Alliance nationale pour la sauvegarde de l'identité peule et la restauration de la justice

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Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice
Idéologie Nationalisme peul
Objectifs Défense des populations peules
Statut Dissout
Fondation
Date de formation
Pays d'origine Mali
Dissolution
Date de dissolution Vers fin 2017
Causes Défection d'une branche de l'ANSIPRJ vers le MDP et ralliement de l'autre au MNLA
Organisation
Chefs principaux • Oumar al-Janah
• Sidy Bakaye Cissé
Membres 700 à 2 300 revendiqués[1],[2]
Guerre du Mali

L'Alliance nationale pour la sauvegarde de l'identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ) est un mouvement politique et militaire formé le pendant la guerre du Mali.

Fondation[modifier | modifier le code]

L'ANSIPRJ est fondé le , dans un contexte de violences intercommunautaires dans le centre du Mali[1]. En 2012, de nombreux Peuls avaient rejoint le MUJAO, moins par adhésion au djihadisme que pour lutter contre l'hégémonie des indépendantistes touaregs du MNLA[3]. En 2015, un groupe djihadiste à dominante peule appelé le Front de libération du Macina, en réalité une katiba d'Ansar Dine, apparaît dans la région de Mopti[4]. Depuis, les Peuls font l'objet d'accusations de liens avec les djihadistes[5]. En 2016, l'association Dental Pulaku (« L'Union des Peuls ») dénonce des amalgames et accuse l'armée malienne d'avoir tué environ 15 civils peuls pendant le mois d'[6],[7],[8]. Début mai, des miliciens bambaras mènent des attaques contre les Peuls dans le Cercle de Ténenkou qui font au moins 30 morts[9],[10],[11],[12],[13],[14].

Idéologie et objectifs[modifier | modifier le code]

L'ANSIPRJ annonce que son objectif est la protection des populations peules. Le groupe affirme être opposé au djihadisme et à l'indépendantisme, mais il déclare que le « premier ennemi sur le terrain est l’armée malienne ». Le leader du mouvement déclare : « Partout où nous croiserons des soldats maliens, nous les attaquerons »[1],[14],[15],[16],[5]. Le groupe accuse alors l'armée malienne « et ses chasseurs de prime » d'être responsables de la mort de 388 membres de leur communauté[17].

Selon le chercheur en anthropologie Boukary Sangaré, de nombreux pasteurs nomades peuls de la région prennent les armes et rallient des groupes armés, y compris djihadistes, pour « s'affranchir du joug des chefs traditionnels ou des élites, ne plus payer des taxes qui leur semblent injustes, et se protéger simplement contre divers groupes ou contre des actes de banditisme »[5].

Organisation et effectifs[modifier | modifier le code]

L'ANSIPRJ est présidée par un Malien de 27 ans, Oumar al-Janah, ou Oumar Aldiana[1],[15],[5],[14], fils d'un Touareg et d'une Peule et ancien membre du MNLA[16],[14],[18]. Il affirme que le groupe compte 700 hommes à sa fondation[1],[14] et revendique ensuite 2 300 combattants en , mais ce nombre est très probablement exagéré[2]. Le secrétaire général adjoint du mouvement est Sidy Bakaye Cissé[19],[17].

Le mouvement est actif dans la région de Tombouctou, la région de Gao et la région de Ségou[14].

À sa création, l'ANSIPRJ se retire de l'association Dental Pulaku[15].

Le groupe affirme disposer du soutien d'hommes politiques maliens et de membres de la diaspora peule[1],[15].

Actions[modifier | modifier le code]

Le , l'ANSIRPJ annonce avoir mené l'attaque de Nampala contre l'armée malienne[20]. Cependant l'offensive est également revendiquée par Ansar Dine[21]. L'ANSIPSJ revendique encore le une embuscade contre des soldats maliens près Boni, où trois gardes nationaux sont tués et deux blessés[22].

