Al-Qaïda au Maghreb islamique

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Al-Qaïda au Maghreb islamique
AQMI
Image illustrative de l'article Al-Qaïda au Maghreb islamique

Idéologie Salafisme djihadiste
Objectifs Instauration d'un califat régi par la charia
Statut Actif
Fondation
Date de formation
Fondé par Abdelmalek Droukdel
Actions
Mode opératoire Terrorisme, Lutte armée, guérilla, attentat, attentat-suicide, enlèvement, prises d'otages
Zone d'opération Algérie, Mali, Mauritanie, Tunisie, Libye, Niger, Burkina Faso
Organisation
Chefs principaux Abdelmalek Droukdel
Djamel Okacha
Mokhtar Belmokhtar
Abou Zeïd (tué en 2013)
Membres 200 à 800 hommes[1]
(en 2004)

1 600 à 2 500 hommes[2],[3],[4]
(en 2012-2013)

1 000 à 1 500 hommes[5],[6]
(en 2014)
Allégeance Flag of Jihad.svg Al-Qaïda
Financement Rançons, trafic de drogues, d'armes et de clandestins, etc[7].
Répression
Considéré comme terroriste par États-Unis[8], Australie[9], Russie[10], ONU[11]
Guerre du Mali

Al-Qaïda au Maghreb islamique ou AQMI (en arabe : القاعدة في بلاد المغرب الإسلامي, al-Qāʿidah fī bilād al-Maġrib al-islāmī) est une organisation djihadiste terroriste d'origine algérienne. Avant le , elle était connue sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat[12] (GSPC ; arabe : الجماعة السلفية للدعوة والقتال, al-jamaa`atu l-salafiyyatu li l-da`wati wa l-qitaal), groupe issu d'une dissidence du Groupe islamique armé (GIA ; arabe : الجماعة الإسلامية المسلحة, al-Jama'ah al-Islamiyah al-Musallaha)[13],[14]. Son affiliation au réseau Al-Qaïda obtient l'approbation d'Oussama ben Laden[15].

Si les racines du groupe se trouvent en Algérie, sa zone d'opération actuelle correspond à la région du Sahel, qui borde au sud le désert du Sahara, dans ses parties mauritanienne, malienne et nigérienne. Il est également présent en Tunisie et en Libye.

L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes des États-Unis[8], de l'Australie[9] et de la Russie[10]. Elle est considérée par l'ONU comme proche d'Al-Qaïda et à ce titre sanctionnée par le Conseil de sécurité des Nations unies[16].

Création[modifier | modifier le code]

Mokhtar Belmokhtar est un des principaux artisans du ralliement des djihadistes algériens à Al-Qaïda. Vers fin 1994 ou début 1995, ce dernier, alors chef dans le Groupe islamique armé (GIA), entre pour la première fois en contact avec Al-Qaïda, alors basée à Khartoum, au Soudan. Oussama ben Laden s'engage à fournir une aide aux djihadistes algériens, à condition que ces derniers adoptent une ligne plus salafiste et que le GIA cesse ses dérives « takfiri », adoptées par Zouabri et Zitouni. En 1998, Ben Laden envoie un émissaire en Algérie, Abou Mohamed al-Yamani, que Mokhtar Belmokhtar accueille personnellement, et le 18 septembre, à la demande d'al-Yamani, la majorité des brigades djihadistes algériennes quittent le GIA pour fonder le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Au début des années 2000, Belmokhtar cherche ensuite à obtenir la fusion du GSPC avec Al-Qaïda, notamment via Abou Mohamed al-Yamani. En 2001 ce dernier fait un nouveau voyage en Algérie, au sein des brigades de Belmokhtar, puis d'Abderazak el Para et fait un compte-rendu élogieux des djihadistes algériens. Il se rend à nouveau en Algérie en juillet 2002, rejoint el Para mais il est tué le 12 septembre 2002 près de Batna dans une attaque de l'armée algérienne, alertée par la CIA. Ben Laden soupçonne une trahison et suspend la fusion tandis que Belmokhtar se brouille avec les autres chefs du GSPC[17].

Le , en représailles à une série d'arrestations d'islamistes mauritaniens et en raison de la participation annoncée de l'armée mauritanienne à des manœvres militaires coordonnées avec l'armée américaine dans le Sahara, Mokhtar Belmokhtar attaque la caserne militaire de Lemgheity, en Mauritanie. 17 soldats mauritaniens sont tués et 35 faits prisonniers, puis relâchés. L'attaque de Lemgheity a un certain retentissement du côté des djihadistes. Au nom d'Al-Qaïda, Abou Moussab Al-Zarqaoui, le chef d'Al-Qaïda en Irak, félicite notamment les « moudjahidines maghrébins » pour leur victoire mais surtout celle-ci permet au GSPC de rétablir son rapprochement et Al-Qaïda. En juin 2006, Younous al-Mauritani, jeune mufti très respecté par les djihadistes, se rend en Afghanistan pour transmettre la lettre d'allégeance du GSPC à Al-Qaïda. Elle est acceptée par Ben Laden et le , le GSPC devient alors officiellement Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)[18].

Histoire[modifier | modifier le code]

2007[modifier | modifier le code]

Le , l’armée algérienne lance une vaste offensive aérienne et terrestre dans la wilaya de Béjaïa, pour éliminer des membres du GSPC. L’ANP menait des opérations de ratissage depuis plusieurs mois, et mène cette offensive avec le soutien de forces de la gendarmerie, de groupes de patriotes et de la BMPJ. Cette réaction de l'État algérien s'explique par la multiplication d'attaques isolées contre des positions de militaires algériens à l'automne précédent, dont certaines attribuées au GSPC. Selon certaines sources, 4 membres du GSPC auraient été éliminés (dont un combattant originaire de Boumerdès), et des membres importants du mouvement seraient désormais encerclés[19].

D'avril à décembre, l'organisation va être responsable d'une série d'attentats, visant le siège du gouvernement algérien, un cortège du président Bouteflika, le Conseil constitutionnel, le siège algérien du HCR, faisant plus d'une centaine de morts et de très nombreux blessés.

Le , il revendique deux attentats suicides à Alger[20],[21], qui font 30 morts et plus de 220 blessés. Sans être rigoureusement formel sur les visées de ces attentats, Yazid Zerhouni, le ministre de l'intérieur, connu pour être au cœur de la décision politique en Algérie, estime pour sa part qu'ils sont « l'une des dernières manifestations de gens ne voulant pas que l'État fonctionne normalement[22] ». Et d'ajouter dans une allusion à d'autres forces politiques hostiles à la politique du président algérien qu'« il y a peut-être d'autres intérêts, d'un autre type, que politico-religieux[22] ». Dans cette hypothèse, ces attentats ne seraient qu'un épisode de plus de la lutte entre les clans de l'armée par le biais d'un groupe (le GSPC) dont de nombreux experts considèrent qu'il est, à l'instar des Groupes islamiques armés (ceux-là même considérés généralement comme responsables de la vague d'attentats commis en France en 1995 et dont il a pris la suite), très largement infiltré par les services secrets algériens et peut-être français[23].

Le jeudi , Samir Saïoud, alias Samir Moussaab, numéro deux du GSPC est tué lors d'un affrontement avec l'armée algérienne[21]. En , l'armée a affronté avec de l'artillerie lourde et des hélicoptères de combat des partisans d'AQMI dans la région de Yakourène, village situé à une centaine de kilomètres à l'est d'Alger, en Kabylie.

À l'été 2007, Abdelmalek Droukdel retire la charge d'« émir du Sahara » et de chef de la « région IX » à Mokhtar Belmokhtar, qu'il juge trop indépendant, et la remet à Yahia Djouadi, dit Abou Amar[24],[25].

Le , un attentat-suicide à Batna commis peu de temps avant l'arrivée du président Abdelaziz Bouteflika. L'explosion a fait 22 morts et 107 blessés

Le , un attentat à Lakhdaria fait dix morts.

Le , les autorités confirment la reddition d'Hassan Hattab, une information déjà publiée le 28 septembre[26].

