Magdalena Kopp

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Magdalena Kopp
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Magdalena Cecilia KoppVoir et modifier les données sur Wikidata
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Magdalena Cäcilia Kopp, née à Neu-Ulm le et morte le (à 67 ans) à Francfort, est une ancienne terroriste allemande d'extrême gauche qui a été photographe et membre fondatrice des Revolutionäre Zellen (Cellules révolutionnaires).

Biographie[modifier | modifier le code]

Parcours terroriste[modifier | modifier le code]

Magdalena Kopp a grandi à Neu-Ulm, en Bavière et en Souabe. Fille d'un employé des postes et serveuse, elle a rencontré au lycée Michel Leiner (1942-2014). Elle obtient son diplôme de 1967 à 1969 à Berlin en Lettres, après un apprentissage en photographie, puis a déménagé à Francfort-sur-le- Main, où sa fille Anna est née, conçue avec Michel Leiner directeur artistique chez l'éditeur Red Star fondé en 1970.

En 1972-1973[1], elle a quitté son mari pour Johannes Weinrich, cofondateur des Revolutionäre Zellen (RZ), employé de cette maison d'édition, avec qui elle s’est d'abord installée à Bochum, avant de partir avec sa fille à Gaiganz, près d'Erlangen, où elle a travaillé comme photographe pour la librairie et maison d'édition "Politladen GmbH", dirigée par Gerd-Hinrich Schnepel, étroitement liée à la scène radicale d'extrême gauche de Francfort. Schnepel est, la nuit, membre des RZ[1].

Parce qu’elle est proche de membres des RZ, on demande à Kopp de se rendre à Londres enseigner les techniques photographiques à des amis, au début de l’année 1975, où elle rencontre Ilich Ramírez Sánchez (Carlos)[1]. En tant que photographe, elle doit enseigner les techniques de développement pour aider à la fabrication de faux papiers d’identité[1]. [1]. Dans le même appartement vivent à Londres, le libanais Michel Moukarbel, chef officiel, Hans-Joachim Klein, et Wilfried Böse.

Les policiers français découvrent que Johannes Weinrich, depuis mars 1975 en détention provisoire en Allemagne, est à l’origine des attentats à la roquette commis par des "commandos palestiniens" à l'aéroport d'Orly, le 13 janvier 1975 contre El Al (trois blessés) puis six jours après contre un avion israélien (vingt blessés)[1]. Il a en effet signé les contrats de location pour deux des voitures avec lesquelles la tentative d'attentat a été faite à Orly[1].

A Londres, Carlos propose d'enlever contre rançon l’ambassadeur à Londres des Émirats Arabes Unis, mais l’opération, quasi-impossible, est abandonnée. Michel Moukarbel se rend en juin 1975 à Beyrouth pour de nouvelles instructions auprès de Waddi Haddad. Mais il n’observe pas les règles de prudence: de retour de Beyrouth, il est arrêté à l’aéroport par la police française. Le commisssaire Jean Herranz, à la recherche du cerveau du Commando Boudia ayant causé plusieurs morts le 15 septembre 1974 lors de l'Attentat du drugstore Publicis le laisse toutefois repartir, pouvant désormais le pister.

Le lendemain, suivi par la DST, Michel Moukarbel donne rendez-vous dans un café à Carlos puis rencontre Wilfried Böse, dans un café rue de Rivoli[1]. La DST obtient de le suivre jusque chez Carlos rue Toullier, où deux policiers trouveront la mort[1]. La presse française et européenne accorde ensuite une place importante à la Fusillade de la rue Toullier[1]. Le quotidien Libération titre : Carlos – DST : 3-0. La presse britannique s’intéresse aux appartements dans lesquels Carlos a vécu à Londres[1]. Après avoir lu que Carlos cachait des armes dans les appartements de ses conquêtes, certaines d’entre elles regardent chez elles et trouvent de véritables arsenaux[1].

