Transidentité

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Ne doit pas être confondu avec Intersexuation ou Travestissement.

La transidentité[1] est le fait d'avoir une identité de genre et/ou une expression de genre différente du sexe assigné à la naissance[2],[3],[4],[5]. Le nom peut être utilisé au pluriel, « les transidentités »[1],[6] pour mettre l'accent sur la diversité des ressentis et des parcours. Le terme « transgénérisme » (en angais « transgenderedness ») est équivalent[4]. Les Québécois utilisent également le terme « transitude »[7]. La personne concernée se dit « transidentitaire »[8], « transgenre » (en anglais, « transgender ») ou simplement « trans » ; il n'y a pas de réel consensus sur la différence de signification entre ces adjectifs. Certaines personnes trans refusent le terme parapluie « transgenre »[9],[10],[11]. Les personnes qui ne sont pas trans sont qualifiées de « cisgenres »[12].

Le nom « transsexualisme » et l'adjectif « transsexuel » tendent à être abandonnés[13],[14],[15], d'une part parce que le genre est indépendant de la sexualité (Christine Jorgensen écrivait déjà en 1979: « le genre n'a rien à voir avec qui vous mettez dans votre lit, il concerne l'identité »[16]), d'autre part parce qu'ils sont considérés comme pathologisants, ayant été initialement utilisés par des psychiatres dans les années 1950[5],[17]. L'expression « syndrome de Benjamin » a aussi été employée dans ce contexte. Le « transsexualisme » a été inclus en 1980 dans la liste des troubles mentaux (DSM) établie par l'Association américaine de psychologie (APA)[18] ; au fur et à mesure des révisions de ce document, le terme a été remplacé par « trouble de l'identité sexuelle » puis « dysphorie de genre ». La souffrance de la personne trans est centrale dans les définitions de ces termes médicaux. Mais de nombreuses personnes (y compris des professionnels de santé[19]) refusent catégoriquement l'idée que la transidentité est une quelconque maladie ou cause de souffrance: c'est la transphobie qui fait souffrir.

Les personnes trans sont particulièrement discriminées. De nombreux pays pénalisent et psychiatrisent les transidentités, et/ou posent des obstacles institutionnels à la reconnaissance de l'identité de genre des personnes (changement d'état civil) ou à l'accès aux soins (hormonothérapies, chirurgie de « réassignation sexuelle » etc.). À l'opposé, la procédure de changement d'état civil en Argentine est entièrement basée sur l'autodétermination de la personne, sans aucune obligation de diagnostic médical et/ou de chirurgie.

L'identité de genre est indépendante de l'orientation sexuelle,[5] les personnes transidentitaires pouvant être hétérosexuelles, homosexuelles, bisexuelles, asexuellesetc. Il faut aussi distinguer les transidentités des intersexuations, qui désignent les situations de personnes nées avec des caractères sexuels (génitaux, hormonaux, gonadiques ou chromosomiques) qui ne correspondent pas aux définitions binaires des corps masculins ou féminins[5],[20], même si certaines revendications des personnes trans et intersexes sont communes (concernant les législations sur le changement d'état civil, la reconnaissance de l'identité de genre comme critère de discrimination, la « maltraitance » médicale etc.).

Sommaire

Situation actuelle dans la société[modifier | modifier le code]

Anna Grodzka est la première personne trans membre du Parlement européen.

Prévalence[modifier | modifier le code]

Dans 1 cas sur 2 500[21], l'identité de genre d'une personne, et son sexe assigné, sont en contraste si fort que la personne a entrepris une opération de réattribution de sexe ; il semble que les personnes non prises en charge soient environ 10 fois plus nombreuses, soit environ une personne sur 250. En outre, les personnes transgenres semblent 10 fois plus nombreuses que les personnes transsexuelles non prises en charge[pas clair], soit environ une personne sur 25[21].

Un effort pour quantifier la population a donné une « estimation approximative » que 0,3 pourcent des adultes aux États-Unis (1 pour 300) sont transgenres, en sachant qu'environ 3,5 pourcent des adultes américains (1 pour 30) s'identifient LGBT[22],[23]. Des études plus récentes réalisées en 2016 estiment que la proportion d'Américains qui s'identifie transgenre varie de 0,5 % à 6 %. Cela reviendrait à un nombre total d'approximativement 1,4 million d'adultes (en 2016)[24],[25],[26],[27].

Un rapport du Conseil de l'Europe estime à une personne sur 500[28] les personnes concernées par la transidentité.

Les estimations de la prévalence des personnes trans sont très dépendantes des définitions utilisées dans les études, les taux varient selon les ordres de grandeur[pas clair][29]. L'estimation de prévalence la plus souvent citée vient de l'Amsterdam Gender Dysphoria Clinic[30] ; pendant plus de quatre décennies, la clinique a traité, approximativement, 95 % des clients[?] transsexuels hollandais, et suggère une prévalence de 1:10 000, parmi les personnes assignées homme, et 1:30 000 parmi les personnes assignées femme. Aux États-Unis, le DSM-IV (1994) évoque approximativement 1 personne assignée homme pour 30 000, et 1 personne assignée femme pour 100 000, qui cherchent une chirurgie de réattribution sexuelle. Bien qu'aucune étude directe sur la prévalence de la dysphorie de genre n'ait été menée, les articles cliniques publiés au cours des 20 dernières années, fournissent des estimations allant de 1:7 400 à 1:42 000 pour les hommes assignés, et de 1:30 040 à 1:104 000 pour les femmes assignées[31]. Une étude de 2008, sur le nombre de détenteurs d'un passeport néo-zélandais, qui ont changé le sexe sur leur passeport, estime que 1:3 639 personne assignée homme, et 1:22 714 personne assignée femme étaient transsexuelles[32].

La plus récente revue systématique de prévalence qui date de 2016, conduisant à une méta-analyse de 27 études, a trouvé des estimations, pour une population de 100 000, de 9,2 (95 % CI = 4,9–13,6)[pas clair] pour le traitement hormonal ou l'opération, et de 6,8 (95 % CI = 4,6–9,1) pour les diagnostics liés à la transidentité. Dans des études évaluant l'identité transgenre auto-déclarée, la prévalence était de 871 (95 % CI = 519–1,224) ; cependant, ce résultat a été influencé par une étude aux valeurs aberrantes. Après le retrait de cette étude, le chiffre est tombé à 355 (95 % CI = 144–566). Une hétérogénéité importante a été observée dans la plupart des analyses[29].

Olyslager et Conway ont présenté un article[33] au 20e congrès de la WPATH (2007) faisant valoir que les données de leur propre étude, ainsi que d'autres, impliquaient effectivement une prévalence beaucoup plus élevée[que quoi?], avec des limites minimales inférieures de 1:4 500 femmes trans, et 1:8 000 hommes trans, pour un certain nombre de pays dans le monde entier. Ils estiment le nombre de femmes trans en phase post-opératoire, aux États-Unis, à 32 000 et obtiennent un chiffre de 1:2 500 femmes trans. Ils comparent, en outre, le taux annuel de la chirurgie de réattribution sexuelle (CRS) avec la naissance des hommes aux États-Unis, et obtiennent un chiffre de 1:1 000 femmes trans, et suggèrent une prévalence de 1:500 extrapolée à partir de la hausse[?] de la CRS aux États-Unis, et de l'estimation du nombre de personnes transsexuelles non diagnostiquées. Olyslager et Conway ont également fait valoir que la population des personnes assignées homme, aux États-Unis, et ayant déjà subi une intervention chirurgicale par l'un des trois chirurgiens américains les plus réputés pour la médecine transgenre[?], était suffisant pour tenir compte de l'ensemble de la population transsexuelle impliquée par la prévalence 1:10 000, mais cela exclut tous les autres chirurgiens effectuant la CRS aux États-Unis, ainsi que les chirurgiens d'autres pays, tels que la Thaïlande, le Canada, et d'autres, et la proportion élevée de personnes trans qui n'ont pas encore demandé de traitement, ce qui suggère que la prévalence de 1:10 000 est trop faible.

Une étude suédoise a estimé un ratio de 1,4:1 femme trans par rapport aux hommes trans, pour ceux qui demandaient une chirurgie, et un ratio de 1:1 pour ceux qui l'avaient réalisée[34]

Aspects juridiques[modifier | modifier le code]

Lois concernant l'expression de l'identité de genre par pays ou territoire.
  •      Changement légal d'identité
  •      Absence de changement légal d'identité
  •      Inconnu/ambigu

Les procédures légales existent dans certaines juridictions qui autorisent les individus à changer leur genre ou leur nom légaux pour refléter leur identité de genre. Les documents nécessaires pour ces procédures varient d'un diagnostic formel explicite de transsexualisme, à un diagnostic de trouble de l'identité de genre, à une lettre d'un médecin qui atteste de la transition de genre de l'individu ou l'établissant d'un rôle de genre différent[35]. Dans de nombreux endroits, les personnes transgenres ne sont pas légalement protégées de la discrimination sur le lieu de travail ou dans les lieux publics. Un rapport américain réalisé en février 2011 a trouvé que 90 % des personnes transgenres ont fait face à de la discrimination au travail et ont été deux fois plus au chômage que la population générale, et plus de la moitié ont été harcelées ou rejetées lorsqu'elles ont tenté d'accéder aux services publics. Des membres de la communauté transgenre rencontrent également des niveaux élevés de discrimination pour les soins de santé[36].

Les lois concernant le changement légal des personnes trans sont différentes d'un pays à l'autre. Certaines juridictions permettent à un individu de changer leur prénom, et parfois, leur genre juridique, afin de refléter leur identité de genre. Aux États-Unis, certains États permettent de modifier ou de remplacer complètement les certificats de naissance originaux[37].

Les juridictions permettant la modification des dossiers de la naissance, permettent généralement aux personnes trans de se marier avec un membre du sexe opposé à leur identité de genre, et d'adopter des enfants. Les juridictions qui interdisent le mariage homosexuel demandent souvent des mariages avant la transition, pour qu'ils se terminent avant l'accord de modification du certificat de naissance[38].