Le 7 octobre 2007, Harek Zoheir, alias Sofiane el Fasila, un des plus importants lieutenants de l'« émir » Droukdal, est abattu par les forces de sécurité algériennes.

Il revendique un double attentat à la voiture piégée ayant fait soixante-sept morts à Alger, le .

Le , trois hommes de la katiba de Belmokhtar, la katiba Al-Moulathimin (Les Enturbannés), attaquent un groupe de cinq touristes français et tuent quatre d'entre-eux près d'Aleg en Mauritanie[27],[28]. Cette tuerie entraîne l'annulation du Paris-Dakar 2008[29].

2008[modifier | modifier le code]

Début janvier 2008, les autorités françaises et algériennes font état de nombreuses menaces proférées sur le site salafiste al-Ekhlass, bien connu pour être un lieu de diffusion de communiqués, de vidéos et de messages sonores, utilisé par Al-Qaïda, par AQMI, par les groupes islamistes radicaux d'Irak, de Somalie et d'Afghanistan, mais aussi par toute une nébuleuse de farfelus et de fanatiques. Un certain Mourabit Mouwahed (le combattant de l'unité) appelle les islamistes à perpétrer le plus possible d'attentats en France afin de « provoquer la chute du président Nicolas Sarkozy (...) un effondrement économique de la France » en s'attaquant à des « personnalités prestigieuses, dont le maire de Paris » mais aussi à des lieux symboliques comme le quartier de la Défense et la Tour Eiffel. Cette situation renvoie aux attentats de 1995, avec de février à juin, des écrits contre la France avec un passage à l'acte en juillet[30].

2009[modifier | modifier le code]

Mokhtar Belmokhtar et des djihadistes à l'entraînement, vers 2010, probablement au nord du Mali.

La perte de nombreux éléments importants (250 terroristes éliminés entre 2007 et 2009)[31] a poussé Abdelmalek Droukdal à promouvoir de nouveaux chefs à la tête de ses phalanges.

Le 4 février, l'"émir" sanguinaire de katibat El Feth, Omar Bentitraoui Antar, également connu sous le nom de guerre de Yahia Abou Khitma, est abattu par les autorités en plein centre-ville à Boumerdès. Le 15 février 2009, Mourad Bouzid, 65 ans, infirmier de l'ex-GSPC et responsable de l'endoctrinement de jeunes recrues est tué par les forces algériennes dans la même ville[32].

Le 5 mai, le journal Euroinvestor révèle la préparation d'une opération de grande envergure de quatre États riverains du Sahara pour traquer et neutraliser les combattants d'Al-Qaïda. L'Algérie, le Mali, le Niger et la Mauritanie veulent empêcher l'implantation des islamistes dans la zone saharienne et les combattre avant qu'ils ne deviennent une réelle menace[33]. L'opération décrite comme « imminente » est toutefois reportée[34].

Le 10 juin, un officier malien à l'origine de l'arrestation de nombreux militants islamistes, le lieutenant-colonel Lamana Ould Bou, est assassiné par balles à Tombouctou. Al-Qaïda revendique la responsabilité de l'attentat[35].

Le 16 juin, l'armée malienne attaque et détruit une base de la branche maghrébine d'Al-Qaïda au Nord du pays, dans la localité de Garn-Akassa, près de la frontière algérienne. L'offensive intervient deux semaines après l'annonce d'une « lutte sans merci » contre « tous les groupes terroristes » de la zone sahélo-saharienne, décrétée par un responsable au Ministère de l'Intérieur malien. L'attaque visait l'"émir" Abdelhamid Abou Zeid, responsable de l'assassinat de l'otage britannique Edwin Dyer. Les militaires maliens annoncent l'élimination de 26 terroristes dont certains corps ont été retrouvés hâtivement enterrés par les survivants dans une fosse commune[36].

Le 23 juin, Christopher Leggett, travailleur humanitaire américain, est assassiné par balles à Nouakchott en Mauritanie. Selon des déclarations d'Al-Qaïda, qui a revendiqué la responsabilité de l'attentat, Legett a été tué pour avoir voulu convertir des musulmans au christianisme[37].

Le 30 juin, le dirigeant d'Al-Qaïda au Maghreb islamique Abou Moussab Abdoul Wadoud déclare « Hier c'était le hijab et aujourd'hui, c'est le niqab. Nous nous vengerons de la France et de ses intérêts par tous les moyens à notre disposition, pour l'honneur de nos filles et de nos sœurs », en réactions aux propos de M. Sarkozy sur la burqa.

Dans la nuit du 4 au 5 juillet, l'armée malienne a attaqué lourdement des éléments de l'Aqmi dans la région de Tombouctou, dans le nord-ouest du Mali. Les forces de l'Aqmi ont riposté.

En juillet, l'AQMI prétend avoir tué 28 soldats en capturé 3 au cours d'une embuscade au Mali[38].

Le 8 août, un attentat suicide devant l'ambassade française à Nouakchott en Mauritanie fait 3 blessés, deux policiers français et une passante mauritanienne.

Le 15 octobre, un chef islamiste lié au mouvement terroriste en Algérie, Mourad Louzai, également connu sous le nom d'Abou Khitma, est abattu près de Dellys par les services de sécurité[39].

Le lundi 9 novembre vers 5 heures, à Cap Djenet, située à l’est de la wilaya de Boumerdès, un officier supérieur est tué et deux militaires blessés « Les trois victimes effectuaient une patrouille de routine lorsque la bombe a explosé au passage de leur véhicule. »[40]

2010[modifier | modifier le code]

Le 19 novembre 2010, Izza Rezki alias Abou Djaffar, qui serait le principal financier d'AQMI a été abattu avec l'un de ses acolytes par les forces de sécurité à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alger[41].

Le 5 décembre 2010, l'émir de katibat El Arkam de l'ex-GSPC, Habib Mourad alias Nouh et son adjoint Samir Zoubeir sont éliminés par les forces de sécurité algériennes à proximité de la ville de Bordj Menaïel[42].

2011[modifier | modifier le code]

Le , Al-Qaïda au Maghreb Islamique enlève deux Français au Niger, l'un faisant partie d'une ONG ; l'autre était un ami du premier. La revendication est authentifiée le par un document audio. Au cours d'une tentative de libération par les forces françaises, les deux otages, Antoine de Léocour et de Vincent Delory, sont tués. Le rapport d'expertise sur la mort des deux Français, demandé par le Justice à la suite de la levée du secret défense par le ministère de la Défense français[43],[44], précise que Vincent Delory « n'a été victime d'aucun tir direct » mais que sa mort résulte « des effets thermiques dégagés par un foyer d'incendie »[45]. Lors d'une réunion de la commission de la défense de l'Assemblée nationale française, le député Yves Fromion s'est déclaré « très réservé quant à la façon dont la récente prise d'otages français à Niamey a été traitée. Il ne s'agit naturellement pas de briser la nécessaire union nationale contre le terrorisme, mais ceux qui ont donné l'ordre d'intervention devraient en tirer les enseignements afin de mieux réagir à l'avenir. En effet, c'est à la chance que l'on doit de ne pas avoir subi des dégâts plus importants encore. Gardons-nous de reproduire à l'avenir ce genre d'expédition insuffisamment mûrie », tout en précisant : « Je n'ai pas mis en cause nos forces armées. Mon interpellation concernait ceux qui ont déclenché l'intervention »[45]. Au moment de l'attaque par les militaires français, quatre gendarmes nigériens non entravés se trouvaient aux côtés des ravisseurs et de leurs deux otages[46],[47].

2012[modifier | modifier le code]

Un combattant d'AQMI
Article détaillé : Guerre du Mali.

En janvier 2012, la guerre du Mali éclate, une insurrection est menée par les indépendantistes touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), les insurgés arabes du Front de libération nationale de l'Azawad (FLNA) et par des groupes salafistes djihadistes ; Ansar Dine, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) et AQMI.

