Mouvement arabe de l'Azawad

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Mouvement arabe de l’Azawad
الحركة العربية الأزوادية
Image illustrative de l'article Mouvement arabe de l'Azawad
Devise : Drapeau du Mouvement arabe de l'Azawad

Idéologie Nationalisme arabe
Objectifs Autonomie de l'Azawad
Statut Actif
Fondation
Date de formation
Pays d'origine Drapeau du Mali Mali
Actions
Zone d'opération Nord du Mali
Organisation
Chefs principaux Sidi Brahim Ould Sidati
(Secrétaire général)
Housseine Ould Ghoulam
(Directeur de l'état major)
Sidamar Ould Mohamed
Moulaye Abi
Membres 500 (en 2012)[1]
500 à 1 000 (MAA rebelle, en 2016)[2]
2 000 (MAA loyaliste, en 2016)[2]
Guerre du Mali

Le Mouvement arabe de l’Azawad (en arabe : الحركة العربية الأزوادية) (MAA) est un mouvement politique et militaire arabe actif dans le nord du Mali et formé le [3] pendant la Rébellion touarègue de 2012. Il prend initialement le nom de Front de libération nationale de l'Azawad (FLNA) avant d'être rebaptisé vers la fin 2012[3]. Il réclame « une large autonomie pour le nord du Mali[4]. » À partir de 2013 et surtout de 2014, le mouvement est fragilisé par une séparation entre deux tendances, l'une alliée aux rebelles du MNLA et du HCUA, et une autre, appelée le MAA loyaliste, fidèle à l'État malien.

Création[modifier | modifier le code]

Le Front de libération nationale de l'Azawad (FLNA) est créé le à Tombouctou. Selon Mohamed Lamine Sidad, secrétaire général du FLNA, le mouvement est opposé à l'indépendance de Azawad et à l'instauration de la charia, il réclame « le retour à la paix et l'activité économique ». Le FLNA parvient à rassembler environ 500 combattants et 800 véhicules selon ses déclarations et forme un état-major commandé par Housseine Khoulam, un lieutenant-colonel ayant déserté l'armée malienne[5],[6],[7]. Le 26 avril, le FNLA prend le contrôle d'une partie de la ville de Tombouctou, mais sommé par Abou Zeid, d'AQMI de quitter les lieux, il se replie sans livrer de combat le 29 avril[8],[9],[10].

Selon Mossa Ag Attaher, chargé de communication du MNLA, quelques jours après sa création le FLNA « aurait déjà explosé suite à des tensions internes[11]. »

Vers la fin 2012, le FNLA change de nom et devient le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA)[3].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le secrétaire général du mouvement est Ahmed Ould Sidi Mohamed[12].

En décembre 2012, l'organisation se compose d'un conseil exécutif, un conseil consultatif et un état major. L'exécutif est dirigé par un secrétaire-général.

  • Directeur de l'état major : Colonel Housseine Ould Ghoulam (transfuge de la garde nationale du Mali)
  • Secondé par le Colonel Sidamar Ould Mohamed dit « Algour » et le Commandant Moulaye Abi (transfuges de l'armée malienne)
  • Secrétaire aux relations extérieures : Mohamed Ould Ramadane

Le mouvement déclare contrôler les communes de Telemsi, à la frontière mauritanienne et Tinafareg, à côté de la frontière algérienne[3].

Cette organisation est ensuite contestée vers l'été 2014 par une autre partie du MAA. Le secrétaire général de cette faction alliée au MNLA est Sidi Ibrahim Ould Sidatt l'ancien maire de la localité de Ber[12]. Il est soutenu par le chargé des relations extérieures du Mouvement est Mohamed Elmaouloud Ramadane magistrat de fonction et le chef d'état major militaire, le colonel Houssein Ould almoctar dit Goulam.

Effectifs[modifier | modifier le code]

Début 2013, le MAA revendique 500 combattants[1]. En mars 2016, un rapport de la MINUSMA estime que le « MAA rebelle », intégré dans la CMA, compte entre 500 et 1 000 hommes, tandis que le « MAA loyaliste », intégré dans la Plateforme, compterait 2 000 hommes, dont 1 500 à Bourem et Tabankort et 500 à Lerneb[2].