Les manuels de praticiens de santé, les guides professionnels journalistiques, et les groupes de défense des droits LGBT, destinés à informer le public sur les questions trans, conseillent d'utiliser le prénom et les pronoms que la personne trans emploient pour se désigner elle-même, y compris les références à ses expériences présentes et passées[39],[40],[41]. Les membres de la famille et les amis, qui peuvent être embarrassés par l'utilisation du pronom ou des définitions de sexe, sont généralement informés de l'utilisation du pronom approprié, soit par la personne trans elle-même, soit par des professionnels, soit par d'autres personnes qui sont familières avec les questions trans, et notamment l'utilisation d'un autre pronom que celui associé au genre assigné. Parfois, les personnes trans doivent corriger leurs amis ainsi que les membres de leur famille, de nombreuses fois, avant qu'ils utilisent les pronoms souhaités par la personne trans. Selon Julia Serano, le mé-genrage délibéré des personnes trans est « une tentative arrogante pour rabaisser et humilier les personnes trans[42]. »

Coming out[modifier | modifier le code]

Les personnes transgenres varient grandement dans le choix du moment, de la façon et de ce qui se dit pour faire découvrir leur statut de transgenre à leur famille, leurs amis proches, et les autres. La prévalence de la discrimination[43] et de la violence (les personnes transgenres sont 28 % plus susceptibles d'être victimes de violence)[44] contre les personnes transgenres peut rendre la décision du coming out risquée. La peur des représailles, comme être rejeté de la maison parentale pour les mineurs, est une raison de ne pas faire de coming out aux membres de leurs familles jusqu'à ce que les personnes concernées aient atteint l'âge adulte[36]. La confusion parentale et le manque d'acceptation des enfants transgenres peut conduire à faire des efforts pour faire rentrer leurs enfants transgenres dans la norme, en utilisant des services de santé mentale pour modifier l'orientation sexuelle de l'enfant et considérer cette identité comme une « phase »[45].

Internet peut jouer un rôle signifiant dans le processus de coming-out pour les personnes transgenres. Certains coming-out peuvent se réaliser d'abord virtuellement, sans risquer de sanctions sociales dans le monde réel[46].

Aspects anthropologiques et religions[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Transidentité en anthropologie.
Article connexe : Transidentité et religion.

James D. Whitehead et Evelyn Eaton Whitehead, éducateurs et auteurs, discutent[47] des liens entre la spiritualité et la sexualité, et l'absence fréquente de compassion dans la communauté ecclésiale, dans leur cas, l’Église catholique, en faisant partie de cette communauté[48].

La transidentité a toujours existé, partout dans le monde. Des identités de genre intermédiaires, entre les polarités cisgenres, sont apparues dans de nombreuses cultures, notamment les Acaults en Birmanie, les fakafefine aux Tonga, fakafafine à Wallis-et-Futuna[49], rae rae en Polynésie, fa'afafine aux Samoa, Mahus à Hawaï, new half au Japon, Hijras en Inde, muché chez les Zapotèques du Tehuantepec Juchitan, woobie en Côte d'Ivoire, femminielli en Italieetc. Il existe également, à Oman, des hommes (identité sexuelle) très parfumés, et maquillés, nommés Xaniths qui ont le droit de partager la vie sociale des femmes, à l'instar des Hijras en Inde qui ont subi une émasculation complète, s'habillent et vivent en femmes, et sont des parts essentielles de certains rites de base de la société indienne traditionnelle. Maintes sociétés ont ainsi inclus un sexe tiers permettant d'intégrer les personnes homosexuelles et, souvent, aussi les personnes trans, intersexes, androgynes, etc. Selon les groupes, la position sociale de ces genres est très variable. Nombre de sociétés amérindiennes recrutent leurs chamans dans ces groupes.

Amérique latine[modifier | modifier le code]

Dans les cultures d'Amérique latine, un travesti est une personne qui a été assignée homme à la naissance, et qui a une identité de genre féminine, transféminine, ou femme. Les travestis bénéficient généralement d'un traitement hormonal, ont une expression de genre féminine, notamment de nouveaux noms et pronoms pour éviter ceux qui ont une connotation masculine et utilisent des implants mammaires, mais ils ne désirent pas pour autant de chirurgie de réassignation sexuelle. Les travestis pourraient être considérés comme un genre à part entière (un « troisième genre »), un mélange entre homme et femme (« intergenre/androgynes »), ou la présence d'identités masculines et féminines en une seule personne (« bigenre »). Ils sont considérés comme complètement distincts des femmes transgenres, qui possèdent la même identité de genre que les femmes cisgenres[réf. nécessaire].

D'autres identités transgenres deviennent plus largement connues, comme un résultat du contact avec d'autres cultures du monde occidental[50].

Kathoey en scène.

Asie[modifier | modifier le code]

En Thaïlande et au Laos[51], le terme katoï est utilisé pour se référer aux personnes transgenres homme vers femme[52] et aux hommes gay efféminés[53]. Les cultures du sous-continent indien incluent un troisième genre, qui se réfère notamment aux hijras en Hindi.

Les personnes transgenres ont aussi été documentées en Iran[54], au Japon[55], au Népal[56], en Indonésie[57], au Vietnam[58], en Corée du Sud[59], à Singapour[60], et dans la grande région de Chine, notamment Hong Kong[61],[62], Taïwan[63], et la République populaire de Chine[64],[65],[66].

En Inde, la Cour suprême d'Inde a reconnu un troisième genre le , qui n'est ni homme ni femme, établissant que « la reconnaissance des transgenres comme un troisième genre n'est pas une question sociale ou médicale, mais une question de droits humains. »[67] L'Indonésie reconnaît trois sexes (femme, homme et hermaphrodite), quatre genres (femme, homme, calabai — hommes travestis en femmes — et calalai — femmes travesties en hommes) ainsi qu'un méta-genre, le bissu[68].

Le , Reuters a établi que la première maire transgenre a été élue dans le centre de l'Inde[69].

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Dans ce qui correspond de nos jours aux États-Unis et au Canada, de nombreux peuples autochtones et des premières nations ont reconnu[70] l'existence de plus de deux genres, tels que le corps d'homme de Zuñi, Ła'mana[71], le corps d'homme de Lakota[72], le corps d'homme de Mojaves, alyhaa, et le corps de femme, hwamee[73]. De telles personnes étaient antérieurement appelées berdache mais elles sont maintenant appelées bispirituelles[74], et leur conjoint-e n'auraient pas été nécessairement considéré-e-s d'un genre différent. Au Mexique, la culture zapotèque inclut un troisième genre : Muxhe[75].

Depuis 2016, l'État américain d'Oregon, ainsi que l'Australie, l'Allemagne et l'Inde reconnaissent un troisième genre, « neutre » sur le plan administratif[68].

En décembre 2017, l'administration américaine interdit le mot « transgenre » dans les documents d'élaboration du budget du Centre américain de contrôle et de prévention des maladies[76].

Autre[modifier | modifier le code]

Aux débuts de Médine, les personnes trans homme vers femme[77] de religion musulmane étaient semblables[78] aux Mukhannathun. Dans la Rome antique, le galle était castré[79] suivant la déesse phrygienne Cybèle et peut être considéré comme transgenre dans les termes d'aujourd'hui[80],[81].

Parmi les personnes de l'ancien empire akkadien, un salzikrum était une personne qui avait l'apparence d'une femme, mais qui avait des traits masculins distincts. « Salzikrum » est un mot composé qui signifie « fille mâle ». Selon le code de Hammurabi, un salzikrūm avait des droits de succession comme celui des prêtresses ; ils héritaient de leurs pères, contrairement aux filles. Le père d'un salzikrum pouvait également stipuler qu'elle hérite d'un certain montant[82].

Mahu est un statut traditionnel dans les cultures polynésiennes. De plus, dans les traditions Fa'asamoa, la culture Samoane permet un rôle spécifique pour les hommes et les femmes transgenres comme fa'afafine.

Transphobie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transphobie.
Fausse plaque de rue affichée dans une rue de Lyon à l'occasion de la journée du souvenir trans en 2016.

La transphobie est l'ensemble des discriminations envers les personnes transgenres, et la transmisogynie désigne les violences que vivent spécifiquement les femmes transgenres et les personnes trans-féminines[1], à l'intersection entre la transphobie et la misogynie. Certains auteurs, inspirés des critiques qui ont été faites à la notion d'homophobie et son remplacement par d'autres notions, comme celle d'hétéronormativité ou d'hétérosexisme, ont critiqué la notion de transphobie pour son caractère individualiste et pathologisant, ancré dans la phobie individuelle plutôt que la dimension structurelle de l'oppression des personnes trans1. Des termes comme cisnormativité et cisgenrisme servent ainsi à remplacer la notion de transphobie. Alexandre Baril, sociologue, écrit d'ailleurs : « Le cisgenrisme est un système d’oppression qui touche les personnes trans, parfois nommé transphobie. Il se manifeste sur le plan juridique, politique, économique, social, médical et normatif. Dans ce dernier cas, il s’agit de cisgenrenormativité. Je préfère la notion de cisgenrisme à celle de transphobie, car elle s’éloigne des origines pathologiques et individuelles de la « phobie » »[83].

Par exemple, certaines personnes transgenres sont confrontées à la discrimination à l'embauche[84], aux installations publiques (toilettes notamment)[36], et relatives à la santé[85]. Elles ne sont pas légalement protégées contre la discrimination dans de nombreux pays[86].

Parmi d'autres contraintes auxquelles les personnes trans peuvent être confrontées sur leur lieu de travail, il peut y avoir la crainte que leurs collègues répondent négativement à leur transition, ainsi que la perte de la reconnaissance de leur expérience professionnelle par le changement de prénom[87]. Au vu des lois concernant le changement du prénom et du genre dans de nombreux pays, il peut être difficile, pour les personnes trans de dissimuler leur statut de trans à leurs employeurs[88].

Dans de nombreux pays, les lois offrent une protection contre la discrimination au travail, fondée sur l'identité de genre ou l'expression de genre, y compris pour les femmes masculines, et les hommes féminins. Un nombre croissant d'entreprises ont notamment des politiques de non-discrimination, incluant notamment l'« identité de genre et son expression »[37],[89]. L'Union européenne offre une protection de l'emploi, dans le cadre de la protection contre la discrimination entre les genres, suivant la décision de la cour de justice de l'Union européenne[90].

Dans une étude de United States National Transgender Discrimination Survey, 44 % des répondants ont déclaré ne pas avoir d'emploi en raison de leur transidentité[91]. 36 % des femmes trans ayant participé au sondage ont rapporté avoir perdu leur emploi à cause de la discrimination, comparé à 19 % pour les hommes trans[91]. 54 % des femmes trans, et 50 % des hommes trans ont rapporté avoir été harcelés sur leur lieu de travail[91]. Les personnes transgenres qui ont été licenciées en raison de genrisme sont 34 fois plus susceptibles de tenter de se suicider que la population générale[91]. En effet, une étude de 2011 a révélé que 41 % des personnes transgenres avaient tenté de se suicider ; le taux étant plus élevé chez les personnes ayant subi de la discrimination dans l'accès au logement ou à la santé, du harcèlement, de l'agression physique ou sexuelle, ou du rejet de la part de la famille[92].