Une perquisition effectuée le 27 juin 1975 dans un studio de Mme P, rue Amélie à Paris, découvre des sacs plein d'armes, munitions et explosif, déposés chez elle le 13 juin 1975, par son amant Carlos, en juin 1974 dans un cabaret de la rue Monsieur-le-Prince. Dans ces sacs, la majorité d'un stock de 75 M26 (grenade) volées dans un raid terroriste, entre le 15 janvier et le 26 juin 1972 à Miesau[2], dans une base aérienne américaine au moment où celles de l'OTAN ont vocation à devenir terrain d’exercice. Le stock était traçable grâce aux numéros de série. Il sera aussi utilisé à Vienne contre l'OPEP, La Haye et au Drustore Publicis [3],[4]. Les grenades sont découvertes le 26 juin 1972 au domicile d'un certain Hannes K[5], qui reconnait avoir eu des contacts avec des "organisations palestiniennes " mais aussi des membres de la Fraction Armée Rouge, mais qu'après son démantèlement, une autre groupe a pris sa suite, les Revolutionäre Zellen[5], dont Joahnnes N prétend diriger la branche internationale[5]. D'autres grenades M26 provenant du même vol avaient déjà servi dans un vol avec arme commis en août 1973 dans une banque de Hambourg, attribué aux RZ[5], d'autre étant même retrouvées en février 1974 lors de perquisitions chez des membres des RZ[5], puis en 1978 dans une cache d'armes attribuée à cette même organisation[5].

Entre temps, Carlos part à Alger, et des vacances puis à Aden, au Yemen[1], et rédige un rapport pour Waddi Haddad, qui lui reproche d’avoir rendu publics et inopérants les projets et contacts du FPLP en Europe à cause de la Fusillade de la rue Toullier[1] mais se dit que la notoriété médiatique de Carlos peut servir son mouvement[1].

Avec Weinrich, Magdalena Kopp est impliquée en 1975 dans une attaque ratée contre un avion israélien à l'aéroport de Paris, puis en décembre 1975 contre l'OPEP à Vienne.

Après la Prise d'otage d'Entebbe de juin 1976, Weinrich et Gerd-Hinrich Schnepel remplacent Wilfried Böse, mort à Entebbe, à la tête des RZ[1], et avec Kopp décident de continuer la lutte essentiellement à l’échelle internationale[1].

Magdalena Kopp retrouve Carlos au Yemen, où elle a été envoyée par les RZ pour s’entrainer à la guérilla[1]. Au bout de 4 semaines, les allemands rentrent, sauf Hans-Joachim Klein dont le visage et l’identité sont connus des polices européennes depuis l’OPEP[1]. Le 26 avril 1977, Klein, depuis un hôtel de Milan, écrit une lettre au magazine allemand Der Spiegel[1]. Il joint à la lettre son revolver, pour prouver sa démission du terrorisme[1] et déclare disposer du soutien de « quelqu’un » pour se cacher[1]. Dans le magazine Pflasterstrand, ce « quelqu’un répond » et met en garde ceux qui voudraient éliminer Klein, obligeant Schnepel, leader des RZ depuis la mort de Böse[1], à répondre que ce n’est pas dans les habitudes des RZ que de donner des informations à la police[1].

Pendant ce temps, Kopp s'installe en France et rejoint la cellule Boudia dirigée par Ilich Ramírez Sánchez, dit « Carlos », qui devient son amant.

A l'hiver 1976-1977, Kopp et Weinrich débarquent chez Hans-Joachim Klein sans prévenir, l’informant qu’ils ont besoin de lui, alors qu'il est passé au Mouvement du 2 juin. Il leur annonce, de manière allusive[1], sa décision de quitter le terrorisme[1].

En décembre 1977, Magdalena Kopp arrive à Alger. Elle est reçue par Weinrich, qui l’attend avec une Mercedes avec chauffeur[1]. Ils retrouvent Carlos[1]. Kopp a amené du matériel photographique, et de quoi faire des faux passeports, pour Waddi Haddad[1]. Ne voulant pas s’éloigner trop longtemps de sa fille, et souhaitant continuer à vivre dans la légalité, elle rentre à Francfort le même mois[1].

Waddi Haddad meurt d’une leucémie le 1er avril 1978[1], une opportunité pour Carlos de reprendre du service car il avait été écarté par Haddad, qui ne lui faisait pas confiance[1]. Il décide de retourner à Bagdad où il devient terroriste à gages pour de nombreux services de la région et où Waddi Haddad a des funérailles d’État[1]. Khaled Djihad, son garde du corps était l'informateur du BKA allemand. Amoureux d’une ex des camps du Yemen emprisonnée en Allemagne, il donnait des informations en échange de sa libération[1]. En Allemagne, Hermann Josef Feiling, formé au terrorisme dans le camps yéménites avec Carlos[1], prépare un attentat en juin 1978 contre la dictature argentine mais la bombe lui éclate entre les jambes et la Police parvient à le faire parler, il livre de nombreux détails, grace auxquels la police a découvert de nombreuses caches d’armes. Gabrielle Kröcher-Tiedemann est arrêtée en Suisse[1]. Quelques semaines plus tard, une interview de Hans-Joachim Klein dans Der Spiegel évoque les soupçons qui pèsent sur son rôle et un projet de livre dans lequel il viderait son sac[1].

