Douze Apôtres

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Les Douze Apôtres, ou simplement Apôtres, sont douze disciples distingués par Jésus de Nazareth. Par ailleurs, selon la tradition chrétienne, Jésus a aussi distingué soixante-dix disciples, qui tous deviendront évêque d'une ville. Tous ces disciples prêchaient la « Bonne nouvelle », expression qui donnera naissance à la désignation « évangile », après que ceux-ci auront été rédigés dans les années 65 - 115.

Dans les Évangiles, les douze Apôtres sont nommés au chapitre 3 de l'évangile selon Marc, au chapitre 10 de l'évangile selon Matthieu et au chapitre 6 de l'Évangile selon Luc ; mais aussi dans les Actes des Apôtres (1,26)[1]. Douze Apôtres furent choisis par Jésus Christ pour être, en dehors de leur mission évangélisatrice, un symbole pour Israël : ils représentent par leur nombre le peuple de la nouvelle Loi, de la nouvelle alliance, tel qu'il sera rassemblé par Dieu à la fin des temps; Matthieu 19,28[2].

Le nombre douze évoque les douze tribus d'Israël, c'est-à-dire les élus, le peuple élu de Dieu, et ainsi donc les futurs Chrétiens, peuple de la nouvelle loi.

Ce nombre évoque ainsi une des missions du Christ qui était le rassemblement du peuple pour accomplir l'ancienne loi, de Moïse, en établissant la nouvelle loi; Matthieu 5,17[3]. Notons enfin un dernier parallèle entre les douze tribus d'Israël et les douze Apôtres dans le livre de l'Apocalypse 21,12[4] et 21,14[5]

Apóstoles en torno al Sepulcro (Apôtres autour du Sépulcre), œuvre d'Albertino Piazza, Musées d'État de Berlin.

Les catholiques et les orthodoxes considèrent les évêques comme les successeurs des apôtres, et accordent une importance particulière au fait que les évêques se situent dans la succession apostolique, c'est-à-dire que la tradition à laquelle ils se rattachent remonte aux apôtres dans la succession des personnes et des doctrines.

Les douze apôtres sont : Pierre (Simon-Pierre), son frère André, Jacques le Majeur et son frère Jean, tous deux fils de Zébédée, Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu, Jacques d'Alphée, Jude (appelé aussi Thaddée), Simon le Zélote, Judas Iscariote qui a été remplacé par Matthias après sa mort.

Après la Pentecôte, les douze apôtres se dispersèrent pour prêcher l’Évangile, tout en revenant rendre compte régulièrement à Jérusalem

Paul de Tarse est considéré comme le treizième apôtre par la tradition chrétienne, il est qualifié "d'apôtre des gentils".

Histoire[modifier | modifier le code]

Le groupe des Douze demeure après la Résurrection. Après la trahison et la mort de Judas, les Onze qui subsistent décident de tirer un disciple au sort, Matthias, pour « devenir avec nous témoin de la résurrection ». Ils sont, avec d'autres disciples, les bénéficiaires du don de l'Esprit à la Pentecôte (Ac 2). Ensuite, ce groupe n'est plus renouvelé.

Après la mise à mort de Jacques, frère de Jean, par Hérode Agrippa Ier en 44, il semble que le groupe se disperse et perde son leadership. Paul ne cite qu'une fois « les Douze » en I Cor.15:5, à propos des témoins de la Résurrection, et encore dans une reprise d'une confession de foi antérieure. Du temps de son ministère, les Douze ne jouent plus aucun rôle actif. La plupart sont des figures sans relief dont nous ne savons rien de certain. La tradition ultérieure n'est pas unanime sur le nom des membres de ce groupe.

De ce fait, quelques critiques modernes[Qui ?] ont cru que ce groupe était entièrement fictif, inventé par la tradition évangélique.

Par contre, Paul connaît une autre organisation faitière de l'Église. Pierre et Jean sont considérés avec Jacques « frère du Seigneur » comme les « colonnes de l'Église » (cf Gal 2,9).