Points de vue scientifique et médical[modifier | modifier le code]

Un parent d'enfant transgenre lors de la marche des fiertés de Washington, en juin 2012.

Recherches actuelles sur les causes[modifier | modifier le code]

Structures cérébrales[modifier | modifier le code]

Les facteurs les plus étudiés sont biologiques[93], notamment le rôle important que pourrait jouer la sexualisation du cerveau[94],[95],[96],[97].

Les études ont débuté avec Zhou, en 1995, qui avait trouvé que les structures cérébrales des femmes trans (volume et densité de neurones) étaient similaires à celles des femmes cisgenres, et différentes des hommes cisgenres ; les structures cérébrales des hommes trans étant similaires à celles des hommes cisgenres, même sous le contrôle des prises hormonales. En 2000, Kruijver et coll ont trouvé que les femmes trans avaient le même nombre de neurones que les femmes [cisgenres], dans le noyau limbique[98].

Une étude de 2002, menée par Chung, suggère que l'important dimorphisme sexuel au niveau du BSTc ne s'établit pas jusqu'à l'âge adulte, en théorisant que tout changement des niveaux hormonaux fœtaux produisent des changements dans la densité synaptique du BSTc, et d'autres facteurs conduisent, plus tard, à des différences observables dans le BSTc, ou encore que les différences résultent de l'inconfort entre l'identité de genre et le sexe attribué à la naissance qui ne sont pas cohérents. Des études de 2004 (Swaab), 2006 (Gooran) et 2008 (Garcia-Falgueras) ont confirmé ces premières recherches en trouvant que l'identité de genre est influencé par la structure cérébrale. (Des différences de structures cérébrales ont aussi été relevées entre des hommes cisgenres gay et hétérosexuels, et entre des femmes cisgenres lesbiennes et hétérosexuelles.) Des études ont également trouvé que la réception et les réponses androphiles et gynéhiles des femmes trans sont semblables à celles des femmes cisgenres, et différentes de celles des hommes cisgenres, ou entre les deux. De la même manière, des études ont trouvé que les hommes trans gynéphiles avaient des patterns de substances blanches similaires à ceux des hommes cisgenres (même avant la prise d'hormones).

Facteurs génétiques[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne les facteurs génétiques, une étude menée par Hare a rapporté que les femmes trans avaient un gène récepteur des androgènes plus long que celui des hommes cisgenres, ce qui rend moins efficace la liaison à la testostérone, et donc ce qui pourrait prévenir la masculinisation complète du cerveau. (L'exposition aux androgènes prénatales, ou sensibilité, ou absence de celle-ci, est souvent citée pour expliquer les différences de structures cérébrales observées). Une étude réalisée par Bentz a trouvé que les hommes trans avaient une distribution allélique CYP17 similaire aux hommes cisgenres, et différente des femmes cisgenres[99]. Une étude de jumeaux a trouvé que 33 % de paires de jumeaux homozygotes étaient tous les deux trans, comparé à seulement 2,6 % pour les jumeaux hétérozygotes qui étaient élevés dans la même famille, en même temps, mais qui ne sont pas génétiquement identiques[100].

Facteurs psychologiques[modifier | modifier le code]

Des facteurs psychologiques ont aussi été proposés. L'échec pour élever David Reimer, de l'enfance jusqu'à l'adolescence, en tant que fille, après que ses organes génitaux aient été accidentellement mutilés, est cité comme réfutant la théorie selon laquelle l'identité de genre est déterminée par l'éducation parentale. Ray Blanchard a développé une taxonomie du transsexualisme male-to-female qui suppose que les femmes transsexuelles sont soit homosexuelles, soit autogynéphiles, mais elle est largement controversée ; Michael Bailey, Anne Lawrence, James Cantor et d'autres l'ont soutenu, mais Charles Allen Moser, Larry Nuttbrock, Julia Serano, l'Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres et d'autres, ont fait valoir qu'il s'agissait d'une représentation pauvre, non-instructive, et qui manque de preuves empiriques, étant donné que les expériences sont mal contrôlées et/ou contredites par d'autres données.[réf. nécessaire]

En 2005, le test MMPI qu'ont passé les personnes trans suivies par les équipes officielles françaises et souhaitant une prise en charge homonale et chirurgicale, a permis de distinguer de manière significative des tendances à l'introversion et à l'hypersensibilité aux conditions extérieures chez les femmes trans, et des tendances à l'impulsivité et à l'extraversion, « plutôt fonceurs dans leur conviction », chez les hommes trans ; ces résultats étant en accord avec les difficultés d’empathie que les professionnels retrouvent au cours de leur prise en charge psychologique[101].

Psychiatrisation des transidentités et évolution des terminologies dans les classifications internationales des troubles mentaux[modifier | modifier le code]

Note: la rédaction de cette partie veut adopter le point de vue, aujourd'hui tout à fait banal et partagé par de nombreuses organisations internationales, y compris l'APA[102], que les transidentités ne sont pas des troubles mentaux. Les notions et termes stigmatisants utilisés ci-dessous ne sont donc employés que pour décrire la pathologisation des transidentités dans un contexte historique. Mais les symptômes qu'ils veulent décrire sont avant tout les conséquences de la façon dont la société traite les personnes trans[103].

Naissance du concept médical[modifier | modifier le code]

Jean Esquirol décrit pour la première fois de façon médicale en 1838 un cas de transidentité qu'il nomme « inversion génitale » dans son traité de maladies mentales[104]. Un ouvrage édité en 1886 par le médecin austro-hongrois Richard von Krafft-Elbing, réédité et commenté par le psychiatre berlinois Albert Moll en 1923, décrit un trouble particulier, « la façon de sentir sexuelle contraire », distinct de l'homosexualité, qu'il place entre l'homosexualité acquise et la métamorphose sexuelle paranoïaque. Les cas sont décrits comme des cas de possession, avec présence d'un autre en soi.

En 1910, le médecin et sexologue berlinois Magnus Hirschfeld classifie les travestis au même titre que les homosexuels dans un des multiples types de sexes intermédiaires[105]. Il propose le terme « transsexualité » pour la première fois en 1912[104].

En 1949, le psychiatre David Oliver Cauldwell (en) décrit le cas d'« une jeune fille qui manifestait le désir obsessionnel d'être un garçon » et donne à cette obsession le nom de « psychopathia transsexualis »: il s'agit désormais d'une pathologie rattachée à la catégorie des perversions sexuelles[106].

Le terme « transsexualisme » est utilisé pour la première fois[107] par l’endocrinologue et sexologue américain Harry Benjamin juste après l’opération au Danemark, rendue publique en 1952, de Christine Jorgensen:

« Les vrais transsexuels ont le sentiment qu’ils appartiennent à l’autre sexe, ils veulent être et fonctionner en tant que membres du sexe opposé, et pas seulement apparaître comme tels. Pour eux leurs organes sexuels, primaires (testicules) aussi bien que secondaires (pénis et autres), sont de dégoûtantes difformités devant être changées grâce au bistouri du chirurgien […] C’est seulement à cause des récentes et grandes avancées de l’endocrinologie et des techniques chirurgicales que le tableau a changé[108] »

La demande de traitement fait déjà partie des critères diagnostiques. Benjamin distingue trois classes, depuis la personnes qui présente simplement un manque de masculinité jusqu'au cas « transsexuel », et se distingue de ses prédécesseurs (e.g. Magnus Hirschfeld) en proposant une hormonothérapie à ses patients, en distinguant clairement le transsexualisme de l’homosexualité et du transvestisme et en définissant la transsexualité comme un syndrome et non plus comme une perversion ou une psychose[104]. Le nom du « syndrome de Benjamin » et en France le nom de l'Association du Syndrome de Benjamin (1996-2008) feront référence à Harry Benjamin.

Du côté des universitaires américains à la même époque[109], John Money et Robert Stoller introduisent le concept de genre, s'opposent sur le déterminisme de l’identité de genre, et commencent à définir les « vrais » sexes et les « vraies » demandes transidentitaires. Stoller associe le transsexualisme à un manque de présence paternelle dans l'enfance et pense que la chirurgie n'est nécessaire que pour les « vrais » transsexuels (définis de la façon suivante: ils sont dépourvus de désirs sexuels, ont développé un sentiment d'isolement dans l'enfance et ont un mépris de leurs organes génitaux de naissance). Il pense[104] que pour ceux là les tentatives de faire changer le fonctionnement psychique sont vouées à l'échec, mais la chirurgie peut soulager leur souffrance.

En France, à la même époque, les recherches restent focalisées sur la dimension anatomique du changement de sexe. En 1956, le terme transsexualisme apparaît dans la thèse de médecine du psychiatre J.-M. Alby[110] mais il s'oppose à la chirurgie et pense que la psychothérapie est une meilleure solution[109].

Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) de l'APA[modifier | modifier le code]

Le DSM (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) publié par l'Association Américaine de Psychiatrie (APA) est une classification des troubles mentaux utilisée dans le monde entier par une grande variété de personnes, depuis les médecins jusqu'aux compagnies d'assurance.

Les discussions sur l’introduction du transsexualisme dans le DSM[111] ayant eu lieu pendant le débat agité qui a conduit en 1973 au retrait de l’homosexualité de cette classification, et il est parfois reproché à l'ajout du diagnostic de transsexualisme d'avoir été « un moyen détourné de maintenir une psychiatrisation de l’homosexualité »[107].

DSM III: le « transsexualisme » parmi les « troubles de l'identité sexuelle »[modifier | modifier le code]

En 1980[112] la troisième version du DSM fait entrer le transsexualisme dans la catégorie des « troubles de l'identité sexuelle », au sein de la nouvelle catégorie des « troubles psychosexuels »; le transsexualisme est donc distingué du travestissement, qui était listé dans les premières versions du DSM et devient travestissement fétichiste dans la version III. La révision de la troisième édition du DSM en 1987 déplace le transsexualisme dans les « troubles apparaissant habituellement dès la première enfance et la deuxième enfance, ou à l’adolescence » (aux côtés du « trouble de l’identité sexuelle de l’enfance », du « trouble de l’identité sexuelle de l’adolescence ou de l’âge adulte de type non transsexuel » et « trouble de l’identité sexuelle non spécifié »).