Au début de ce conflit, Ansar Dine, un nouveau groupe djihadiste est formé au nord du Mali. Il est fondé par Iyad Ag Ghali, un ancien rebelle touareg converti depuis au salafisme. Fin 2011, ce dernier a échoué à être reconnu comme chef militaire par le MNLA et comme héritier d'Intalla Ag Attaher, l'amenokal des Ifoghas[48]. Ag Ghali se tourne alors vers son neveu, Abdelkrim al-Targui, le chef d'une katiba d'AQMI, et propose ses services avec sa cinquantaine de partisans[48]. Informé, Abdelmalek Droukdel, le chef d'AQMI, préfère employer la tactique du « cheval de Troie » et est favorable à ce qu'Iyad Ag Ghali forme son propre mouvement qui pourrait servir de vitrine plus présentable[48],[49],[50].

Le 24 janvier, AQMI s'empare de la ville d'Aguel'hoc, 82 à 153 soldats maliens sont massacrés[51],[52],[53]. Tessalit est prise dès le 18 janvier et le camp militaire d'Amachach tombe le 11 mars[54]. Kidal suit le 30 mars[55], puis Tombouctou et Gao, le 31 mars et le 1er avril. Le gouvernement malien perd alors le contrôle de tout le territoire du Nord[56].

Le 2 avril, menés directement par Iyad Ag Ghali, Djamel Okacha, Abou Zeïd et Mokhtar Belmokhtar, les force d'Ansar Dine et d'AQMI viennent en force prendre le contrôle de Tombouctou et expulser les troupes du MNLA et du FLNA qui s'en étaient emparés la veille. Les djihadistes répriment les pillages, distribuent des vivres et font aussitôt appliquer la charia[57],[58]. La vente et la consommation d'alcool, de cigarettes ou de drogues est interdite, de même que la musique, le port du voile islamique est rendu obligatoire pour les femmes et des tribunaux islamiques sont instaurés. Les peines prévues sont le fouet en cas de consommation d'alcool ou de relations sexuelles hors mariage, l'amputation d'une main ou d'une jambe en cas de vol et la lapidation en cas d'adultère[59],[60]. Fin juillet 2012, à Aguel'hoc, des hommes d'AQMI et Ansar Dine mettent à mort un couple par lapidation pour avoir conçu plusieurs enfants hors mariage[61],[62],[63]

Cependant le 27 juin 2012, à Gao, des combats éclatent entre le MNLA et les djihadistes du MUJAO soutenus par la katiba de Belmokhtar. Belmokhtar prend le commandement des forces djihadistes et les rebelles touaregs sont chassés de la ville[64],[65],[66],[67]. Malgré la conclusion d'une trêve et des appels à l'apaisement, le MNLA repasse à l'attaque en novembre près d'Ansongo. Mais les djihadistes repoussent l'attaque et prennent Ménaka le 19 novembre dans une contre-offensive[68],[69],[70],[71].

Le , Abdelmalek Droukdel envoie un document intitulé « Orientation du jihad dans l’Azawad », découvert à Tombouctou en février 2013 par des journalistes de RFI et Libération, où il indique sa stratégie pour le Mali. Selon lui Ansar Dine doit servir de vitrine et Al-Qaïda se montrer discret afin d'éviter une intervention militaire étrangère. La direction du futur gouvernement doit être confliée à Iyad Ag Ghali, mais ce dernier doit être encadré par les dirigeants d'AQMI. Pragmatique, il dénonce le zèle des djihadistes dans l'application de la charia, avec notamment la destruction des mausolées de Tombouctou, qui selon lui a attiré inutilement l'attention de la communauté internationale et risque retourner la population contre eux. Droukdel défend une application progressive de la charia qui doit être expliquée aux habitants avant d'être appliquée, afin de gagner les cœurs et les esprits des populations. Il regrette également la rupture de l'alliance avec le MNLA. Ces instructions n'ayant pas été appliquées, ce texte révèle selon les journalistes de RFI et Libération, le manque d’autorité d'Abdelmalek Droukdel sur ses hommes[72],[73],[74],[75],[76],[49],[77],[78],[79],[50].

Le , Nabil Abou Alqama , "émir" d'AQMI pour le Sahara et le Sahel, trouve la mort dans un accident de voiture dans la région de Gao au Mali[80]. Djamel Okacha lui succède[81].

En octobre, Droukdel destitue Belmokhtar du commandement de sa katiba en raison de son comportement jugé trop indépendant et de ses désobéissances[82],[83]. Aussi, en décembre 2012, Belmokhtar annonce qu'il rompt avec AQMI et forme un nouveau groupe ; Les Signataires par le sang[84].

Le , le conseil de sécurité des nations-unies charge les pays de la Cédéao de mobiliser les forces armées ouest-africaines et de définir un plan de reconquête militaire du Nord Mali[85] qui se trouve entre les mains d'AQMI, du MUJAO et d'Ansar Dine.

À la fin de l'année 2012, les djihadistes tiennent l'essentiel du Nord du Mali dont ils se partagent le contrôle. Ansar Dine est maître des environs de Kidal et de la région allant de Tombouctou à Léré, le MUJAO contrôle les environs de Gao, tandis qu'AQMI est surtout en force à l'extrême nord de la région de Kidal[86].

2013[modifier | modifier le code]

Des djihadistes d'AQMI dans le Sahel, date inconnue.

En janvier 2013, AQMI prend part à l'offensive djihadiste au sud du Mali aux côtés d'Ansar Dine et du MUJAO. Cette offensive provoque l'intervention militaire de la France et de janvier à mars, face aux armées maliennes, françaises et tchadiennnes, les djihadistes subissent une succession de défaites : d'abord à la bataille de Konna, du 9 au 17 janvier, puis à la bataille de Diabaly, du 14 au 21 janvier[87],[88]. Les derniers hommes d'AQMI abandonnent Tombouctou le 27 janvier, quelques heures plus tard les parachutistes français prennent le contrôle de la ville[89],[90]. Les djihadistes se relient alors dans leur principal sanctuaire au Mali ; l'Adrar Tigharghar, où ils sont attaqués par les Français et les Tchadiens le 18 février[91]. La vallée de l'Ametettaï est prise le 3 mars après de féroces combats, les autres vallées du Tigharghar suivent[92],[93]. Après sa défaite à la bataille du Tigharghâr, AQMI perd sa principale place forte au Mali, le groupe disperse alors ses troupes et cherche à éviter les affrontements[94],[95].

Les combats au Mali ont fait 600 à 700 morts dans les rangs des djihadistes dans les six premiers mois de l'année 2013[96]. Parmi les morts figurent plusieurs chefs : Mohamed Lemine Ould El-Hassen, l'émir de la katiba Al Fourghan, tué par les Français le 24 février dans le Timétrine avec une quinzaine de ses hommes lors de l'opération Avrid[97]. Abou Zeïd, le chef de la katiba Tarik Ibn Ziyad, est tué à son tour entre le 22 et le 27 février lors de la bataille du Tigharghâr[98],[99],[100],[101]. Leurs morts est officiellement confirmée par AQMI le 16 juin 2013[102],[103]

Du 20 mars au 1er avril cependant, AQMI mène avec quelques dizaines de ses combattants deux attaques sur Tombouctou. La première comme la deuxième se soldent par des échecs ; 30 djihadistes sont tués, ainsi que 5 civils, tandis que l'armée malienne déplore 3 morts et 18 blessés et les Français un seul blessé[104].

Le 25 avril, AQMI appelle au djihad contre la France dans un discours prononcé par Abou Obeida Youssef al-Annabi[105],[106]

Le 29 septembre, AQMI revendique l'attentat de Tombouctou[107],[108]. La veille des kamikazes conduisant un véhicule piégé s'étaient fait exploser devant une caserne, deux civils avait été tués et six militaires blessés[109],[110].

2014[modifier | modifier le code]

Le 19 avril, 19 militaires algériens sont tués dans une embuscade à Iboudraren, revendiquée par AQMI le 1er mai[111],[112].