Dissolution[modifier | modifier le code]

Au bout de quelques mois, les deux leaders de l'ANSIPRJ se déchirent. En septembre, Sidy Bakaye Cissé quitte l'alliance et rejoint le Mouvement pour la défense de la patrie (MDP), membre de la Plateforme. Le 19 ou , Oumar al-Janah annonce finalement que son mouvement dépose les armes et s'inscrit dans le processus de paix. Il annonce également un rapprochement avec le MSA, la CPA et le CJA, proches de la CMA[23],[2]. En , Oumar al-Janah déclare avoir décidé de cesser le combat en raison des pressions des djihadistes peuls, qui selon lui « refusent qu’il y ait une autre force peule sur le terrain, une force qui ne soit pas djihadiste »[18]. Il affirme alors ne pas avoir les moyens et la volonté de combattre les Peuls djihadistes et annonce que l'ANSIPRJ rallie le MNLA[18].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f « Un nouveau mouvement politico-militaire peul créé au Mali », RFI Afrique (consulté le 13 septembre 2019)
  2. a b et c Rémi Carayol, « Mali : le mouvement peul de l’ANSIPRJ dépose les armes », Jeune Afrique, (consulté le 13 septembre 2019)
  3. Yvan Guichaoua, « Mali-Niger : une frontière entre conflits communautaires, rébellion et djihad », Le Monde, (consulté le 13 septembre 2019)
  4. Rémi Carayol, « Carte : au centre du Mali, une constellation de groupes armés », Jeune Afrique, (consulté le 13 septembre 2019)
  5. a b c et d Agnès Faivre, « Milice peule : une équation de plus pour Bamako », Le Point, (consulté le 13 septembre 2019)
  6. AFP, « Mali: l'armée et des milices tuent injustement des Peuls pris pour des jihadistes », sur tv5monde, (consulté le 13 septembre 2019)
  7. AFP, « Mali: l’armée et des milices tuent injustement des Peuls pris pour des jihadistes », Mali Actu, (consulté le 13 septembre 2019)
  8. « Mali: une association dénonce des exactions contre des Peuls », RFI Afrique, (consulté le 13 septembre 2019)
  9. L'Indicateur du Renouveau avec AFP, « Centre du Mali : Des civils s’entretuent avec des armes de guerre », sur malijet.com, (consulté le 13 septembre 2019)
  10. « Heurts intercommunautaires dans le centre du Mali: HRW veut une intervention », sur RFI Afrique, (consulté le 13 septembre 2019)
  11. « Mali: calme précaire dans le centre du pays - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 13 septembre 2019)
  12. Le Républicain, « Le carnage de Dioura : qui, comment et pourquoi », sur maliweb.net (consulté le 13 septembre 2019)
  13. « Mali: après les heurts communautaires, le gouvernement prend les choses en main », RFI Afrique, (consulté le 13 septembre 2019)
  14. a b c d e et f Rémi Carayol, « Mali – Oumar Aldjana : « Nous avons créé un mouvement pour mettre fin aux exactions contre les Peuls » », Jeune Afrique, (consulté le 13 septembre 2019)
  15. a b c et d Halima Touré, « Mali : Des voix dénoncent la création du mouvement politico-militaire peulh », sur Mali Actu, (consulté le 13 septembre 2019)
  16. a et b « Naissance au Mali d'un nouveau mouvement pour défendre la cause des Peuls », Agence Afrique, (consulté le 13 septembre 2019)
  17. a et b « Bakaye Cissé : Qui est l’homme qui a attaqué le camp militaire de Nampala ? », sur L'Indicateur du Renouveau, .
  18. a b et c Olivier Dubois, « Oumar Aldjana : « L’ANSIPRJ va complètement intégrer le MNLA » »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur Journal du Mali,
  19. Alpha Mahamane Cissé, « Attaque d’un camp militaire dans le centre du Mali, revendiquée par un mouvement peul », Mali Actu avec AFP,
  20. « Mali: un mouvement peul revendique l’attaque de base de l’armée dans le centre », sur RFI,
  21. « Mali: toujours la confusion après l’attaque de la base militaire de Nampala », sur RFI,
  22. « Mali: des militaires tombent dans une embuscade près de Boni, dans le centre », sur RFI,
  23. Rémi Carayol, « Mali : l’ANSIP-RJ, un groupe armé peul, se déchire », Jeune Afrique, (consulté le 13 septembre 2019)