Micheline Montreuil

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Micheline Montreuil
Micheline-Noel-2000.jpg
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Micheline Hélène Montreuil ou Micheline Montreuil ou Micheline Anne Hélène Montreuil[1] ou tout simplement Hélène Montreuil, est une avocate, professeure, syndicaliste, auteure, animatrice de radio, conférencière et politicienne québécoise.

Elle est une transgenre[2]; cela signifie qu'elle est une femme qui a été désignée comme étant un « homme » sur son certificat de naissance. Elle est donc de sexe masculin mais de genre féminin. Elle se fit connaître entre autres par ses luttes judiciaires pour faire valoir ses droits en tant que femme et transgenre[3], principalement devant le Tribunal canadien des droits de la personne[4], la Cour supérieure du Québec et la Cour d'appel du Québec. Elle a popularisé au Québec le néologisme transgenre tant devant les tribunaux que dans les médias pour désigner sa situation particulière. Il s'agit d'une adaptation du mot anglais transgender.

Biographie[modifier | modifier le code]

Micheline Hélène Montreuil est née en 1952 dans la ville de Québec, ville ancestrale de sa famille depuis 1627 et toujours son lieu de résidence[5]. Elle est la fille de Louis Papineau Montreuil[6] et de Lina Chicoine[7] et elle est la petite-fille d'Yves Montreuil[8],[9],[10], notaire à Québec et de Léonie Papineau[11] du côté paternel et de Georges Alfred Chicoine et de Mary Lapointe du côté maternel. Elle est la troisième d'une famille de quatre enfants : Louise[12], Georges, Micheline et Jean.

Elle fit ses études en droit civil à l'Université Laval, en Common Law à l’Université du Manitoba et à l’Université d’Ottawa, en relations industrielles à l'Université de Paris I - Panthéon-Sorbonne, en administration à l'Université Laval, en éducation à l’Université du Québec à Rimouski et en éthique à l’Université du Québec à Rimouski. Elle travaille principalement comme avocate en pratique privée depuis 1976 et comme professeure de droit, de gestion et d’éthique depuis 1978[13].

Elle est l’auteure de plusieurs livres en droit et en gestion [14]:

  • 1986 - «Droit des affaires»
  • 1990 - «Organisation et dynamique de l'entreprise» en collaboration
  • 1991 - «Initiation au droit commercial»
  • 1993 - «Organisation et dynamique de l'entreprise - Approche systémique» en collaboration
  • 1994 - «Le droit, la personne et les affaires»
  • 2012 - «Les affaires et le droit» ISBN 9-782-89366-665-5

En 1986, elle commence à utiliser le prénom « Micheline ».

Le samedi 13 septembre 2003, elle épouse Michèle Morgan[15] au Palais des arts de Québec. Michèle Morgan est également avocate mais elle surtout connue comme une auteure qui a écrit sept livres sur le bonheur :

  • Pourquoi pas le bonheur ?
  • Les Clés du bonheur
  • Dialogue avec l'âme sœur
  • Petits Gestes et Grandes Joies
  • Le Goût d'être heureux
  • Le Courage d'être heureux
  • Suivre le courant et découvrir l’essentiel de sa vie

Le mariage de Micheline Hélène Montreuil fut largement médiatisé, tant dans les journaux qu'à la télévision[16].

De 2006 à 2007, elle a travaillé comme avocate au Conseil de la justice administrative du Québec. Depuis 2007, elle est de retour comme avocate en pratique privée et elle est chargée de cours en éthique au Département des sciences infirmières de l'Université du Québec à Rimouski ainsi que chargée de cours en droit et en gestion au Département des sciences de la gestion et à la Maitrise en gestion de projet de l'UQAR. Elle agit également comme conférencière[17].

Batailles judiciaires[modifier | modifier le code]

Le 12 octobre 1997, Micheline Hélène Montreuil commence sa bataille judiciaire pour obtenir la reconnaissance de son nom complet de Micheline Anne Hélène Montreuil. Cette bataille commence par le dépôt d’une demande de changement de nom auprès du Directeur de l’état civil et se poursuit en Cour supérieure, en Cour d’Appel du Québec et même jusqu’à la Cour suprême du Canada.

Entretemps, le mercredi 13 mai 1998, elle fait un grand pas en avant et choisit de vivre sa vie en s’identifiant uniquement comme étant une femme sous le nom de «Micheline Montreuil»[18].