Le 16 septembre, cinq Touaregs sont enlevés à Zouéra, au nord de Tombouctou par des hommes d'AQMI. Quatre des otages sont par la suite relâchés mais le cinquième, accusé par les djihadistes d'être un informateur de l'armée française, est retrouvé décapité le 23 septembre à Zouéra[113],[114],[115].

2015[modifier | modifier le code]

Le 5 février 2015, AQMI revendique l'assassinat de Bay Ag Hamdy, haut responsable du MNLA tué le 26 janvier à Egedwatan à l'ouest de Tessalit[116].

Le 19 mars, à la foire de Tichift, au nord de Tombouctou, des hommes d'AQMI tuent puis décapitent publiquement un Touareg accusé d'être informateur au service des Français[117],[118].

Le 28 mars, Lokman Abou Sakhr, le chef de la katiba Okba Ibn Nafaâ est tué avec huit des ses hommes par la garde nationale tunisienne dans une embuscade à Sidi Aïch[119],[120].

La nuit du 18 au 19 mai, au nord-est de Kidal, au Mali, Abdelkrim al-Targui, le chef de la katiba Al-Ansar, est tué par les forces spéciales françaises, ainsi que trois autres djihadistes, dont un chef d'Ansar Dine[121],[122].

Le 2 juillet, AQMI tend une embuscade à Takoumbaout, entre Goundam et Tombouctou, à un convoi de casques bleus du Burkina Faso, ces derniers laissent six morts et cinq blessés[123],[124],[125],[126].

Le 5 juillet, dans la région de Kidal, deux combattants d'AQMI sont capturés par les Français et un autre est tué. Ce dernier est Mohammed Ali Ag Wadossene, impliqué dans l'enlèvement de l'otage français Serge Lazarevic il avait été relâché en décembre 2014 en échange de la libération de ce dernier[127],[128],[129].

Les 16 et 17 juillet, 9 à 14 soldats algériens sont tués dans une embuscade à Djebel Louh, près de Tarik Ibn Ziad. AQMI revendique l'attaque le 18[130],[131].

Le 3 août, les djihadistes attaquent Gourma-Rharous et tuent 11 gardes nationaux maliens. L'attaque est revendiquée le jour même par AQMI[132],[133],[134].

Le 13 octobre en Tunisie, un berger enlevé trois jours plus tôt est retrouvé mort près de Kasserine, tué d'une balle dans la tête. L'assassinat est revendiqué par la katiba Okba Ibn Nafaa qui accuse le berger d'être un informateur de l'armée. Il s'agit du premier enlèvement et de la première exécution en Tunisie d'un civil tunisien par AQMI[135].

En octobre, au Mali, AQMI assassine deux Touaregs accusés d'« espionnage » pour le compte des Français[136]. Le 6 décembre, le groupe publie une vidéo montrant l'exécution de trois « espions » — un Mauritanien et deux Maliens — qui sont égorgés ou tués par balles[137],[138].

L'attentat du Radisson Blu de Bamako, commis le 20 novembre et ayant causé la mort de 20 personnes, est revendiqué par Al-Mourabitoune, qui affirme avoir mené l'attaque en coordination avec AQMI[139],[140]. Le 4 décembre, Abdelmalek Droukdel, confirme dans un message audio que l'attaque au Radisson Blu de Bamako a été menée conjointement avec Al-Mourabitoune[141] et le même jour il annonce le ralliement d'Al-Mourabitoune à AQMI[142],[143].

2016[modifier | modifier le code]

Le , le groupe revendique des attentats à l'hôtel Splendid en plein cœur de Ouagadougou, au Burkina Faso[144].

Effectifs[modifier | modifier le code]

En janvier 2013, Mathieu Guidère, universitaire et professeur d'islamologie à l'Université Toulouse - Jean Jaurès, évalue à près de 1 000 le nombre des combattants d'AQMI au Mali[4]. En novembre 2013, il revoit son estimation un peu à la hausse et déclare qu'AQMI comptait 1 500 hommes au Mali avant le début de l'Opération Serval et que dix mois après ils ne seraient plus que 500[145].

Selon le média algérien TSA, des sources sécuritaires estiment à 400 hommes le nombre de combattants d'AQMI présents dans les montagnes de Kabylie au début de l'année 2013, dont 280 dans la wilaya de Bouira, 73 dans la wilaya de Boumerdès et 50 dans la wilaya de Tizi Ouzou[146].

Début août 2014, Mélanie Matarese, journaliste pour Le Figaro écrit que selon « un proche des mouvements islamistes », AQMI compte encore 700 hommes au Mali[5]. En septembre, elle indique qu'AQMI compte 800 hommes en Algérie[6].

En novembre et décembre 2015, Mathieu Olivier et Rémi Carayol, journalistes de Jeune Afrique, écrivent que selon la DGSE malienne, AQMI, en perte d'influence, ne compterait plus dans le Sahara que 200 combattants divisés en trois katiba[147],[148].

Organisation[modifier | modifier le code]

Algérie[modifier | modifier le code]

Sahara et Sahel[modifier | modifier le code]

La zone du Sahara, appelée la « région IX », est dirigée par un chef qui reçoit la charge d'« émir du Sahara ». Les chefs qui se succèdent à cette charge sont :

En 2013, AQMI dispose d'environ 1 000 hommes[4] répartis dans quatre à cinq brigades ou katiba[151] :

Tunisie[modifier | modifier le code]

La Tunisie compte une katiba d'AQMI[153] :

Les pertes[modifier | modifier le code]

Selon le gouvernement algérien, les pertes « terroristes » dans le pays sont les suivantes :

  • En 2007 : 299 morts, 280 capturés et 26 se sont rendus[154].
  • En 2008 : 210 morts, 299 capturés et 49 se sont rendus[154].
  • En 2009 : 260 morts, 376 capturés et 43 se sont rendus[154].
  • En 2010 : 242 morts, 289 capturés et 24 se sont rendus[154].
  • En 2011 : 132 morts, 152 capturés et 33 se sont rendus[154].
  • En 2012 : 222 morts, 112 capturés et 56 se sont rendus[154].
  • En 2014 : Plus de 100 morts[155],[156].
  • En 2015 : 109 morts, 36 capturés[157].

Financement[modifier | modifier le code]

Selon Jean-Charles Brisard, « spécialiste du terrorisme », 90 % des ressources d'Aqmi viennent des rançons obtenues contre libération d'otages. D'autres experts parlent de trafics d'armes, de drogue (« deux flux de drogues illicites — l'héroïne dans l'est de l'Afrique et la cocaïne dans l'ouest — se rejoignent dans le Sahara »), de migrants clandestins ; et évoquent aussi le soutien de « quelques membres des forces de sécurité de certains pays » ; pays parmi lesquels, peut-être, l'Algérie (« Aqmi est issu de l'ancien GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), qui serait une création des services algériens », Charles Saint-Prot)[158],[159]. Cependant AQMI aurait récupéré 50 millions de dollars de rançons et plus de 100 millions en ajoutant les divers autres trafics illicites (armes, drogue, etc.)[160].

Les otages d'AQMI[modifier | modifier le code]

Les premiers enlèvements d'Occidentaux sont commis par le GSPC en 2003. En février et en mars, 32 touristes, majoritairement Allemands et Autrichiens, sont enlevés par Abderazak el Para, qui pour échapper à l'armée algérienne choisit de se réfugier au Mali. Les otages sont divisés en plusieurs groupes, certains sont délivrés par les militaires algériens, d'autres sont confiés à Mokhtar Belmokhtar. Des négociations sont engagées entre les ravisseurs et deux notables envoyés par le gouvernement malien ; Iyad Ag Ghali et Baba Ould Choueikh. À l'issue des discussions, les otages sont relâchés le 18 août en échange d'une rançon de cinq millions d'euros qui enrichit considérablement les djihadistes et va les pousser à poursuivre ce type d'action[161].

