abdoulaye Wade à Macky Sall.

Idrissa Seck comme tous les candidats du M23 soutient la candidature de Macky Sall. Ce dernier est élu avec 65,8 % des voix[9] pour la seconde alternance démocratique du Sénégal indépendant.

2013 - 2019 : leader de l'opposition[modifier | modifier le code]

À l'issue de l'élection de 2012 le parti Rewmi d'Idrissa Seck qui avait soutenu le candidat Macky Sall au second tour entre dans la mouvance présidentielle dans le cadre de la coalition Benno Bokk Yakaar. C'est ainsi que des cadres de Rewmi sont nommés dans le gouvernement d'Abdoul Mbaye à l'image de Pape Diouf, ministre de la Pêche et des Affaires maritimes et Oumar Guèye, ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement. Le porte-parole de Rewmi Abdourahmane Diouf est également nommé à la direction générale de la Société nationale des eaux du Sénégal.

Cependant la participation du parti Rewmi à la mouvance présidentielle est de courte durée. En 2013, suite à de nombreux désaccords avec Macky Sall, Rewmi quitte la mouvance présidentielle. Toutefois la décision ne fait pas l'unanimité au sein du parti, les ministres Pape Diouf et Oumar Guèye décident de rester dans le camp du pouvoir.

À partir de ce moment Idrissa Seck et son parti Rewmi se muent en opposants au président Sall.

Aujourd'hui la configuration politique sénégalaise fait d'Idrissa Seck le leader de l'opposition avec l'emprisonnement du maire de Dakar, Khalifa Sall et l'exil de Karim Wade.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. https://www.senenews.com/2013/12/28/thies-mor-sene-de-rewmi-didrissa-seck-elu-president-du-conseil-regional_71543.html
  2. a, b, c et d « L’incroyable Histoire De Idrissa Seck, L’homme Le Plus Craint Du Pouvoir Actuel », Xalima.com,‎ (lire en ligne)
  3. Alumni Sciences Po, « l'Association des Sciences-Po - Fiche profil », sur www.sciences-po.asso.fr (consulté le 12 avril 2018)
  4. a et b (en) « Senegal's premier party hack », BBC News,
  5. « Portrait de M. Idrissa SECK | Centre d'Informations et de Documentation sur les Institutions et la Gouvernance », sur www.dri.gouv.sn (consulté le 12 avril 2018)
  6. Thiesvision.com, « L’incroyable histoire de Idrissa Seck, l’homme le plus craint du pouvoir actuel », TVM - ThiesVision Médias, site web N°1 sur l'info régionale, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  7. (Plus d'informations demain sur leral .net), « Guy Carcassonne argumente l'inconstitutionnalité de l'ambition de Wade », Leral.net - S'informer en temps réel, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  8. « Au Sénégal, le comité directeur du PDS réclame l’exclusion d’Idrissa Seck », RFI
  9. « Présidentielle au Sénégal : les résultats du second tour, région par région, département par département – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Idrissa Seck, nouveau premier ministre sénégalais, Le Monde, 6 novembre 2002
  • « Idrissa Seck, l'ex-premier ministre sénégalais en garde à vue », Le Monde, 19 juillet 2005
  • Philippe Bernard, « L'ancien premier ministre sénégalais Idrissa Seck renvoyé devant la Haute Cour de justice », Le Monde, 5 août 2005
  • Philippe Bernard, « Au Sénégal, le dauphin déchu, Idrissa Seck, annonce sa candidature à la présidentielle », Le Monde, 6 avril 2006
  • Philippe Bernard, « L'ex-Premier Ministre Idrissa Seck brigue la présidence sénégalaise contre M. Wade », Le Monde, 3 février 2007
  • Philippe Bernard et Serge Michel, « Héritier et rival du président Wade, le libéral Idrissa Seck croit en ses chances », Le Monde, 9 février 2007
  • Babacar Ndiaye et Waly Ndiaye, Présidents et ministres de la République du Sénégal, Dakar, 2006 (2e édition), 462 p.

Lien externe[modifier | modifier le code]