Le 7 novembre 2002, les Honorables Thérèse Rousseau-Houle, Jacques Delisle et Benoît Morin de la Cour d'appel du Québec rendent un jugement sous le numéro 200-09-003658-017[19] par lequel les juges ajoutent le prénom Micheline à son acte de naissance. Ce jugement de la Cour d'appel du Québec marque un tournant important dans le droit au changement de nom selon Me Alain-Robert, avocat, qui a écrit un article à cet effet dans le Journal du Barreau[20] et qui confirme que le Québec rejoint ainsi les règles de droit international. Le 2 mai 2008, le Directeur de l'état civil ajoute le prénom Anne à son acte de naissance. Le 14 octobre 2011, le Directeur de l'état civil ajoute le prénom Hélène à son acte de naissance. C’est la fin d’une longue saga judiciaire qui aura duré quatorze ans pour un simple changement de nom.

À la même époque, Micheline Montreuil se fait connaître pour ses batailles contre la discrimination dans l’emploi à l’encontre des personnes transgenres. Dans un jugement rendu par le Tribunal canadien des droits de la personne contre la Banque nationale du Canada (décision 2004 TCDP 7 du 5 février 2004[21]), le Tribunal fait sienne la position de Micheline Montreuil à l’effet qu’il y a de «subtiles odeurs de discrimination» pour démontrer les tactiques utilisées par la Banque pour lui refuser illégalement un emploi et reconnait que la Banque nationale du Canada avait agi de manière discriminatoire à son endroit.

Dans un deuxième jugement rendu par le même Tribunal canadien des droits de la personne en sa faveur et contre le Comité des griefs des forces canadiennes (décision 2007 TCDP 53 du 20 novembre 2007[22]), le Tribunal reprend la notion de «subtiles odeurs de discrimination» et déclare que la langue n’est qu’un prétexte pour cacher la discrimination.

Elle a également commenté à la télévision plusieurs cas impliquant des personnes LGBT ou des cas de discrimination[23].

Engagement syndical[modifier | modifier le code]

De 2004 à 2005, Micheline Montreuil est la présidente de la Section 225 du SFPQ, le Syndicat de la fonction publique du Québec.

Depuis 2006, elle est la représentante des chargés de cours de l'Université du Québec à Rimouski au Comité de retraite du Régime de retraite des chargés de cours de l'Université du Québec à Québec[24].

Depuis 2013, elle est la vice-présidente à l’information du Syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université du Québec à Rimouski[25].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Micheline Montreuil est candidate à l'investiture en 1984 dans la circonscription fédérale de Langelier pour le Parti libéral du Canada, candidate en 1993 au poste de conseillère municipale du district Saint-Sacrement pour le Progrès civique de Québec et candidate à l'investiture en 2001 dans le district Saint-Roch et Saint-Jean Baptiste pour le Renouveau municipal de Québec.

En 2006, Micheline Montreuil a été élue au poste de Coprésidente de la Commission LGBT du Nouveau Parti démocratique du Canada et est devenue Membre du Conseil fédéral du NPD. Le 31 mars 2007, elle est choisie comme candidate du Nouveau Parti démocratique du Canada dans la circonscription fédérale de Québec[26]. Le chef néo-démocrate Jack Layton, qui était à Québec ce samedi, s'est dit très à l'aise avec sa nouvelle candidate, un homme qui a choisi de vivre sa vie en tant que femme. Il a déclaré qu'avoir des candidats qui peuvent soulever des questions sur l'égalité, démontre que le NPD est très ouvert. Il estime aussi que les Québécois sont assez progressistes pour accepter les différences. Cependant, en décembre 2007, sa candidature a été écartée par le NPD.

Ses objectifs politiques incluent la lutte aux problèmes de pauvreté, de chômage et de sans-abri. Elle est également en faveur de l'intervention de l'État pour assurer à tous les citoyens un minimum au niveau de l'assurance-maladie, de l'assurance-médicaments, de l'assurance-chômage, d'un régime public de retraite et de toute autre mesure visant à accroitre le bien-être des citoyens.

Engagement social[modifier | modifier le code]

De 1998 à 2002, Micheline Montreuil est animatrice de l'émission «Les refrains de Micheline» sur les ondes de CKIA-FM 88,3 à Québec.

De 2000 à 2002, elle est présidente de l'Association des étudiants et étudiantes des 2e et 3e cycles en droit de l'Université Laval.

De 2001 à 2003, elle est membre des conseils d'administration du Fonds canadien des droits de la personne et d'Egale Canada, deux organisations canadiennes pour la reconnaissance de l'égalité des droits pour les lesbiennes, les gais, les bisexuels et les transgenres ou LGBT.