Le , un groupe lié à l'organisation terroriste enlève, en Tunisie, deux touristes autrichiens, Andrea Kloiber (44 ans) et Wolfgang Ebner (51 ans) et les transfère en territoire algérien, dans une zone montagneuse. Le 15 mars, ils sont localisés au nord du Mali à 150 km de Kidal. Il s'agit selon le quotidien algérien, Al Djazaïr News, de la première opération menée par le chef algérien Abdelhamid Abou Zaïd qui exige le versement d'une rançon et la libération de militants islamistes emprisonnés en Algérie et en Tunisie, dont l'ancien chef du GSPC, Amar Saïfi, instigateur en 2003 de l'enlèvement dans le sud algérien d'un groupe de trente-deux touristes européens.

Le à l'ouest de Niamey au Niger, un groupe de trois djihadistes menés par Omar Ould Hamaha, l'oncle de l'épouse de Belmokhtar, enlève deux diplomates canadiens, Robert Fowler et Louis Guay. Après négociations, les deux otages sont libérés le . Une centaine de djihadistes se rassemblent ce jour-là, mais une violente dispute éclate entre Belmokhtar et Abou Zeid, le chef de la katiba Tarik Ibn Ziyad, qui refuse de relâcher deux de ses otages, et témoigne de la rivalité qui oppose les deux chefs. L'annonce de la libération de Robert Fowler et Louis Guay est également très mal accueillie par le chef d'AQMI, Abdelmalek Droukdel, qui reproche à Belmokhtar de n'avoir obtenu qu'une rançon de 700 000 euros seulement. Cependant selon le journaliste Serge Daniel, la rançon versée aurait été de trois millions d'euros et Belmokhtar n'en aurait reversé qu'une partie[162],[163],[164],[165],[166],[27],[167],[168].

L'année 2009 est marquée par une recrudescence d'enlèvements de ressortissants occidentaux contre le paiement de rançons. En janvier 2009, AQMI enlève quatre touristes britanniques au Mali, puis en libère deux assez rapidement. Fin avril, elle menace d'en exécuter un si Abou Qatada, Jordanien d'origine palestinienne condamné à mort dans son pays pour activité terroriste et prisonnier au Royaume-Uni sans avoir été jugé en vertu des lois contre le terrorisme, n'est pas libéré[169].

Le , un groupe armé enlève quatre touristes européens (un couple suisse, une Allemande et un Britannique) dans la zone frontalière entre le Niger et le Mali.

Le , une cellule d'Al-Qaïda basée au Mali annonce sur un site islamiste avoir exécuté l'otage britannique Edwin Dyer, après avoir repoussé un premier ultimatum jusqu'à la fin du mois[170].

Le , un ressortissant français président de l’organisation non gouvernementale Icare qui lutte contre le paludisme dans le Cercle de Ménaka et du comité de jumelage de la ville française de Gérardmer et de la commune rurale malienne de Tidermène, a été enlevé dans l’hôtel dont il est gérant à Ménaka, dans la région de Gao. Le ministère de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile a confirmé et condamné l’enlèvement[171]. Le , le mouvement terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique a revendiqué dans un enregistrement sonore diffusé par la chaîne de télévision Al Jazeera, l’enlèvement du Français ainsi que de trois espagnols en Mauritanie le [172].

Le en Mauritanie, la katiba Al-Moulathimin de Belmokhtar enlève trois travailleurs humanitaires espagnols au nord-ouest de Nouakchott, dont une femme. Cette dernière, qui se convertit à l'islam pendant sa captivité, est relâchée le . Les deux autres otages, Albert Vilalta et Roque Pascual, sont libérés le 23 août de la même année en échange d'une rançon de huit millions d'euros[173],[174],[175]. La France dénonce l'attitude espagnole dans le règlement de cette affaire[176].

L'italien Sergio Cicala et son épouse, Philomène Kaboré, originaire du Burkina Faso, détenus en otage depuis quatre mois par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sont libérés le .

Michel Germaneau, un humanitaire et ancien ingénieur français, est enlevé par la katiba d'Abou Zeïd le à In Abangharet dans le nord du Niger[177],[178]. Le , AQMI annonce avoir exécuté l'otage français en représailles au raid de l'Akla mené par l'armée mauritanienne et l'armée française[179]. Âgé, malade et privé de traitement médical, Michel Germaneau pourrait en réalité avoir succombé à une insuffisance cardiaque[178],[180]. Cependant, selon Béchir Bessnoun, un combattant tunisien d'AQMI arrêté au Mali en 2011 lors d'une tentative d'attentat contre l'ambassade de France à Bamako, Michel Germaneau a été exécuté dans l'Adrar Tigharghar. Il aurait été tué de la main d'Abdelkrim al-Targui, d'une balle à la tête, sur un ordre donné par Abou Zeïd et Djamel Okacha. Bessnoun ajoute que la vidéo de son exécution était montrée aux nouvelles recrues d'AQMI mais qu'elle n'a jamais été diffusée sur internet[181],[182],[178]. Le , l'armée tchadienne annonce que le passeport de Michel Germaneau a été trouvé après les combats dans la vallée de l'Ametettaï[183]. Le corps de Michel Germaneau n'a pas été retrouvé[178].

Le , la katiba de Belmokhtar tente une nouvelle action à Niamey. Six djihadistes pénètrent en plein cœur de la capitale nigérienne et enlèvent deux jeunes français, Antoine de Léocour et Vincent Delory. Leur véhicule, poursuivi par les forces nigériennes, parvient à gagner le Mali, où il est attaqué par les forces spéciales françaises. À l'issue du combat, les djihadistes sont tués ou dispersés, mais les deux otages français perdent également la vie ; Antoine de Léocour est exécuté sommairement et Vincent Delory est probablement tué par des tirs français[162],[184].

Manifestation à Marseille, le , pour la libération de Pierre Legrand, Marc Feret, Thierry Dol et Daniel Larribe enlevés le 16 septembre 2010.

Le , les Français Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret, employés d'un site d'extraction d'uranium d'Areva à Arlit au Niger, sont enlevés par la katiba d'Abou Zeïd[185]. La prise d'otage est revendiquée le dans un communiqué publié par Al Jazeera[186]. Après leur capture, ils sont aussitôt conduits par les djihadistes dans l'Adrar Tigharghar et maintenus captifs dans ces montagnes qu'ils n'ont jamais quitté jusqu'à la bataille du Tigharghâr, en . Les otages sont évacués des montagnes par leurs ravisseurs au début du mois de mars[187],[188]. Ils sont finalement libérés le [185]. 20 à 25 millions d'euros auraient été dépensés pour payer la rançon et les intermédiaires[189],[190],[191].

Deux autres Français, Serge Lazarevic et Philippe Verdon, sont enlevés la nuit du 23 au à Hombori par des hommes de la katiba « Al-Ansar », commandée par Abdelkrim al-Targui[192],[193],[194]. Très rapidement après leur enlèvements, les deux hommes font l'objet de toutes sortes de rumeurs rapportées par une partie de la presse française, Lazarevic est notamment un temps confondu avec un mercenaire serbe homonyme. Des journaux évoquent la possibilité qu'il puisse s'agir d'agents du gouvernement français, de « barbouzes » ou de « mercenaires ». Les ravisseurs, qui surveillent les commentaires de la presse internationale, sont alors persuadés de détenir des espions et les deux hommes sont torturés à plusieurs reprises[195],[196],[197],[198]. Le 20 mars, AQMI déclare dans un communiqué adressé à l'Agence Nouakchott d'information, que l'otage Philippe Verdon, qualifié d'« espion », a été décapité le 10 mars « en réponse à l'intervention de la France dans le nord du Mali[199],[200] ». Son corps est retrouvé le 7 juillet[201],[202]. Le lieu de sa découverte n'est cependant pas indiqué. Bientôt, un sous-officier du MNLA affirme que c'est lui qui a retrouvé la dépouille de l'otage français dans la vallée de Tahort, près de l'Adrar de Tigharghâr, lors d'une patrouille effectuée avec 14 de ses hommes et deux pick-up à la demande des forces spéciales françaises[203]. Le corps est rapatrié à Paris le 17 juillet. Le lendemain après autopsie, le parquet de Paris affirme que l'otage français a été assassiné d'une balle dans la tête. Philippe Verdon était malade, il souffrait d'un ulcère et de tachycardie et il est probable qu'AQMI ait décidé de le sacrifier en raison de ses problèmes de santé[204],[205]. En août 2013, le journaliste Serge Daniel rencontre dans la région de Gao les chefs djihadistes Abdel Hakim et Alioune Touré qui lui confirment que les problèmes de santé de Philippe Verdon s'étaient aggravés et qu'il a été exécuté par balles sur l'ordre d'un émir[206]. Serge Lazarevic est libéré [207]. Une rançon est versée et quatre hommes d'AQMI sont libérés en contrepartie[208],[209],[210],[211],[212],[213],[214].

