Moltifao

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Moltifao
Vue panoramique de Moltifao
Vue panoramique de Moltifao
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Corte
Canton Golo-Morosaglia
Intercommunalité Communauté de communes de la Vallée du Golo
Maire
Mandat
Jacques Costa
2014-2020
Code postal 20218
Code commune 2B162
Démographie
Population
municipale
684 hab. (2014)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 29′ 15″ nord, 9° 06′ 52″ est
Altitude 400 m
Min. 200 m
Max. 2 064 m
Superficie 55,19 km2
Localisation

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Moltifao est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la collectivité territoriale de Corse. Elle est située dans la microrégion de la Caccia, dont elle est historiquement le chef-lieu.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Moltifao est localisée à la croisée des chemins entre Bastia, Calvi et Corte, à flanc d'un massif montagneux dont le plus haut sommet est le Monte Padro faisant face aux Aiguilles de Popolasca. La commune est traversée par la rivière Asco, affluent du Golo dont elle se situe dans sa basse vallée. Deux ponts permettent de franchir l'Asco pour rejoindre le village : le "pont de Tesa" sur la route d'accès principal, la D47, et le "Vieux pont" qui est en réalité un pont génois sur la route D647.

Moltifao se situe dans les limites du parc naturel régional de Corse. La commune est enclavée par les territoires des communes suivantes :

- au nord Mausoleo et Vallica dont elle est séparée par la rivière Tartagine, et Castifao,

- à l'ouest Morosaglia depuis le lieu-dit Pontare confluence de l'Asco avec la Tartagine jusqu'à la borne de L'Orienda soit les limites du P.N.R.C.,

- au sud, sa forêt communale la sépare de Piedigriggio, Popolasca et Castiglione,

- enfin à l'est Asco, depuis la Dent d'Asco (2065m) en remontant vers le nord par une ligne de crêtes jusqu'à la rivière Asco.

L'habitat est concentré autour du village. Le bâti ancien se trouve dans les quartiers de Aghia, Borgo, Merozzini, Mezzana, Mulinu, Haut-village et Bas-village. Un lotissement récent a vu le jour au lieu-dit "Capannacce", entre la rivière Asco et la route D47.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Vallica Castifao Canavaggia Rose des vents
Asco N Morosaglia
O    Moltifao    E
S
Asco Castiglione, Popolasca Piedigriggio

Histoire[modifier | modifier le code]

La création du premier hameau remonte au XVe siècle. Il fut fondé par des habitants venus de Sepula, l’ancien village abandonné, construit sur les flancs du sommet d’A Cima Di Modicu. Son église, Santa Maria, était occupée par le prête Domenico Giorgetti de Venacu. Deux hameaux étaient placés sous sa protection: Sepula et Cheta.
Les habitants produisaient du lin, de l’orge et du blé, cultivaient la vigne et élevaient des bêtes.
Actuellement, il ne reste que des ruines de cet habitat construit à flanc de colline. On peut remarquer que les maisons étaient construites en schiste, avec des murs épais et de petites ouvertures. Sepula aurait été abandonné au début du XVIIIe siècle. L’exode vers Moltifao aurait commencé à partir de 1702 pour se finir en 1707[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2007 Serge Grisoni DVG .
mars 2007 2008 Jacques Costa PRG Conseiller général
mars 2008 en cours Jacques Costa DVG Retraité, maire, ancien conseiller général
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[3],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 684 habitants, en diminution de -5,52 % par rapport à 2009 (Haute-Corse : 5,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
646 694 627 825 804 874 890 855 909
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
954 966 978 803 1 039 1 026 1 095 937 921
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
920 926 858 725 726 505 577 551 465
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014 -
437 383 434 427 549 657 724 684 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église de l'Annunziata

Architecture sacrée[modifier | modifier le code]

Église paroissiale de l'Annonciation[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale de l'Annonciation (Annunziata) aurait été bâtie en fin du XVe siècle. Mais elle est datée de 1750 (fin de construction du clocher) malgré la date de 1752 portée sur le clocher. Ce dernier très haut construit à cinq étages et présentant de nombreux trous de boulin, en fait l'un des plus hauts de Corse. L'édifice religieux se situe à 423 m d'altitude comme écrit sur une plaque en marbre scellée.

À l'intérieur, les œuvres ci-dessous, toutes propriétés de la commune. La plupart proviendraient de l'ancien couvent de Caccia sur la commune voisine de Castifao. Ces œuvres ont été toutes classées Monuments historiques[6].

  • Meuble de sacristie, retable en bois ciré peint de 1766,
  • La Cène, toile peinte du XVIIIe siècle,
  • La Vierge à l'Enfant, toile peinte avec cadre en bois doré fin du XVIIIe siècle,
  • Tableau Saint Antoine aux pieds de la Vierge du XVIIIe siècle,
  • Tableau La Vierge au rosaire avec saint Dominique et sainte Catherine de Sienne du XVIIe siècle,
  • Statue du Christ en croix en bois peint du XVIIe siècle,
  • Statue Vierge à l'Enfant en marbre de 1647. Elle est surnommée a Madona di u banditu autrement dit la Vierge du bandit.
  • Un retable du maître-autel (panneaux peints) "Vierge à l'Enfant entre deux saints, L'Annonciation, Le Christ et les Apôtres" daté de 1545 sur support bois doré, classé Monument historique en 1992. Œuvre volée.
  • Un tabernacle en bois taillé, peint, daté de la fin du XVIe siècle

Autres[modifier | modifier le code]