Il convient néanmoins de prendre en considération le fait que les apôtres connus soient ceux qui ont christianisé le monde romain et qui ont été martyrisés dans les endroits les plus divers de l'oecumen. Ils sont les fondateurs des premières Églises romaines, latines et grecques dans des villes importantes, à Rome, Antioche (ancienne capitale du royaume macédonien de Seleucos 1er, la Perse conquise par Alexandre), Ephèse, Corinthe alors que Byzance n'était encore qu'une modeste cité de la Thrace à l'époque des "Douze Cesars"... Pour l'autre grande métropole hellénistique, Alexandrie, ce fut Marc, le secrétaire de Pierre et le rédacteur de l'Évangile qui est celui de Pierre, qui y fonda la première Église égyptienne (copte en langue vernaculaire, Ka-Ptah, la Maison de Ptah, étant le nom de l'Égypte) Ceux qui sont les moins connus, Simon le zélote et Jude, ont franchi le limes pour aller porter la bonne parole dans l'empire perse, y ont fondé des Églises avant d'être martyrisés; Thomas et Barthélemy (?) ont encore été plus loin, jusqu'en Inde où leurs Églises furent retrouvées par les portugais après l'expédition de Vasco de Gama. Matthieu et Matthias (?) ont été mourir en Éthiopie ouverte au commerce avec l'Égypte. La moitié des Douze apôtres, sauf Matthieu qui a laissé son Évangile avant de partir, n'a donc joué aucun rôle dans l'implantation du christianisme romain depuis l'Église primitive de Jérusalem, qui est la coque de la graine, jusqu'à sa reconnaissance comme grande religion de l'empire par Constantin (édit de Milan de 313) puis religion d'État sous Theodose. Le christianisme de l'ère apostolique (qui se termine avec la mort de Jean en 101 (?) à l'âge de 98 ans sous l'empereur Trajan) a réussi son enracinement puis son développement, mais seulement dans l'espace de la civilisation greco-latine, c'est-à-dire dans l'immense Empire romain, avec son Orient hellénistique de langue grecque et son Occident de langue latine, au point de se confondre ensuite avec elle.

Les douze apôtres relatés par les quatre évangélistes[modifier | modifier le code]

Les Évangiles de Matthieu, Marc, Jean et Luc racontent la vocation de ces douze disciples de Jésus de Nazareth choisis et donnent leur liste de la façon suivante : 

Selon Matthieu[modifier | modifier le code]

« Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité. »

— (Mt 10:1-4)

Voici les noms des douze apôtres. Le premier :

Selon Marc[modifier | modifier le code]

« Il monta ensuite sur la montagne ; il appela ceux qu’il voulut, et ils vinrent auprès de lui. Il en établit douze, pour les avoir avec lui, et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons. »

— (Mc 3:13-19)

Voici les douze qu'il établit :

  • Simon, qu'il nomma Pierre,
  • Jacques, fils de Zébédée,
  • Jean, frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, qui signifie fils du tonnerre
  • André,
  • Philippe,
  • Barthélemy,
  • Matthieu,
  • Thomas,
  • Jacques, fils d'Alphée,
  • Thaddée,
  • Simon le Cananite,
  • Judas Iscariote, celui qui livra Jésus.

Selon Luc[modifier | modifier le code]

« En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Quand le jour parut, il appela ses disciples, et il en choisit douze, auxquels il donna le nom d'apôtres »

— (Lc 6:12-16)

  • Simon, qu'il nomma Pierre,
  • André, son frère,
  • Jacques,
  • Jean,
  • Philippe,
  • Barthélemy,
  • Matthieu,
  • Thomas,
  • Jacques, fils d'Alphée,
  • Simon, appelé le zélote,
  • Juda de Jacques,
  • Judas Iscariote, qui devint traître.