À la fin de 1978, Kopp se rendit à Bagdad par Prague, où Carlos vécut sous la protection des services de renseignements irakiens. La première mission confiée à Kopp est d’aller à l’île Maurice voler des passeports à des touristes sud-africains. Mais elle s’amourrache d’un animateur de camps de vacances et revient sans passeports, le 3 janvier 1979[1].

Le 16 février 1982, à Paris, elle est arrêtée par la police française avec le terroriste Bruno Bréguet dit « Luca » : ce dernier tente d'ouvrir le feu sur un policier qui demande les papiers de leur Peugeot, mal garée sur l'avenue George-V. Luca tente d'actionner son arme mais omet de retirer la sécurité. Magdalena Kopp est capturée un pâté de maisons plus loin alors qu'elle essaie de fuir. Dans le véhicule sont saisis deux bouteilles de gaz, cinq kilos de penthrite, un explosif destiné à l'usage exclusif de la marine française, et des schémas détaillés de divers endroits. La police détermine qu'ils projetaient une attaque contre le bureau de Al Watan Al Arabi et saisit plusieurs faux passeports.

Incarcération[modifier | modifier le code]

Le 24 mai 1982, Kopp est condamnée à quatre ans de prison. Le « commando Mohammed Boudia » lance plusieurs attaques terroristes visant à obtenir la libération de Kopp et Bréguet. Magdalena est libérée le 4 mai 1985 à la suite d'une remise de peine pour bonne conduite et est expulsée vers la République fédérale d'Allemagne, où elle est détenue et interrogée de nouveau, cette fois par la police allemande. Par la suite, elle est remise en liberté et moins d'un mois plus tard, elle s'installe à Damas, en Syrie, où elle retrouve Carlos, qu'elle épouse la même année.

Vie postérieure[modifier | modifier le code]

Le 17 août 1986, elle donne naissance à sa deuxième fille, Elba Rosa Ramirez Kopp. En 1990, comme la Syrie est alliée aux États-Unis dans la guerre du Golfe, la famille est priée de quitter le pays. Ils passent en Libye où l'on rejette leur visa de séjour et ils doivent retourner brièvement en Syrie. Kopp et Carlos décident de se séparer : elle se rend au Venezuela avec sa fille, il se rend au Soudan avec un passeport diplomatique. Elle s'installe quelques mois à Valencia (Venezuela), jusqu'à ce que la presse vénézuélienne fasse de nombreuses références à sa personne et son passé. Kopp prend des mesures pour retourner en Allemagne et constate que le gouvernement ne fait plus peser de charges contre elle. Elle revient donc en Allemagne avec sa fille et se retire de la vie politique dans sa ville natale de Neu-Ulm. En 2007 elle publie ses mémoires.

Publications[modifier | modifier le code]

  • 2007 : Die Terrorjahre. Mein Leben an der Seite von Carlos (Les Années de terreur, ma vie avec Carlos), DVA, Munich (ISBN 978-3-421-04269-9)
  • 2015 : participation à Revolutionäres Archiv de Jochem Hendricks, Éditions de la librairie Walther König, Cologne (ISBN 978-3-86335-506-7)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 2010 : Dans Carlos ou Le Prix du chacal d'Olivier Assayas, le rôle de Magdalena Kopp est interprété par Nora von Waldstätten.
  • 2012 : Nadav Schirmann, In the Darkroom (Die Frau des Schakals, titre allemand), documentaire, Allemagne-Israël-Finlande-Roumanie-Italie, 90 min Diffusé sur Arte le 18 février 2015 sous le titre Elle était la femme de Carlos[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak et al (de) Im Schatten des Schakals: Carlos und die Wegbereiter des internationalen Terrorismus par le journaliste Oliver Schröm, aux éditions Ch. Links Verlag, 2012 [1]
  2. Le terrorisme par Jean Servier, Éditions FeniXX [2]
  3. (en) Islamic Terrorism: Myth Or Reality, Volume 1 par M. H. Syed, page 61
  4. (en) Brothers in Blood: The International Terrorist Network, Editions Ovid Demaris - 1977 - page 39 [3]
  5. a b c d e et f Cour de cassation, Chambre criminelle, arrêt du 3 mai 2016 [4]
  6. Voir sur le site d'Arte.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]