Les critères diagnostics du DSM reprennent les définition de Benjamin et Stoller et délimitent les contours du« vrai » transsexualisme.

DSM IV (1994, 2000): le « trouble de l'identité sexuelle »[modifier | modifier le code]

Dans les versions IV (1994) et IV-révisée (2000) du DSM, les « troubles psychosexuels » disparaissent au profit de la catégorie plus vague des « troubles sexuels », mais la définition de la transsexualité est inchangée. Les quatre diagnostics précédents sont regroupés en un seul et unique « trouble de l’identité sexuelle », qui se décline « chez l’enfant », « chez les adultes ou les adolescents » (ex-transsexualisme), ou « non spécifié ». Le trouble de l’identité sexuelle chez les adolescents et chez les adultes comporte notamment les critères de rejet du sexe de naissance et de « désir d’appartenir à l’autre sexe ou [Judith Butler s'interrogera sur ce "ou"[113]] l'affirmation qu'on en fait partie », ainsi qu’un critère de souffrance significative, l’exclusion des phénotypes pseudo-hermaphrodites, et une spécification concernant l’orientation sexuelle. Les critères sont les suivants:

« Critère A: une identification intense et persistante à l’autre sexe (ne concernant pas exclusivement le désir d’obtenir les bénéfices culturels (sic) dévolus à l’autre sexe). Chez les adolescents et les adultes, la perturbation se manifeste par des symptômes tels que l’expression d’un désir d’appartenir à l’autre sexe, l’adoption fréquente de conduites où on se fait passer pour l’autre sexe, un désir de vivre et d’être traité comme l’autre sexe, ou la conviction qu’il (ou elle) possède les sentiments et réactions typiques de l’autre sexe

Critère B: un sentiment persistant d’inconfort par rapport à son sexe ou sentiment d’inadéquation par rapport à l’identité de rôle correspondante. Chez les adolescents et les adultes, l’affection se manifeste par des symptômes tels que vouloir se débarrasser de ses caractères sexuels primaires et secondaires (par exemple, demande de traitement hormonal, demande d’intervention chirurgicale ou d’autres procédés afin de ressembler à l’autre sexe par modification de ses caractères sexuels apparents), ou penser que son sexe de naissance n’est pas le bon.

Critère C: l’affection n’est pas concomitante d’une affection responsable d’un phénotype hermaphrodite.

Critère D: l’affection est à l’origine d’une souffrance cliniquement significative ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel, ou dans d’autres domaines importants. »

Dans cette version, la permanence du désir de changement doit être avérée et résulter d'une souffrance qui est l'une des conditions cliniques, et la binarité est la règle, l'autre sexe ayant plus ou moins de « bénéfices culturels »[112].

Judith Butler a commenté le langage du DSM dans un chapitre de son ouvrage « défaire le genre »[113]: « Si les bénéfices sociaux présidaient à toutes ces décisions de manière unilatérale, les forces en valeur de la conformité prendraient surement le dessus. (...) [Est-il] possible de percevoir le sexe hors de la matrice culturelle des relations de pouvoir dont les avantages et désavanges font partie? ».

DSM V (2013): « incongruence de genre », puis « dysphorie de genre »[modifier | modifier le code]
Article connexe : Dysphorie de genre.

Concernant le DSM V, l’association Gender Reform Advocates propose le terme de « dissonance de genre » et réclame que ce nouveau diagnostic soit défini par une détresse due à la non-conformité sociale chronique[107]. Dans un contexte tendu (une pétition demande l’exclusion de Kenneth Zucker, le directeur du groupe de travail sur les troubles sexuels et de l’identité sexuelle de l’APA, impliqué dans des thérapies de conversion[114],[115]), le sous-comité en charge de la révision du syndrome tente de prendre en considération les critiques du DSM IV par le milieu associatif[116]; ces critiques sont:

  • le refus des termes « transsexualisme » et « trouble de l’identité sexuelle »,
  • la bi-catégorisation homme/femme des critères du DSM-IV (qui ne rend pas compte de l'ensemble infini de variations de genre),
  • le risque potentiel d’examens invasifs non nécessaires pour exclure les conditions d’intersexuation induites par le critère C,
  • la nécessité d'un critère D concernant la souffrance clinique pour le diagnostic de trouble de l’identité sexuelle (la détresse est en fait attribuée à la psychiatrisation elle-même, elle ne résulte pas de la transidentité),
  • le fait que le diagnostic s’applique toujours après l’opération chirurgicale de réassignation.

Les discussions du sous-comité de l’APA en charge de la révision du trouble de l’identité sexuelle pour le DSM 5 sont disponibles en ligne[117]. La solution initialement adoptée est d'abandonner le terme « trouble de l’identité sexuelle », au profit d'un diagnostic d’« incongruence de genre » – chez l’enfant ou chez l’adolescent et l’adulte.

En France à cette époque, les psychiatres sont hostiles à ces changements dans le DSM et à l'annonce simultanée par le gouvernement d'une prétendue « dépsychiatrisation de la transsexualité » (voir ci-dessous la partie « Dé-psychiatrisation en France »). Marc Louis Bourgeois affirme que « nous sommes bien là dans le registre des difficultés psychiques et sociales qui relèvent de la psychopathologie et de la psychiatrie ». Chiland pense que « nous pouvons chercher des termes nouveaux, [mais] tout terme, quel qu’il soit, devient stigmatisant lorsqu’il connote une réalité qui pose problème ». Mireille Bonierbale, fondatrice de la SoFECT, évoque une « mesure démagogique vis-à-vis d’une présupposée stigmatisation du mot "trouble" »[112],[118].

Face à ces réticences psychiatriques françaises et internationales[112], le terme de « dysphorie de genre »[119] est finalement adopté. Le terme médical « dysphorie » désigne une « perturbation de l’humeur caractérisée par l’irritabilité et un sentiment déplaisant de tristesse, d’anxiété. »[120] L'APA insiste sur le fait que « la non-conformité de genre elle même n'est pas un trouble mental. Ce qui caractérise la dysphorie de genre est la présence d'une souffrance clinique significative associée à la non-conformité de genre. »[121],[102] Robin S. Rosenberg (en)a comparé cette évolution à l'élimination en 1973 de l'homosexualité de la liste des troubles[122].

D'après des psychiatres français[107], le modèle utilisé dans le DSM V est censé rendre compte de toutes les variétés du genre avec différents degrés de dysphories de genre, permettant notamment de déterminer quelles sont les personnes qui peuvent être candidates à la transformation hormonale et chirurgicale (THC). L'utilisation du terme genre, plutôt que sexe, permet d’intégrer à ce diagnostic les personnes intersexes. La référence au désir de profiter des avantages sociaux et culturels liés au genre comme critère est effacée. La durée minimum de six mois est choisie pour « éviter les faux-positifs » (sic)[107].

Dans le DSM V, la dysphorie de genre est donc définie ainsi:

« une incongruence marquée entre un genre exprimé/vécu et un genre assigné, durant une période d’au moins six mois, qui se manifeste par deux ou plus des signes suivants:

A1. Une incongruence marquée entre un genre exprimé/vécu et les caractéristiques sexuelles primaires et secondaires (ou chez les adolescents, les caractéristiques secondaires prévues)

A2. Un fort désir d’être débarrassé des caractéristiques sexuelles primaires et secondaires compte tenu de l’incongruence marquée avec un genre exprimé/vécu (ou chez les adolescents, un désir d’empêcher le développement des caractéristiques sexuelles secondaires prévues)

A3. Un fort désir pour les caractéristiques sexuelles primaires et/ou secondaires de l’autre genre

A4. Un fort désir d’être de l’autre genre (ou d’un genre alternatif différent du genre assigné)

A5. Un fort désir d’être traité comme l’autre genre (ou d’un genre alternatif différent du genre assigné)

A6. Une forte conviction d’avoir des sentiments et des réactions typiques de l’autre genre (ou d’un genre alternatif différent du genre assigné) »

Les notions de genre et même de genre alternatif sont apparues et tous les critères ne doivent pas nécessairement être concomitants. Une précision est ajoutée:

« La condition est associée à une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou d'autres aspects importants du fonctionnement, ou à un risque significativement accru de souffrir, comme la détresse ou l'invalidité. »

À l’idée (classique mais contestée) que la souffrance est caractéristique de la transidentité (« tous souffrent » selon Colette Chiland[123]), Judith Butler oppose que « s’entendre dire que votre vie genrée vous condamne à une vie de souffrance est en soi inexorablement blessant. C’est une parole qui pathologise et la pathologisation fait souffrir[124] ».

Dans un parallèle entre dépsychiatrisation de l'homosexualité et de la transidentité[111], le psychiatre Jack Drescher (en), connu pour ses positions contre les thérapies de conversion[125], justifie ainsi la position de l'APA[112] « étant donné le potential stigmatisant, pourquoi garder le diagnostic? (...) [c'est] un moindre mal pour la communauté trans par rapport à un refus d'accès aux soins médicaux et chirurgicaux susceptibles de découler d'un retrait du DSM » (voir ci-dessous la partie « Dé-psychiatriser sans dé-rembourser »).

Pour Patrice Desmond, tous ces hésitations ne font que refléter l'impossibilité de "penser du côté de la santé", plutôt que du "côté de la maladie"[112],[118],[126]:

« les classificateurs, selon la formule d’Octave Mannoni, seraient condamnés à la formule du déni : « je sais bien » que la classification peut produire de la stigmatisation, « mais quand même » il faut bien classifier pour penser, ou pour travailler... »

La classification internationale des maladies de l'OMS[modifier | modifier le code]

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a sa propre Classification Internationale des Maladies (CIM), utilisée par tous les États Membres de l'OMS et traduite en 43 langues[127]. Sa 6eme édition en 1948 intègre pour la première fois les maladies psychiques, mais ses insuffisances sont la raison du développement du premier DSM en 1952[128]. Les deux classifications ont évolué en parallèle, la CIM restant fortement ancrée dans une perspective internationale[128].

CIM-9 (1975): le « transsexualisme » parmi les « perversions sexuelles »[modifier | modifier le code]

Le transsexualisme n'apparait dans la CIM qu'en 1975, dans la neuvième version, dans un chapitre consacré aux troubles mentaux, parmi les déviations (ou perversions) sexuelles, aux côtés de l'homosexualité[107],[129].