Actions[modifier | modifier le code]

Le MAA se revendique laïc, non-terroriste et ayant pour principal objectif de défendre l'intérêt des populations arabes du nord Mali. Il se dit prêt à « collaborer avec la France contre le terrorisme, le narco-trafic ainsi que le crime organisé[4]. »

Aux alentours du 2 janvier 2013, Ansar Dine et AQMI proclament qu'aucun groupe non islamiste n'a désormais le droit de détenir une arme au nord du Mali. À In Farah, les combattants du MAA sont désarmés par les jihadistes et leurs véhicules saisis[13].

En décembre 2012, le MAA déclare avoir « de très bons rapports » avec le MNLA malgré « des petites divergences »[3]. En février 2013 cependant la situation entre les deux mouvements autonomistes dégénère. Le 23 février, le MAA attaque le mouvement touareg du MLNA dans la localité d'In Khalil. Le mouvement arabe reproche à ses nouveaux adversaires d'avoir saisi tous les véhicules des Arabes, vidé les commerces et violé les femmes[4].

Article détaillé : Bataille d'In Khalil.

Le MLNA accuse de son côté le MAA de s'être allié au MUJAO et qu'il n'y a pas ou plus de réelle distinction entre les deux groupes[14]. Cela est contesté par Salem Béghi, officier du MAA, lequel déclare en mars 2013 : « il y a quelques mois, de violents combats nous ont opposés aux terroristes d'AQMI et du MUJAO et nous en avons tué 37 parmi eux. Nous avons toujours combattu les organisations terroristes qui sévissaient au nord du Mali. Nos premiers combats contre eux ont commencé en 2007[15]. »

Cependant à la suite de l'intervention militaire au Mali, des Arabes du MUJAO comme Mehry Sidahmar, dit Yoro Ould Daha, chef de la brigade de sécurité du MUJAO à Gao, changent de camp pour passer au MAA[16],[17].

Le 24 février, lendemain de la bataille d'In Khalil, In-Farah, base du MAA, est bombardée par l'aviation française. Boubacar Ould Taleb, un de ses représentants dénonce cette intervention : « Pourquoi les Français nous bombardent ? Pourquoi prennent-ils parti pour le MNLA ? » Il affirme que 4 combattants sont blessés et que cinq véhicules ont été détruits[18],[19].

Le 21 avril, le MAA s'empare de la petite ville de Ber, au nord de Tombouctou après un combat contre le MNLA. Il abandonne cependant la ville quatre jours plus tard[20]. Le 17 mai, ils attaquent Anéfif, également tenue par la MNLA, mais ils sont cette fois repoussés.

En juin, le MAA participe aux négociations de Ouagadougou. Le MNLA, le HCUA et le MAA tentent de se réconcilier. Le 8 août, les trois mouvements publient une déclaration commune où ils réclament l'autonomie des peuples de l'Azawad[21].

Cependant un combat éclate le 14 août à Bordj Badji Mokhtar, en Algérie opposant des Arabes Barabiches et des Touaregs Idnanes. Des hommes du MAA et de MNLA prennent part à ces affrontements, la base du MAA à In Farah est notamment attaquée et quelques hommes sont tués. Le 18 août, le MNLA, le HCUA et le MAA condamnent officiellement les violences de Bordj Badji Mokhtar[22],[23].

En mai 2014, des combattants du MAA participent avec le MNLA et le HCUA à la prise de contrôle de la ville de Kidal contre l'armée malienne[24]. Mais le 18 mai, Ahmed Ould Sidi Mohamed, secrétaire-général du MAA publie un communiqué dans lequel il dément l'implication du mouvement dans les violences du 17 mai à Kidal[25].

Le MAA se divise en deux tendances, l'une pro-gouvernementale menée par Ahmed Ould Sidi Mohamed, l'autre indépendantiste menée par Sidi Brahim Ould Sidati[26],[27]. Le 24 mai, des affrontements éclatent à Tabankort, dans la région de Gao. Les circonstances de ce combat sont peu connues. Dans un communiqué, le MNLA parle d'une embuscade tendue par des combattants MUJAO contre les « forces de l'azawad »[28]. Selon les sources de RFI, il s'agit plutôt de violences inter-communautaires entre deux fractions du MAA, l'un plus proche du pouvoir malien et l'autre alliée au MNLA qui lui aurait apporté son soutien pendant l'affrontement[29]. Les affrontements se poursuivent en juillet dans les environs d'Anéfis et de Tabankort, faisant plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de morts[30],[31].