Trois autres Occidentaux sont capturés le à Tombouctou ; le Suédois Johan Gustafsson, le Néerlandais Sjaak Rijke, et Stephen Malcolm MacGown de nationalité britannique et sud-africaine[215]. Un Allemand tente de résister, mais est tué[216].

Le , deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, sont enlevés à Kidal par des hommes armés. Mais quelques heures plus tard le véhicule des ravisseurs tombe en panne à l'extérieur de la ville et les djihadistes exécutent les deux journalistes afin de faciliter leur fuite[217]. Quatre jours plus tard, ces assassinats sont revendiqués par des combattants de la katiba « Al Ansar »[218]. Selon RFI, un des lieutenants d'Abdelkrim al-Targui, Sedane Ag Hita, dit « Abou Abdel Hakim al-Kidali », serait directement impliqué dans cette action[219].

Le matin du , les forces spéciales françaises délivrent l'otage néerlandais Sjaak Rijke lors d'une opération dans la région de Tessalit, au nord du Mali[220]

Le , un couple d'Australiens, Jocelyn et Ken Elliott, établis depuis 40 ans au Burkina Faso est enlevé à Djibo, près de Baraboulé. Le lendemain Hamadou Ag Khallini, responsable d'Ansar Dine, affirme que le couple a été enlevé par AQMI[221],[222]. La katiba Al-Mourabitoune d'AQMI revendique effectivement l'enlèvement le 5 février et annonce la libération sans contrepartie de Jocelyn Eliott[223],[224]. Cette dernière est effectivement libérée le 6 février[225].

Le , une Suisse nommée Béatrice Stockly est enlevée à Tombouctou pour la deuxième fois[226]. Elle avait déjà été capturée le par des hommes armés qui avaient l'intention de la revendre à AQMI. Poursuivis le lendemain par des combattants d'Ansar Dine, les ravisseurs auraient abandonné l'otage aux djihadistes après des échanges de coups de feu. Le 24 avril, à Tombouctou, Béatrice Stockly était libérée par Ansar Dine et remise à un général burkinabé et deux diplomates suisses venus par hélicoptère du Burkina Faso[227],[228]. Selon RFI, sa libération aurait été effectuée contre le paiement d'une rançon[229], ce qu'Ansar Dine avait démenti[230]. AQMI revendique le second enlèvement de Béatrice Stockly le [231].

Relations avec d'autres groupes armés[modifier | modifier le code]

Le , Al-Qaïda au Maghreb islamique publie un communiqué dans lequel il rejette le califat proclamé par l'État islamique en Irak et en Syrie. Il dénonce une proclamation faite « sans consultation avec les chefs des moujahidines » et demande à l'EI quel sort il réserve aux émirats autoproclamés, comme l'Émirat islamique d'Afghanistan et l'Émirat islamique du Caucase. AQMI déclare « vouloir un califat, dans la voie de la prophétie, sur la base de la choura (la consultation), et qui cherche à unir les musulmans et à épargner leur sang »[232]. Cependant en septembre, un groupe de combattants menés par Abdelmalek Gouri, dit Khaled Abou Souleïmane, émir de la région centrale en Algérie, fait scission d'AQMI et rallie l'EI. Le groupe se baptiste Jound al-Khalifah (« Les Soldats du califat »)[233]. En septembre 2015, la katiba « al Ansar » en Kabylie rallie à son tour de l'État islamique[234],[235].

Le , AQMI publie un communiqué commun avec Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA), dans lequel les deux groupes appellent l'État islamique, le Front al-Nosra et l'ensemble des rebelles syriens à mettre de côté leurs différends et à s'unir contre les gouvernements en place et la deuxième coalition en Irak, dont l'intervention leur semble alors imminente[236].

Communication et propagande[modifier | modifier le code]

En octobre 2009, AQMI annonce la création de l'« Institut Al-Andalus de production médiatique ». Al-Andalus devient la filiale de communication d'AQMI sur internet, diffusant des vidéos ou des communiqués[237].