CIM-10 (1990): le « transsexualisme » parmi les « troubles de l'identité sexuelle »[modifier | modifier le code]

Dans la 10e révision de la CIM, l'homosexualité est remplacée par le « trouble sexuel ego-dystonique » (« c’est-à-dire en désaccord avec les valeurs propres de la personne et donc susceptible de mener à une souffrance psychique »[130]) avec la précision que « l'orientation sexuelle n'est pas, en elle-même, à considérer comme un trouble »[131].

Le « transsexualisme » n'y est plus considéré comme une perversion sexuelle, mais il est conservé dans la liste des « troubles mentaux et du comportement », parmi les « troubles de la personnalité et du comportement chez l'adulte ». Cinq troubles de l’identité sexuelle sont distingués : (1) le transsexualisme, (2) le transvestisme bivalent (dont un critère est l'« absence de désir de changement définitif pour le sexe opposé »), (3) le trouble de l’identité sexuelle de l’enfance, (4) les autres troubles de l’identité sexuelle et (5) le trouble de l’identité sexuelle, sans précision.

Le « transsexualisme » y est défini comme:

« le désir de vivre et d’être accepté en tant que personne appartenant au sexe opposé. Ce désir s’accompagne habituellement d’un sentiment de malaise ou d’inadaptation envers son propre sexe anatomique et du souhait de subir une intervention chirurgicale ou un traitement hormonal afin de rendre son corps aussi conforme que possible au sexe désiré[132] »

Il y est défini selon trois critères :

  • L’intéressé manifeste le désir de vivre et d’être accepté comme appartenant au sexe opposé, habituellement accompagné du souhait de rendre son corps le plus possible en harmonie avec le sexe préféré par la chirurgie et le traitement hormonal.
  • L’identité transsexuelle a été présente de manière persistante pendant au moins deux ans.
  • Le trouble n’est pas un symptôme d’un autre trouble mental ou d’une anomalie chromosomique.

En 2010, la France invite l'OMS à retirer la transsexualité de la CIM[133] et le Programme d’actions gouvernemental contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre publié en 2012 par le ministère des Droits des femmes affirme que « la France soutiendr[ait] les efforts visant à obtenir une déclassification du “transsexualisme” de la [CIM][134] ».

CIM-11 (2018): l'« incongruence de genre » parmi les « problèmes relatifs à la santé sexuelle »[modifier | modifier le code]

La 11e version de la CIM est en cours d'élaboration « moyennant un processus novateur de collaboration »[127], avec une implication faible des personnels francophones[128], et devrait être adoptée en mai 2018[127].

La CIM-11 prévoit pour la première fois un chapitre consacré aux « problèmes (conditions) relatifs à la santé sexuelle », ce qui permet de retirer certains diagnostics liés à la sexualité et au genre du chapitre consacré aux troubles mentaux[135],[136]. Autre traduction d'une volonté de déstigmatisation[135],[137], le brouillon de la CIM-11 publié en décembre 2016 fait apparaitre l'expression « incongruence de genre » sans référence à une souffrance[138]. Le terme « incongruence » sonne différemment selon les langues, il semble plutôt neutre en anglais mais est marqué très négativement en espagnol[137].

La définition provisoire (en 2015) de l'« incongruence de genre » est[128]:

« L’incongruence du genre est caractérisée par une incongruence marquée entre le genre vécu et exprimé d’une personne et le genre biologique qui conduit souvent lors de l’adolescence ou à l’âge adulte à un désir de transition et une volonté d’être accepté comme un membre de l’autre genre. Rétablir la congruence peut inclure un traitement hormonal, la chirurgie ou d’autres services de soin pour permettre au corps de la personne de correspondre, autant que possible, avec le genre vécu/exprimé. L’impossibilité de vivre avec le genre vécu/exprimé peut être associée à une détresse cliniquement significative ou un handicap social ou professionnel. »

Critiques[modifier | modifier le code]

Le comité STP regroupe des centaines de groupes et réseaux activistes, institutions publiques et organisations politiques d'Afrique, Amérique Latine, Amérique du Nord, Asie, Europe et Océanie et met en œuvre des activités d’information, de diffusion et de revendication en faveur de la dépathologisation trans[139].

Il a réagi au projet de CIM-11 en regrettant la présence de catégories pathologisantes dans le chapitre des « problèmes relatifs à la santé sexuelle » , l'utilisation du terme « incongruence de genre » (qui définit en creux une norme qui serait la congruence) et la présence même d'un diagnostic concernant l'« incongruence de genre chez l'enfant »[140],[141]. Il demande la déclassification complète de la diversité de genre chez l'enfant, l'utilisation de noms de catégories tels que « Trans Health Care » ou « Health Care related to Gender Transition », et la dépathologisation du chapitre « Conditions related to sexual health » basée sur la définition de la santé sexuelle de l'OMS.

Le comité STP émet aussi de nombreuses réserves sur la dernière formulation du DSM[141].

Pour Florence Ashley et Alexandre Baril, le concept même « dysphorie de genre dans l'enfance » est lié à une panique de la contagion sans fondements scientifiques; ils rappellent les bénéfices de l'approche alternative qui consiste à aider les enfants à affirmer leur identité et expression de genre[142].

Le regard de la psychiatrie sur les militants « transgenres »[modifier | modifier le code]

En 2015, certains psychiatres objectent que dans le DSM V « la proposition du diagnostic de dysphorie de genre nous apparaît comme un risque d’amalgame (voire de confusion) des divers troubles de l’identité sexuelle empêchant une distinction clinique nécessaire à la mise en place d’une prise en charge adaptée pour chacun d’eux. »[107] et cherchent à distinguer les patients transsexuels des personnes transgenres, qui « se disent ni hommes, ni femmes, les deux à la fois ou successivement l’un puis l’autre »[143]. La psychiatre française Colette Chiland, très controversée dans le milieu associatif français[144],[145] et qualifiée de transphobe même par certains de ses collègues[146],[104], expose:

« Un troisième terme occupe le devant de la scène aujourd’hui à côté de transsexualisme et transvestisme : “transgenre”. Un transsexuel est un transgenre en ce qu’il veut changer de genre social ; mais il veut en outre une “marque corporelle” de ce changement de genre qui en fasse un “changement de sexe”, il demande une transformation hormono-chirurgicale. Les autres transgenres ont des demandes diverses, depuis l’accès facile aux hormones et à la chirurgie jusqu’au changement d’état civil sans stérilisation, en conservant la possibilité de procréer dans son sexe d’origine ; certains militent pour la suppression de toute mention de sexe ou de genre à l’état civil, il n’y a pour eux aucun fondement biologique à distinguer deux sexes, c’est une discrimination arbitraire, l’exercice d’un pouvoir social[147]. »

En 2006, elle écrivait: « Depuis quelques années, s’est développé un mouvement « transgenre » ou « trans » qui se définit comme n’ayant plus rien à voir avec les transsexuels calmes, bien élevés et cachés, attendant poliment que des juges et des professionnels médicaux libéraux leur donnent le traitement bien-faisant dont ils avaient besoin pour poursuivre leur vie dans l’ombre de la société normale. »[148]

Le psychiatre trans Pat Califia définit ainsi le « trangenderism » : « une nouvelle sorte de personne transgenre est apparue : celle qui aborde la réassignation sexuelle dans le même état d’esprit que si elle demandait un piercing ou un tatouage »[149].

Judith Butler critique le principe même du diagnostic[113]: « Le diagnostic part du principe que l'on est en souffrance et qu'on ne se sent pas à sa place parce qu'on est du mauvais genre: il suppose que se conformer à une norme de genre différente, si cette solution est jugée viable pour la personne en question, nous fera nous sentir beaucoup mieux. Toutefois, le diagnostic ne demande pas si le problème ne provient pas des normes de genre elles-mêmes, normes qu'il estime fixes et intransigeantes; il ne demande pas si ces normes produisent de la souffrance et un sentiment d'inconfort, si elles nous empêchent de fonctionner ou si elles sont une source de désarroi. »

Le personnage principal du film Transamerica (2006)[150] ironise simplement: « ne trouvez vous pas étrange, docteur, que la chirurgie plastique arrive à guérir les troubles mentaux? ».

Dé-psychiatriser sans dé-rembourser[modifier | modifier le code]

Le 18e principe de Jogjakarta affirme que « en dépit de toute classification allant dans le sens contraire, l'orientation sexuelle et identité de genre d'une personne ne sont pas en soi des maladies et ne doivent pas être traitées, soignées ou supprimées »[151]. Le rapport annuel sur les droits fondamentaux dans l'Union européenne adopté en 2018 encourage les états membres à dépathologiser entièrement le parcours de changement d'état civil des personnes trans et à « empêcher que la variance de genre dans l’enfance ne devienne une nouvelle pathologie dans la classification internationale des maladies »[152].

Tom Reucher, le psychologue clinicien français co-fondateur de l’Association du Syndrome de Benjamin explique[153],[118] que dé-classifier la transidentité (quel que soit le nom qu’on lui donne) de la liste des maladies mentales est nécessaire, de la même façon qu'il a été important de dé-psychiatriser l’homosexualité. Mais la différence avec l'homosexualité est que dans le cas de la transidentité, cette dé-psychiatrisation n’implique pas une dé-médicalisation: beaucoup de personnes trans ont besoin de soins (traitement hormonal, épilation, chirurgie, suivi psychologique éventuellement, en ce qui concerne les effets sur la personne de la transphobie qu’elle peut subir) mais « la sortie de la CIM entraînerait la suppression de la prise en charge par les systèmes d’assurance maladie dans de nombreux pays, alors que les traitements hormonaux et chirurgicaux sont très coûteux ». Des solutions existent, qui permettraient de classer ces soins dans des catégories non pathologisantes, liées à la libre disposition de son corps (comme le sont déjà par exemple l’avortement non pathologique et la contraception). La définition de la santé par l’OMS étant un « état complet de bien-être physique, mental et social, qui ne consistent pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité », les soins liés à la transidentité ont tout à fait leur place dans une classification médicale, pourvu que la transidentité elle-même n’y soit pas considérée comme une maladie.