Selon RFI, cette division trouverait ses origines dans la bataille d'In Khalil : « L'enjeu est un règlement de compte : les Arabes veulent se venger des pillages en règle qu'ils ont subis début 2013 à In-Khalil. Ils accusent des groupes touaregs d'avoir saccagé leurs entrepôts, leurs garages et pillé leur réserve dans cette ville à la frontière de l'Algérie, zone de transit et de trafic : ils estiment le montant du pillage à 20 millions d'euros. À l'époque, le MNLA se défendait en assurant avoir démantelé sur place une arrière-base du Mujao. Depuis, une branche du MAA a signé un accord avec le MNLA et se retrouve aujourd'hui à ses côtés à Alger. Mais un groupe dissident arabe a refusé le compromis et entend toujours obtenir réparation »[32].

Une branche du MAA se sépare finalement du mouvement et le , elle annonce la création du Mouvement populaire pour le salut de l'Azawad (MPSA)[33].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Mali : le Mouvement arabe de l'Azawad ne fait pas l'unanimité autour de lui, RFI, 26 février 2013.
  2. a, b et c Baba Ahmed, Mali : le business du cantonnement ?, Jeune Afrique, 29 avril 2016.
  3. a, b, c, d et e Desert-press : Entretien avec Mohamed Ould Ramadane, le Secrétaire aux relations extérieures du Mouvement Arabe de l'Azawad (M.A.A).
  4. a, b et c Mali Actualités MaliActualités : Mali: un mouvement d’Arabes dit combattre des rebelles touareg dans le Nord
  5. Le Nouvel Observateur : Une nouvelle force arabe apparaît pour "défendre Tombouctou"
  6. PressAfrik : Mali: les pays voisins appellent au dialogue dans le Nord où un nouveau mouvement apparaît
  7. Le Monde : Mali : démission de "ATT", président renversé
  8. Le Figaro : Le FNLA contrôle partiellement Tombouctou
  9. RFI : Mali: à Tombouctou, les islamistes repoussent le FNLA et imposent la charia
  10. Le Devoir : Le FNLA dit avoir quitté Tombouctou sur injonction d’al-Qaïda
  11. Le Figaro : Mossa Ag Attaher : "L'Algérie est incontournable dans la gestion de notre conflit"
  12. a et b Alakhbar : Le Mouvement Arabe de l’Azawad: la France noue une alliance "non sacrée" avec le MNLA
  13. rfi : Au nord du Mali, Ansar Dine et Aqmi œuvrent main dans la main
  14. Opex 360 : Le mouvement des arabes de l’Azawad prétend avoir attaqué les rebelles touareg
  15. Le Temps d'Algérie : «C'est le MNLA qui a ramené les groupes terroristes au nord du Mali»
  16. RFI : Mali: un cadre du Mujao arrêté par l’armée française dans le Nord
  17. Arrêté puis relâché au Niger : le général Mehry Sidahmar dit Yoro de la Plateforme remercie les autorités nigériennes pour leur bon sens, Malijet, 17 décembre 2015.
  18. Le Point : Mali: bombardements français sur une base d'un groupe armé, quatre blessés
  19. RFI : Mali: les affrontements entre MNLA et MAA inquiètent
  20. Le Monde : Mali : un groupe armé prend le contrôle d'une localité du nord-est
  21. Jeune Afrique : Au Nord-Mali, les groupes armés touaregs et arabes font un pas vers l'unité
  22. rfi : Dans le sud de l'Algérie, les affrontements tribaux continuent
  23. Alakhbar : Mali: des mouvements de l'Azawad dénoncent les affrontements entre Azawadis en Algérie
  24. Le Monde : L'armée malienne mise en déroute par les rebelles touareg à Kidal
  25. Malijet : Kidal : le MAA dément toute participation aux violences contre la délégation du Premier ministre
  26. Malijet : Rencontre des groupes armés à Alger : les séparatistes déclarent la guerre aux pro-gouvernementaux
  27. Malijet : Rencontre des groupes armés à Alger : l’élaboration d’une plateforme revendicative et la mise en place d’une coordination comme ordre du jour
  28. MNLAMOV : Violents combats en cours entre les forces de l'Azawad et le MUJAO à Tabankort
  29. http://www.rfi.fr/afrique/20140524-mali-affrontements-le-nord/ RFI : Mali: affrontements dans le Nord
  30. RFI : Retour des violences et des jihadistes au nord du Mali
  31. Le Témoin : Affrontements intercommunautaire à Tabankort : Plus de 100 morts et 125 blessés
  32. RFI : Alger: pendant les négociations, les combats continuent au Mali
  33. RFI : Nord du Mali : naissance du MPSA, un nouveau groupe armé

Articles connexes[modifier | modifier le code]