À partir de 2015, AQMI s'inspire ouvertement des vidéos de l'État islamique, notamment en reprenant certains de ses chants et en faisant preuve d'une meilleure maîtrise technique. L'apparence des combattants change également, selon Lemine Ould Mohamed Salem ; « il y a en effet une sorte de concurrence entre Aqmi et l'EI. Les vidéos d'Aqmi ressemblent de plus en plus à celles super-américanisées de l'EI et ils ont troqué la djellabah de bédouin pour le treillis et la cagoule »[238],[239]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 500 début 2004 selon le général Abderrezak Maïza, chef d’état-major algérien (« Le GSPC confronté à une nouvelle dissidence (journaux) », 5 février 2004.
  2. Assemblée Nationale : Rapport d’information par la Commission des Affaires étrangères sur « La situation sécuritaire dans les pays de la zone sahélienne », par MM. Henri Plagnol et François Loncle, députés, le 6 mars 2012.
  3. Le Figaro : « L'intervention française au Mali a déplacé la menace djihadiste vers le sud »
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  6. a et b Le Figaro : Les Soldats du califat, des anciens d'Aqmi, par Mélanie Matarese.
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  12. Xavier Raufer (directeur), Alain Chouet, Anne-Line Didier, Richard Labévière & Leïla N., Atlas de l’Islam radical, Paris : CNRS éditions, 2007 (ISBN 978-2-271-06577-3), p. 266
  13. Xavier Raufer (directeur), Alain Chouet, Anne-Line Didier, Richard Labévière & Leïla N., Atlas de l’Islam radical, Paris : CNRS éditions, 2007 (ISBN 978-2-271-06577-3)
  14. Émission C dans l'air,  ; Atlas de l'islam radical
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  16. Liste récapitulative concernant Al-Qaïda, Oussama ben Laden, les Taliban et autres personnes, groupes, entreprises et entités qui leur sont associés sur le site de l'ONU
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  23. « les services de renseignements français et d’autres cercles bien informés savaient que de nombreux communiqués des GIA provenaient des bureaux du DRS, qui de surcroît quadrillait l’Hexagone de ses agents « islamistes » [...] Certes, on ne doit pas négliger le danger que pourraient représenter ces « fantassins du djihad ». Mais il n’y a guère de doute que les services français ont largement les moyens de surveiller au plus près leurs faits et gestes » « L’“ennemi algérien” de la France : le GSPC ou les services secrets des généraux ? » - Par Omar Benderra, François Gèze, Salima Mellah, publié par Algeria-Watch, 23 juillet 2005. Commente un article du Monde daté 26 juin 2005. Consulté le 13 octobre 2010.
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  58. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Slate.
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  86. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 148.
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  89. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 335.
  90. « Mali : les forces françaises et maliennes sont entrées dans Tombouctou », sur Le Monde avec AFP et Reuters,‎ .
  91. David Baché, « L’opération «Panthère IV» est lancée », sur Le Temps,‎ .
  92. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 488-491.
  93. Bernard Barrera, Opération Serval : Notes de guerre, Mali 2013, p. 210-214.
  94. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 527.
  95. Patrick Forestier, « Général Barrera, libérateur du Mali - « Mourir, un risque du métier » », sur Paris Match,‎ .
  96. Sarah Halifa-Legrand et Vincent Jauvert, « MALI. Les secrets d'une guerre éclair », sur Le Nouvel Observateur,‎
  97. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 448-451.
  98. Thierry Oberlé, Mali : combattant d'Aqmi, il rapporte la mort d'Abou Zeid, Le Figaro, 1er mars 2013.
  99. Jean-Philippe Rémy, L'Élysée et l'armée française ne confirment pas la mort d'Abou Zeid, Le Monde, 1er mars 2013.
  100. Nathalie Guibert et Isabelle Mandraud, Des tests ADN confirment la mort d'Abou Zeid, Le Monde, 23 mars 2013.
  101. La mort du chef jihadiste Abou Zeid confirmée par l'Élysée, RFI, 23 février.
  102. a et b « Aqmi confirme la mort de son chef Abou Zeid », sur AFP,‎ .
  103. « Aqmi confirme la mort d'Abou Zeid, un de ses chefs », sur RFI,‎ .
  104. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 529-535.
  105. Thierry Oberlé, « Aqmi appelle à la guerre sainte contre la France », sur Le Figaro,‎ .
  106. « Un chef d’Al-Qaeda appelle à attaquer les intérêts français », sur AFP,‎ .
  107. France 24 : Mali: Aqmi revendique l'attaque suicide de Tombouctou
  108. rfi : Mali : Aqmi revendique l'attentat suicide à Tombouctou (média mauritanien)
  109. rfi : Mali : attentat-suicide meurtrier contre un camp de l’armée à Tombouctou
  110. Le Parisien : Mali : deux civils tués et six soldats blessés dans un attentat suicide
  111. El Watan : 16 militaires tués et 9 autres blessés dans une attaque terroriste à Iboudrarène (Tizi Ouzou)
  112. RFI : Algérie: Aqmi revendique l'attaque ayant tué onze militaires le 19 avril
  113. RFI : Mali: cinq Touaregs enlevés dans le Nord
  114. RFI : Mali : un Touareg décapité, Aqmi mis en cause
  115. Reuters : Un otage touareg décapité par des islamistes au Mali
  116. ALAKHBAR : Nord du Mali: l’Emirat du Sahara revendique l’assassinat d’un haut responsable du MNLA
  117. RFI : Mali: Aqmi accentue la pression dans la région de Tombouctou
  118. AFP : Mali: Aqmi décapite un civil malien accusé de travailler pour la France
  119. « TUNISIE. Le chef du principal groupe djihadiste tué », L'Obs, 29 mars 2015
  120. « Tunisie: neuf jihadistes tués par les forces de l'ordre, dans le Sud », Radio France internationale, 29 mars 2015
  121. AFP : Mali: deux importants chefs jihadistes tués par l'armée française
  122. Reuters : Bourse de Paris : Quatre "terroristes" tués au Mali par l'armée française
  123. Mali : six casques bleus tués dans une attaque revendiquée par Aqmi, RFI, 2 juillet 2015.
  124. Six casques bleus tués dans le nord du Mali, Reuters, 2 juillet 2015.
  125. Aboubacar Dicko, Mali : Takoumbaout dans le cercle de Goundam : Une embuscade tendue à la MINUSMA a fait au moins 6 morts et 5 blessés, L’Indépendant, 4 juillet 2015.
  126. Mali: une vidéo d'AQMI adopte les codes de communication du groupe EI, RFI, 3 septembre 2015.
  127. Mali : un responsable d'Aqmi tué par les forces spéciales françaises, Le Point avec AFP, 7 juillet 2015.
  128. Mali: un responsable opérationnel d'Aqmi tué par l’armée française, RFI, 7 juillet 2015.
  129. Mali: mort d'un jihadiste lié aux possibles assassins de nos confrères, RFI, 7 juillet 2015.
  130. AQMI revendique une attaque meurtrière contre l’armée algérienne Le Monde avec AFP, 19 juillet 2015.
  131. Algérie: 9 soldats tués dans l'embuscade revendiquée par Aqmi, selon l'armée, AFP, 19 juillet 2015.
  132. Mali: onze militaires maliens tués dans une attaque jihadiste dans le nord, AFP, 3 août 2015.
  133. Attaque au Mali: 5 suspects arrêtés, Le Figaro avec AFP, 6 août 2015.
  134. Mali: des arrestations après l’attaque de Gourma Rharous, RFI, 6 août 2015.
  135. Tunisie: un berger enlevé par des jihadistes retrouvé mort, AFP, 13 octobre 2015.
  136. Mali: Al-Qaïda assassine deux hommes qu'elle accuse d'être des espions français, L'Express avec AFP, 27 novembre 2015.
  137. Romain Caillet, S'inspirant des vidéos d'exécutions de présumés espions de l'#EI, #AQMI diffuse les aveux de 3 supposés "traîtres". , twitter.
  138. Aqmi revendique la mort d'"espions", Le Figaro avec AFP, 8 décembre 2015.
  139. [vidéo] URGENT - Al-Mourabitoun, affilié à Al-Qaeda, revendique la prise d’otages à Bamako, France 24, 20 novembre 2015.
  140. Attaque à Bamako: ce que l'on sait sur la revendication, RFI, 21 novembre 2015.
  141. Mali: l’émir d’Aqmi confirme sa responsabilité dans l’attaque du Radisson, RFI, 4 décembre 2015.
  142. L'émir d'Aqmi annonce le ralliement de Mokhtar Belmokhtar, RFI, 4 décembre 2015
  143. Al-Qaëda au Maghreb islamique annonce le ralliement des Mourabitoune, AFP, 4 décembre 2015.
  144. « Attaque terroriste à Ouagadougou: derniers bilans et réactions », sur RFI Afrique (consulté le 16 janvier 2016)
  145. Le Figaro : «L'intervention française au Mali a déplacé la menace djihadiste vers le sud»
  146. TSA : Plus de 400 terroristes d’Aqmi activent en Kabylie
  147. Mathieu Olivier, Mali : une menace terroriste omniprésente, du Nord au Sud, Jeune Afrique, 20 novembre 2015.
  148. Rémi Carayol, Mali : Keïta et Koufa, l’inquiétant duo terroriste du Sud, Jeune Afrique, 3 décembre 2015.
  149. L'émir de "Jund El Khilafah" éliminé par l'armée algérienne, Al Huffington Post, 23 décembre 2014.
  150. RFI : Le chef d’Aqmi au Sahara meurt dans un accident de voiture
  151. [1] rfi : Les structures de l'organisation terroriste Aqmi
  152. Deux chefs jihadistes tués au Mali: une opération longuement préparée, RFI, 21 mai 2015.