Judith Butler[113], en discutant particulièrement le contexte américain, conclut que « la prise en charge de la chirurgie [et du traitements hormonal en tant que procédures choisies] semble être vouée à l’échec [parce que] la plupart des professionnels de la médecine, des assurances et du droit ne s’engagent à soutenir l’accès au technologies de changement de sexe que s’il s’agit d’un trouble mental », alors même que plusieurs arguments, liés au bien-être de la personne, pourraient dans l’idéal être pris en compte par les compagnies d’assurances. La conséquence est que « certaines personnes veulent que le diagnostic soit conservé car il leur permet d'atteindre leur but [c'est-à-dire obtenir le remboursement des soins], et, en ce sens, de rendre effective leur autonomie, tandis que de l'autre, certains voudraient s'en débarasser afin de faire du monde un endroit où ils ne seraient plus considérés et traités comme des malades », ce qui est aussi une condition de réalisation de l'autonomie. Il ne faut donc ni sous-estimer les bénéfices du diagnostic (particulièrement pour les personnes dont les revenus sont faibles), ni sa force pathologisante (en particulier pour « les jeunes qui ne disposent pas forcément des ressources critiques pour y résister »).

Dé-psychiatrisation en France[modifier | modifier le code]

Le gouvernement français annonce en 2009[1],[118],[154],[155] que « la transidentité ne sera plus considérée comme une affection psychiatrique »[156],[157] et demande en 2010 à l'Organisation mondiale de la santé de retirer "la transsexualité" de la liste des maladies mentales[133]. La presse annonce immédiatement que « La France est le premier pays au monde à sortir le transsexualisme de la liste des affections psychiatriques. »[158] Concrètement, le décret 2010-125 du [159] et une lettre-réseau[160] précisent les nouvelles règles de prise en charge des soins liés au « transsexualisme » au titre de l’ALD 31 (hors liste, c'est-à-dire non-psychiatrique); la lettre maintient l'utilisation du code CIM-10 "F64.0" (transsexualisme) et dessine les modalités de la prise en charge en centre de référence[160]. Elsa Dorlin s’étonne alors que « les psychiatres, spécialistes auto-proclamés de ce qui s’apparente désormais à une non-maladie, continuent de parler de diagnostic différentiel et prétendent définir seuls le parcours de soin qui lui a trait »[1]; l’association OUTrans estime que cette dépsychiatrisation « n’a de telle que le nom »[161] et « regrette que ce décret ne soit pas accompagné d’autres mesures qui auraient, elles, un impact réel sur la vie des trans »[1]. Pour le Groupe activiste trans, l’annonce de la ministre intervient au moment où la Haute Autorité de Santé (HAS) vient de rendre un rapport « à la limite de l’overdose psychiatrique » et « la classification du transsexualisme dans une ALD psychiatrique n’est [donc] plus utile, en 2009, au gouvernement et à la CNAM. »[1] De fait, ce rapport encourage la création d’équipes pluridisciplinaires au sein de centres de référence[162],[163], qui seront effectivement généralisés à partir de 2010 contre l'avis de beaucoup d'associations[164]. En 2011, le président de l'association l'Inter Trans constate que « le décret n'a été rien d'autre qu'un coup médiatique, un très bel effet d'annonce. Sur le terrain, rien n'a changé[165]. »

Autres pays[modifier | modifier le code]

En 2016, des quotidiens anglophones annoncent que le Danemark devient « le premier pays à ne plus définir la transidentité comme une maladie mentale »[166],[167], après que le gouvernement aurait perdu patience avec l'OMS sur le travail de définition de la CIM-11.

Le soin[modifier | modifier le code]

Soutien psychologique et psychothérapie[modifier | modifier le code]

La formation clinique manque d'informations et de ressources pertinentes pour aider les personnes transgenres, ce qui se traduit par un grand nombre de praticiens qui ne sont pas suffisamment préparés à recevoir cette population[168]. De plus, la recherche sur les problèmes spécifiques rencontrés par la communauté transgenre en santé mentale a essentiellement porté sur le diagnostic et sur les expériences des cliniciens face à ces personnes, au lieu de se concentrer sur les expériences de leurs patients transgenres[169].En France, la Société française d'études et de prise en charge de la transidentité organise des formations pour pallier ce manque de connaissances de la part des professionnels de santé. Des associations, comme Chrysalide à Lyon (France) [170] ou Genres Pluriels en Belgique, produisent des documents d'information en Français à destination des personnes trans et de leurs familles.

Avant la septième version des Standards de soins de la WPATH, une personne devait être diagnostiquée avec un trouble de l'identité de genre, pour pouvoir poursuivre ses traitements hormonaux ou bénéficier d'une chirurgie de réassignation sexuelle. La nouvelle version a diminué l'accent sur le diagnostic, et a plutôt souligné l'importance d'une souplesse afin de répondre aux divers besoins de soins de santé des personnes transsexuelles, transgenres et de genre non conforme[171].

Les techniques psychologiques qui tentent de modifier l'identité de genre vers celle qui est considérée comme appropriée par rapport au sexe assigné sont généralement inefficaces. Les Standards de soins[172], largement reconnus, notent que, parfois, la seule voie de traitement raisonnable et efficace pour les personnes trans est la réattribution sexuelle[172],[173].

La nécessité de traitement des personnes transidentitaires est soulignée par le taux élevé de problèmes de santé mentale, notamment la dépression, l'anxiété, et les addictions aux substances, ainsi qu'un taux supérieur de suicide chez les personnes transsexuelles non traitées, par rapport à la population générale[174]. Ces problèmes sont atténués par un changement de rôle de genre et/ou de caractéristiques physiques[175].

Brown et Rounsley[176] ont noté que « certaines personnes transsexuelles se conforment aux attentes juridiques et médicales, afin d'obtenir des droits accordés par la hiérarchie médicale/psychologique ». Les besoins juridiques comme le changement légale de sexe sur les documents, et les besoins médicaux, comme la chirurgie de réattribution sexuelle, sont habituellement difficiles à obtenir sans l'acceptation d'un médecin. Pour cette raison, certaines personnes transsexuelles se sentent contraintes d'affirmer des concepts dépassés pour surmonter des obstacles juridiques et médicaux[177].

Qualité de vie après la transition[modifier | modifier le code]

Une étude longitudinale de 2010, basée sur 28 personnes trans hommes et femmes ayant reçu un diagnostic, et suivies par une équipe médicale américaine, a constaté que le fonctionnement psychologique général des personnes transsexuelles après la transition était similaire à celui de la population générale, et nettement meilleur que celui des personnes transsexuelles non traitées[178]. En France, les résultats d'une étude de 2009 ont montré que la chirurgie de réattribution sexuelle améliore la qualité de vie des personnes trans dans différents domaines, notamment sur le plan social et sexuel ; des différences persistaient toutefois entre les hommes trans et les femmes trans: ces premiers avaient une vie sociale, professionnelle, amicale et un bien-être psychologique plus important que ces dernières[179]. Dans une étude de 2011, l'effet positif de la thérapie hormonale sur la qualité de vie des personnes trans suivies par les équipes officielles en France a été montré[180],[181].

Taux de regret

Des études réalisées sur le devenir des personnes trans hormonées et opérées montrent qu'elles peuvent développer des sentiment de regret. Une étude suédoise de 1990 a trouvé un taux de 3,8 % de regret notamment dus à un soutien insuffisant de la part de leur famille ou de leurs amis proches[182] ; en France, en 2008, ce taux chute à 2 % pour les personnes trans prises en charge par les équipes officielles[183].

Une étude de 2001 a révélé que sur les 232 femmes trans qui avaient bénéficié d'une chirurgie de réattribution sexuelle, 6 % ont déclaré des regrets partiels ou occasionnels dus pour la plupart aux résultats physiques ou fonctionnels de la chirurgie[184].

Une revue de littérature médicale de 2009 suggère que le taux global de regret ou de sentiments de doute des femmes trans est estimé à 8 %[185].

Transparentalité[modifier | modifier le code]

Article connexe : Grossesse transgenre.

Agnès Condat, pédopsychiatre française, présente la transparentalité comme un droit, un instrument d’émancipation (« empowerment ») et une avancée sociétale majeure liée à la lutte contre les normes de genre[186]. Beaucoup d'hommes transgenres ont des enfants, que ce soit avant ou après leur transition, avec ou sans l'aide de nouvelles techniques de reproduction assistée[187]. Ceux qui mettent en place ce projet après leur transition ont généralement recours aux techniques de procréation médicalement assistée car les opérations ou hormonothérapies liées à la transition peuvent les avoir rendus stériles.

PMA[modifier | modifier le code]

En France et en Belgique, les familles transparentales (famille dont au moins l'un des deux parents est trans[188]) ont accès à la PMA à condition qu'il s'agisse de couples hétérosexuels, donc formés d'une femme cisgenre et d'un homme trans (en France jusqu'en 2016, le changement d'identité impliquait la stérilisation de l'homme trans). Une psychologue citée par Le Quotidien du Médecin (11/02/13) commente: « En France, [en 2013] (...) nous sommes dans cette situation un peu folle et reflet de l’hypocrisie de notre système où l’AMP avec don de sperme et l’adoption sont autorisées pour les transsexuels et sont interdites pour les homosexuels. » A l'hôpital Cochin à Paris a cependant confié à la SoFECT la mise en place d'un protocole de soin particulier pour ces couples (et donc discriminant)[189]. En Belgique, les centres de Gand et Bruxelles se sont opposés sur cette question, les premiers refusant toute démarche discriminatoire concernant les personnes trans[189],[190]: « N’oublions pas qu’il y a environ 30 ans, les mêmes discussions ont eu lieu en ce qui concerne les couples gays ou lesbiens, dont on disait qu’ils ne pourraient pas être de bons parents, et la société leur était très hostile. De nombreuses études ont montré qu’il n’en est rien. Ne faisons pas la même erreur deux fois. Si la société est injustement hostile à certains individus, il est notre devoir d’aider à changer ces mentalités, en ne refusant pas à ces personnes les enfants qu’elles veulent avoir. »

Conservation des gamètes avant transition[modifier | modifier le code]

La World Professional Association for Transgender Health recommande depuis la sixième version de ses « standards de soin » d’assurer la possibilité de l’autoconservation des gamètes avant toute démarche de transition[191].

En France, l’article L.2141-11 du Code de la santé publique prévoyant que « toute personne dont la prise en charge médicale est susceptible d'altérer la fertilité (...) peut bénéficier du recueil et de la conservation de ses gamètes ou de ses tissus germinaux », des femmes trans françaises qui allaient réaliser une vaginoplastie ont demandé la conservation de leur sperme par des CECOS, mais essayé un refus. L'association Arc en Ciel Toulouse a saisi le défenseur des droits en juin 2013, qui a conclu en octobre 2015 que la loi « doit pouvoir être interprété[e] comme permettant aux personnes qui s’engagent dans un parcours de transition de l’homme vers la femme, de se prévaloir de ses dispositions »[189],[192]. Le défenseur des droits avait demandé leurs avis à l'Académie Française de Médecine, à l'agence de biomédecine et au Comité national d'éthique. Les deux premiers étaient plus que réservés[193],[194], le troisième ne s'est pas prononcé[195].