  • Chapelle San Cesariu au hameau de Piazzetta
  • Chapelle San Quilicu au hameau de Borgo

Architecture civile[modifier | modifier le code]

Mine de cuivre dite mine de Saint-Augustin[modifier | modifier le code]

Cette œuvre est en partie située sur la commune de Castifao. La mine a été exploitée vraisemblablement à l'époque génoise, comme signalé en 1876 par l'ingénieur des mines Denis Sevoz. Entre 1851 et 1855, des recherches, effectuées au lieu-dit Ciavaglione au bord de la Tartagine, donnent lieu à une production d'une vingtaine de tonnes de cuivre. La concession de Saint-Augustin d'une superficie de 1 520 ha, est accordée en 1857 à des industriels marseillais. Mis en valeur par une vingtaine d'ouvriers, ce gisement produit environ 700 quintaux de minerai de 5 à 15 % de cuivre. Désireux de pouvoir traiter sur place le minerai, les concessionnaires font construire en 1858 sur la rive gauche de la Tartagine un four à manche équipé de trois tuyères. Le four fonctionne jusqu'en 1864, date à laquelle il fournit huit tonnes de cuivre. L'activité minière, suspendue pendant quelques années, reprend en 1875 pendant une courte période puis est à nouveau interrompue. En 1895, la déchéance de la concession est prononcée. En 1896, celle-ci est octroyée à des banquiers bastiais. Ces derniers font seulement procéder à la remise en état du site. En 1905, ils amodient la concession à la "Société Anonyme Française des Mines et Fonderies de Francardo". Celle-ci fait entreprendre d'importants travaux au lieu-dit Pozzo en 1907 puis abandonne à son tour l'exploitation en octobre 1908. En 1910, une réduction de la concession est accordée en 1912 aux frères Gregorj. La mine ferme en 1914. La concession est renoncée en 1922.

Les travaux de cette exploitation, conduite à ciel ouvert et en galeries, s'étendent du nord au sud du lieu-dit Araso aux lieux-dits Calmi et Ventulella sur une distance de 3,5 km. Des haldes, des vestiges de galeries et de puits sont encore visibles sur le site.

La mine est reprise à l'Inventaire général du patrimoine culturel depuis le 10 août 2006[7].

Ponts génois[modifier | modifier le code]

Il existe sur la commune trois ponts génois sur l'Asco et la Tartagine ; aucun n'est protégé :

  • le Vieux-pont (Ponte Vechju) à voie unique de la route D647 menant à Moltifao :
  • le pont de Caccia au lieu-dit Pontare, à proximité de la confluence de l'Asco avec la Tartagine. Le Pont de Caccia aussi dit "pont de Tesa", est un des rares ponts génois de Corse à quatre arches. Il n'est pas signalé sur la T30 dont il est proche ;
  • le pont de Pontare est situé lui aussi au lieu-dit Pontare. Il a été construit en 1498 sur la rivière Tartagine, « à cheval » sur les communes de Moltifao et de Canavaggia. Il n'est pas signalé depuis la route T30 d'où il est proche mais non visible.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Les deux cadrans solaires sur les façades en angle à droite du fronton, restaurés en 1991.
  • Monument-aux-Morts situé sous l'église paroissiale
Village des Tortues

Village des tortues[modifier | modifier le code]

Situé sur la commune de Moltifao au lieu-dit Tizzarella, à l'entrée des Gorges de l'Asco, sur la rive sud de la rivière Asco dont il est séparé par la route D147, le village des Tortues (U Paese di e Cuppulate en langue corse) a été aménagé sur un espace de 10 ha.

Le village des Tortues est géré par le P.N.R.C., aidé en cela par la commune de Moltifao, la Direction Régionale de l'Environnement, la Collectivité Territoriale de Corse, la SOPTOM (Station d'Observation et de Protection des Tortues et de leurs Milieux) Corse, la SOPTOM Gonfaron et la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports.
Le village a pour vocation d'informer et de sensibiliser le public à la protection de la tortue d'Hermann, d'élever en milieu protégé un groupe d'animaux destinés au repeuplement du milieu naturel.

La tortue d'Hermann seule tortue terrestre de France, fait partie des animaux menacés de disparition. C'est à ce titre qu'elle est protégée.

L'espace du village est divisé en secteurs réservés aux tortues Hermann, aux autres tortues de Corse et aux tortues du monde. Un enclos de reproduction y est installé ainsi qu'une écloserie et une nurserie.

Bureau d'accueil du Village des tortues

Autour du Village des tortues, le sentier de découverte de Tizzarella L'Homme et la Forêt d'une longueur de 1 650 m. La visite (en période estivale) démarre du bureau d'accueil, dure une heure et aborde sept thèmes : arbre mort arbre de vie - le ruisseau - l'arbre et le souffle poétique - l'enclos - le temps des bergers - mythes et légendes - le feu le vent la forêt.

Fêtes, Loisirs et Sports[modifier | modifier le code]

  • La sainte patronne se fête le 8 septembre de chaque année. Pour le jour de la Nativité de la Sainte Vierge, une messe suivie d’une procession a lieu. La statue Vierge à l'Enfant en marbre est portée depuis l'église jusqu'à la place publique pour la granitula. La procession tournoie un long moment, entonnant des chants religieux comme dans beaucoup de villages corses.

Culture, éducation[modifier | modifier le code]

  • Collège du canton
  • Village des tortues géré par le P.N.R.C..

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • André Grisoni (1886-1975), homme politique.
  • la chanteuse française Nicoletta (née en 1944) de son vrai nom Nicole Grisoni serait originaire de Moltifao

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]