  153. a, b et c David Thomson, « L'État islamique a décidé de faire de la Tunisie sa cible », Le Figaro, 31 mars 2015
  154. a, b, c, d, e et f Le Midi Libre : Une centaine d’"émirs" éliminés depuis 2006
  155. Le Figaro : Deux islamistes armés tués en Algérie
  156. Selon Alger, "il ne reste que des résidus de terrorisme" dans le pays, France 24, 22 mai 2015
  157. Algérie: 109 "terroristes" tués et 36 autres arrêtés en 2015, selon l'armée, AFP, 28 décembre 2015.
  158. « Terrorisme : Le portrait des combattants d'Aqmi ». Interview de Jean-Charles Brisard, spécialiste du terrorisme : « Mais où trouvent-ils l'argent ? — C'est la politique d'enlèvement qui procure à Aqmi l'essentiel de ses ressources. On estime que 90 % de ses ressources aujourd'hui sont procurées par les rançons qui représentent plusieurs dizaines de millions d'euros — Sans compter les ressources du trafic d'armes, de migrants ou de drogues, des sommes colossales qui permettent à Aqmi de s'imposer auprès des tribus locales en les finançant [...] », BFM TV, 11 janvier 2011 à 11:34. Consulté le 04/02/2011, mais n'est plus accessible aujourd'hui (11 février 2011 à 10:39 (CET)).
  159. « En prenant le contrôle d'une partie des trafics (drogue et migrants clandestins), ils ont rejoint le grand banditisme ». « deux flux de drogues illicites — l'héroïne dans l'est de l'Afrique et la cocaïne dans l'ouest — se rejoignent dans le Sahara. Les terroristes puisent des ressources du trafic de drogue pour financer leurs opérations, acheter des équipements et payer leurs troupes. » (Antonio Maria Costa, directeur de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime). « Quelques membres des forces de sécurité de certains pays sont une source de soutien à Aqmi » (Pr Benhammou, président de la Fédération africaine des études stratégiques). « Aqmi compte dans ses rangs de nombreux déclassés attirés par la rapine [...] Aqmi est issu de l'ancien GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), qui serait une création des services algériens » (Charles Saint-Prot, directeur de l'Observatoire d'études géopolitiques, professeur d'université à Paris-Descartes et Strasbourg), dans Valeurs actuelles no 3870, 27 janvier 2011, p. 39
  160. « Derrière AQMI se cache un projet de recolonisation de l’Afrique », Zine Cherfaoui pour El Watan, publié le 12 octobre 2010.
  161. Lemine Ould Mohammed Salem, Le Ben Laden du Sahara, sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar, p. 59-62
  162. a et b Lemine Ould Mohammed Salem, Le Ben Laden du Sahara, sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar, p. 95-80
  163. Jeune Afrique : Robert Fowler, ex-otage d'Aqmi : "J'ai cru plusieurs fois que j'allais être tué", par Benjamin Roger.
  164. Paris Match : ROBERT FOWLER, OTAGE D’AQMI PENDANT QUATRE MOIS. “DIFFICILE DE NE PAS DEVENIR FOU”
  165. Serge Daniel, Les mafias du Mali ; Trafics et terrorisme au Sahel, p. 306
  166. RFI : Sahel: quand Aqmi reproche à Belmokhtar de ne pas fournir ses notes de frais
  167. Résumé des motifs ayant présidé aux inscriptions de noms sur la liste récapitulative NARRATIVE SUMMARIES OF REASONS FOR LISTING QI.B.136.03. Mokhtar Belmokhtar sur un.org
  168. Libération du chauffeur de deux diplomates canadiens enlevés par AFP sur jeuneafrique.com
  169. « Al-Qaïda au Maghreb menace de tuer un otage britannique », Le Monde, 28 avril 2009, p. 8
  170. « Al Qaïda au Maghreb dit avoir tué son otage britannique », Le Point, 3 juin 2009.
  171. "Le ministère de la sécurité intérieure confirme l’enlèvement", l'Essor, 30 novembre 2009
  172. « Al-Qaïda revendique le rapt d'un Français au Mali et de 3 Espagnols en Mauritanie », AFP, 8 décembre 2009
  173. Serge Daniel, Les mafias du Mali ; Trafics et terrorisme au Sahel, p. 192 et 307
  174. Lemine Ould Mohammed Salem, Le Ben Laden du Sahara, sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar, p. 123-124
  175. "Al Qaida au Maghreb islamique libère deux otages espagnols" sur nouvelobs.com, consulté le 23 aout 2010
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  177. « De Michel Germaneau à Serge Lazarevic, 4 ans d'otages français », sur Libération avec AFP,‎ .
  178. a, b, c et d Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 51-52.
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  180. Jean-Dominique Merchet, « AQMI : l'otage Michel Germaneau est mort de maladie, faute de médicaments », sur Secret défense,‎ .
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  183. « Mali: une semaine de confusion sur le sort de Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeid », sur RFI,‎ .
  184. Le Nouvel Observateur : Niger : Comment les otages français sont morts, par Jean-Paul Mari.
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  187. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, p. 524-529.
  188. Bernard Barrera, Opération Serval : Notes de guerre, Mali 2013, p. 297-307.
  189. rfi : Niger: les quatre otages français d'Arlit sont libres
  190. Le Monde : Les quatre otages français enlevés au Niger libérés
  191. Le Monde : Otages d’Arlit : une rançon a été versée
  192. Serge Daniel, Les mafias du Mali ; Trafics et terrorisme au Sahel, p. 306-308.
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  195. Serge Daniel, Les mafias du Mali ; Trafics et terrorisme au Sahel, p. 173.
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  197. Thomas Hofnung, « Serge Lazarevic, espion, géologue ou aventurier ? », sur Libération,‎ .
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  203. « Philippe Verdon a-t-il été retrouvé par des éléments du MNLA? », sur RFI,‎ .
  204. « L'otage Philippe Verdon est mort « assassiné d'une balle dans la tête » », sur Le Monde avec AFP,‎ .
  205. Serge Daniel, Les mafias du Mali ; Trafics et terrorisme au Sahel, p. 174.
  206. Serge Daniel, Les mafias du Mali ; Trafics et terrorisme au Sahel, p. 217-218.
  207. « Serge Lazarevic: les dessous d'une libération », sur RFI,‎ .
  208. Libération et AFP : Serge Lazarevic : «La vie est belle de retrouver la liberté»
  209. L'Obs et AFP : Serge Lazarevic, dernier otage français dans le monde, est libre
  210. France 24 : Serge Lazarevic, dernier otage français, est libre
  211. France 24 : Mali : quatre jihadistes ont été libérés en échange du Français Serge Lazarevic
  212. Soir de Bamako : On en parle dans les coulisses… Ça bouillonne à Bamako
  213. RFI : Qui sont les jihadistes libérés en échange de Serge Lazarevic?
  214. L'Indicateur du Renouveau : Mohamed Akotey, négociateur nigérien tranche : « J’ai négocié avec Aqmi, pas avec Iyad Ag Ghali »
  215. « Encore trois otages étrangers détenus au Mali », sur RFI,‎ .
  216. Le Nouvel Observateur : Au Mali, 13 otages dans les mains d'Aqmi
  217. rfi : RFI sous le choc après l'assassinat de deux de ses envoyés spéciaux au Mali
  218. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Obs.
  219. RFI : Mali: ces Touaregs qui ont choisi le jihad
  220. Le Monde avec AFP : Un otage néerlandais libéré au Mali
  221. Les deux Australiens enlevés au Burkina Faso sont "entre les mains d'Aqmi", France 24 avec AFP, 17 janvier 2016.
  222. Les Burkinabè se mobilisent pour deux humanitaires australiens enlevés par des jihadistes, France 24, 19 janvier 2016.
  223. Aqmi revendique l'enlèvement du couple australien au Burkina Faso, France 24 avec Reuters, 5 février 2016.
  224. Romain Caillet, Al-Mourabitoune (#AQMI) revendique la capture des Australiens Eliot Arthur et son épouse Joséphine Kenneth, twitter, 5 février 2016.
  225. Burkina : libération d’une Australienne enlevée par des jihadistes, AFP, 7 février 2016.
  226. Une ressortissante suisse enlevée à Tombouctou, France 24 avec AFP, 8 janvier 2016.
  227. L'Express : Mali: l'otage suisse a été libérée
  228. RFI : Mali : Ansar Dine libère l'otage suisse à Tombouctou
  229. Mali: enlèvement d'une ressortissante suisse à Tombouctou, RFI, 8 janvier 2016.
  230. Serge Daniel, Mali: Béatrice Stockly, la captive du désert, enlevée pour la deuxième fois, AFP, 15 janvier 2016.
  231. Mali : des djihadistes revendiquent l'enlèvement de Béatrice Stockly, AFP, 26 janvier 2016.
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  233. Le Figaro Un groupe armé algérien se rallie à l'EI
  234. Romain Caillet, twitter
  235. David Thomson, twitter
  236. AFP : L'AQMI et l'AQPA appellent les djihadistes à s'unir contre la coalition anti-EI
  237. Lauranne Provenzano, Al-Andalus, le sabre et la plume, Jeune Afrique, 8 octobre 2010.
  238. Matthieu Ecoiffier, Attentat au Burkina : «Il y a une sorte de concurrence entre Aqmi et l'EI», Libération, 16 janvier 2016.
  239. Madjid Zerrouky, Attentats à Ouagadougou : AQMI adopte les codes de l’État islamique, Le Monde, 18 janvier 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Le roman Katiba de Jean-Christophe Rufin met en scène la dissidence d'une katibat d'AQMI et sa volonté de porter le jihad en France.

Liens externes[modifier | modifier le code]