L'enfantement en tant qu'homme[196].[modifier | modifier le code]

Karine Espineira en 2012 évoque un petit nombre d'hommes enceints déclarés[1]: Thomas Beatie (dont la première grossesse a été très médiatisée), Ruben Noé Coronado[197], Scott Moore, Yuval Topper, Matt Rice (compagnon de Pat Califia).

Communauté LGBT[modifier | modifier le code]

Symbole de la transidentité.

Dans de nombreux pays, les communautés trans ont organisé plusieurs événements annuels. En France, il y a la journée du souvenir trans qui a lieu chaque année le 20 novembre, et la marche de l'association Existrans.

Les concepts de l'identité de genre et d'identité transgenre diffèrent de celle de l'orientation sexuelle[198]. L'orientation sexuelle décrit une attirance physique, romantique, émotionnelle, ou spirituelle d'une personne, envers une autre personne, tandis que l'identité de genre est un sentiment personnel d'être un homme ou une femme. Les personnes transgenres ont plus ou moins la même variété d'orientations sexuelles que les personnes cisgenres[199]. Dans le passé, les termes homosexuel et hétérosexuel ont été incorrectement utilisés pour étiqueter l'orientation sexuelle des personnes transgenres selon leur sexe assigné à la naissance[200]. La littérature professionnelle utilise maintenant des termes comme attirées par les hommes (androphilie), attiré par les femmes (gynophilie), attirés par les deux (bisexuel) ou attirés par aucun (asexuel) pour décrire l'orientation sexuelle d'une personne, sans référence à son identité de genre[201]. Les thérapeutes en viennent à comprendre la nécessité d'utiliser des termes en regard des identités de genre et des préférences de leurs bénéficiaires[202]. Par exemple, une personne qui est assignée garçon à la naissance, qui transitionne vers le genre féminin, et qui est attirée par les hommes, voudra être identifiée comme hétérosexuelle.

En dépit de la distinction entre l'orientation sexuelle et le genre, à travers l'histoire, les groupes gays, lesbiens et bisexuels était souvent le seul endroit où les personnes de genre variant étaient socialement acceptées dans le rôle de genre auquel elles estimaient appartenir ; en particulier pendant le temps où la transition médicale et juridique était presque impossible. Cette acceptation a eu une histoire complexe. Comme le reste du monde, la communauté gay dans les sociétés occidentales n'a généralement pas établi la distinction entre le sexe et l'identité de genre jusque dans les années 1970, et a souvent perçu les personnes de genre variant, plus comme des homosexuelles qui se comportaient dans un genre variant, que des personnes de genre variant dans leur propre droit. Aujourd'hui, les membres de la communauté transgenre éprouvent souvent de la difficulté à faire partie du même mouvement que les lesbiennes, les gays et les personnes bisexuelles et à être inclus dans la protection des droits. En outre, le rôle de la communauté transgenre dans l'histoire des droits LGBT est souvent négligé, comme indiqué dans Transforming History[203].

Non-binarité[modifier | modifier le code]

Outre les hommes trans et les femmes trans dont l'identité de genre binaire est à l'opposé de leur sexe assigné, et qui forment le cœur du parapluie transgenre, et qui sont inclus dans des définitions étroites, plusieurs autres groupes sont inclus dans des définitions plus larges du terme. Citons notamment les personnes dont l'identité de genre n'est pas exclusivement masculine ou féminine, mais qui peut, par exemple, être androgyne, bigenre, pangenre, ou agenre — souvent regroupée sous le terme générique alternatif non-binaire — et les personnes troisième genre (quelques références et certaines sociétés conceptualisent les personnes transgenres comme un troisième genre). Bien que certaines références définissent le transgénérisme de façon très large en incluant les travestis, elles y excluent le travestissement fétichiste (parce qu'il est considéré comme une paraphilie plutôt que commeune identification de genre) et les drag kings et les drag queens (qui sont des artistes interprètes ou se travestissent dans le but de divertir).

Les identités non-binaires (ou « genderqueer »), qui ne sont pas exclusivement masculine ou féminine, mais plutôt agenre, androgyne, bigenre, pangenre, ou genderfluid[204], existent en dehors de la cisnormativité[205],[206]. Bigenre et androgyne sont des catégories qui se chevauchent ; les personnes bigenres peuvent s'identifier comme se déplaçant entre les rôles masculins et féminins (genderfluid) ou comme étant à la fois mâle et femelle en même temps (androgyne), et les personnes androgynes peuvent même s'identifier comme au-delà du genre ou sans genre (postgenre, agenre), entre les genres (intergenre), se déplaçant à travers les genres (genderfluid), ou présentant simultanément plusieurs genres (pangenre). Des formes limitées d'androgynie sont fréquents (femmes portant le pantalon, hommes portant des boucles d'oreilles) et ne sont pas considérées comme un comportement transgenre. Androgyne est aussi parfois utilisé comme un synonyme médical d'une personne intersexe[207].

Transvesti ou travesti[modifier | modifier le code]

Rrose Sélavy, ici photographiée par Man Ray, était le double de Marcel Duchamp. 1921.

Une personne transvestie est une personne qui s'habillent avec des vêtements habituellement associé au genre opposé qu sien[208],[209]. Le terme transvesti est utilisé comme un synonyme de travesti[210],[211], bien que le travestissement est généralement considéré comme le plus utilisé[212]. Le terme travesti n'est pas exactement défini dans la littérature pertinente. Michael A. Gilbert, professeur au département de philosophie à l'université York, à Toronto, propose cette définition : « [A cross-dresser] (un travesti) is a person who has an apparent gender identification with one sex, and who has and certainly has been birth-designated as belonging to [that] sex, but who wears the clothing of the opposite sex because it is that of the opposite sex. »[213] Cette définition exclut les personnes « qui portent des vêtements du sexe opposé pour d'autres raisons », tel que « ces femmes travesties qui s'habillent uniquement pour des raisons liées à leurs moyens de subsistance, les acteurs endossant leur rôle, les personnes mâles et femelles profitant d'une mascarade, et ainsi de suite. Ces personnes se travestissent, mais ne sont pas des travesties. »[214]. Les travestis ne s'identifient pas à un autre genre que le leur. De plus, la majorité des travestis se définissent hétérosexuels[215].

Le terme transvesti et le terme désuet transvestisme sont conceptuellement différents du terme transvesti fétichiste[216],[201]. En termes médicaux, le transvestisme fétichiste est différencié du travestissement par l'utilisation des codes distincts 302.3 dans le DSM et F65.1 dans la CIM.

Drag kings et queens[modifier | modifier le code]

Drag est un terme appliqué au fait de s'habiller et de se maquiller pour des occasions spéciales comme des spectacles, contrairement aux personnes qui sont transgenres ou qui se travestissent pour d'autres raisons. La performance drag comprend l'ensemble de la présentation et du comportement, en plus des vêtements et du maquillage. Les drag peuvent être théâtraux, comiques ou grotesques. Les drag queens ont été considérés comme des caricatures de femmes de la deuxième vague du féminisme. Les artistes drag ont une longue tradition dans la culture LGBT. Généralement, le terme drag queen correspond aux hommes qui s'habillent et font les femmes, drag king correspond aux femmes qui s'habillent et font les hommes, et faux queen correspond aux femmes qui s'habillent et font les femmes. Néanmoins, il y a des artistes de drag de tous les genres et les sexualités qui se donnent en spectacle, pour diverses raisons. Certains artistes drag, transvestis, et personnes de la communauté gay ont embrassé le terme dérivé de la pornographie, tranny (travelo), pour décrire les drag queens ou les personnes qui s'engagent dans le transvestisme ou le travestisme ; cependant, ce terme est largement considéré comme offensant s'il est appliqué pour les personnes transgenres[217]. Des concours de Drag King ont lieu depuis les années 1990, le plus connu d'entre eux étant le Concours Drag king de San Franscisco[218].

Symboles de la fierté transgenre[modifier | modifier le code]

Drapeau de la fierté transgenre.

Un symbole fréquent pour la communauté transgenre est le drapeau de la fierté transgenre, qui a été dessiné par Monica Helms, et qui a été montré pour la première fois à la manifestation de fierté à Phoenix (États-Unis), en 2000.

Le drapeau est composé de cinq bandes horizontales, deux sont bleues claires, deux sont roses, avec une bande blanche au milieu au centre.

Helms décrit la signification du drapeau comme suit :

« Le bleu clair est la couleur traditionnelle pour les bébés garçons, le rose pour les filles, et le blanc au milieu est pour « ceux qui sont en cours de transition, ceux qui se ressentent d'un genre neutre ou sans genre », et ceux qui sont intersexes. Le motif est tel que « peu importe dont vous le faites voler [le drapeau], il sera toujours correct. Il nous symbolise par le fait d'essayer de trouver l'exactitude dans nos propres vies »[219]. »

D'autres symboles transgenres incluent le papillon (symbolisant la transformation ou la métamorphose), et un symbole yin et yang rose/bleu clair.

Féminisme[modifier | modifier le code]

Certains féministes et groupes féministes soutiennent les personnes transgenres, tandis que ce n'est pas le cas pour d'autres. Bien que la seconde vague du féminisme fasse la distinction entre le sexe et le genre, certains féministes pensent qu'il y avait un conflit entre l'identité transgenre et la cause féministe, c'est-à-dire qu'ils pensaient que la transition d'homme vers femme abandonnait ou dévaluait l'identité femme, et que les personnes transgenres embrassaient les stéréotypes et les rôles de genre traditionnels [220],[221],[222],[223]. Cependant, de nombreux féministes transgenres se considèrent comme contribuant au féminisme en questionnant et en subversant les normes de genre. La troisième vague féministe contemporaine est généralement plus soutenante envers les personnes transgenres[224].

Représentation dans les médias[modifier | modifier le code]

De plus en plus de personnes transgenres sont représentées et incluses dans la culture de masse, la stigmatisation qui est associée au fait d'être transgenre peut influencer les décisions, les idées, et les pensées à ce sujet. La représentation dans les médias, la culture industrielle, et la marginalisation sociale sont tous des standards de la culture populaire. Ces termes jouent un rôle important dans la formation de notions pour les personnes ayant peu de connaissance à propos des personnes transgenres. Les médias ne représentent qu'un spectre minuscule du groupe transgenre[225], ce qui engendre une connaissance étroite de la société, sur ce qu'est réellement la communauté transgenre et sa diversité.