De 2008 à 2012, elle est la représentante de la Coalition gaie et lesbienne du Québec ou CGLQ auprès de l'ECOSOC, le Conseil économique et social des Nations Unies.

Depuis 2010, elle est membre du groupe d’arbitrage de comptes du Barreau du Québec et arbitre les comptes litigieux entre un avocat et son client.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Site personnel de Micheline Anne Hélène Montreuil », sur www.micheline.ca (consulté le 16 août 2015)
  2. « Site personnel de Micheline Anne Hélène Montreuil - La Transgenre », sur www.micheline.ca (consulté le 16 août 2015)
  3. « Micheline Montreuil : Micheline Montreuil : Recherche vidéo Vidéos », sur tvanouvelles.ca (consulté le 25 août 2015)
  4. « Site du Tribunal Canadien des droits de la personne », sur www.chrt-tcdp.gc.ca (consulté le 16 août 2015)
  5. « Site personnel de Micheline Anne Hélène Montreuil », sur www.micheline.ca (consulté le 17 août 2015)
  6. « Avis de décès de Louis Papineau Montreuil, père de Micheline Montreuil », sur www.fcfq.coop (consulté le 23 août 2015)
  7. « Avis de décès de Louis Papineau Montreuil, époux de Lina Chicoine et mère de Micheline Montreuil », sur www.fcfq.coop (consulté le 23 août 2015)
  8. « Yves Montreuil - 1930 - Archives de la ville de Montréal », sur archivesdemontreal.ica-atom.org (consulté le 23 août 2015)
  9. « Biographie d'Yves Montreuil, grand-père de Micheline Montreuil », sur memoireduquebec.com (consulté le 23 août 2015)
  10. « Toponymie de l'Avenue Yves Montreuil dans la Ville de Québec en l'honneur d'Yves Montreuil, ancien maire de Giffard en 1917. Giffard est maintenant un quartier de Québec. », sur www.ville.quebec.qc.ca (consulté le 23 août 2015)
  11. « Léonie Papineau, grand-mère de Micheline Montreuil », sur www.papineau-histoire-qc.ca (consulté le 23 août 2015)
  12. « Biographie de Louise Montreuil sur le site du cabinet du premier ministre du Québec », sur www.premier.gouv.qc.ca (consulté le 23 août 2015)
  13. « Diplômes de Micheline Anne Hélène Montreuil », sur www.maitremontreuil.ca (consulté le 16 août 2015)
  14. « Publications de Micheline Anne Hélène Montreuil », sur www.maitremontreuil.ca (consulté le 16 août 2015)
  15. « Site personnel de Michèle Morgan », sur michelemorgan.ca (consulté le 17 août 2015)
  16. « Mariage de Micheline Anne Hélène Montreuil et de Michele Morgan », sur www.micheline.ca (consulté le 16 août 2015)
  17. « Conférences de Micheline Anne Hélène Montreuil », sur www.maitremontreuil.ca (consulté le 16 août 2015)
  18. « Micheline Anne Hélène Montreuil - La Transgenre », sur www.micheline.ca (consulté le 16 août 2015)
  19. « Jugement - Micheline Montreuil c. Directeur de l'état civil », sur citoyens.soquij.qc.ca (consulté le 16 août 2015)
  20. « Article dans le Journal du Barreau, Volume 34 - Numéro 21, concernant le jugement de changement de nom de Micheline Montreuil », sur http://www.barreau.qc.ca (consulté le 17 août 2015)
  21. « Jugement - Montreuil c. Banque Nationale du Canada - Tribunal canadien des droits de la personne », sur decisions.chrt-tcdp.gc.ca (consulté le 16 août 2015)
  22. « Jugement - Montreuil c. Comité des griefs des Forces canadiennes - Tribunal canadien des droits de la personne », sur decisions.chrt-tcdp.gc.ca (consulté le 16 août 2015)
  23. « Entrevues de Micheline Montreuil à la télévision aux réseaux TVA et LCN », sur tvanouvelles.ca (consulté le 28 août 2015)
  24. « Comité exécutif du Régime de retraite - le RRCCUQ », sur www.uquebec.ca (consulté le 16 août 2015)
  25. « SCCCUQAR - Syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université du Québec à Rimouski - UQAR », sur scccuqar.uqar.ca (consulté le 16 août 2015)
  26. « Le NPD recrute une avocate transgenre », sur CanoeTV (consulté le 25 août 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]