P26 (armée)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis P-26)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir P26.

La P26 (Projekt 26) était une organisation armée secrète suisse pendant la guerre froide. Son rôle était d'organiser une résistance en cas d'invasion par le pacte de Varsovie[1].

Bien que la lumière n'ait pas encore complètement été faite sur la P26[2], une étude universitaire publiée en novembre 2009 prétend que la P26 ne faisait pas directement partie du réseau Gladio, mais avait des relations étroites avec le MI6 anglais[3]. Le conseiller national Remo Gysin qualifie les rapports qu'entretenait la P26 avec les services secrets britanniques (MI6) et l'OTAN de « notoires[4] ».

Histoire[modifier | modifier le code]

L'existence de la P26 a été révélée dans le cadre du scandale des fiches en Suisse en 1990, lorsqu'une enquête administrative (« rapport Cornu ») a été rendue publique. Cependant, une grande partie du rapport Cornu est aujourd'hui encore tenue secrète pour une durée totale de 30 ans[2].

Le 18 avril 1990, durant les travaux d'investigation sur le scandale des fiches et la P26, Herbert Alboth est assassiné dans son appartement à Liebefeld près de Berne. Cet homme avait dirigé la P26 pendant « quelque temps » et avait écrit au conseiller fédéral Kaspar Villiger le 1er mars 1990, proposant de faire toute la lumière sur les armées secrètes[2].

La P26 a stocké des armes et munitions dans au moins quatre lieux tenus secrets en Suisse[5] : l'un d'eux, révélé au public, était situé à Gstaad dans l'Oberland bernois. Certains membres de son personnel ont suivi des cours de formation auprès du MI6 en Angleterre[6].

La P26 a été dissoute le [6].

Effectifs et buts[modifier | modifier le code]

Elle comprenait 400 personnes, effectif appelé à doubler en cas d’urgence.

En plus des actions de renseignement et de résistance en cas d'invasion, elle devait mettre en œuvre un plan d’évacuation du gouvernement suisse pour l’Irlande.

Plusieurs immeubles en Irlande furent achetés dans cette optique. Albert Bachmann participa à la création de cette armée secrète et à l'achat des terrains en Irlande[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le faux scandale de la P26 et les vrais préparatifs de la résistance, paru en automne 2013, tiré du livre en allemand "P-26, die Geheimarmee, die keine war", de Martin Matter, aux éditions Slatkine, Genève.

Lien externe[modifier | modifier le code]

P26, l’armée secrète de la Suisse, émission radiophonique (Motus et bouche cousue), du 2 juillet 2013, de La Première.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Martin Matter, Le faux scandale de la P26 et les vrais préparatifs de la résistance, Slatkine, , 240 p. (ISBN 978-2832105825)
  2. a, b et c Motion parlementaire (rejetée) du conseillé national suisse Josef Lang pour la publication complète du rapport Cornu (enquête administrative destinée à faire toute la lumière sur la nature des relations éventuelles entre l'organisation P26 et des organisations analogues à l'étranger).
  3. (de) Annonce d'une étude de l'EPFZ sur les armées secrètes mises en place par l'OTAN et le MI6 durant la guerre froide, et la P26 suisse. (en) La même, en anglais.
  4. « Interpellation parlementaire »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 8 avril 2013) du conseiller national suisse Remo Gysin concernant la P26 et l'assassinat de Herbert Alboth.
  5. Genevefa Étienne, Claude Moniquet, Histoire de l'espionnage mondial, tome 2, Éditions du Félin, 2002, p. 173-177.
  6. a et b Publication en anglais de Daniel Ganser : (en) The Secret Side of International Relations: An approach to NATO’s stay-behind armies in Western Europe, conférence PSA et publication dans Steton Hall Journal of Diplomacy, pages 38-40.
  7. (en) « Colonel Albert Bachmann », The Telegraph,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]