Selon Jean[modifier | modifier le code]

Les auteurs de l'évangile selon Jean ne donnent pas une liste pareille à celles de Marc, Luc et Matthieu. Cependant, l'épisode conclusif de leur évangile, le miracle au lac de Tibériade, ajouté par le troisième auteur, est introduit par une liste des apôtres en forme réduite, la suivante:

« Simon Pierre, Thomas appelé le Jumeau, Nathanaël de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres disciples se trouvaient ensemble. »

— (Jn 21:2)

À cette liste il faut ajouter Judas Iscariote, fréquemment cité, ainsi qu'André (Jn 1:40), Philippe (Jn 1:43) et Jude (Jn 14:22). Le disciple bien aimé conserve son mystère jusqu'au bout et depuis près de 2 000 ans, ainsi que l'ont voulu les rédacteurs initiaux.

Théologie[modifier | modifier le code]

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La théologie du groupe chrétien constitué autour des Douze est très vaguement connue par le livre des Actes des Apôtres, les discours prêtés à Pierre lors de la Pentecôte ou devant le Sanhédrin. La christologie est peu développée. Aucune rupture sensible avec le judaïsme officiel ne s'esquisse et rien n'est retrouvé de la polémique attribuée à Jésus contre les Pharisiens, le Sabbat et les offrandes au Temple.

Ce groupe a certainement une dimension charismatique se prétendant guidé par le Saint-Esprit dont la manifestation, perçue comme ultime, est le signe qui attesterait la résurrection et la victoire de Jésus sur la mort.

Quoique la conviction de la Résurrection de Jésus et les premières manifestations de l'Esprit soient sans doute apparues en Galilée, c'est à Jérusalem que Luc présente le groupe qui s'est certainement assez vite rassemblé dans la ville sainte. Cela est en lien avec la forte espérance eschatologique qui l'animait : c'est dans le Temple que le Messie devait paraître, et cette effusion de l'Esprit que le groupe ressentait et qui l'entraînait était les prémisses "évidents" de cette venue prochaine. C'est pourquoi les Douze et leurs disciples pratiquaient une espèce de « communisme primitif », chacun vendant ses biens, s'il en avait, pour faire survivre la communauté dans le petit laps de temps qui lui restait à passer sur terre avant le Grand Jour du Jugement dernier.

Il n'est même pas sûr qu'à ce stade les premiers chrétiens aient clairement identifié le Messie ou l'Envoyé ultime de Dieu avec Jésus, même ressuscité. Peut-être attendaient-ils le Ressuscité comme le restaurateur du Royaume d'Israël (d'après Actes 1). Mais cette effusion de l'Esprit avait surtout "prouvé" que Jésus était un innocent et que ceux qui l'avaient rejetés et livrés aux Romains (les chefs du peuple) étaient dans leur tort. Dieu donnait raison à Jésus et à ses disciples contre le Sanhédrin ! Les Douze étaient les témoins de Dieu et de Jésus contre les chefs juifs. Et si l'innocence et le caractère divin de la mission du Messie étaient reconnus a posteriori (ce dont la prédication chrétienne cherchait à convaincre), alors Dieu hâterait la venue du Messie.

En fait le rejet de Jésus aurait reposé sur un malentendu entre Dieu et son peuple, dans la ligne du rejet passé des prophètes dont le Messie est le dernier, que ces premiers chrétiens se voyaient destinés à lever afin qu'Israël trouve - bientôt - le repos eschatologique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « On tira leurs noms au sort: et le sort tomba sur Mathias, qui fut associé aux onze Apôtres. », traduction de la Bible d'Augustin Crampon.
  2. « Jésus leur répondit: "Je vous le dis en vérité, lorsque, au jour du renouvellement, le Fils de l'homme sera assis sur le trône de sa gloire, vous qui m'avez suivi, vous siégerez aussi sur douze trônes, et vous jugerez les douze tribus d'Israël. », traduction de la Bible d'Augustin Crampon.
  3. « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes; je ne suis pas venu les abolir, mais les accomplir. »traduction de la Bible d'Augustin Crampon.
  4. « Elle a une grande et haute muraille, avec douze portes; à ces portes sont douze anges, et des noms inscrits, ceux des douze tribus des fils d'Israël. »,traduction de la Bible d'Augustin Crampon.
  5. « La muraille de la ville a douze pierres fondamentales sur lesquelles sont douze noms, ceux des douze apôtres de l'Agneau. »,traduction de la Bible d'Augustin Crampon.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]