La transidentité a été discutée dans les médias depuis les années 1930. Le magazine américain The Time lui avait consacré un article en 1936, appelé « hermaphrodites », traitant le sujet avec sensibilité, sans sensationnalisme[226]. Il décrivait l'appel d'Avery Brundage, qui s'occupait de l'équipe américaine des Jeux olympiques d'été de 1936, à Berlin, qu'un système soit mis en place pour examiner les athlètes féminines avec « ambiguïtés sexuelles » ; deux athlètes avaient changé de sexe après les Jeux.

Christine Jorgensen était une femme transgenre qui a reçu une attention considérable de la part des médias populaires, dans les années 1950. Jorgensen était une ancienne militaire qui avait quitté le Danemark pour recevoir une chirurgie de réattribution sexuelle. Son histoire est apparue dans des publications, notamment le Time et Newsweek. D'autres représentations de femmes transgenres sont apparues dans les médias populaires dans les années 1950 et 1960, telles que Delisa Newton, Charlotte McLeod, Tamara Rees, et Marta Olmos Ramiro, mais Jorgensen a reçu le plus d'attention. Son histoire était sensationnalisée, mais elle a été reçue positivement. En comparaison, des nouveaux articles à propos de Newton, McLeod, Rees, et Ramiro ont eu des conséquences négatives[227].

Représentation dans les arts[modifier | modifier le code]

Catégorie connexe : Transidentité dans l'art.

Films et cinéma[modifier | modifier le code]

Les personnes trans ont été représentées dans des films populaires et des émissions de télévision ; Aleshia Brevard, une personne trans dont la chirurgie a eu lieu en 1962[228]:3, était actrice[228]:141 et modèle[228]:200 à Hollywood et à New York, des années 1960 à 1970. Aleshia n'a jamais joué le rôle d'une personne trans, bien qu'elle soit apparue dans huit films produit par Hollywood, sur la plupart des spectacles populaires, notamment The Dean Martin Show, et régulièrement The Red Skelton Show et On ne vit qu'une fois avant de retourner à l'université pour enseigner le théâtre et l'interprétation[229],[228].

Le silence des agneaux, de Thomas Harris, comprenait un serial killer qui se considérait lui-même transsexuelle. Après qu'une chirurgie de réattribution sexuelle lui ait été refusée au motif de ne pas répondre aux critères de l'évaluation psychologique, il a ensuite récolté des corps féminins pour créer une tenue féminine. Dans le roman, il est noté que le personnage n'est pas vraiment transsexuel ; cette distinction n'est faite que brièvement dans le film[230].

Nina Poon, une modèle trans apparue au festival du film de Tribeca en 2010.

Certains films dépeignent les problèmes transgenres comme Reviens Jimmy Dean, reviens, Le Monde selon Garp, Priscilla, folle du désert, Tout sur ma mère, et The Crying Game. Le film Different for Girls est remarquable pour sa représentation d'une femme trans qui est engagée dans une relation amoureuse avec son ancien meilleur ami de pensionnat non-mixte. Ma Vie en Rose met en scène un enfant de six ans de genre variant. Dans le film Wild Zero, le personnage incarné par Kwancharu Shitichai est un acteur trans thaïlandais. Lorsque le personnage principal est confus par rapport au fait de tomber amoureux d'une « femme qui est aussi un homme », Guitar Wolf lui dit : « L'amour ne connaît pas l'ethnie, la nationalité ou le genre ! ». Bien que Better Than Chocolate soit principalement axé sur la romance entre deux femmes lesbiennes, une intrigue secondaire dans le film canadien de 1999 (Peter Outerbridge), comprend une femme trans, Judy, qui a le béguin pour Frances (Ann-Marie MacDonald), la propriétaire d'une librairie lesbienne. Le film contient quelques scènes montrant Judy qui perd ses parents, incapables de l'accepter, et qui lui achètent une maison pour qu'elle les quitte à tout jamais. Southern Comfort est un documentaire de 2001, réalisé par Katie Davis, qui relate les derniers mois de la vie de Robert Eads. Après avoir reçu un diagnostic de cancer ovarien, une douzaine de médecins avaient refusé de le soigner à cause de sa condition trans. Le documentaire suit Eads et plusieurs de ses amis proches, un groupe de soutien de sudistes trans appelé « Southern Comfort ». Le documentaire a remporté plusieurs prix, notamment le grand prix du jury au Festival du film de Sundance, le premier prix au Festival international du film de Seattle, et le prix spécial du public à la Berlinale[231].

Deux films remarquables pour leur représentation de la violence transphobe, basés sur des événements réels : Soldier's Girl (au sujet d'une relation entre Barry Winchell et Calpernia Addams, ainsi que le meurtre ultérieur de Winchell), et Boys Don't Cry (au sujet du meurtre de Brandon Teena). Calpernia Addams est apparu dans de nombreux films et téléfilms, notamment le film de 2005 Transamerica, dans lequel Felicity Huffman joue le rôle d'une femme trans[150].

En automne 2005, SundanceTV a diffusé la série documentaire TransGeneration axée sur quatre étudiants trans (deux femmes et deux hommes), à divers stades de leur transition[232]. En février 2006, Logo TV a diffusé Beautiful Daughters, un film documentaire dont le casting ne comprenait que des personnes trans, parmi lesquelles Lynn Conway, Andrea James, et Leslie Townsend[233]. La même année, la chaîne de télévision américaine Lifetime a diffusé A Girl Like Me: The Gwen Araujo Story, un film biographique sur le meurtre de Gwen Araujo.

Les personnes trans ont aussi été représentées dans les téléfilms populaires. Dans la première saison d'une série humoristique des années 1970, Soap, Billy Crystal joue Jodie Dallas, un homme gay qui subi une chirurgie génitale pour se marier légalement avec son amoureux, qui mettra fin à la relation juste avant l'opération. Dans Voilà !, le personnage de David Spade rencontre un ami d'enfance qui réalise sa transition et qui vit en tant que femme. Après avoir d'abord été effrayé, il a finalement essayé de séduire son amie, mais il a été recalé au motif « qu'il n'était pas son style ». Dans un épisode de Becker, le Dr Becker reçoit la visite d'un vieil ami qui révèle avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle, la scène est très similaire à celle de Voilà !. Dans un épisode de La croisière s'amuse des années 1980, McKenzie Phillips joue le rôle d'une femme trans qui a finalement été acceptée comme amie par son ancien camarade d'université Fred Grandy. Dans les années 1970, The Jeffersons montre comment l'ancien ami d'Eddie travaillant à l'United States Navy a finalement été acceptée par George.

Les drames incluant New York, police judiciaire et Nip/Tuck ont eu des épisodes mettant en scène des personnages et des actrices trans. Alors que dans Nip/Tuck, le rôle a avait été joué par une femme cisgenre, dans New York police judiciaire, certains rôles avaient été joués par des travestis professionnels. FBI : Portés disparus et Les Experts ont eu des épisodes traitant de la violence envers les personnages trans. Beaucoup d'actrices trans et travesties sont apparues dans « Ch-Ch-Changes » dans Les Experts, notamment Marci Bowers et Calpernia Addams[234]. La femmes trans victimes, Wendy, a été jouée par Sarah Buxton, une femme cisgenre. Candis Cayne, une actrice trans, est apparue dans Les Experts : Manhattan, en tant que personne trans. De 2007 à 2008, elle a aussi joué le rôle d'une personne trans dans de nombreux épisodes de la série d'ABC Dirty Sexy Money. Hit and Miss est un drame au sujet de Mia, jouée par Chloë Sevigny, une femme trans en phase pré-opératoire, qui travaille en tant que tueuse à gages et découvre qu'elle a engendré un fils. Myriam et les garçons était une émission de téléréalité de 2003. Six garçons courtisaient la modèle mexicaine de 21 ans, Miriam, sans révéler qu'elle était une femme trans en phase pré-opératoire, jusqu'au dernier épisode. « Coronation Street » : une femme trans nommée Hayley, qui était initialement « Harold » dans son enfance, et qui est décédée le .

Le film Tomboy de Céline Sciamma, tournant autour d'un enfant né fille mais se comportant en garçon, relance la polémique concernant la transidentité et la question du genre en France en 2013, après que le film soit entré dans le dispositif « École et cinéma » (visant à initier les enfants à devenir spectateur)[235].

En 2018, le film chilien Une femme fantastique remporte l'Oscar du meilleur film en langue étrangère[236] après avoir soulevé des débats dans la société chilienne[237] et fait connaître l'actrice trans Daniela Vega[238].

Concours de beauté[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, dans le but de couronner la personne trans « top modèle », un concours de beauté mondial, The World's Most Beautiful Transsexual Contest, a lieu à Las Vegas, dans le Nevada. Le spectacle a accepté les femmes trans en phase préopératoire et postopératoires, mais a exigé la preuve de leur genre de naissance. La gagnante du concours en 2004 était Mimi Marks.

Jenna Talackova, une femme de 23 ans qui a contraint Donald Trump et son concours de Miss Univers Canada, à mettre fin à l'interdiction d'inclure des participantes transgenres, a concouru le à Toronto[239].

Le , Kylan Arianna Wenzel a été la première femme trans à être autorisée à concourir à Miss Univers, depuis que Donald Trump a changé les règles pour permettre aux femmes trans d'y entrer officiellement ; l'année précédente, Jenna Talackova avait été disqualifiée de par sa condition trans[240],[241].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages en français[modifier | modifier le code]

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Ouvrages en anglais[modifier | modifier le code]

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  • Mitchell D. Sellers, Discrimination and the Transgender Population: A Description of Local Government Policies that Protect Gender Identity or Expression, Texas State University-San Marcos,
  • (en) Mildred L. Brown et Chloe Ann Rounsley, True Selves: Understanding Transsexualism--For Families, Friends, Coworkers, and Helping Professionals, Wiley, (ISBN 9780787967024, lire en ligne)
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  • (en) Arlene Istar Lev, Transgender Emergence: Therapeutic Guidelines for Working with Gender-Variant People and Their Families, Routledge, (ISBN 9781136384950, lire en ligne)
  • (en) Transgender France, Johns Hopkins University Press, (lire en ligne)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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